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Full text of "Bulletin Societe D'Histoire Naturelle de Toulouse (et de Midi Pyrenees)."





SOCIETE 



D'HISTOIRE NATURELLE 



DE TOULOUSE 



SEIZIEME ANNEE. — 1882 




TOULOUSE 

IMPRIMERIE DURAND h FILLOUS ET LAGARDE 

RUE SAINT-ROME, 44 

1882 




BULLETIN 



DE LA 



SOCIETE D HISTOIRE NATURELLE 



DE TOULOUSE 



r r 



SOCIETE 



D'HISTOIRE NATURELLE 



DE TOULOUSE 



BULLETIN 

SEIZIÈME ANNÉE. — 1882 



TOULOUSE 

TYPOGRAPHIE DURAND , FILLOUS et LAGARDE 

RUE SAINT-ROME, 44, 

1882 



— 5 - 

ÉTAT 

DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ D'HISTOIRE NATURELLE 
DE TOULOUSE. 
i" Février 1882. 

Membres nés. 

M. le Préfet du département de la Haute : Garonne. 

M. le Maire de Toulouse. 

M. le Recteur de l'Académie de Toulouse. 

Membres honoraires. 

MM. 

1866 D r Clos # , Directeur du Jardin des Plantes, membre correspon- 
dant de l'Institut, 2, allée des Zéphirs, Toulouse. 

— D r N. Joly $*, ancien Professeur à la Faculté des sciences, membre 

correspondant de l'Institut, 52, rue des Amidonniers, Toulouse. 

— D r J.-B. Noulet $j, Directeur du Musée d'histoire naturelle, 

4 5, grand'rue Nazareth, Toulouse. 

— Làvocat $s ancien Directeur de l'Ecole vétérinaire, allée Lafayette 

66, Toulouse. 
4 868 Daguin $s Professeur à la Faculté des sciences, 44, rue Saint- 
Joseph, Toulouse. 

— D» Léon Soubeyran, Professeur à l'École supérieure de pharmacie 

de Montpellier. 
4 872 L'abbé D. Dupuy *fr, Professeur au Petit-Séminaire, Auch (Gers). 

— Paul de Rouville # , Doyen de la Faculté des sciences, Mont- 

pellier. 
4 873 Emile Rlanchard $s membre de l'Institut , Professeur au 

Muséum, Paris. 
4 878 Raron de Watteville ^ , ancien Directeur des Sciences et des 
Lettres, au Ministère de l'Instruction publique. 

— D r F.-V. Hayden, directeur du Comité géologique des Etats-Ufiis, 

Washington. 
4879 de Lesseps (Ferdinand) C. ft, membre de l'Institut, Paris. 



- 



Membres titulaires. 

Fondateurs. 

MM. D'Aubuisson (Auguste), 1 , rue du Calvaire, Toulouse. 
Cartailhac (Emile) , 5, rue de la Chaîne, Toulouse. 
Chalande (J. -François), 3, rue Maletache, Toulouse. 
Fouque (Charles), 25, rue Boulhonne, Toulouse. 
D r Félix Garrigou, 38, rue Valade, Toulouse. 
Lacroix (Adrien), 20, rue Peyrolières, Toulouse. 
Marquet (Charles), <5, rue Saint-Joseph, Toulouse. 
De MoNTLEzim (Armand), Menville, parLévignac-sur-Save(H.-G.). 
Trctat (Eugène), Conservateur du Musée d'histoire naturelle, 
rue des Prêtres, 3, Toulouse. 

MM. 

4 866 Bordenave (Auguste), Chirurgien-dentiste, allée Saint-Michel , 27, 
Toulouse. 

— Calmels (Henri), propriétaire à Carhonne (H. -G.). 

— Lassère (Raymond) #, capitaine d'artillerie en retraite, 9, rue 

Matabiau, Toulouse. 

— De Malafosse (Louis), château des Varennes, par Villenouvelle 

(Haute-Garonne). 

— De Planet (Edmond), >X< , Ingénieur civil, 46, rue des Amidon- 

niers, Toulouse. 

— Regnault (Félix), rue de la Trinité, 19, Toulouse. 

Rozy (Henri), Professeur à la Faculté de Droit, 10, rue Saint- 

Antoine-du-T. Toulouse. 

— D r Thomas (Philadelphe), Gaillac (Tarn). 

1868 Gantier (Antoine), Château de Picayne, près Cazères (H. -G.), et 

12, rue Tolosane, Toulouse. 

Comte de Sambucy-Luzençon (Félix), rue du Vieux Raisin, 31, 

Toulouse. 

1869 Izarn, Commis principal des douanes, 45, allées Lafayette, Tou- 

louse. 

— Fagot (Paul), notaire à Villefranche-de-Lauragais (H. -G.). 

— Flotte (Léon), Vigoulet, par Caslanet (H. -G.). 
1871 Delevez, Directeur de l'École normale, a Toulouse. 

— Guy, Directeur de l'Aquarium Toulousain , rue Saint-Antoine 

duT, 12, Toulouse. 

— Desjardins, jardinier chef à l'Ecole vétérinaire, Toulouse. 

. — De Malafosse (Gaston), château de La Roque, par Sallèles d'Aude 
(Aude). 



7 — 



MM. 



4 871 D l Resseguet (Jules), 3, rue Joutx-Aigues, Toulouse. 

1872 Avignon, 19, rue de la Fonderie, Toulouse. 

~ D r Bégué, Inspecteur des enfants assistés, rue Boulbonne, 28, 
Toulouse. 

— Bidaud (Louis), professeur à l'Ecole vétérinaire, Toulouse. 

— Du Bourg (Gaston), 6, place Saintes-Scarbes, Toulouse. 

— D r B. Delisle (Fernand), attaché au laboratoire d'anthropologie 

du Muséum, Paris. 

— Detroyat (Arnaud), banquier, Bayonne (Basses-Pyrénées). 

— Fontan (Alfred), conservateur des hypothèques, à Castres (Tarn)» 

— Gèze (Louis), 17, place d'Assézat, Toulouse. 

— H'jttier , rue Babel-Oued, Alger. 

— Général de Nansouty (Charles), C $s directeur de l'Observatoire 

du pic du Midi, Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées). 

— Pougés (Gabriel), 5, rue St- Aubin, Toulouse. 

— Rey-Lescure, Faubourg du Moustier, Montauban (Tarn-et-Gar.). 

— De Rivals-Mazères (Alphonse), 50, rue Boulbonne, Toulouse. 

— De Saint-Simon (Alfred), 6, rue Tolosane, Toulouse. 

— Seignette (Paul), Principal du Collège, Castres (Tarn). 

— Teulade (Marc), rue des Tourneurs, 45, Toulouse. 

1873 Abeille de Perrin (Elzéar), 56, r. Marengo, Marseille (B.-du-R.) 

— Courso, manufacturier, rue des Récollels, 41, à Toulouse. 

— Doumet-Adanson, à Celte (Hérault). 

— Duc (Jules), pharmacien, à Caylux (Tarn-et-Garonne). 

— Fabre (Georges) , sous-inspecteur des Eaux et Forêts , Alais 

(Gard) 

— Fournie, ingénieur en chef des ponts-et-chaussées, r. Madame, 46, 

Paris. 

— Genreau, ingénieur des mines, place du Palais, 17, à Pau 

(Basses-Pyrénées). 

— D r Gobert, rue de la Préfecture, à Mont-de-Marsan (Landes). 

— De la Vieuville (Paul) , boulevard de Strasbourg , 36 , Tou- 

louse. 

— Barrât, rue des Lois, Toulouse. 

1874 Bessaignet (Paul), rue des Chapeliers, Toulouse. 

— Chalande (Jules), 51, rue des Couteliers, Toulouse. 

— Monclar, allée St-Etienne 41, Toulouse. 

— Pianet (Sébastien), à Toulouse. 

— Rousseau (Théodore), Inspecteur des Eaux et Forêts, Square 

Sainte-Cécile, 22, Carcassonne (Aude). 

1875 Ancely (Georges), 63, rue «le la Pomme, Toulouse. 



— 8 — 

MM. 

1875 Du Boucqer (Henri), président Je la Société scientifique de Borda, 
Dax (Landes). 

— Fabre (Charles), aide astronome à l'Observatoire de Toulouse, 

13, allée St-Etienne, Toulouse. 

— Focn (Charles), à Lédar, près Saint-Girons (Ariége). 

— Lajoye (Abel), Reims (Marne). 

— Martel (Frédéric), à Castelmaurou, près Toulouse. 

— Paquet (René), avocat, 34, rue de Vaugirard, Paris. 

— Peux (Charles), Président du Tribunal de St-Louis (Sénégal). 

— Pugens (Georges), ingénieur des ponts et chaussées, r. Çantegril, 2. 

Toulouse. 

— Tassy, Inspecteur des Eaux et Forêts, Pau (Basses-Pyrénées). 
1 876 Crouzil (Victor), instituteur primaire, rue du pont de Tounis, 

Toulouse. 

— De Lavalette (Roger), Cessâtes près Villefranche-de-Lauragais, 

(Haute-Garonne). 

1877 G. Mestre, 4, rue de la Chaîne, Toulouse. 

1878 Arthez (Emile), officier d'administration, Auc-h. 

— Chalande (Henri), rue des Couteliers, 51 . 

— G. Cossaune, rue du Sénéchal, 10, Toulouse. 

— Devèze, propriétaire des carrières du Nord, Armissan (Aude). 

— Joleaud (Alexandre), officier d'administration, professeur à l'Ecole 

militaire de Vincennes. 

— Victor Romestin, rue Périgord, 10 bis, Toulouse. 

1879 Barbet (Jules), inspecteur de la Compagnie du Phénix, rue La- 

fayetle, 33, Paris. 

— Bayle f Edmond), étudiant en médecine, rue des Filatiers, 56, 

Toulouse. 

— Bégouen (Comte) ^*, place Saint-François-Xavier, 10, Paris. 

— Deltil (André;, notaire à Lavaur (Tarn). 

— Fabre (Paul), étudiant en médecine, rue des Redoutes, 12, 

Toulouse. 

— Gauran (Charles), étudiant en médecine, rue du Canon, 2, Toulon. 

— Héron (Guillaume), rue Dalayrac, 2, Toulouse. 

— Lasserre (Bernard), rue St-Aubin, 12, Toulouse. 

— Mélac (Guillaume), a Sabonnères, par Rieumes (H tc -Garonne). 

— J. Monmeja, faubourg de Sapiac, Montauban. 

— D r Moner, plaza Calalana, 18, Barcelonne (Espagne.) 

— De Munck (Georges), rue Mage, 32, Toulouse. 

— Piankt (Jules), Toulouse. 

— Pianet (Emile;, id. 

— Rachou (Auguste), ingénieur civil, 3, rue de l'Echarpe, Toulouse. 



MM. 

1879 De Rey-Pailhade, rue du Taur, 38, Toulouse. 

— Sicard (Germain), château de Rivières, par Caune (Aude.) 

— Saunier (Edouard , rue Ninau, 15, Toulouse. 

1880 Azam (Henri), rue de la ('olombelte, 2tf, Toulouse. 

— De Beicastel (Auguste), Jardin Royal, 3, Toulouse. 

— Clary (Raphaël), rue St-Laurent, 18, Toulouse. 

— Hurel, rue Beaurepaire, 26, Paris. 

— Latgé (Louis), rue des Couteliers, 12, Toulouse. 

— Lafourcade, instituteur primaire, Ecole St-Michel, Toulouse. 

— De Lagarrigue (Antonin), étudiant endroit, rue Sl-Remesy, 11, 

Toulouse. 

— Sauvage (Julien), canal de Brienne, 24, Toulouse. 

— De Tersac, à St-Lizier 'Ariége.) 

— G. Marty, boulevard de Strasbourg, 47, Toulouse. 

— A. Scuwabb, porte St- Etienne, 41, Toulouse. 

1881 Brevière, receveur des domaines, à St-Saulge (Nièvre). 

— D r Gadène, à THôiel-Dieu, Toulouse. 

— Ch. Debat-Ponsan, rue Pharaon, 13, Toulouse. 

— Deuougla, rue Mage, Toulouse. 

— D r Dépéré, aide-major, à Mostaganem. 

— P. Pontine, rue du Taur, 54, Toulouse. 

— D r Régi, rue de Bayonne, 62, Toulouse. 

1882 Roux-Guy, place Saintes-Scarbes, 11, Toulouse. 

— Leygue (Raymond), place Dupuy, 24 bis, Toulouse. 

— Constantin, officier de marine, r. Alsace-Lorraine, 15, Toulouse. 

— Provost, photographe, rue de la Pomme, Toulouse. 

— Ducros (Raymond), rue Perchepinte, 27, Toulouse. 

— Batignes (A.), rue Caraman, 15, Toulouse. 

— Causse (L.), boulevard de Strasbourg, 46, Toulouse. 



— 10 — 

Membres correspondants. 

MM. 

1866 D r BLEicnER, professeur à la Faculté de Médecine de Nancy. 
4 867 D' Caisso, Clermont (Hérault). 

— Fourcade (Charles), naturaliste, Bagnères-de-Luchon (Haute-Ga- 

ronne). 

— D r Bras, à Villefranche (Aveyron). 

— Cazalis de Fondouce, 1 8, rue des Etuves, Montpellier. 

— Chantre (Ernest), Sous-Directeur du Muséum de Lyon (Rhône). 

— Lalande (Philibert), Receveur. des hospices, Brives (Corrèze). 

— Massenat (Elie), Manufacturier, Brives (Corrèze). 

— Paparel, Percepteur en retraite, Mende (Lozère). 

— Marquis de Saporta (Gaston) $f, correspondant de l'Institut, Aix, 

(Bouches-du-Rhône) . 

— Valuemar Schmidt tft , attaché au Musée des antiquités du 

Nord, Copenhague (Danemarck). 
4 869 Malinowski, Professeur de l'Université, en retraite, Cahors(Lot). 
4871 Biche, Professeur au Collège, Pézénas (Hérault) . 

— Peyridieu, place Risso, 2, Nice. 

— Piette (Edouard), Juge de paix à Eauze (Gers). 

— De Chapel-d'Espinassoux .Gabriel), avocat, Montpellier (Hérault). 

— Marquis de Folin (Lcopold , Bayonne (B.-P.) 

— Gassies, Conservateur du Musée préhistorique, Bordeaux (Gironde) 

— Issel (Arlhur), Professeur à l'Université, Gênes (Italie). 

— Lacroix (Francisque), pharmacien, Mâcon (Saône- et-Loire). 

— D r De Montesquiou (Louisj, Lussac, près Casteljaloux (Lot-et-Ga- 

ronne). 
4 873 l'Abbé Boissonade, professeur au Petit-Séminaire, à Mende 
(Lozère). 

— Cavalié, prof, d'hist. naturelle au collège de St-Gaudens (Haute- 

Garonne). 

— Germain (Rodolphe) & , vétérinaire au 29 e d'artillerie, à Lyon. 

— Comte deLiMUR, Vannes (Morbihan). 

— Pottier (Raymond), rue Matabiau, Toulouse (Haute-Garonne). 

— Poubelle (J.), préfet des Bouches-du-Rhône. 

— D r Rbtzius (Gustave) , professeur à l'Institut Karolinien de 

Stockholm. 

— Reverdit (A.), vérificateur de la culture des tabacs, à Montignac- 

sur-Vézère (Dordogne). 
— - D r S\ivAGE (Emile), aide-naturaliste au Muséum, rue Monge, 2, 
Paris. 



- 41 - 



MM. 



4 873 Vaussenàt, ingénieur civil, à Bagnères-de-Bigorre (H. -P.) 

1874 Combes, pharmacien, à Fumel (Lot-et-Garonne). 

— Jougla. (Joseph), conducteur des Ponts et Chaussées, à Foix (Ar.). 

— Lucante, naturaliste, à Lectoure (Gers). 

— L\rembergue (Henri de), botaniste, Angles-du-Tarn (Tarn). 

— Sers (Eugène), ingén. civil, à St-Germain, près Puylaurens (Tarn). 

— Baux Care, Russell and C°, Canton (Chine). 

1875 W. de Màïnof, secrétaire de la Société de géographie, St-Péters- 

bourg. 
4 876 D r Cros (Antoine), 41, rue Jacob, Paris. 
1877 Ladevèze, au Mas-d'Azil (Ariége). 

— Soleillet (Paul), de Nîmes, voyageur français en Afrique 
1879 Savès (Théophile), à Nouméa, Nouvelle-Calédonie. 

— Tissandïer (Gaston), rédacteur en chef de La Nature, 19, avenue 

de l'Opéra, Paris. 
1881 GàLiENi, capitaine d'infanterie de marine. 



SOCIÉTÉS CORRESPONDANTES 



Société des sciences physiques et naturelles. 

Société académique des sciences et arts. 

Société d'émulation. 

Société des sciences naturelles. 

Société centrale d'agriculture. 

Société des lettres, sciences et arts. 

Société des sciences naturelles et historiques. 

Société académique d'agriculture, sciences. 

Société des lettres, sciences et arts. 

Académie des sciences, arts et belles-lettres. 

Société linnéenne de Normandie. 

Académie. 

Société Linnéenne. 

Académie des sciences et belles-lettres. 

Société des sciences historiques et naturelles. 

Société centrale d'Agriculture. 

Société d'émulation. 

Société départementale d'archéologie. 

Commission scientifique. 

Société académique. 



Alger. 

Saint Quentin. 

Moulins. 

Cannes. 

Nice. 

Nice. 

Privas. 

Troyes. 

Rodez. 

Caen. 

Caen. 

La Rochelle. 

St-Jean d'Angely 

Dijon. 

Semur. 

Niort. 

Montbéliard. 

Valence. 

Chartres. 

Brest, 



— 12 - 



Académie. 

Société d'Études des sciences naturelles. 

Société scientifique. 

Société des sciences physiques et naturelles. 

Société Belfortaine d'émulation. 

Société linnéenne. 

Société d'études des sciences naturelles. 

Société archéologique, scientifique. 

Société de l'Académie des sciences. 

Société de statistique, des sciences naturelles. 

Académie Delphinale. 

Société d'émulation. 

Société d'agriculture, sciences et arts. 

Société d'agriculture, industrie, sciences. 

Société d'agriculture, sciences. 

Société académique. 

Société des sciences. 

Société d'agriculture, des sciences et des belles-lettres. 

Société de Borda. 

Société des études scientifiques. 

Société d'agriculture, sciences et arts. 

Société d'agriculture, industrie et sciences. 

Société académique. 

Société d'études scientifiques. 

Société linnéenne. 

Société des sciences naturelles. 

Société académique. 

Société pulymathique. 

Société d'Histoire naturelle. 

Société d'Agriculture. 

Société des sciences et arts. 

Académie de Stanislas. 

Société des sciences. 

Société nivernaise des sciences. 

Société d'agriculture, sciences et arts. 

Société Dunkerquoise. 

Société des sciences, de l'agriculture et des arts. 

Société académique d'archéologie, sciences. 

Académie des sciences, belles-lettres et arts. 

Société des sciences et des arts. 

Société Ramond. 



Nîmes. 

Nîmes. 

Alais. 

Bordeaux. 

Bel fort. 

Bordeaux. 

Béziers. 

Béziers. 

Montpellier. 

Grenoble. 

Grenoble. 

Lons-le-Saulnier. 

Poligny. 

Saint Etienne. 

Le Puy. 

Nantes. 

Blois. 

Orléans. 

Dax. 

Cahors. 

Agen. 

Mende 

Angers. 

Angers. 

Angers. 

Cherbourg. 

Cherbourg. 

Vannes. 

Reims. 

Châlons. 

Vilry-le-Français. 

Nancy. 

Nancy. 

Nevers. 

Douai. 

Dunkerque. 

Lille. 

Béarnais. 

Clcr mond — Ferrand . 

Bayonne. 

Bagnères-dc-Bigorr« 



13 - 



Société académique. Tarbes. 

Société agricole, scientifique et littéraire. Perpignan. 

Société des sciences, lettres et arts. Pau. 

Société Académique. Boulogne-sur-Mer. 

Académie des sciences, belles-lettres et arts. Lyon. 

Académie d'agriculture, histoire naturelle et arts. Lyon. 

Académie botanique. Lyon. 

Académie linnéenne. Lyon. 

Société d'agriculture, sciences et arts. Vesoul. 

Académie. Mâcon. 

Société d'agriculture, sciences et arts. Le Mans. 

Académie des sciences, belles-lettres et arts. Chambéry. 

Société florimontane. Annecy. 

Académie des Sciences. — Institut. Paris. 

Association scientifique de France. Paris. 

Observatoire de Montsouris. Paris. 

Réunion des officiers. • Paris. 

Société d'anthropologie. Paris. 

Société de géographie. Paris. 

Société entomologique. Paris. 

Société géologique. Paris. 

Société d'archéologie, des sciences lettres et arts. Meaux. 

Société des sciences naturelles et médicales. Versailles. 

Société hàvraise d'études diverses. Le Havre. 
Société des sciences et arts, agriculture et horticulture. Le Havre. 

Société des amis des sciences naturelles. Rouen. 

Société industrielle. Rouen. 

Académie des sciences, lettres et arts. Amiens. 

Société linnéenne du nord de la France. Amiens. 

Société d'émulation. Abbeville. 

Société des sciences, belles-lettres et arts. Montauban. 

Société des Etudes scientifiques. Draguignan. 

Société Académique. * Poitiers. 

Société d'agriculture, sciences et arts. Limoges. 

Société littéraire, scientifique et artistique. Apt. 

Société d'agriculture et d'horticulture. Avignon. 

Société d'émulation. Epinal. 

Société des sciences historiques et naturelles. Auxerre. 

Société d'études. Avallon 

Société d'éiudes scientifiques. Finistère. 

Société d'acclimatation. Paris. 



— 14 



Académie des sciences. 

Société de géographie. 

Société de géographie. 

Société zoologique de France. 

Société scientifique. 

Société impériale des naturalistes. 

Comitato geologico. 

Académie royale des sciences. 

Société italienne des sciences naturelles. 

Société Murithienne. 

Société d'hisicire naturelle de Lorraine. 

Société de Géographie. 

Société des sciences naturelles. 

Geological Survey. 

Société de géographie. 

Société belge de microscopie. 

Club alpin. 

Société d'agriculture. 

Société d'Horticulture. 

Revue vétérinaire. 

Société d'histoire naturelle. 

Zoological society. 

Société belge de géographie. 

Société Vaudoise des sciences naturelles. 

Institut royal. 

Boston society. 

Société botanique de Provence. 

Société de géographie. 

Sociedado de instruçao. 

Société hispano- portugaise. 

Bulletin scientifique du Nord. 



Toulouse. 

Bordeaux 

Marseille. 

Paris. 

Brives. 

Moscou. 

Rome. 

Belgique. 

Milan. 

Lausanne. 

Metz. 

Amiens. 

Pise. 

Washington. 

Madrid. 

Bruxelles. 

Toulouse. 

Toulouse. 

Toulouse. 

Toulouse. 

Madrid. 

Londres. 

Bruxelles. 

Lausanne. 

Luxembourg. 

Boston. 

Marseille. 

Anvers. 

Porto. 

Toulouse. 

Lille. 



BULLETIN 



SOCIETE D'HISTOIRE NATURELLE 

DE TOULOUSE. 
SEIZIÈME ANNÉE 1882 



Séauce du 11 Janvier 188S 

Présidence de M. Bidaud. 

M. Trutat, président pour 1882, ouvre la séance en ces 
termes : 

Messieurs, 

Un usage devenu traditionnel parmi nous, veut qu'à son 
entrée en fonction le Président de notre Société adresse ses 
remerciements à ses collègues et à son prédécesseur. Gom- 
ment pourrais-je rompre avec cette coutume quand j'ai, 
plus peut-être qu'aucun de mes prédécesseurs, à vous 
remercier de tous vos témoignages de sympathie, de cette 
élection si flatteuse pour moi? Comment ne pas vous rappe- 
ler les nombreux services que nous a rendu notre excellent 



- 16 - 

confrère M. Bidaud? Ce que vous demandez surtout à notre 
Président, c'est ce dévouement absolu à notre Société ; et, 
vous le savez, M. Bidaud a rempli son mandat d'une ma- 
nière remarquable, toujours il a su conduire la Société dans 
le droit chemin, toujours il a su conserver cette union, cette 
confraternité si agréables et si utiles à la fois : je suis donc 
bien certain d'être l'interprète de tous en adressant à M. Bi- 
daud les remerciements les plus chaleureux, et en l'assurant 
que nous conservons tous un juste souvenir de sa prési- 
dence. 

Tout ceci, Messieurs, devrait enlever toute illusion et me 
montrer combien serait lourd pareil héritage, si je n'espérais 
trouver parmi vous une parfaite bonne volonté et une réelle 
sympathie. Fort heureusement encore, nous possédons des 
traditions bien établies, et mon rôle peut se borner à main- 
tenir intacts ces usages, ces habitudes dont vous connaissez 
l'importance et les heureux résultats. 

En etlet, depuis sa fondation, la Société n'a jamais eu à 
interrompre ses réunions ni ses publications ; elle a bien 
traversé certaine crise grave, et si nous avons eu alors à 
regretter le départ de quelques confrères, elle n'en a pas 
moins continué ses travaux, sans se laisser aller aux récri- 
minations toujours inutiles. 

Nous pouvons même constater aujourd'hui que, grâce à 
cette modération à la convenance pat faite de tous nos actes, 
les choses se sont singulièrement modifiées; et que si en 
fait il existe encore deux Sociétés, il n'y a pas de rivalité 
entre elles. Laissons donc au temps, à ce grand maître en 
l'art d'effacer, le temps de continuer son œuvre, et conten- 
tons nous d'attendre l'occasion inconnue qui tôt ou tard doit 
réunir en un seul faisceau tous les naturalistes de la région. 

Permettez-moi, maintenant, de vous entretenir de choses 
moins problématiques et qui ne peuvent trouver aucune 
entrave sur leur parcours. 

L'année dernière, vous avez pu constater l'importance 



- 17 - 

des excursions et la possibilité de les faire réussir, à la con- 
dition de trouver un collègue dévoué qui prît à sa charge le 
soin de préparer tous les détails des expéditions de ce 
genre. Mais en ceci je ne parle pas, bien entendu, de ces 
réunions nombreuses, trop nombreuses peut-être, qui peu- 
vent bien jeter de la poudre aux yeux, mais qui en somme 
n'ont que des résultats très-contestables. Je vise, au con- 
traire, ces réunions plus modestes, où tout le monde peut 
se voir et se connaître, et où les chercheurs peuvent réelle- 
ment faire de bonne besogne. 

Déjà notre excursion à Saint-Béat avait complètement 
réussi, et nous pouvons dire que la course dans les gorges 
de l'Aude a laissé les meilleurs souvenirs à tous ceux qui 
en ont fait partie. Tâchons donc de ne pas interrompre cet 
excellent usage, et prions la commission des grandes cour- 
ses de préparer par le retour du beau temps, non pas une, 
mais plusieurs grandes excursions. 

Mais à côté de ces projets qui sont essentiellement dures- 
sort de la Société , j'ai aussi à vous entretenir de certaines 
questions qui ont un intérêt direct pour nous tous. 

11 est question en ce moment d'organiser à Toulouse un 
Jardin d'Acclimatation; cette idée, déjà mise en avant il y a 
longtemps par M. Estévenet, vient d'être reprise par un de 
nos confrères. Le projet consistait à faire appel aux amateurs 
de ia région, afin de constituer une Société par actions au 

capital de ; l'on demanderait à la ville la concession d'un 

espace suffisant dans le Jardin des Plantes, pour installer 
les parcs, aquariums, serres, etc., et la Société se chargerait 
de tous les frais d'entretien. 

A côté de ce projet, je dois ajouter qu'à plusieurs reprises 
il a é é question d'établir une succursale du Jardin d'Accli- 
matation du bois de Boulogne; mais ici, vous le comprenez, 
l'initiative privée n'a plus rien à faire, et nous n'avons qu'à 
attendre l'issue des pourparlers engagés entre la Société 
d'Acclimatation et la municipalité. 

2 



- 18 - 

Tout ceci est donc encore dans un avenir éloigné et à 
échéance inconnue ; il n'en est pas de même pour une autre 
création dont je dois vous donner la primeur; je veux par- 
ler de l'organisation d'un cours de zoologie au Musée d His- 
toire naturelle, cours qui viendra se placer à côté de celui 
de botanique, que fait tous les ans le Directeur du Jardin 
des Plantes. 

Ce cours doit commencer jeudi prochain, et c'est le Con- 
servateur du Musée qui en a été chargé par l'administration 
municipale. 

Bien entendu cet enseignement sera tout élémentaire, 
son caractère essentiel sera de foire plus spécialement de la 
science appliquée. Tout différent en cela des cours de la 
Faculté des Sciences, qui s'adressent à un auditoire spécial 
et dont la haute partie scientifique doit écarter toute idée 
de concurrence. 

Je consacrerai quelques leçons à l'anatomie et à la physio- 
logie en général, et j'aborderai ensuite l'histoire des ani- 
maux, en traitant de leurs caractères morphologiques, ana- 
tomiques, de leurs mœurs et surtout de leur utilisation. 

Le caractère essentiel que je voudrais donner à cet ensei- 
gnement est celui-ci : 

Ne jamais traiterune question sans preuves à l'appui ; nos 
collections seront pour cet usage d'un puissant secours, et 
grâce à l'habile crayon d'un de nos confrères qui veut b ; en 
me prêter son concours, de nombreux dessins remplaceront 
ou expliqueront les sujels que nous ne pourrons montrer. 
Enfin, .par l'emploi du système des projections, j'espère faire 
comprendre, et même, je puis bien le dire, faire croire à 
tous ces détails de l'organisation que le microscope permet 
seul d'étudier convenablement. Je vous devais bien, Mes- 
sieurs, de vous annoncer cette création, car c'est à la Société 
d'Histoire naturelle qu'est dû le rétablissement de l'ensei- 
gnement de l'Histoire naturelle dans les programmes uni- 
versitaires. 



49 — 



Sont proclamés membres titulaires : 



MM. Constantin, officier de marine, présenté par 
MM. Chalande et Fabre ; Raymond Leygue, présenté par 
MM. Regnault et Lacroix . 



M. le Président annonce la mort de M. Mobisson, membre 
titulaire ; le secrétaire est chargé d'adresser les regrets de 
la Société à M. Bidaud, son beau-frère. 



La réunion vote une lettre de remerciements à M. le doc- 
teur Retzius, de Stockholm, qui a fait hommage à la Société 
d'un magnifique ouvrage qu'il vient de publier : Y Appareil 
auditif chez les amphibies. 



Sur une proposition de M. Regnault, signée de dix mem- 
bres, l'assemblée révise les articles 8 et 9 du Règlement et 
vote après discussion la rédaction suivante : 

« Article 8. Les candidats au titre de membres titulaires 
devront être agréés par une Commission d'admission. La 
proposition sera faite par un membre de la Société et re- 
mise entre les mains du Président. 

» La Commission d'admission est composée des membres 
du Bureau et de ceux du Comité de publication, ses dé- 
cisions ne seront valables qu'avec un minimum de cinq mem- 
bres présents. 

» Article 9. La Société statuera par un vote au scrutin 
secret sur les présentations acceptées par la Commission 
d'admission, au plus tard dans la seconde séance qui sui- 
vra la présentation. » 



20 



M. le D r Régi, membre titulaire, donne lecture à la Société 
du travail suivant : 

Note sur l'Acacia Moringa. 

Ce végétal, autrement connu sous les divers noms de Mo- 
ringa aptera, Moringa ptertjgospeima, Anoma Morynga, etc., 
est un arbrisseau de la famille des Légumineuses, qui a 
donné son nom à la sous-famille des Moringées. Au Séné- 
gal, où j'ai eu l'occasion de l'étudier, il croît dans les ter- 
rains sablonneux qui avoisinent la côte, et il y atteint une 
hauteur qui varie entre 3 et 5 mètres. 

Cet arbrisseau ne croît pas spontanément en Sénégambie 
où il a été importé. Ce qui me le fait croire, c'est qu'on ne 
le rencontre que dans les centres commerciaux créés récem- 
ment par les Européens, comme Dakar et Rufisque. Saint- 
Louis, don! l'existence remonte bien plus haut, en possède 
très-peu, et ils proviennent tous de Dakar. 

On l'obtient soit à l'aide de graines, soit à l'aide de bou- 
tures qu'on plante au commencement de l'hivernage, dès 
les premières pluies. On préfère même ce dernier mode de 
reproduction, car il permet de jouir plus tôt de l'ombrage 
de êet arbrisseau ; c'est à cette seule (in qu'on le plante dans 
ces endroits dépourvus d'arbres. 

L'écorce du tronc du Moringa est rugueuse, d'un jaune 
clair et sale; celle des jeunes pousses est assez lisse, d'un 
gris cendré, un peu verdâtre aux extrémités. Le tissu li- 
gneux est de coloration blanchâtre ; il est peu dense, comme 
chez tous les végétaux dont la croissance est rapide, et ne 
peut êire d'aucune utilité dans 1 industrie. Le tissu médul- 
laire c i blanc, très-làçhe, et acquiert un très-grand déve- 
loppement dans les jeunes tig< 

Le Moringa présente des rameaux étalés, supportant des 
lécomposées très-làches, bipennées ou tripeni 



- 21 - 

avec impaire. Les folioles de ces feuilles décomposées sont 
très-petites, entières, glabres, de forme ovale ; leur colora- 
tion est d'un vert légèrement cendré. Elles sont opposées et 
supportées par des pétioles très-courts. 

Les fleurs naissent en grappes à l'aisselle des feuilles ; 
elles exhalent une odeur très-douce et très-agréable, qui 
rappelle celle de la fleur d'oranger. Le calice, d'un vert 
très-pâle, est à 5 sépales imbriqués pendant l'estivation. 
La corolle, d'un blanc légèrement teinté de jaune, est pé- 
rigyne, et se compose de 5 pétales oblongs et très-étroits. 
Trois de ces pétales, étalés, sont dirigés verticalement en 
haut; les deux autres, imbriqués pendant l'estivation, sont 
plus longs et dirigés en bas. 

Les étamines sont au nombre de 10, dont 5 fertiles et 
o stériles, placées alternativement. Elles sont insérées sur 
une espèce de cupule située au fond du calice, mais elles ne 
sont pas diadelphes, comme dans les légumineuses. En ef- 
fet, les filets, libres à la base, se soudent parle milieu pour 
redevenir libres à leur extrémité ; ce qui fait qu'elles sont 
monadelphes. Elles ne sont pas toutes de la même longueur, 
car celles qui correspondent aux pétales longs sont aussi 
plus longues. Les étamines fertiles sont à anthère unilocu- 
laire, d'un jaune doré. 

L'ovaire n'offre qu'une seule loge contenant de nombreux 
ovules disposés sur un seul rang; ils sont attachés à trois 
placentas pariétaux, et pendent librement dans l'intérieur 
de l'ovaire. Le fruit est une capsule dont la longueur 
varie entre 10 et 30 centimètres ; il affecte la forme d'une 
silique trigone, d'une coloration vert cendré, qui passe au 
rouge cendré, quand il a atteint sa maturité. Il présente trois 
arêtes séparant autant de valves et limitant trois faces sur 
le -quelles on remarque des cannelures longitudinales. Cette 
capsule n'a qu'une seule loge, dans laquelle les semences 
sont disposées en une seule série, comme des pièces de 
monnaie dans un rouleau. Cependant elles sont séparées les 



- 22 - 

unes des autres par des renflements provenant d'un méso- 
carpe et d'un endocarpe celluleux, absolument comme les 
graines dans une fève verte. 

Quelques auteurs prétendent que cette capsule est in- 
déhiscente, et leur erreur provient de ce qu'ils ont voulu 
ouvrir des fruits provenant du commerce, lesquels sont tou- 
jours cueillis avant leur complète dessication. Quand on 
laisse le fruit se dessécher sur l'arbre, celte déhiscenee se 
tait spontanément mais très-tard, quand l'arbre se couvre 
d'une nouvelle floraison. La déhiscenee est septicide : elle 
commence par l'extrémité inférieure du fruit, et se continue 
dans le sens des sutures. 

Les graines sont arrondies et triangulaires, pourvues 
d'ailes membraneuses sur leurs bords; elles ont la dimen- 
sion d'un pois aplati. Le testa présente une coloration d'un 
noir clair tirant sur le jaune; le tégument est blanc, a texture 
légèrement celluleuse ; il est très-friable. L'amande, de 
couleur blanche, est oléagineuse. 

Nous croyons devoir rattacher cet arbrisseau à l'espèce 
Ptéryyospcrma. 

Je ne parlerai pas des semences du Morinya ptérygos- 
perma connues depuis longtemps par les Grecs, et dont les 
Romains employaient l'huile chargée de parfums en onc- 
tions sur le corps pour s'assouplir les membres. Je veux 
seulement faire connaître quelques propriétés de ce végétal 
encore inconnues, et qui peuvent rendre de réels services à 
l'art de guérir. 

Par une forte expression, les semences du Moringa don- 
nent une huile opaline, légèrement ambrée, dune consis- 
tance sirupeuse rappelant celle de l'huile de ricin. Son 
odeur est nulle, mais en revanche sa saveur est franchement 
amère. L'huile ainsi obtenue possède des propriétés purga- 
tives très-marquées, à la dose d'une à trois cuillerées à 
café, suivant l'âge du malade. Elle agit à peu de chose 
près comme l'huile de ricin. Pour masquer son amertume, 



- 23 - 

j'avais l'habitude de rémulsionTinr à l'aide de 40 grammes de 
sirop d'orgeat dans 100 grammes d'eau aromatisée' avec 
l'hydrolat de fleur d'oranger. Ainsi présentée, elle est prise 
sans répugnance même par les petits enfants. 

Quelques auteurs ont prétendu qu'aune température rela- 
tivement tempérée cette huile, se congelait. J'opérais au Sé- 
négal, il est vrai, où la température est ordinairement très- 
élevée; mais, pendant une partie de l'année, les nuits sont 
très-fraîches (+ 12°) : avec cette température je n'ai jamais 
vu congeler 1 huile que j'avais préparée. Gela tient tout sim- 
plement au mode de préparation. Si on n'a recours qu'à 
une pression modérée, l'huile qui s'écoule des semences est 
épaisse et se congèle facilement. Après l'avoir obtenue, si 
on augmente la pression, il s'écoule des mêmes semences 
une huile presque incolore, très-fluide, et qui ne se congèle 
jamais. C'est cette dernière qui a été pendant longtemps 
usitée en horlogerie; on la prépare de cette façon et non en 
épurant l'huile de semence de Moringa. L'huile médicinale, 
celle dont nous avons vanté les vertus purgatives, n'est, 
comme on le voit, qu'un mélange de ces deux huiles, et 
elle ne se congèle pas à la température ordinaire 

Je n'insiste pas plus longtemps sur les propriétés médici- 
nales très-connues de l'huile extraite des semences du Mo- 
ringa ptérygosperma Si j'en ai parlé, c'est pour les rappeler 
à la mémoire des médecins appelés à exercer dans les ré- 
gions où croît cet arbrisseau. Mais il est deux autres parties 
non moins importantes de ce végétal, sur lesquelles je veux 
attirer leur attention : ce sont la racine et les fleurs. 

Les racines du Moringa présentent un système cortical 
très-développé, qui se laisse facilement réduire en pulpe. 
Bien souvent, à l'île de la Réunion, j'avais vu les vieux 
noirs récolter cette racine et la pulper; l'idée me vint de 
leur demander l'usage qu'ils en faisaient. Ils me répondi- 
rent qu'ils s'en servaient en guise de sinapismes, et que l'ef- 
fet en était sûr et prompt. Tout d'abord, je ne tins pas 



- 24 - 

compte de ce renseignement, mais plus tard je tus amené à 
l'utiliser par la force des choses. 

J'étais alors au Sénégal, je fus appelé pendant l'hivernage 
auprès d'un malade atteint d'un accès pernicieux ; le cas 
était pressant, il fallait agir sans perdre de temps. J'étais 
dépourvu de farine de moutarde, et les feuilles de Rigollot 
qu'on me présentait étaient détériorées par la grande humi- 
dité qui règne en cette saison en Sénégambie. L'idée me 
vint alors d'avoir recours aux racines de Moringa. J'en fis 
donc récolter une certaine quantité, et, après pulpation, je 
les arrosai de quelques gouttes de vinaigre et j'en confec- 
tionnai des sinapismes que j'ordonnai de promener sur les 
membres inférieurs du malade, et cela sans préjudice de la 
médication quinique. Dans l'après-midi je revins voir mon 
malade, qui avait repris connaissance, et qui se plaignait 
d'une sensation de brûlure à la partie interne de la cuisse 
droite. Je regardai l'endroit indiqué, et je m'aperçus que le 
garde malade y avait oublié un des sinapismes de racine de 
Moringa. Après 7 ou 8 heures d'application, ce sinapisme 
avait déterminé un commencement de vésication, ni plus ni 
moins qu'un vésicatoire. 

A la suite de ce premier essai, je lis plusieurs fois usage 
de ce sinapisme que le hasard avait mis entre mes mains, et 
je n'eus qu'à me louer de ses eli'ets aussi prompts et aussi 
énergiques que ceux de la farine de moutarde. La racine de 
Moringa paraît tenir cette propriété rubéfiante d'une huile 
volatile acre, à odeur pénétrante comme celle de la mou- 
tarde. Je n'ai pu malheureusement en faire l'analyse, 
n'ayant pas à ma disposition les instruments et les réactifs 
nécessaires. Cette huile se dégage très-promptement, quand 
les racines pulpées sont arrosées de quelques gouttes de 
très-fort vinaigre. Les sinapismes arrosés d'eau sont bien 
moins actifs. L'action rubéliante de l'huile persiste même 
après l'ealèvenaent du sinapisme, et les malades continuent 
à se plaindre de ce sentiment de brûlure toujours croissant, 



— 25 — 

qu'on calme en appliquant un linge huilé sur la partie ru- 
béfiée. 

J'ai dit plus haut que les fleurs du Moringa exhalaient une 
odeur qui rappelle celle de la fleur d'oranger. Les noirs du 
Sénégal et les mulâtres surtout prétendent que cette odeur 
est malsaine, mais cette opinion n'est basée sur aucun fait 
certain. 

Etant chef du service de santé à Dakar, j'habitais une 
maison dont le jardin possédait plusieurs Moringas, qui éta- 
laient leurs grappes de fleurs sous mes fenêtres. Je pus tout 
à mon aise faire des expériences sur le parfum de ces fleurs, 
et voici ce que j'eus l'occasion de remarquer : 

Pendant les chaudes journées de l'hivernage, grâce à une 
tension électrique considérable, le système nerveux est tou- 
jours plus ou moins surexcité S'il m'arrivait alors de respi- 
rer pendant quelque temps l'odeur de ces fleurs, j'éprouvais 
comme une détente nerveuse, immédiatement suivie d'un 
sentiment de douce langueur. Cette remarque et la ressem- 
blance du parfum avec celui de la fleur d'oranger me firent 
soupçonner dans ces fleurs des propriétés antispasmodiques. 

J'en lis alors récolter une certaine quantité et les soumis 
à la distillation, en opérant comme pour la fleur d'oranger. 
Comme résultat de l'opération, j'obtins un hydrolat aroma- 
tique assez semblable à 1 hydrolat de fleur d'oranger, et 
n'offrant aucun goût désagréable. Je l'ai administré plusieurs 
fois à la dose d'une à deux cuillerées à café, soit dans de 
l'eau sucrée, soit dans des potions, et il m'a paru agir comme 
l'eau de fleur d'oranger, dont je le crois un bon succédané. 

Je ne croirais pas avoir donné une monographie complète 
de V Acacia Moringa, si je passais sous silence les services 
que cet arbrisseau peut rendre au point de vue alimentaire, 
surtout au Sénégal où les légumes sont rares pendant la 
saison d'hivernage. 

Dans certains pays, à l'île de la Réunion, par exemple, les 
jeunes feuilles de Moringa, connues par les noirs et les 



- 26 - 

créoles sous le nom de bvéde jnouroung, sont soumises aune 
certaine préparation culinaire, et sont servies sur les tables 
sous forme d'épinards. J'ai eu souvent l'occasion de manger 
de ce plat, et j'avoue qu'il ne le cède en rien aux vrais épi- 
nards. 

Avant que les fruits aient acquis un certain développe- 
ment, on les cueille, et on les soumet à une ébullition assez 
prolongée qui les débarrasse de leur goût amer. Ensuite on 
les sert sur les tables accommodés comme des asperges ou 
des haricots verts, et ils constituent ainsi une nourriture en 
même temps saine et rafraîchissante. 

S'il vous était donné de voir les filets dont se servent les 
Canaques de Taïti pour la pêche , vous leur trouveriez une 
superbe couleur jaune foncé. Ils la doivent à une matière 
colorante extraite des racines du Moringa, et qui a en même 
temps la propriété de rendre ces hiets inattaquables par 
l'eau de mer, grâce à la grande quantité de matière tannante 
que contiennent ces racines 

M. le Trésorier est prié d'appliquer le Règlement relati- 
vement aux cotisations arriérées. 

Sur la proposition du Conseil d'administration , l'assem- 
blée adopte : 

1° L'impression d'un compte rendu sommaire des séances 
sur le bulletin de convocation de quinzaine; 

2° L'ouverture de la bibliothèque tous les mercredis où il 
n'y aura pas séance, de 8 à 9 heures du soir, sous la sur- 
veillance de M. l'Archiviste. 



Séance du 25 janvier 1882. 

Présidence de M. Tkutat. 

MM. Monclar et Lacroix relatent des observations qu'ils 
ont faites sur la construction des nids d'hirondelle, et ré- 



- 21 - 

pondent aussi à plusieurs questions posées par M. deConfe- 
vron, dans le Bulletin de la Société d'acclimatation, sur la 
nidification de ces oiseaux. 



M. Monclar propose la nominaion d'une commission pour 
étudier s'il n'y aurait pas opportunité de provoquer, à Tou- 
louse, la création d'une Société de géographie. Il dit que les 
événements de 1870 nous ayant révélé, à nos portes, une 
Allemagne que nous ne conn aissionspas, nous avons com- 
pris combien avait été préjudiciable notre ignor nce de la 
géographie. Aussi, la France, résolue de regagner le temps 
perdu, s'est mise à lœuvre. 

Douai dans le nord, Bordeaux dans l'ouest groupant au- 
tour d'elles plusieurs villes voisines, Lyon, Marseille, et 
enfin Montpellier, ont déjà créé des Sociétés de géographie. 
Toulouse ne doit plus tarder à suivre leur exemple, alors 
surtout que l'Etat vient de créer, pour l'étude de cette 
science, une chaire à sa Faculté. Peut-elle refuser d'ajouter 
un si beau fleuron à cette couronne scientifique et littéraire 
que lui envient plusieurs villes du Midi? 

La Société nomme une Commission composée de 
MM. Monclar, deMalafosse, Azam, Regnault, D r Régi. chargée 
d'étudier soit la création d'une section de géographie dans 
notre sein, soit la fondation d'une Société de géographie 
dont notre Société prendrait l'initiative. 

M. de xMalafosse trace à grands traits la course à laClappe 
qu'il propose et qu'il a étudiée. Le meilleur moment pour 
faire cette excursion, qui présente un grand intérêt géolo- 
gique, serait le mois de mai. 



La réunion choisit le 40 février pour le punch annuel 
avec projections photographiques par M. Trutat. 



M. Fagot communique à la Société le travail suivant : 
Histoire malacologique des Pyrénées françaises 

V. Hautes-Pyrénées. 

Dans le tome X du Bulletin de la Société Ramond 
(10- année, p. 401-137, juillet 1875 , nous avons donné une 
première liste des mollusques cités ou recueillis dans les 
Hautes-Pyrénées. La présente année de votre bulletin ren- 
ferme un supplémentainsiquedes rectifications importantes. 
En attendant de compléter la tâche laborieuse que nous 
avons entreprise, nous croyons aujourd'hui utile de jeter 
un coup d'oeil rétrospectif A cet etl'et nous rechercherons 
par ordre chronologique, dans les auteurs, le nom tics es- 
pèces qui ont été signalées comme vivant dans le départe- 
ment qui nous occupe. Ce travail permettra de connaître 
promptement les apports successifs faits à notre faune ma- 
lacologique, de redresser quelques erreurs qui se sont 
commises et accréditées, d'établir une synonymie moins 
fautive et d'avancer à l'avenir d'un pas plus sûr dans la 
voie que nous parcourons. 

1831. Michaud Complément à Draparnaud, etc. 
Hélix curascalensis. 

L'auteur a confondu sous ce nom plusieurs formes que 
nous avons fait connaître 

Cette remarque s'applique également à tous les malaco- 
logistesqui ont signalé cette espèce dans les Hautes-Pyrénées. 
Nous faisons cette observation dès le début, afin d'éviter des 
répétitions. 
Pupa r ingens . 

Nérée Boubée, voyageant dans les Pyrénées avec quelques 
naturalistes qu'il s'adjoignait annuellement, trouva à Mau- 



- 29 - 

léon, vallée de la Barousse, ainsi qu'au Puits et au Pic de 
l'Hyéris près de Bagr.ères-de-Bigorre, un Pupa qui resta 
inédit, ainsi que nous le démontrerons. Caillaud, qui eut à 
sa disposition quelques exemplaires de cette espèce, proba- 
blement par l'intermédiaire ou les indications des compa- 
gnons de route de Boubée, en adressa un échantillon à 
Michaud lequel le décrivit et le fit figurer dans son complé- 
ment sous le nom du Pupa ringens. Après l'apparition de 
son ouvrage, mais antérieurement à la publication du bul- 
letin, rédigé par Boubée, dont nous parlerons tout à l'heure, 
Michaud visita la collection du géologue parisien. Ce dernier 
dit sans doute à son visiteur qu'il avait déjà décrit le Pupa 
rir.gens sous le nom de Pupa pyrenaica ; peu de temps après, 
en 1832, Boubée ayant fait imprimer son Bulletin d'Hisloire 
naturelle, conserva le nom de Pupa pyrenaica au Pupa 
ringens, prétendant lavoir décrit sous le premier nom dans 
un mémoire lu à la Société d'Histoire naturelle de Paris 
en 18-iO (1), et se plaignit amèrement de trouver son espèce 
sous le nom de Pupa ringens dans le supplément à Dra- 
parnaud. « L'auteur l'a reçue sous ce nom, mais il ne sait 
qui le lui a donné. Provisoirement, il l'enregistre sous son 
nobis usurpateur, comme il est d'ailleurs trop d'usage; fou- 
tefoisla priorité de description conservant encore ses droits, 
cette espèce reprendra sans doute, dans les collections, son 
premier nom de Pupa pyrenaica. » Les critiques de Boubée 



(1) Il y avait autrefois à Paris plusieurs sociétés d'histoire naturelle ; 
1° la Société d'Histoire naturelle de Paris cnij a fait paraître 4 vol. in-4° 
'moires (182:*- 4 8? 6} : 2° une autre société* dirigée par de Féfnssac 
dont l'organe était le « Bulletin des sciences naturelles et de géologie, 
Paris, 1 8 2 :î 1831, 31 vol in-8° » (dans ces deux ouvrages il n'est, point 
fait mention du mémoire en question); 3° enfin, une dernière formée 
par Boubée. Il est à présumer que c'est, devant les membres de sa So- 
ciété que Boubée à-7« sa note relative au Pupa pyrenaica. Les mé- 
moires de cette société étaient précisément ce Bulletin prrblié par lui. 
(Note de M. Bourguignat.) 



- 30 - 

ne sont point fondées. En premier lieu, M. Michaud sait très- 
bien qui lui a donné ce Pupa, puisqu'il imprime le nom de 
M. Caillaud ; ensuite l'espèce découverte par Boubée doit 
continuer à êlre appelée Pttparingens, parce que le mémoire 
dans lequel l'auteur l'a décrite, si ce mémoire a existé 
réellement, n'a jamais été publié (1), et parce que la diagnose 
du Pupa pyrenaica est postérieure à celle du Pupa ringens 
de M. Michaud. 

Les observations qui précèdent sont également applicables 
au Pupa pyrenœaria dont l'auteur du Bulletin voudrait s'at- 
tribuer à tort la paternité. 

Boubée a au contraire raison lorsqu'il affirme que son 
Pupa pyrenai a n'est autre que l'espèce de Michaud. 11 est 
certain que si ces deux maillots ne sont point identiques, 
l'un doit être considéré comme une légère variété de 
l'autre. 

1832-1835. Nérée Boubée. Bulletin d'Histoire naturelle, 
(Inédit, in-12, 4832-1833; 2 e édit. in-8», 1833-1835). 
Hélix carascalensis. 

Clausilia pyrenaica, (sans description, 1 re édit.). — Pupa 
transitus (aussi sans diagnose, 2 e édit ). 

Ce maillot a été recueilli également par Boubée et ses 
compagnons au pic de L'Hyéris près Bigorre ainsi que dans 
d'autres points des Pyrénées. Cetie espèce fut envoyée par 
l'un de ses correspondants, de Grateloup, à Michaud qui la 
nomma Pupa pyrenœaria et lui assigna comme localité « les 
Pyrénées. » M. Bombey. 

Dans une note au bas de la page 9 de la 2 e édition du 
Bulletin, Boubée manifeste son mécontentement de cette 
appellation. « Cette espèce est indiquée, d'après un très-petit 
échantillon, dans le supplément à Draparnaud, sous le nom 
de Pupa pyrenœaria, comme ayant été ainsi nommée par 

(1) Voir Michaud, Galerie moll., Douai, t. I, p. m, 1838. 



- 31 - 

M. Bombey. M. Michaud, qui n'aurait pas dû estropier mon 
nom, n'aurait pas dû non plus s'attribuer par un nobis une 
espèce dont il signale précisément le nomenclateur. 

La diagnose et la figure de M. Michaud s'appliquent très- 
bien au Pupa pyrenœaria des environs deBigorre C'est donc 
là que doit être placé le type de l'espèce. 

Les observations de Boubée permettent de conclure d'une 
manière certaine que les individus des Hautes-Pyrénées (1), 
auxquels il a donné le nom de Clausilia pyrenaica et Pupa 
tranrilus, doivent être rapportés au type de Michaud. 
Neritina thermalis. 

Excellente espèce, des eaux minérales de Salut à Bagnères- 
de-Bigorre, que Boubée a eu le tort de ne point décrire dans 
son Bulletin, renvoyant pour la diagnose à son mémoire 
malheureusement inédit. 
Limax y agates. Milax gagates. 
Carychium minimum. 
Limnœa thermalis. 

Cyclostoma obscurum. Pomatias crassilabris. 
Succinœa amphibia. Succinea Pfeifferi. Var. thermalis. 
Ancylus fluviatilis. Ancylus Jani. 

Boubée est un assez judicieux observateur pour s'aperce- 
voir que l'ancyle du ruisseau ,de Salut est distinct de celui 
qui n'habite que l'eau froide des cascades alpines et qu'il a 
nommé rupicola. Seulement il a tort de croire que le premier 
est VAncylus fluviatilis. 11 constitue une espèce distincte, 
tandis que son rupicola n'est qu'une variété du fluviatilis, 
ou mieux de VA. simplex. 
Hélix hispida. 
Pupa megacheilos . Pupa Bigorriensis. 



[\) Nous faisons toutes nos réserves au sujet des individus cités dans 
d'autres parties de la chaîne pyrénéenne, lesquels ne sauraient, à notre 
avis, rentrer dans le Pupa pyrenœaria, ainsi que nous avons l'intention 
de l'établir. 



- 32 - 

Pupa clausilioïdes. Pupa pyrenœaria var. Boubeei (1). 
Hélix incerta. Zoniles incerlus. 

1835. Ch. Des Moulins. Description d'espèces nouvelles in 
Actes de la Sociéié Linnéenne de Bordeaux. L'auteur 
nous l'ait connaître le Pupa Bigorriensis (de Charpentier) 
pris par tous les auteurs pour le Pupa meyachcilos. 

1838. Deshayes. Histoire naturelle des animaux sans vertè- 
bres de Lamark (2° édition, t. VIII). 
Pupa ringens. 
Hélix carascalensis. 
Hélix pyrenaica. 

Notre conviction est que cette espèce a été signalée par 
erreur dans les Hautes-Pyrénées. Elle n'est mentionnée par 
aucun autre des nombreux malacologist.es qui ont exploré 
le département. 

1842. Rossmassller. Iconographie der land ûnd susswass. 
mollusk., etc., Heft. XI. Représentation et ligure du 
Pupa Braunii (P. Brauni) découvert à Barèges par 
M. Braun En conséquence, le type de cette espèce doit 
être pris dans cette localité. 

1847. D. Dupuy. Histoire naturelle des mollusques de France, 

1 er fascicule. 
Vitrina beryllina. Vifrina pellucida. 

1848. Janvier. D. Dupuy (loc. cil.), 2 e fascicule. 
Hélix carascalensis. 

(4) Nous donnerons plus lard l'historique du nom de Pupa clausi- 

ï i noiis que la plupart des ma'.acoloyisles des Pyrénées- 

• ou par leur propre inexpérience, ont 

eomii < rieurs qu'il importe de rectifier d'une 

manière définitive. 



- 33 - 

L'auteur signale pour cette espèce un assez grand 
nombre de localités dont il a découvert quelques-unes 
lui-même. 

Hélix Moulinsii. Hélix Moulinsiana. Notre savant ami a eu le 
bonheur de recueillir à Gauterets un individu de cette 
espèce qu'on n'avait trouvée jusqu'à lui que dans les 
Pyrénées-Orientales. 

1848. A. de Saint-Simon. Miscellanées malacologiques. 
Pwpa Partioti. 

M. Léon Partiot découvrit ce maillot aux environs de 
Saint-Sauveur (Hautes-Pyrénées), et le communiqua à 
Moquin-Tandon qui l'appela Pupa labiosa, sans pourtant le 
décrire. Ce dernier s'aperçut à temps que le nom de Pupa 
labiosa ne pouvait être maintenu, d'après les lois de la 
nomenclature, parce qu'il existait déjà Bulimus labiosus de 
Bruguière (Encyclopédie méthodique, p. 347, n° 85, 4789), 
qui faisait évidemment partie du genre Pupa. Il adopta alors 
le nom de Pupa Partioti et le donna sous ce nouveau nom à 
M. de Saint-Simon qui le décrivit, sans le figurer, dans ses 
Miscellanées malacologiques. 
Cyclostoma Partioti. Pomatias Partioti. 

Découvert par M. Partiot dans le cirque de Gavarnie, 
communiqué à Moquin qui le nomme, et décrit par M. de 
Saint-Simon. 

1849. Janvier. D. Dupuy {loc. cit.), 3 e fasc; 1850, 4 e fasc; 

1852, 0° fasc. 
Hélix nilidula. Zonitesnitidulus. 
Bulimus détritus. 
Azeca Nouletiana. 

Nouvelle espèce des environs de Bigorre que l'auteur 
décrit et figure. 
Zua lubrica. 

M. l'abbé Dupuy fait observer avec raison que les individus 

3 



— 34 — 

des Hautes-Pyrénées sont en général plus petits que le type. 
En etl'et, ils appartiennent à la Ferussacia exigua. 
Clausilia dubia. 

M. l'abbé Dupuy a réuni sous ce nom deux espèces au 
moins, lesquelles ne rentrent point, à notre avis, dans l'es- 
pèce de Draparnaud. 
Clausilia abietina. 

Nouvelle espèce que l'auteur décrit et figure. 
Pupa Braunii. Pupa Brauni. 

C'est au professeur d'Auch que l'on doit la première re- 
présentation de cette espèce en France. 
Pupa Partioti. 

Même observation que pour le précédent. 
Pupa pyrenœria. 
r ingens. 
Farinesii. Pupa Jumillensis. 

M. Bordère a, le premier, recueilli cette espèce aux en- 
virons de Gèdre et vers la montée de la brèche de Roland 
C'est à M. l'abbé Dupuy que l'on doit de connaître sa pré- 
sence dans les Hautes-Pyrénées. 
Pupa Bigormensis. 
triplicata, 

umbilicata var. Sempronii, var. Semproni. 
Planorbis albus. 

Limnœa diaphana. Limnœa limosa var. diaphana. 
glacialis, Limnœa limosa var. glacialis. 

La Limnœa glacialis avait été appelée par Boubée (Bul- 
letin, 8 e édit , p. 38, n° 87, 1 er avril 1835) Limnœa ovata 
var. glacialis. Ce naturaliste, qui l'avait découverte au lac 
d'Oo (Haute-Garonne), la désigna ainsi, sans faire connaître 
ses caractères. C'est M. l'abbé Dupuy qui le premier l'a 
recueillie dans les Hautes-Pyrénées et en a donné une 
diagnose ainsi qu'une figure. 
Limnœa thermalis. 



— 35 — 

Le professeur d'Auch a fait représenter pour la première 
fois cette forme intéressante. 
Pomatias crassilabrum. Pomatias crassilabris . 

Notre auteur décrit et figure sous ce nom un Pomatias 
qui avait été toujours confondu avec Yobscurus et qui est 
très-commun dans les Hautes et Basses-Pyrénées. Les loca- 
lités assignées à cette espèce nouvelle pour notre départe- 
ment sont : Bagnères-de-Bigorre et Lourdes. En consé- 
quence, les individus de ces deux régions peuvent être 
considérés comme typiques. 
Pomatias Partioti. 

C'est dans l'ouvrage dont nous donnons l'analyse que se 
trouve la première figure de cette espèce. 
Hydrobia Reyniesii. Paludinella Reyniesi. 

Espèce nouvelle découverte par M. de Beyniès dans les 
sources et petits filets d'eau aux environs de Gauterets. Les 
individus de cette localité doivent être pris pour type. 
Neritina Prevostiana. Neritina thermalis. 

Nous regrettons que M. l'abbé Dupuy ait assimilé la 
coquille de Boubée à une espèce de Pfeiffer, parce que, sans 
cela, la Neritina thermalis aurait pris son nom ayant été le 
premier à la décrire et à la figurer. 
Margaritana margaritifera. 
Unio Bigerrensis. 

Nouvelle espèce découverte par M. l'abbé Rozes dans 
l'Echez à Vic-Bigorre, localité typique. 
Unio Moquinianus. 

Même observation que pour la précédente. 
Pisidium thermale. Pisidium casertanum var. thermalis. 

Espèce nouvelle recueillie pour la première fois par 
l'auteur lui-même dans les sources de la Raillère et de 
Mauhourat près Gauterets. 



Après cette rapide analyse de l'œuvre importante de 



- 36 - 

M. l'abbé Dupuy, il est facile de reconnaître que c'est le 
savant qui a le plus contribué à faire connaître les mollus- 
ques de notre département. 

1852-1853. de Saulcy. In Journal conchyl., vol. III, p. 438, 
4852. Diagnose de V Hélix nubigena trouvée par l'auteur 
sur les sommets des montagnes des environs de Barèges, 
loc. cit., vol. IV, 1853. Représentation de cette espèce. 

1853. de Saulcy. Liste des mollusques terrestres et fluviatiles 
trouvés dans la vallée de Barèges (Hautes-Pyrénées). 
In Journal de conchyliologie, t. IV, p. 266 à 273, 
4" août 1853. 
Arion rufus var. B. ater. Arion ater. 
Succinea arenaria. 
Hélix aspersa. 
nemoralis. 
carascalensis. 
nubigena. 
hispida. 
limbata. 
rupestris. 

olive tor.um. Zonites incertus. 
rotundata. 
ericetorum. 
Bulimus détritus, 
obscurus. 
Clausilia dubia. Les individus ainsi désignés n'appartiennent 
point à cette espèce. 
abietina. 

Rolphii. Clausilia Rolphii. 
Pupa quadridens. Chondrus quadridens. 
Braunii. Pupa Brauni. 
Parlioti. 
secale var. elongata. 



— 37 - 

L'auteur donne une diagnose de cette variété nouvelle. 
Pupa pyrenœaria. 

Farinesii. Pupa jumillensis. 
megacheilos. Pupa Bigorriensis. 
triplicata. 

anti-ver tigo. Vertigo pygmœa. 
Pomatias obscurum. Pomatias crassilabris . 
Limnœa minuta. Limnœa truncatula. 
avata. Limnœa limosa. 

ovata var. glacialis. Limnœa limosa var. glacialis. 
peregra. 
Ancylus capuloides. Ancylus Jani. 

Pisidium cinereum var. thermale. Pisidium casertanum var. 
thermalis. 
Cette liste, assez exacte pour l'époque à laquelle elle a été 
faite, nous fait connaître quelques localités nouvelles à côté 
d'autres déjà connues. 

1855. De Grateloup. Essais de Géographie malacologique. 

Cette simple compilation, faite sans méthode et sans esprit 
critique, nous reporte en arrière, ainsi qu'il sera facile d'en 
juger en en extrayant les espèces citées pour les Hautes- 
Pyrénées qui sont les suivantes : 
Arion ater. 

Vitrina Beryllina. Vitrina pellucida. 

Succinea amphibia var. thermalis Boubée. Succinea Pfeif- 
feri var. 

Boubée dit dans son Bulletin qu'il a trouvé à Bigorre, sur 
les murs de l'établissement de Salut, la Succinea amphibia 
avec la Limnœa thermalis. C'est probablement en lisant 
l'opuscule de Boubée à la hâte que Grateloup aura formé 
par inadvertance la var. thermalis que je n'ai point su re- 
trouver dans les œuvres du naturaliste parisien, à moins que 
cette variété ne soit inédite. 
Succinea arenaria. 



- 38 - 

Hélix aspersa. 

carascalensis. 

var. glacialis. Hautes-Pyrénées, Barèges, 

4850 à 2.500 mètres (de Saulcy). 
var. pyrenaica. Pic du Midi, 3.000 mè- 
tres (de S.). Hélix Velascoi. 
Il est regrettable que ces deux variétés soient restées iné- 
dites et ne nous permettent point ainsi de juger leur 
valeur. 

Hélix ericetorum. 
hispida. 

incerta. Zonites incertus. 
limbata. 

nemoralis var. scalaris. 
nubigena. 
pyrenaica. 
L'auteur cite probablement cette espèce d'après l'indica- 
tion erronée de Lamark. 
Hélix rupestris. 
Azeca Nouletiana. 

Pupa alpicola. Si l'on adopte l'opinion de M. l'abbé Dupuy, 
ce maillot est synonyme du Pupamuscorum. Si au 
contraire on le maintient comme espèce, il est im- 
possible de le comprendre dans la faune pyré- 
néenne. 
Pupa biplicata. C'est sûrement par inadvertance que Gra- 
teloup aura indiqué ce Pupa dans notre départe- 
ment. 
Pupa Boileausiana. Pupa secale. 
Braunii. Pupa Brauni. 
Clausilioides. Boubée, Pfr. 
Notre auteur confond les Pupa clausilioides de Boubée et 
de Pfeiffer qui sont deux espèces différentes appartenant 
l'une aux Pyrénées-Orientales et l'autre aux Hautes - 
Pyrénées. 



— 39 - 
Pupa consobrina Ziegl. 

M. Charles Desmoulins, in Bulletin de la Société Lin- 
néenne, Bordeaux, t. VII, p. 460 et 461, 4835, et après lui 
M. l'abbé Dupuy, donnent le Pupa consobrina de Ziegler 
comme synonyme du Pupa megacheilos. 

Pupa Farinesii. Pupa Jumillensis. 
frumentum. Pupa secale. 

megacheilos var. major. Pupa megacheilos var. elon- 
gatissima. 

var. pusilla. Pupa Bigorriensis. 
pyrenœaria. 
Partioti. 

quadridens var. minor Boubée. Chondrus quadridens. 
secale. 

Transitus. Pupa pyrenœaria. 
triplicata. 
Clausilia abietina. 

dubia. Même observation que pour le dubia des 

autres auteurs. 
Rolphii. Clausilia Rolphi. 
Cyclostoma elegam. 
Pomatias obscurum var. sinistrorsa. Individu senestre du 

Pomatias crassilabris. 
Cyclostoma Partioti. Pomatias Partioti. 
Carychium minimum. 
Vertigo anti-vertigo. Vertigo pygmœa. 
Lymnœa glabra. 

Par suite d'inadvertance ou d'erreur d'impression, de Gra- 
teloup cite cette espèce dans les lacs de Gaube et d'Oncet 
en disant, au contraire, que la Limnœa glacialis vit clans la 
France entière. Il est évident que les localités de la Limnœa 
glabra doivent être rapportées à la Limnœa glacialis et réci- 
proquement. 
Limnœa glacialis. 



— 40 - 

Limnœa minuta var. L. pyrenaica, Boubée. Limnœa trun- 
catula var. 

( var. L. Boissii. Limnœa limosa var. Boissii. 
\ var. glacialis. Limnœa limosa var. glacialis. 
Grateloup est le seul auteur à notre connaissance qui ait 
indiqué la Limnœa Boissii dans les Hautes-Pyrénées. Pour 
ce motif nous ne l'avons point comprise dans notre cata- 
logue. 

Après avoir élevé cette limnée à la place d'espèce dou- 
teuse, l'auteur la fait redescendre au rang de simple variété. 
Limnœa peregra. 

thermalis an var. L. peregrœ? 
De Grateloup ne semble point très-édifié sur la valeur de 
cette espèce et il a raison. 
Planorbis albus var. thermalis. 

C'est au Planorbe du ruisseau de Salut que s'applique le 
nom de var. thermalis. 
Ancylus capuloides. Ancylus Jani. 

Frayssinianus var. thermale. Ancylus Jani. 
gibbosus. 

monticola. Ancylus simplex var. 
Bythinia Reyniesii. Paludinella Reyniesi. 
Neritina thermalis. 
Unio littoralis var. Bigerrensis. Unio Bigerrensis. 

Moquinianus . 
Pisidium thermale. 

1855. Drouet (H). Enumération des mollusques terrestres et 

fluviatiles vivants, etc. 
Vitrina pyrenaica. Vallée d'Ossau près le Pic du Midi (H.-P.). 
M. Drouet ou son imprimeur ont commis une erreur en 
plaçant la vallée d'Ossau dans le département. Elle a tou- 
jours fait partie des Basses-Pyrénées. 
Succinea arenaria. 
Hélix nubigena. 



- 41 - 

Pupa Boileausiana. Pupa secale. 

Braunii. Pupa Brauni. 

Clausllioides. Boubée. 
L'auteur mentionne à Prats do Mollo et à Grasse le Pupa 
clausilioides de Boubée, espèce spéciale aux Hautes-Pyré- 
nées, ne se doutant point que le maillot dont il parle n'est 
autre que le Pupa affinis de Bossmassler. 
Pupa megacheilos var. Bigorriensis. Pupa Bigorriensis. 

Partioti. 

Ringens. 
Clausilia dubia var. abietina. Clausilia abietina. 
Pomatias Partioti. 

Limnœa glacialis. Limnœa limosa var. glacialis. 
thermaîis. 
M. Drouet donne le premier une bonne diagnose de cette 
espèce. 

Ancylus capuloides. Ancylus Jani. 
Hydrobia Reyniesii. Paludinella Reyniesi. 
Neritina thermaîis. 

Pisidium casertanum var. thermale. Pisidium thermale. 
Unio Bigerrensis. 

Moquinianus. 
Cette énumération, assez exacte dans son ensemble, en ce 
qui concerne notre département, ne nous révèle malheu- 
reusement aucun fait nouveau. 

1855. A. Moquin- Tandon. Histoire naturelle des mollusques 

terrestres et fluviatiles vivants de la France, etc. 
Vitrina pyrenaica. 

annularis. Erroné. 
Succinea arenaria. 
Zonites olivetorum. Zonites incertus. 

nitidulus. 
Hélix cornea s Moulinsii. Hélix Moulinsiana. 
Hélix carascalensis. 

var. minor. 



- 42 - 
Hélix cespitum var. nubigena. Hélix nubigena. 

ericetorum var. striata. 
Bulimus montanus. Erroné. 

détritus. 
Bulimus Menkeanus var. Nouletianus. Azeca Nouletiana. 
Bulimus subcylindricus. Ferussacia subcylindrica var. 
exigua. 

acicula. Cœcilianella 

Clausilia nigricans var. abietina. Clausilia abietina. 
Pupaperversa. Balia pyrenaica. 
Pupa megacheilos var. elongatissima. 

var. pusilla. Pupa Bigorriensis. 
Farinesii. Pupa Jumillensis. 
Pupa pyrenœaria. 

var. saxicola. 

var. Clausilioides . [Pupa clausilioides , 
Boub. ). Pupa pyrenœaria var. Boubeei. 
secale var. cylindroides . Déjà signalée par M. l'abbé 
Dupuy. 
var. elongata. Variété établie par de Saulcy. 
Partioti. 

Braunii. Pupa Brauni. 
var. cycloides. 
var. multidens. 
Moquin cite pour cette espèce la figure de Kuster (in 
Chemnitz. conch. Kab., 1852), tandis qu'elle avait été déjà 
bien représentée en 1850 par M. l'abbé Dupuy. 
Pupa doliolum var. albina. 

cylindracea. Pupa umbilicata. 

var. Sempronii. Pupa umbilicata var. 
Semproni. 
triplicata. 
Vertige- muscorum. 
edentula. 
pygmœa. 



_ 43 - 

Limnœa limosa var. glacialis. 

var. thermalis. Limnœa peregra var. ther- 
malis. 
Limnœa peregra var. rivalis. Limnœa peregra var. diaphana. 
Ancylus fluviatilis var. capuliformis. Ancylus Jani. 
Cyclostoma obscurum var. crassilabrum. Pomatias crassi- 

labris. 
Cyclostoma Nouleli. Pomatias Partioti var. Crosseana (voir 
de Saint-Simon, 4867). 
Notre auteur méconnaissant une variété à stries plus 
saillantes et plus écartées de l'espèce qu'il avait créée lui- 
même, la prend pour le Pomatias Nouleti, coquille spéciale 
aux Pyrénées de PAriège. 
Cyclostoma Partioti. Pomatias Partioti, 
Âcme fusca. Acme Dupuyi. 

Bythinia abbreviata var. Reyniesii. Paludinella Reyniesi. 
similis. 
Nous ne serions point étonnés si cette espèce, que Moquin 
cite d'après Boubée, était YHydrobia paludestrinoides . 
Nerita fluviatilis var. thermalis. Neritina thermalis. 
Unio rhomboideus var. Bigerrensis. Unio Bigerrensis. 

Moquinianus. 
Pisidium cazertanum var. thermale. Pisidium thermale. 

Grâce à ses élèves, MM. Partiotet de Saint-Simon, Moquin- 
Tandon a pu enrichir la faune malacologique des Hautes- 
Pyrénées. Malheureusement la propension de cet auteur à 
rapprocher les espèces qu'il connaissait de celles qu'il con- 
naissait moins ou qu'il ne connaissait point du tout, a amené 
un peu de confusion dans sa synonymie qu'il n'est pas tou- 
jours facile de débrouiller. 

4856. Moquin-Tandon. In Revue et magasin de Zool., p. 563 
et 592. 
Signale la découverte de VHelix constricta faite à Lourdes 
par M. de Boutigny. 



_ 44 - 

1857. J.-R.. Bourguignat. Aménités malacologiques. 

Description et représentation du Balia pyrenaica recueilli 
par l'auteur dans les environs de Barèges. 

1861. J.-R. Bourguignat. Spicilèges malacologiques. 

Diagnose et figure du Limax pycnoblennius du groupe de 
Vagrestis vivant dans la partie occidentale de la chaîne pyré- 
néenne et cité dans les Hautes-Pyrénées. 

Description et représentation du Pyrgula pyrenaica. 

1867. Gassies. In Journal conchyl. vol. XIV, p. 17. 
Hélix constricta. 

L'auteur donne la description de l'animal sur des échan- 
tillons trouvés à Lourdes par M. le D r Guestier, laissant sup- 
poser que ce dernier a été le premier à les découvrir dans 
cette localité, tandis qu'ils y avaient été signalés dix ans 
auparavant par M. de Boutigny. 

1867. Debeaux. Faunule malacologique de la vallée de Ba- 
règes (Hautes-Pyrénées), par 0. Debeaux, pharmacien- 
major, in Journal de conchyliologie, 3 e série, t. VII, 
n° 1, p. 19 à 43. Janvier 1867. 
Arion ru fus. 
ater. 

albus. (Voir J. Manille, 1870.) 
fuscus. Arion hortensis. 
Limax sylvaticus. (VoirJ. Mabille, 1870.) 

maximus. Limax cinereus. 
Vitrina elongata. 

pyrenaica. 
Succinea arenaria. 
Zonites olivetorum. Zonites incertus. 
nitens. 
nitidulus. 
radiatulus. 



- 45 - 

Zonites cellarius var. D. sylvestris. Zonites Navarricus 

cristallinus. 
Hélix rupeslris. 
aspersa. 
nemoralis. 
ericetorum. 
nubiqena. 
carascalensis. 
ignota. Hélix mtersecta. 
limbata. 
hispida. 
rotundata. 
lapicida. 
Bulimus détritus. 

obscurus. 
Zua lubrica var. minor. Ferussacia exigua. 
Pupa quadridens. Chondrus quadridens. 
Braunii. Pupa Brauni. 
Partioti. 

secale var. elongata. 
pyrenœaria. 
ring eus. 

Farinesi. Pupa Jumillensis. 
megacheilos. Pupa Bigorriensis. 
triplicata. 

anti-vertigo. Vertigo pygmœa. 
Clausilia laminata. 
nigricans. 
dubia. 
abietina. 

Rolphii. Clausilia Rolphi. 
Pomatias obscurum. Pomatias crassilabris, 

crassilabrum. Id. 

Limnœa minuta. Limnœa truncatula. 
ovata. Limnœa limosa. 



- 46 - 

var. B. glacialis. Limnœa limosa var. glacia- 
lis. 

var. C. Thermahs. Limnœa peregra var. 
thermalis. 
Ancylus capuloides. Ancylus Jani. 

gibbosus. 
Hydrobia Rcyniesii. Paludinella Reyniesi. 
Pisidhim thermale. 

caser tanum. 
Malgré quelques imperfections, ce catalogue est fait avec 
soin et nous révèle la présence d'espèces intéressantes. 

1867. De Saint-Simon (A.) Mémoire sur les Pomatias du midi 
de la France. 

Diagnose de la var. Crosseana du Pomatias Partioti. 

Les premiers individus du Pomatias Partioti, à stries 
fortes et écartées, furent recueillis dans l'intérieur du cirque 
de Gavarnie. En 4 848, M. de Saint-Simon établit la diagnose 
de cette espèce sur des exemplaires, à stries plus rappro- 
chées, trouvés dans les mêmes localités. Aujourd'hui le 
même auteur donne le nom de var. Crosseana aux individus 
qui auraient dû servir de type. Pour ne point contrarier 
les idées reçues, nous conserverons comme type les échan- 
tillons, décrits dans les Miscellanées malacologiques, que l'on 
trouve assez communément à Saint-Sauveur, et nous don- 
nerons le nom de var. Crosseana aux individus fortement 
striés qui vivent avec l'espèce et plus particulièrement 
à Gavarnie. De cette manière, toute confusion cessera 
a l'avenir. Les observations ci-dessus ont été écrites 
avec l'agrément de notre savant collègue et ami, M. de 
Saint-Simon, qui nous a engagé môme à les publier dans un 
intérêt scientifique. 

1869. Morlet. Liste des espèces de coquilles terrestres et 
fluviatiles recueillies dans la vallée de Barèges en 1868 



- 47 - 

et n'ayant pas encore été signalées dans cette localité, 
par le capitaine L. Morlet, in Journal de Conchyliologie, 
3 me série, t. IX, p. 399-402, 4 e * oct. 4869. 

Zonites fulvus. 
Hélix costata. 

variabilis. Douteux. 

carthusiana. 

hortensis. 

Achatina acicula. Cœcilianella 

Pupa muscorum Lam. Pupa 

marginata Leach. Pupa..,.. 
umbilicata. 
Vertigo pygmœa. 
Clausilia Reboudii. Erroné. 
Balœa fragilis. Balia pyrenaica. 
Cyclostoma elegans. 
Ancylus simplex? var. meridionalis Beck. Erroné. 

striatus. Erroné. 
Pisidium pulchellum. 
obtusale. 

Malgré le titre de cette liste, plusieurs espèces sont signa- 
lées dans le vallon de Salut et à Bagnères de Bigorre. Les 
déterminations de l'auteur laissent beaucoup de doute dans 
notre esprit. Si nous nous permettons ces observations, ce 
n'est point à l'égard de M. Morlet que nous avons l'honneur 
de connaître, mais à cause de l'impartialité avec laquelle 
nous désirons juger les ouvrages que nous analysons. 



1869. D r A. Paladilhe. Nouvelles Miscellanées malacologi- 

ques. Description et représentation des : 
Belgrandia Bigorriensis. 
Hydrobia paludestrinoides. 
Espèces intéressantes trouvées aux environs de Bigorre 



— 48 — 

1870. J.-R. Bourguignat. Mollusques nouveaux litigieux ou 
peu connus, 41 e et 12 e décades. 
Diagnose et figure du Zonites Navarricus. 

1870. J. Mabille. Des Limaciens Français. 
Arion citer. 

L'auteur dit que les individus rapportés par M. Debeaux 
à Y Arion albus n'appartiennent point à cette espèce, dont la 
taille est beaucoup plus considérable. Il ajoute que le limax 
sylvaticus de la même localité n'est autre que le limax ar- 
borum. Enfin, il cite le Umax pycnoblennius de M. Bourgui- 
gnat. 

1874. Westerlund. Malakozoological Blatter, etc. 
Description et représentation du pupa Dupuyide Gauterets. 

1876. Fischer. Faune malacologique de la vallée de Caute- 
rets, suivie d'une étude sur la répartition des mollus- 
ques dans les Pyrénées, par P. Fischer in Journql de 
Conchyliologie, 3° série, t. XVI, n° !, p, 51-84, janvier 
4876. 
Amalia marg incita, Limax arborum. 
Limax agrestis. var. sylvatica. Limax sylvaticus. 
Vitrina annularis. Erronée. 
pellucida. 
pyrenaica. 
Zonites olivetorum. Zonites incertus. 

cellarius. Zonites Navarricus ? 
nitens. 
radiatulus. 
nitidulus. 
crystallinus. 
fulvus. 
Arion empiricorum. Arion rufus et ater. 



- 49 - 

Hélix carthusiana. 
aspersa. 
nemoralis. 
ericetorum. 
limbata. 
lapicida. 

Desmoulinsi. Hélix Moulinsiana. 
Carascalensis . 
Pygmœa. 
Les individus cités sous ce nom doivent appartenir pro- 
bablement à Y Hélix Simoniana (Bourguignat) ou constituer 
une autre forme, le véritable pygmœa de Draparnaud n'exis- 
tant point, d'après nous, dans les Hautes-Pyrénées. 
Hélix intersecta. 
Hélix hispida. 

pulchella. Hélix pulchella et costata. 
rupestris. 
rotundata. 
Pupa pyrenœaria. 
ringens. 
Bigorriensis. 
muscorum. 
triplicaia. 
Umbilicata. 
Vertigo minutissima. Verligo muscorum. 

pygmœa. 
Buliminus obscurus. Bulimus obscurus. 

quadridens. Chondrus quadridens. 

Cœcilianella acicula. Cœcilianella 

Balea perversa. Baliaperversa et balia pyrenaica . 
Azeca tridens var. Nouletiana. Azeca Nouletiana. 
Zua lubrica. Ferussacia subcylindrica var. exigua.. 
Clausilia parvula. Très-douteux. 
dubia. Species nova, 
abietina. 

4 



— 50 — 

nigricans. 

Limnœa limosa. 

truncatula. 
Limnœa peregra var. diaphana. 
Ancylus fluviatilis. 
Cyclostoma elegans. 
Pomatias Partioti. 

Hydrobia Reyniesi. Paludinella Reyniesi. 
Pisidium casertanum. 

Cette faunule (les déterminations des espèces sont plus 
exactes que celles des travaux antérieurs) faite par M. Fis- 
cher, d'après ses propres découvertes et sur les indications 
qui lui ont été fournies par M. 4'abbé Dupuy, nous permet 
de constater l'analogie frappante offerte avec la population 
malacologique de la vallée de Barèges. Plus des trois quarts 
des espèces sont identiques ; quelques-unes, au contraire, 
paraissent spéciales à chacune des deux vallées, ainsi qu'il 
est facile de s'en rendre compte par un examen comparatif. 

1876. P. Fagot. Monographie des espèces françaises appar- 
tenant au genre Azeca, etc. 

Description de X Azeca Mabilliana de Lourdes. 

1877. P. Fischer. Faune malacologique de la vallée de Cau- 
terets. — Additions et corrections, in Journal conchyl., 
3 e série, t. XV11, vol. 25, p. 49-.%, 1 er janvier. 

Description, sous le nom de Limax altilis, de l'espèce que 
l'auteur avait nommée, en 1870, amalia marginata et qu'il 
considère aujourd'hui comme voisine du limax arborum. 

Diagnose de la varietas acroticha de l'Hélix Moulinsi 
(H. acroticha Fischer, manuscrits), avec note de M. l'abbé 
Dupuy sur cette variété. 

Note sur Vhydrobia Reyniesi var. canaliculata. 

L'auteur cite des localités nouvelles pour plusieurs espèces 
mentionnées dans son précédent mémoire et ajoute à sa liste 
le Pomatias obscurus qui n'est autre que le P. crassilabris . 



— 51 - 

1877. D r A. Baudon. Monographie des Succinées françai- 
ses, etc. 
Diagnose et figure de la succinea Pfeifferi var. thermalis. 

1877. J.-R. Bourguignat. Histoire des Glausilies françaises 
vivantes et fossiles, etc. 

Clausilia Rolphi et var. B. Tapeina. 
onixiomicra. 
Fagotiana. 
Saint-Simonis. 
abietina. 

Pumicata var. B. saxorum. 
Gallica et var. B. Jeretensis. 
Nansoutyana. 
Nigricans. 
Penchinati var. B. orophila. 

1878. P. Fischer. Faune malacologique de la vallée de Gau- 
terets. Deuxième supplément in Journal conchyl. , 
3* série, t. XVIII, vol. U, pag. 137-143, 4« avril 1878. 

L'auteur rapporte enfin au Umax arborum son Umax 
altilis. 
Indique de nouvelles localités pour : 
4. Vitrina pellucida. 
6. Zonites olivetorum. Zonites incertus. 
11. Zonites cristallinus. — Les exemplaires de Cauterets 
appartiennent à la variété élevée par 
M. Bourguignat au rang d'espèce 
sous le nom de Zonites subterraneus. 
13. Arion empiricorum. 
16. Hélix nemoralis. 
20. Hélix moulinsianaYiiT. acrotricha. 

26. rupestris. 

27. rotundata. 
30. PumBigorriensis. 



.- 52 - 

37. Bulimus quadridens. Chondrus quadridens. 

38. Cœcilianella acicula. Exemplaires typiques. 

40. Azeca tridens. 

41. Zua lubrica var. minor. Ferussacia subcylindrica. 

42. Clausilia parvula. M- Fischer n'a pu découvrir aucun 

exemplaire. 
45. nigricans. 

47. Limnœa truncalula. 

54. Pomatias obscurus. M. Fischer considère cette forme 

comme un des nombreux passages entre les Poma- 
tias qui dérivent du P. obscurus, elle en a ia taille et 
la forme ; elle a presque le péristome du P. crassi- 
labris et presque la coloration du P. Partioti. 

52. Bythinella Reyniesi. 

53. Pisidium Casertanum var. pulchellum. 

L'on doit ajouter : 

55. Avion subfuscus. 

56. Clausilia Rolphi. 

57. Acme cryptomena. Acme Dupuyi. 

Grâce aux recherches consciencieuses de M. Fischer, la 
vallée deGauterets a aujourd'hui peu de secrets à livrer aux 
eonchyliologistes. 

Depuis ce mémoire, qui remonte à environ deux ans, il 
nous a été impossible de découvrir des travaux relatifs à 
l'histoire qui nous occupe. 



Séance du 8 février 1882. 

Présidence de M. Trutat. 



M. le D r Gonii, de Cordoba (République Argentine), a fait 
hommage à la Société d'une brochure sur de nouveaux cas 
demyasis. Les observations qu'il contient sur les effets des 



- 53 - 

piqûres des insectes de l'Amérique du Sud présentent le 
plus haut intérêt. 

La réunion vote une lettre de remercîment à M. le D r Conil, 
qui a envoyé à plusieurs reprises des mémoires sur les 
insectes de la République Argentine. 

Sont proclamés membres titulaires : 

M. Provost fils, présenté par M. Regnault ; M.Raymond 
Ducros, présenté par M. L. de Malafosse. 

Ces nouveaux membres ont été reçus d'après le nouveau 
mode d'admission, ce qui explique pourquoi ils n'ont qu'un 
parrain. 

M. Monclàr est chargé par la Société de se mettre en rap- 
port avec les personnes qui s'occupent de géographie, pour 
étudier les voies et moyens de créer une Société de géogra- 
phie à Toulouse. 

M. Lacroix, trésorier, lit à la reunion le rapport du Conseil 
d'administration sur le projet de budget de 4882 : 

Recettes prévues 2,089 francs. 

Dépenses 2,075 francs. 

Dont 1,200 fr. pour l'impression du Bulletin. 

L'assemblée adopte à l'unanimité le budget présenté. 

Le gouvernement n'ayant pas accordé à la Société la sub- 
vention qu'il lui donnait les années précédentes, ce déficit 
dans les recettes a obligé le Conseil d'administration à sup- 
primer \e bibliothécaire payé. 

M. le Président est chargé d'écrire à M. Blanchard pour le 
prier d'être notre interprète auprès de M. le Ministre, afin 
de nous faire obtenir la subvention qui serait très-utile pour 
mettre des planches dans le Bulletin. 



— 54 — 

M. Pianet, membre titulaire, lit une note sur la capture 
des animaux féroces dans le désert, et rend compte du 
voyage de M. Casanova dans le Nil supérieur, dans le but de 
rapporter les animaux rares de cette région : 

11 n'y a guère que depuis une vingtaine d'années que les 
jardins zoologiques ont pris un grand développement. Avant 
cette époque on ne voyait, soit dans les jardins zoologiques, 
soit dans les ménageries ambulantes, que des espèces com- 
munes que les navires avaient prises à leur bord dans leurs 
différentes escales. C'est ainsi que des voyageurs forains 
connus sous le nom de « montreurs d'ours, » se procuraient 
les singes, ours, chameaux, loups et hyènes, avec lesquels 
ils passaient dans chaque commune pour la plus grande 
joie des habitants. Ces mêmes animaux se retrouvaient en 
plus grande quantité et en meilleur état, dans les jardins 
encore dans l'enfance, et dans les grandes ménageries qui 
voyageaient déjà, telles que celles de MM. Van Aken, Kreus- 
berg, Henz, Schloz, Martin, Pianet, etc. Sur cette dernière 
il m'est facile de donner des détails dont je suis en mesure 
de garantir l'authenticité. Depuis 4835 et pendant 30 ans, 
cette maison, qui était une des premières, ne pouvait se 
procurer, malgré tous ses efforts, qu'un petit nombre d'es- 
pèces. Aujourd'hui, une pareille ménagerie serait au dernier 
rang. 

L'expédition de M. Casanova et celles de ses imitateurs 
mirent fin à cet état de choses. Les comptoirs établis dans 
les grands ports marchands tels que Hambourg, Londres, 
Anvers, etc., reçurent toutes les races exotiques; de là tous 
ces sujets rayonnèrent dans toute l'Europe où ils sont ac- 
tuellement parfaitement acclimatés soit dans les immenses 
jardins zoologiques, soit dans les ménageries où un régime 
en rapport avec leur nature parvient à les conserver. 

C'est le premier voyageur qui n'ait pas craint d'exposer 
sa santé et même sa vie pour aller chercher des animaux 



- 55 - 

connus seulement dans les livres, à travers des régions inex- 
plorées et dangereuses. 

M. Casanova, directeur d'un grand théâtre de singes qui 
devint la proie des flammes en 1859 à Saint-Pétersbourg, 
fut poussé par son esprit aventureux à entreprendre un 
voyage au cœur de l'Afrique. Il communiqua cette déter- 
minaîion à plusieurs notabilités russes qui vinrent à son 
secours. 

Après plusieurs voyages en Egypte et en Abyssinie pour s'as- 
surer des régions les plus favorables à son expédition, M. Ca- 
sanova se renditdirectement à Souakim, port delà Mer Rouge 
dans la Nubie méridionale , où il arriva vers la fin de 
l'année 1866. C'est laque commença sa première expédition 
qui devait durer de huit à neuf mois et qui le conduisit bien 
au sud dans l'intérieur des terres, jusqu'à Habesch où i^ 
put acquérir une véritable cargaisond'animaux. L'expérience 
lui avait démontré qu'une pareille expédition devait être 
entreprise au mois de novembre après la saison des pluies, 
car il est plus facile de se procurer alors des jeunes animaux 
en quantité suffisante. 

A Souakim, M. Casanova composa sa petite caravane de 
quelques Européens qu'il avait amenés avec lui et d'indigènes 
qu'il put recruter à bon marché. Pour entreprendre un tel 
voyage, il eut soin de se munir d'unequantité d'objetsindis- 
pensables : des vivres, des cordes, des armes à feu, ainsi 
que de l'eau-de-vie, du sucre, du riz, du savon, des verro- 
teries devant servir à faire des échanges, etc., etc., furent 
chargés sur trente chameaux. Enfin, M. Casanova eut soin 
d'emporter une forte somme en écus de Marie-Thérèse, 
seule monnaie qu'acceptent pour leur valeur les habitants 
du pays qu'il allait traverser. 

En quittant Souakim, la caravane se dirigea vers le Sud- 
Ouest, à travers un immense désert sablonneux; nos voya- 
geurs durent subir toutes les privations et tous les tourments 
propres à ces régions. Mais nul ne perdit courage, grâce 



- 56 - 

surtout à l'énergie indomptable de M. Casanova. Aussi, après 
une quarantaine de journées de marche, la petite caravane 
arriva sur les rives du cours supérieur de l'Atborah, endroit 
admirablement choisi pour se procurer tout ce que la (aune 
africaine a de rare et d'intéressant. 

M. Casanova se mit aussitôt en relations avec le chef d'une 
importante tribu, les Homranes, peuple qui passe sa vie à 
guerroyer et à piller ; celui-ci, flatté delà visite toute paci- 
fique d'un Européen qui lui apportait des présents d'une 
valeur inestimable, disait-il, promit de lui procurer un 
troupeau d'éléphants à bref délai; c'était combler les 
désirs de M. Casanova, car on ne possédait en Europe que 
de jeunes éléphants d'Asie. 

On procéda à la chasse de la manière suivante : un cer- 
tain nombre d'Homranes, choisis parmi les plus forts et les 
plus adroits, furent réunis sous les ordres d'un habile chas- 
seur d'éléphants et la battue commença; le talent excep- 
tionnel de cet abyssinien à découvrir les pistes d'éléphants 
mit bientôt les chasseurs sur la trace d'un troupeau de ces 
pachydermes Ceux-ci, àl'approche des chasseurs, s'enfuirent 
dans diverses directions sans s'éloigner cependant du vieux 
conducteur qui pousse avec la trompe des cris de détresse 
servant à guider les femelles et les jeunes. Montés sur les 
excellents petits chevaux du pays, les chasseurs les poursui- 
virent, mais la grande chaleur, l'inégalité du terrain ainsi 
que la riche végétation de cette contrée rendaient cette 
poursuite difficile, dangereuse même ; les grandes épines 
étaient à craindre et beaucoup de ces malheureux laissèrent 
des lambeaux de leur chair à leur pointe effilée. 

Les chasseurs s'emparent plus tôt des jeunes éléphants 
qui se fatiguent plus vite et restent en arrière. Si un vieil 
éléphant veut porter secours à un jeune qui va devenir cap- 
tif, les chasseurs le tuent d'une manière très-curieuse et 
très-sûre à cause de l'adresse qu'ils déploient dans cette 
difficile opération. Pendant que l'un d'eux cherche à fixer 



- 57 — 

l'attention de l'animal d'un côté, un autre s'approche par 
derrière, saute à bas de son cheval et coupe avec une agilité 
incroyable le jarret de l'éléphant au moyen d'une petite épée. 
L'animal se retourne contre sou agresseur qui est remonté, 
pendant que l'autre chasseur coupe l'autrejarret. L'éléphant 
peut être alors parfaitement tué à coups de lances et d'épées. 
Durant ce combat, d'autres chasseurs s'occupent du petit 
éléphant, le jettent par terre, l'attachent et l'emmènent avec 
eux. 

La chasse fut des plus fructueuses et M. Casanova revint 
avec trente-deux jeunes éléphants à Cassala, où il devait 
réunir le produit de ses chasses et de ses achats. 

Il est très-important que ces animaux soient jeunes : car 
le transport des adultes est presque impossible, tant ils sont 
indomptables. On les tue soit pour s'emparer des jeunes in- 
dividus, soit pour recueillir leurs défenses, dont l'ivoire est 
une source importante de revenus pour les indigènes. 

Pendant la route, les chasseurs doivent bien prendre 
garde à ces vieux éléphants qui mettent la possession des 
jeunes en danger ; guidés en effet par les cris de ceux-ci, ils 
s'approchent du camp et ils cherchent à en forcer l'entrée 
pour donner la liberté à leurs petits. Aussi lorsque M. Ca- 
sanova ramena ses trente-deux éléphants, ses hommes du- 
rent déployer la plus grande vigilance et entretenir pendant 
la nuit de grands feux autour du camp, pour tenir à dis- 
tance les hyènes qui pénétraient dans les bivouacs cher- 
chant à saisir tout ce qu'elles peuvent. Les hyènes mouchetées 
qui vivent par troupeaux en Abyssinie poussent l'effronterie 
jusqu'à s'approcher des dormeurs, rongent la bandouillère 
de leur fusil, leurs couvertures et jusqu'à l'oreiller sur les- 
quels ils reposent leur tête. 

Avant de quitter Cassala, les trente-deux éléphants avaient 
été parqués et il fallut rester là assez longtemps pour que 
'es Européens pussent les dompter et les rendre dociles. 
Leur bonne nature rendit la chose assez facile, et après quel- 



— 58 — 

ques jours ils purent les approcher, les caresser et les soi- 
gner; pour cela il faut faire comprendre à ces intelligents 
animaux qu'ils ne peuvent pas lutter contre l'homme. 

Quand les éléphants furent dressés, M. Casanova observa 
que la vue d'un Arabe les met dans une grande fureur, 
leur fait pousser des cris perçants, et ils reprennent leur 
naturel farouche. 

Durand le voyage, une véritable révolte éclata chez ces 
animaux déjà domptés. Un d'entre eux étant revenu sau- 
vage, se débarrassa de ses liens et s'enfuit en poussant de 
grands cris et en montrant tous les signes extérieurs d'une 
surexcitation extraordinaire. Ses grandes oreilles levées , il 
battait l'air de sa trompe gigantesque et lançait ses grosses 
pattes dans le vide. Ce mauvais exemple eut une telle in- 
fluence sur les autres, que quelque temps après il ne restait 
plus un éléphant dans la colonne. Ce fut alors un curieux 
spectacle que de voir ces trente-deux éléphants fuyant, criant, 
se démenant, et les gardiens qui, ne sachant où donner de 
la tête, couraient dans toutes les directions pour essayer de 
ramener les fuyards. On peut juger si la chose était facile, 
quand il eût fallu au moins huit hommes pour venir à bout 
d'un seul de ces pachydermes 1 Grâce à la décision de 
M. Casanova et de ses compagnons, ils parvinrent à calmer 
ces animaux et purent les rattraper tous, sauf les deux 
plus grands qu'on ne put arrêter. 

M. Casanova se procura aussi, soit sur les marchés, soit par 
des chasses, des girafes, des hyènes mouchetées, et diverses 
espèces de chats sauvages, des antilopes, des igneumons, 
des autruches, des aigles, des vautours, des marabouts et 
d'autres oiseaux, enfin, des serpents et des crocodiles. 

Tous ces animaux doivent être pris jeunes, excepté les 
antilopes qui ont déjà un naturel doux et paisible. 

M. Casanova put ramener des animaux féroces qui dans le 
pays se rapportent à deux types : le lion et la panthère qui 
ditl'ère très-peu du léopard d'Afrique. Ces fauves farouches 



— 59 — 

et dangereux sont pris généralement dans des fosses que les 
indigènes creusent sur le chemin que ces animaux choisis- 
sent pour aller s'abreuver à la source voisine de leur antre. 
On les emprisonne ensuite dans des cages solides construites 
avec des barreaux de fer contre lesquels leur rage féroce 
est impuissante. 11 suffit de jeter des charbons ardents dans 
la fosse où sont tombés les animaux pour les faire entrer 
dans les cages qu'on a préalablement placées à l'entrée. 
Ces caisses sont transportées au port à dos de chameau. 

M. Casanova eut encore la bonne fortune de trouver un 
rhinocéros à deux cornes; cette espèce n'avait pas été ap- 
portée vivante en Europe. 

Deux ans auparavant, les Homranes, dans leurs chasses 
contre l'éléphant, s'étaient déjà emparés d'un jeune sujet 
semblable, mais il avait péri avant d'arriver à Cassala. Celui 
que M. Casanova ramena de cette expédition fut pris au mois 
de janvier 1867 par un chef de tribu, Mosa. Mais l'animal 
était si jeune qu'on dut le nourrir avec du lait fourni par 
30 belles chèvres nubiennes, qui vinrent augmenter les 
embarras de la cargaison. M. Casanova ayant rempli son but 
regagna Souakim. Il avertit M. Hagembecks, de Hambourg, 
marchand d'animaux très-connu et qui est actuellement le 
fournisseur le plus important des jardins et des ménageries, 
qu'il possédait 30 éléphants, 7 girafes dont la plus grande 
avait de 12 à 13 pieds de haut, 12 grandes autruches, le 
rhinocéros dont il est parlé plus haut, 26 antilopes d'espèces 
les plus rares, enfin une quantité de lions, panthères, 
hyènes et toutes sortes d'oiseaux et de reptiles. Il l'informait 
qu'il avait perdu devant Cassala, outre les 2 éléphants qui 
avaient pris la fuite, 14 buffles sauvages et qu'il ne possé- 
dait plus que 2 de ces animaux, et que ceux-ci n'arrive- 
raient certainement pas vivants en Europe: 

Pour faire la route de Cassala à Souakim, les animaux qui 
pouvaient supporter les fatigues de la marche allaient à pied, 
sous l'œil vigilant de leurs gardiens, tandis que les autres 



- 60 - 

étaient transportés à dos de chameau. Les frais qu'occa- 
sionne un pareil voyage, et la difficulté que l'on a de se 
pourvoir de nourriture, exigent que la route soit faite très- 
rapidement. Aussi faisait-on deux étapes par jour : la 
première commençait le matin avant le lever du soleil, on 
se reposait pendant la forte chaleur, et on reprenait la 
deuxième étape qui durait jusqu'à minuit. En vingt jours 
il regagna le port de Souakim, ce qui fait environ une 
vitesse de 40 kilomètres par 24 heures On comprend facile- 
ment que dans ces marches forcées on perde beaucoup 
d'animaux, principalement ceux qui ne sont pas transportés. 
Aussi en arrivant à Souakim 13 éléphants, 2 girafes, 8 autru- 
ches, les 2 buflles qui restaient et 22 des 26 antilopes 
avaient péri. 

A Souakim, le régisseur de M. Hagembecks , homme 
expérimenté, qui avait transporté des quatre parties du 
monde des animaux à Hambourg, attendait la caravane. De 
là le voyage se fit par mer. Le chargement et le décharge- 
ment des animaux présente de grandes difficultés : les 
grands bateaux à vapeur ne pouvant approcher de l'em- 
barcadère à cause du peu de profondeur de la mer, il fallut 
charger les animaux sur des barques et les transporter 
ensuite à bord. 

Les procédés d'embarquement sont très-primitifs , on 
attache tout simplement une ceinture autour du corps de 
ranimai, on lie le train de derrière avec de fortes cordes ; 
on peut alors lever et descendre l'animal avec beaucoup de 
facilité. Cependant ce moyen n'est pas sans dangers; 
l'éléphant, qui se trouve tiré et balancé de la sorte, crie, se 
démène et, fait des mouvements d'impatience qui risquent 
de lui faire perdre l'équilibre. L'enlèvement des girafes est 
plus dangereux encore. A Londres un de ces caméléopardés, 
s'étant débattu trop vivement, glissa de la ceinture et se 
brisa la colonne vertébrale en tombant. 

Une fois à bord, il faut préserver les animaux des mouve- 



- 61 - 

ments du navire qui les fatiguent beaucoup. Dès qu'ils sont 
placés, ils se tiennent tranquilles, et les éléphants eux- 
mêmes, si susceptibles, se comportent mieux que leur ca- 
ractère ne le ferait supposer. Il est vrai qu'après la marche 
forcée qu'ils viennent de faire, ils ont besoin d'un peu de 
repos, et puis ils ont eu le temps de reconnaître qu'ils doi- 
vent une obéissance absolue à la volonté de l'homme. 

Malheur si pendant la traversée une tempête éclate : il 
est presque impossible de conserver tous les animaux. Les 
caisses et les cages, en effet, sont jetées pêle-mêle d'un 
côté et d'autre, les gardiens ne peuvent eux-mêmes se tenir 
debout et ne savent où trouver place; enfin, les passagers 
réclament à grands cris que les animaux féroces, au moins, 
qu'il devient impossible de conserver, soient jetés à la 
mer. Le secrétaire de M. Hagembecks accompagnant en 
Amérique quatre éléphants, eut à supporter une de ces 
tempêtes : comme les animaux souffraient beaucoup du 
balancement du bateau qui les jetait de droite et de gauche, 
il leur lia les jambes, les renversa sur du foin et des couver- 
tures et les attacha solidement dans cette position; les 
matelots ne croyaient pas à l'efficacité de cette mesure qu'ils 
déclaraient insuffisante pour sauver ces pachydermes; mais 
il ne perdit pas courage quoique les vagues battissent les 
flancs du navire et que l'eau arrivât jusqu'à lui. Sa persé- 
vérance fut couronnée de succès : il eut la satisfaction de 
ramener sa cargaison saine et sauve à New- York. 

En arrivant à Suez, M. Casanova dut faire décharger ses 
animaux pour être transportés par le chemin de fer du 
Caire jusqu'à Alexandrie. Dans le détroit de Suez, la mer 
est encore moins profonde qu'à Souakim, et les animaux 
chargés sur des barques font un assez long trajet avant 
d'atteindre la terre. Cette opération occasionna un accident 
qui amoindrit la cargaison bien diminuée d^jà. Des Arabes 
ayant tiré maladroitement ou avec malveillance une corde 
attachée à une barque, celle-ci chavira et tous les animaux 



- 62 — 

qu'elle contenait tombèrent à l'eau ; on s'empressa de les 
retirer, mais le lendemain cinq éléphants périrent des suites 
de ce bain involontaire. Indépendamment de ceux-là, un 
autre ayant péri à bord du bâtiment, il arriva que sur les 
32 éléphants que M. Casanova avait acquis à Habesk, il n'en 
restait plus que onze. 

Le voyage par la voie ferrée de Suez à Alexandrie et la 
traversée qui suivit jusqu'à Trieste n'amenèrent aucun 
accident. A Trieste, le débarquement se fit au milieu d'une 
foule de curieux, accourus pour voir toutes ces merveilles 
zoologiques auxquelles ils n'étaient pas habitués. 11 devait 
être vraiment intéressant d'embrasser d'un seul coup d'œil 
ces animaux de toutes tailles serrés dans un espace restreint, 
ce troupeau d'éléphants remuants , cette grande cage 
d'oiseaux multicolores, ces hyènes et ces lions, puis plus 
loin ces cinq grandes girafes dont l'œil interrogateur cherche 
une friandise, les chèvres, les antilopes, le petit rhinocéros, 
enfin, les gardiens de toutes ces races exotiques allant de 
ci, de là, soit pour rétablir l'ordre un instant troublé par 
quelques singes criards, soit pour distribuer à chacun sa 
nourriture quotidienne. 

M. Hageinbecks, de Hambourg, avait acquis tous les ani- 
maux que rapportait M. Casanova ; mais une foule de mar- 
chands et de représentants de jardins, qui l'ignoraient, 
étaient accourus pour essayer d'avoir quelques parcelles de 
ce transport réellement extraordinaire. On put enfin charger 
le tout sur des wagons qui devaient le transporter au lieu 
de leur destination, à Hambourg. 

Le transport par chemin de fer est plus simple que celui 
par bateaux, mais présente encore des difficultés : ainsi, il 
faut s'assurer que le wagon qui contient les animaux soit au 
milieu du train, on doit surtout éviter qu'il soit à la fin, car 
les animaux recevraient des secousses dangereuses, surtout 
lorsque la ligne présente une courbe. On doit aussi prendre 
la précaution de rembourrer les parois du wagon avec du 



- 63 - 

foin et de la toile pour éviter aux animaux toute contusion 
ou excoriation. C'est surtout pour les girafes que le trans- 
port par la voie ferrée est défectueux, à cause du passage des 
tunnels et en raison du grand cou de ces animaux ; elles 
sont obligées de prendre une position d'autant plus fati- 
gante que le voyage est plus long. Ainsi une girafe mesu- 
rant 17 pieds de hauteur, transportée devienne à Hambourg 
en chemin de fer, dut faire le voyage placée dans une caisse 
à couvercle mouvant, afin qu'on pût aux différentes stations 
laisser à l'animal reprendre sa position ordinaire. A Ham- 
bourg la cargaison fut placée dans un jardin, où se trou- 
vaient des cages spacieuses et des étables commodes. Les 
animaux reçurent enfin une nourriture plus convenable et 
purent prendre un repos dont ils avaient grand besoin. 
M. Hagembecks vendit aux amateurs qui étaient accourus 
voir Ces animaux les pièces qui leur convenaient; de la 
sorte toute cette faune africaine se dispersa dans l'Europe 
où je pus en voir quelques types intéressants. Combien 
faut- il de peines et de soucis pour arriver à avoir un de ces 
quadrupèdes exotiques en cage. L'amateur qui le voit 
derrière les barreaux se le demande-t-il ? Oui, mais il ne 
se le figure pas. 



Réunion annuelle du 10 février. 

Les membres présents à Toulouse, auxquels se sont joints 
quelques invités parmi lesquels nous citerons M. Ozenne, 
président du tribunal de commerce de Toulouse, M. l'aide 
de camp du général Lewal, etc., etc. se réunirent dans la 
salle des séances pour fêter la seizième année d'existence 
de la Société. 

Dans une conférence accompagnée de projections à la 
lumière oxhydrique, M. Trutat, membre fondateur et Pré- 



- 64 - 

sident pour cette année, a parlé de l'Algérie, de ses mos- 
quées, de ses plateaux, de ses oasis, de ses mœurs, de sa 
végétation tantôt désolée, tantôt luxuriante, et des diverses 
races d'hommes qui la peuplent. 

Lors du Congrès de l'association pour l'avancement des 
sciences qui fut tenu en mai dernier à Alger, bon nombre 
de membres de la Société d'histoire naturelle s'y rendirent 
afin de prendre part à ses travaux. 

Mais nos compatriotes, à l'humeur aventureuse, ne s'en 
tinrent pas aux réunions du Congrès ; ils voulurent voir 
certaines parties de l'Algérie, et ils se mirent bravement en 
route, allant de village en village, couchant sur la dure, 
visitant les mosquées et prenant, à l'aide d'un appareil de 
photographie portatif, les vues offrant de l'intérêt et pou- 
vant donner une idée à peu près exacte des Arabes et de. 
leurs coutumes. 

Ce sont ces vues qui ont défilé devant les yeux des audi- 
teurs avec des explications très-nettes, très-claires, très- 
précises de M. Trutat, le chef de la bande voyageuse. 

M. Trutat a rapporté de son voyage dans le pays du soleil 
les impressions les plus agréables. Il les a communiquées à 
son auditoire avec beaucoup de méthode, d'élégance et 
d'esprit. 

Un punch a terminé cette agréable soirée. M. Rey-Lescure 
remercie, au nom de tous ses collègues, M. le Président et 
porte un toast à la prospérité toujours croissante de la 
Société et aux invités. 



Séance du 22 février 1882. 
Présidence de M. Trutat. 



M. Monclar fait part à la Société des entretiens qu'il a eus 
avec MM. fe Recteur, le Président de la Chambre de corn- 



— 65 — 

merce, et le chef de J'Etat-major de Toulouse. Tous ces 
messieurs approuvent hautement la création d'une Société 
de géographie et feront leurs efforts pour lui procurer des 
adhérents. M. le Recteur, qui a fondé de nombreuses Sociétés 
de géographie dans le département du Nord, met obligeam- 
ment ses salons à la disposition de la commission, pour la 
réunion préparatoire à laquelle il convoquera le corps ensei- 
gnant de la ville. 

La réunion décide qu'une séance extraordinaire aura lieu 
mercredi prochain 1 er mars à l'heure habituelle, afin d'étu- 
dier la création d'une Société de géographie. — On discu- 
tera les projets de statuts. 

Sont proclamés membres titulaires : 
M. A. Batigne, présenté par M. Azam; M. L. Gausse, pré- 
senté par M. de Rey-Pailhade. 



M. de Rey-Pailhade donne à la Société des détails sur les 
curiosités qu'il a vues au Jardin des Glaciers, à Lucerne, en 
Suisse. 

Sur un espace de 5,000 mètres carrés environ, on voit à 
leur place primitive cinq magnifiques marmites de géant 
garnies des meubles qui les ont creusées. 

C'est en faisant des fouilles en 1872, dans la terre meuble 
de la prairie qui recouvre le flanc de la colline, que l'on a 
découvert un de ces trous dont on n'avait pas compris tout 
d'abord l'importante signification. 

Mais une fois que les géologues en eurent démontré l'inté- 
rêt, on fit de nouvelles fouilles qui amenèrent la découverte 
de quatre nouvelles marmites, dont une énorme de 9 mètres 
de profondeur et de 8 mètres de diamètre. 

On voit au fond une meule qui a un volume de près de 
un mètre cube. 

Les roches qui présentent ces pots de géant sont de grosses 



- 66 - 

strates grises d'argile renfermant beaucoup de grains de 
sable; leur dureté n'est pas très-considérable. 

Les meules offrent plusieurs variétés de roches , on 
trouve du calcaire coquillier, des grès durs, du granité de 
Saint Gothard. 

La surface polie de la colline avec des stries caractéristi- 
ques dans le sens de la plus forte pente, prouve indubita- 
blement que ces marmites de géant datent de l'époque 
glaciaire L'eau de fusion du glacier de la Reuss, faisant 
irruption d'en haut, imprimait des mouvements de rotation 
très-rapides aux pierres qui, en se polissant elles-mêmes, 
creusaient la roche du sol. La grandeur des marmites et la 
grosseur des meules indiquent combien a dû être longue et 
puissante l'action des eaux de ce glacier. 

M. le Président et M. de Malafosse signalent de belles 
marmites dans le Tarn, qui se creusent encore de nos jours. 

M. Rey-Lescuro en indique une près de Monteils, qui est 
produite par un courant d'eau d'infdtration allant de bas 
en haut. 

M. Fagot communique à la Société le travail suivant : 

Mollusques du Pic du Gar (Haute-Garonne.) 



La course effectuée au pic du Gar par les membres de la 
Société d'histoire naturelle de Toulouse, les 26 et 27 juil- 
let 1880, n'a pas été infructueuse au point de vue malaco- 
logique. 

Sans doute le nombre des espèces recueillies n'est point 
considérable, mais leur répartition géographique et la dé- 
couverte de formes nouvelles offrent un intérêt suffisant 
pour que nous ayons cru devoir publier le résultat de nos 
recherches. 



- 67 - 

I 
Voici d'abord la liste des espèces observées : 

Genus 1 . — Arion. 

1 . Arion rufus. 

Limax rufus. Linnaeus, Syst. nat., édit, X, p. 652; 1758. 
Arion rufus. Michaud. Gompl. Moll. Draparnaud, p. 4, n° 2; 

1831. 

Commun sur tout le pic, de la base au sommet. 

2- Arion ater. 

Limax ater. Linnaaus, Syst. nat., édit. X^ p. 652; 1758. 
Arion ater. Michaud, Gompl. Moll. Draparnaud, p. 4, n° 1 ; 

1831. 

Cette espèce se montre principalement dans la région 
moyenne et supérieure. 

3. Arion subfuscus. 

Limax subfuscus . Draparnaud, Hist. Moll. France, p. 125, 

no 6, tab. IX, fig. 8; 1805. 
Arion subfuscus. Férussac, Hist. moll., suppl., p. 96. 

Prairies de la chapelle des Puts et d'Eup. 

Genus 2. — Limax. 

1 . Limax agrestis. 

Limax agrestis. Linnaeus, Syst. nat., édit. X, p. 652; 1758. 
Prairies d'Eup. 

2. Limax arborum. 

Limax arborum. Bouchard-Chantereaux ; Moll. Pas-de- 
Calais, p. 28; 1838. 



- 68 - 

Le type de cette espèce, d'un bleu glauque tirant sur le 
vert, a été signalé pour la première fois dans le département 
du Pas-de-Calais. 

En 1852, Normand (Descript. six lim. nouv., p. (>) a si- 
gnalé dans le département du Nord une variété d'un gris 
bleuâtre sous le nom de Limax scandens. 

M. le D r Bandon a retrouvé notre espèce dans l'Oise et l'a 
désignée d'abord sous le vocable de L. marginatus, Drap. 
(Catal. moll. Oise, p. 6, n° 5), ensuite sous le nom de Limax 
sylvaticus var. cœrulea (Nouv. catal. départ. Oise, p. 10, 
n° 10; 1862). 

M. Odon Debeaux a recueilli le limax arborum dans la 
vallée de Barèges (Hautes-Pyrénées), et l'a nommé L. sylva- 
ticus, Drap. (Faun. malac. Barèges, p. 6). 

M. Paul Fischeî a pris cette même espèce dans la vallée 
de Gauterets et lui a imposé les noms de Amalia marginata 
(Faun. malac. vallée Cauterets, in : Journ. conchyl, 3 me sér., 
t. XVI, n° 1 ; 1876), et de limax altilis (addit. et correct., loc. 
cit., t. XVII; 1877). 

Le limax arborum est répandu dans toutes les Pyrénées. 
Nous l'avons observé nous-même dans la Haute-Garonne à 
la partie supérieure du pic du Gar, sur les troncs de hêtres; 
dans l'Ariège, à Aulus (voir Catal. moll. terre et d'eau 
douce vall. d'Aulus, p. 11; 1880), enfin dans l'Aude tout 
récemment. 

Genus 3. — Hélix. 

1 . Hélix rotundata. 

Hélix rotundata. Muller, Verm. hist., t. II, p. 29, n° 231 ; 
1774. 
Prairies d'Eup et bois de hêtres. 

2. Hélix omalisma. 

Hélix omalisma. Bourguignat, in : P. Fagot, Moll. quatern. 
envir. Toulouse et Villefranche, p. 12; 1879. 



- 69 - 

Le type de cette espèce a été trouvé par nous dans les 
alluvions de la phase trizoïque (époque quaternaire) de la 
commune d'Avignonet, au quartier de Garaman. Nous 
l'avons observé depuis sur plusieurs points des Pyrénées et 
notamment dans les prairies d'Eup, au pic du Gar. Ce fait 
n'a rien de surprenant, la faune de ces alluvions étant sem- 
blable à la faune actuelle des Petites Pyrénées. 

3. Hélix lapicida. 

Hélix lapicida. Linnœus, Syst. nat., édit. X, p. 768, n° 572 ; 
4758. 
A peu près partout. 

4. Hélix aspersa. 

Hélix aspersa. Muller, Verm. hist., t. II, p. 59, n° 253 ; 
4774. 
Très-commun de Saint-Béat à Eup. 

5. Hélix hortensis. 

Hélix hortensis. Mûller, Verm. hist., t. II, p. 52, n° 249; 

4774. 

Partout, de la base au sommet. Dans la partie supérieure, 
les échantillons sont de très-belle taille. 

Nous n'avons point remarqué un seul Hélix memoralis. 

6. Hélix hispida. 

Hélix hispida. Linnseus, Syst. nat., édit. X, p. 774, n° 91 , 
4758. 
Prairies d'Eup. 

7. Hélix limbata. 

Hélix limbata. Draparnaud, Hist. Moll. France, p. 400, 
n» 28 (29, err. typogr.), pi. VI, %. 29 ; 4805. 
Commun dans toute la région calcaire et s'élevant jusqu'au 



- 70 - 

sommet du pic du Gar où nous avons pris de magnifiques 
exemplaires. 

8. Hélix cantabrica. 

Hélix cantabrica. Hidalgo. In : Journ. conchyl., p. 358, 

4876; — et Gâtai, icon. moll. 
Espan.,lam. 24, fig. 252-254; 
4875. 
Kobelt. In : Rossmassler, Icon der 
land und susswas. Mollusk., 
bandVI, s. 45, taf. GIX, fig. 
4098; 4876. 

Le type de cette espèce a été recueilli dans la région cal- 
caire du nord de l'Espagne, principalement aux environs 
de Galdas d'Oviédo. 

Nous avons été assez heureux pour retrouver une variété 
différant seulement par une taille plus petite, sur les cal- 
caires, depuis le col jusqu'aux sommets des pics du Gar et 
de Saillent. 

M. Hidalgo a rapproché son Hélix cantabrica de YHelix 
Fontenilli Michaud. 

Ce rapprochement ne nous paraît pas admissible. 

Les espèces du groupe de VHelix cantabrica sont carac- 
térisées par une coquille hispide. Les poils caducs sont im- 
plantés dans des cavités assez fines, visibles à la loupe, que 
l'on aperçoit sur la coquille après la chute de ces poils. Ce 
caractère a été bien saisi dans la diagnose : « Testa..... sub 
lente punctis minutissimisimpressis, in junioribus pilis bre- 
vissimis instructis, confertim sculpta. » 

Chez les espèces du groupe de Y Hélix Fontenilli, on observe 
des stries horizontales venant couper les stries transversales 
et formant ainsi un treillis plus ou moins grossièrement 
élégant. 

L'Hélix Fontenilli, par sa mâchoire à côtes fortes, sail- 



- 71 - 

lantes et peu nombreuses, par sa poche à dard unique, etc.* 
appartient à la section des Campylœa caractéristiques du 
centre alpique. 

V Hélix Cantabrica, au contraire, tant par sa coquille que 
par sa constitution anatomique, ainsi que nous le verrons 
bientôt, rentre dans une section d'espèces spéciales au cen- 
tre hispanique. 

9. Hélix Trutatiana. 

Testa ad apieem usque minute umbilicata, depressa, 
grisea, haud nitente, ad aperturam lutescente, maculis ni- 
gris vel corneis, fasciam simulantibus, cincta ; irregulariter 
ruguloso-striata, pilis brevissimis, in intervallis striarum, 
ornata; — spira depressa; apice obtuso, non mamillato; — 
anfractibus 5 rapide crescentibus, subplan ulatis, sutura 
parum impressa separatis; ultimo majore, in medio obscure 
carinato, ad aperturam panlulum dilatato, non descendente, 
subtus convexo ; — apertura obliqua, subquadrato-retun- 
data ; marginibus non approximatis, externo subrotundato ; 
columellari sub angulato, ad umbilicum reflexo. 

Alt. 5. — Diam. 8-9 millim. 

Cette nouvelle espèce que nous sommes heureux de dédier 
à notre collègue M. Trutat, l'organisateur de la course, se 
distingue de la précédente et de la suivante, avec lesquelles 
elle vit, par son ombilic plus petit, sa spire surbaissée, 
presque plate en-dessus, par ses poils plus serrés, ce qui 
rend son aspect plus terne, par son ouverture non descen- 
dante et moins arrondie. 

Les trois premiers tours de VHelix Cantabrica sont à crois- 
sance lente, tandis que le dernier a une largeur presque 
double de l'avant-dernier, ce qui n'a pas lieu chez notre 
espèce, le développement des tours, quoique rapide, étant 
assez régulier. 



— '78 - 

10. Hélix Renei. 

Testa ad apicem usque pervieumbilicata, orbicuiato-con- 
vexa, fusco et griseo variegata, solida, irregulariter costu- 
lato-striata, punctis minutis, in intervallis striarum pilisque 
raris, instructa; — spira convexa ; apice prominente. raa- 
millato; — anfractibus 5, primis lente, cœteris rapide cres- 
centibus, convexis, sutura impressa separatis ; — ultimo 
majore ad aperturam dilatato ac descendente, rotundato ; — 
marginibus approximatis; columellari ad umbilicum subre- 
flexo. 

Alt. 5. — Diam. 7 millim. 

On distinguera notre nouvelle espèce, dédiée à notre ami 
M. Jules-Réné Bourguignat, à sa spire convexe, à l'absence 
de toute bande ou maculature, à sa couleur d'un jaune 
terreux mêlé de grisâtre, à ses tours s'accroissant différem- 
ment, à son ouverture plus descendante et arrondie d'une 
façon plus régulière, etc. 

Observation. — Notre savant collègue, M. Alfred de Saint- 
Simon, qui, sur notre demande, a observé l'animal de ces 
espèces, a trouvé plusieurs individus étudiés munis d'une 
mâchoire à côtes très-fines et serrées, au nombre de 16 en- 
viron, d'une poche à dard bilobée et d'une vessie à long- 
col avec canal, très-allongée. 

11 trouve que leur organisation, quoique distincte, se rap- 
proche de celle des Hélix apicina, conspurcata et unifasciata. 

11. Hélix ericetorum. 

Hélix ericetorum. Mûller. Vert. Hist., t. II, p. 33, n° 236; 

1774. 

Très-commun partout, jusqu'au sommet. Les individus 
de la région calcaire offrent la taille de ceux que l'on trouve 
dans la vallée de la Garonne, jusqu'à Pech-David, près 
Toulouse. 



- 73 - 

4 2. Hélix rupestris. 

Hélix rupestris. Draparnaud. Tabl. Moll., p. 74, n° 4, 
4801 ; et Hist. Moll. France, p. 82, n° 8, tab. VII, fig. 7-9 ; 
4805. 
Principalement sur les calcaires. 

Genus 4. — Glausilia. 
4 . Clausilia pyrenaica. 

Clausilia pyrenaica. Gharpentier-Bourguignat. Hist. Claus. 

France, p. 42-, 4877. 

Bois de hêtres de la région calcaire supérieure. 

Nous n'avons point trouvé le type, mais la var. C. minor 
de M. Bourguignat, à coquille plus petite, plus ventrue et à 
spire un peu plus fortement acuminée. Nos exemplaires sont 
semblables à ceux que nous avons pris entre Aspet et Sen- 
gouagnet (Haute-Garonne), et à ceux que M. de Saint-Simon 
a signalés à Montagagne, près de Labastide-Sérou (Ariège). 

2. Clausilia nigricans. 

Turbo nigricans. Pulteney. Gâtai, of. Dorsetshire, in : Hut- 
chin's Histor., 4879, et 2 me édit., p. 48; 4843. 

Clausilia nigricans. A. Schmidt, Die Krit. grupp. der Europ. 
Glausil.,s. 47, fig. 4 40-444 und 204-205; 4857. 
Chapelle-des~Puts et région calcaire jusqu'au sommet 

même du Gar. 

Genus 5. — Pupa. 

4. Pupa Bigorriensis. 

Pupa Bigorriensis. Charpentier, in : Des Moulins. Descript. 
moll. in : Act. soc. Linn. Bordeaux, t. Vil, p. 460-464, 
pi. 2, fig. D; 4835. 
Toute la région calcaire, jusqu'au sommet. 



- 74 - 

2. Pupa pyrenœaria. 

Pupa pyrenœaria. Boubée (Bombey, err. typogr.), Michaud, 
Compl. Moll. Draparnaud, p. 66, n°5,pl. XV, fig. 37-38; 
1831. 
Calcaires anciens du Gap del Mount. 

3. Pupa Gourdoniana Fagot. 

Testa perforato-rimata, conica, corneo-rufa, non nitente, 
subpellucida, striata (strise obliquae, regulares, approxi- 
matse, praeter in duobus primis anfractibus leevigatis) ; spira 
regulariter elongata-conica, subacuminata ; apice paululum 
obtuso, mamillato ; — anfractibus 9 subconvexis, sat rapide 
ac regulariter crescentibus, sutura parum impressa sepa- 
ratis ; ultimo tumidulo, vix majore, ad aperturam ascen- 
dente ac circa perforationem compresso; — apertura obliqua, 
truncato-oblonga, octodentata : A. pariétales duse, quarum 
una marginalis, prope labrum externum, duplicata ; altéra 
profunda, valida, compressa; B. duae plicse columellares va- 
lidée, subremotse; G. plicœ palatales quatuor (inferior sat 
remota, média valida, minus remota, tertia marginem fere 
attingens ; — quarta miDima, tuberculosa, sub medio ter- 
tise sita) ; — peristomate crasso, interrupto, undique reflexo ; 
— marginibus remotis, conniventibus, columellari ad umbi- 
licum maxime reflexo. 

Alt. 8. — Diam. 2-2 1/2 millim. 

Cône terminal du pic du Gar. 

Cette espèce, dédiée par nous à notre collègue M. Maurice 
Gourdon, de Ludion, par sa forme conique et son ouver- 
ture, ainsi que par ses striations, semble appartenir au 
groupe du Pupa secale, tandis que l'ensemble de ses carac- 
tères la rapproche du groupe du Pupa pyrenœaria. Nous ne 
lui trouvons qu'un rapport éloigné avec toutes les formes 



— 75 — 

pyrénéennes recueillies jusqu'à ce jour, et c'est ce motif qui 
nous a engagé à la publier comme nouvelle. 

Genus 6. — Limnœa. 

4 . Limnœa truncatula. 

Buccinum truncatulum. Mùller, Verm. Hist., t. II, p. 430, 

n° 325; 1774. 
Limnœa truncatula. Béck. (emend) ind. moll., p. 403; 4837. 

Dans tous les filets d'eau. 

Les coquilles de cette espèce que nous avons observées se 
distinguent toutes du type par une taille plus faible et le 
dernier tour plus renflé. Elles constituent une variété abon- 
dante sur plusieurs points des Pyrénées. 

Genus 7. — Ancylus. 

4 . Ancylus Jani . 

Ancylus capuloïdes. Jan. in : Porro, Malac. Comasc, p. 87, 

n°75, tab. I, fig. 7; 4838. 
Ancylus Janii. Bourguignat, Monogr. Ancyl. Janii (Extr. 

Rev. et Magas. zool.), p. 4 ; 4853. 

Filets d'eau sur le sentier de Fronsac à la Chapelle des 
Puis (schistes de transition). 

Nos échantillons ne diffèrent du typa de Lombardie que 
par une taille moindre. Ils varient peu dans leurs di- 
mensions. 

Genus 8. — Pomatias. 

4. Pomatias crassilabrum . 

Pomatias crassilabrum. Dupuy, Gâtai, extramar. Galliav 
testac. n° 255, 4849, et Hist. Moll. franc, 5 e fasc, p. 510, 
tab. XXVI, fig. 44; 4855. 
Commun dans toute la région calcaire et atteint le sommet 

du Gar. 



- 76 - 
Genus 9. — Bythinella. 

Observation. Le genre paludinella, dans lequel sont ac- 
tuellement rangées par plusieurs auteurs les coquilles ci- 
après, a été établi par L. Pfeiffer, in : Wiegm. Archiv. I, 
p. 227, 1841, pour Y Hélix littorea de Délie Chiaje, qui ap- 
partient au genre pulmoné terrestre Assiminea. 

Or, dans l'acceptation d'un genre, c'est le type qui doit 
toujours rester, le créateur n'étant point responsable des 
maladresses ou des inadvertances que pourraient commettre 
ses successeurs, et ceux-ci étant toujours en droit de re- 
monter à la source pour maintenir le genre dans son accep- 
tion rigoureuse. 

J. Schmidl, le premier (Syst. Verzeichn der in prov. 
Krain land und Susswass., p. 23; 1847), applique le nom 
de paludinella à toutes les petites paludines de la Garniole 
(P. psittacina Schmidt, prasina Schmidt, opaca Ziegler, viri- 
dis Draparnaud, fontinalis Kokeil, minutissima Schmidt. 

Les petites Bythinia, rentrant dans la coupe générique qui 
nous occupe, furent groupées par Moquin-Tandon [Journal 
de conchyliologie , année 1851), dans un sous-genre appelé 
Bythinella, mieux circonscrit et caractérisé par le même 
auteur dans son Histoire naturelle des Mollusques, t. II, 
p. 516, 1855, et adopté à titre de section par l'abbé Stabile 
(Moll. de Lugano, p. 45; 1859). 

En 1855, les frères A. et H. Adams introduisirent dans le 
genre paludinella Pfeiffer la paludina abbreviata de Michaud, 
le cyclostoma gibbum de Draparnaud (belgrandia gibba) et la 
paludina Lacheineri Charpentier. 

Frauenfeld (Ub die palud. ans der grupp. pal. viri. in : 
Kais-akad der W. math, naturvv. Band XXII, heft. 2, s. 573, 
1856, et die arten der gatt. litoglyphus, paludinella, assi- 
minea, loc. cit., p. 199 ; 1863), ajouta bon nombre d'espèces 
à celles des frères Adams. 

Enfin, en 1870, le docteur Paladilhe, s'emparant des tra- 



vaux de Frauenfeld presque trop servilement, adopta le 
genre paludinella pour toutes les espèces françaises, genre 
conservé par M. Bourguignat dans sa classification des 
mollusques européens, p. 40; 1877. 

Malgré l'opinion d'auteurs si estimables, notre avis est 
que, d'après l'historique ci-dessus, le nom de paludinella 
ne peut rester dans une méthode vraiment scientifique, étant 
contraire aux lois de la saine nomenclature. 

I. Bythinella Guranensis. 

Belgrandia Guranensis. Paladilhe, Etud. monog. palud. 

franc. (Extr. Annal, malac), p. 55, 1870, etMonogr.nouv, 

genre peringia, suiv. descript. espèce riouv. Palud» franc. 

(Extr. Annal, scienc. nat.), pi. I., fig. 45-47; 4 er août 

4874. De Saint-Simon, Moll. Pyr. Haute-Garonne (Extr. 

Bullet Soc. Hist. nat. Toulouse), p. 21 ; 4 876. 

Rigoles de la prairie, à Eup. Source à la montée du pic 
du Gar, au-dessus d'Eup. Région calcaire. 

Nous avons recueilli dans un filet s'échappant d'une 
source, sur les schistes, au-dessus du village de Fronsac, 
une forme très-voisine, bien que différente des individus 
des deux premières localités, forme que nous n'osons point 
encore ériger en espèce faute de matériaux suffisants. 

M. le D r Paladilhe a commis une erreur en plaçant la 
bythinella Guranensis dans le genre Belgrandia. Aucun des 
échantillons, ni de Cierp, ni du pic du Gar, n'offre les gibbo- 
sités creuses à l'intérieur, caractéristiques de ce genre. On 
n'aperçoit que des stries d'accroissement dues au temps 
d'arrêt dans la croissance de la coquille, comme cela arrive 
fréquemment dans le genre bythinella. 

Malgré son talent de spécialiste, notre regretté correspon- 
dant de Montpellier a laissé échapper plusieurs inadver- 
tances, plus excusables chez celui qui cherche le premier 
à débrouiller une famille et la retirer du chaos dans laquelle 
Pavaient plongée ses prédécesseurs. 



- 78 - 
II 

La faune malacologique des terrains de transition (à 
l'exception du massif calcaire du Cap-del-Mount) , est carac- 
térisée par sa pauvreté et l'absence des pupa ainsi que des 
pomatias. 

Les calcaires anciens, se présentant en masses compactes, 
nourrissent une population concliyliologique un peu plus 
riche, mais encore d'une pauvreté relative. Le pupa pyre- 
nœaria est propre à cette région. 

Enfin, les terrains plus récents (jurassique et crétacé), 
formés de calcaires redressés, fendillés, et par places sous 
iorme de corniches ou de cordons, offrent le plus grand 
nombre d'espèces. Le Umax arborum, les trois espèces du 
groupe de Y Hélix Canlabrica, le pupa Gourdoniana, etc., 
servent à caractériser cette région. 

L'étude de la malacologie confirme en tous les points les 
résultats géologiques. 



Séance extraordinaire du 1 er mars 1882. 
Présidence de M. Trutat. 

Sur une invitation de la Société d'Histoire naturelle, M. le 
Recteur et plusieurs autorités civiles et militaires, approu- 
vant l'idée éminemment utile de la création d'une Société 
de Géographie, et désireux de coopérer à sa fondation, assis- 
tent à la séance. — M. le Président fait ressortir tout l'avan- 
tage que Toulouse retirerait d'une Société de Géographie éta- 
blie sur une base large, et remercie M. Monclar d'en avoir 
posé les premiers jalons. — MM. le Recteur, Monclar et le 
commandant Rlanchot expliquent ce que la Société de Géo- 
graphie devra embrasser dans ses études au triple point de 
vue universitaire, civil et militaire. 

L'assemblée décide en principe la création d'une Société 
de Géographie, et nomme ensuite une commission composée 
de sept membres, chargée de préparer un projet de statuts. 



- 79 - 

Séance du 8 mars 1882. 
Présidence de M. Trutat. 

La Société a reçu en dons : 

1* Lichens des environs de Château-Thierry, par J. Bris- 
son. 

2° Ossements fossiles des terrains tertiaires inférieurs de 
Reims, par V. Lemoine. 

3° Recherches sur les oiseaux fossiles des terrains tertiai- 
res inférieurs de Reims, par V. Lemoine. 

4° Limaciens des environs de Saint-Saulge, par M. Bre- 
vière. 

5° Cours de zoologie, par M. Trutat. — Leçon d'ouver- 
ture. 

M. le Secrétaire-général analyse les recherches de M. Vic- 
tor Lemoine, sur les oiseaux fossiles des terrains tertiaires 
inférieurs des environs de Reims. Cet infatigable et savant 
paléontologue a trouvé des ossements d'un oiseau qui devait 
avoir une puissance de vol toute spéciale et qu'il a nommé 
Eupterornis remensis. Ces terrains lui ont donné de nom- 
breux restes d'oiseaux moins remarquables. 

L'assemblée délègue aux réunions des sociétés savantes 
de la Sorbonne : MM. Trutat, Azam, Fabre, Regnault, de 
Rey-Pailhade, Rey-Lescure. 

M. Félix Regnault raconte qu'il a été appelé par M. Cau- 
Durban, curé à Bordes (Ariège), à continuer des fouilles qui 
devaient présenter un grand intérêt. A l'intersection des 
vallées de Biros et du Ribérot, s'élève un énorme dépôt rao- 
rainique, sur lequel on remarque un bloc qui surpasse les 
autres par son altitude et ses dimensions (3 m ,50 de haut sur 
4 m ,20 de large). M. Cau-Durban, l'ayant examiné de près, 
découvrit des ossements humains à demi ensevelis sous la 



- 80 - 

masse. Quelques coups de pioche les dégagèrent et avec 
eux un plat en terre cuite orné de dessins géométriques. 
MM. Cau-Durban et Regnault, au-dessous de cette sépulture, 
découvrirent une autre couche de débris humains, cette fois 
offrant des traces évidentes de l'action du feu ; un silex, 
taillé gisait au milieu. La sépulture supérieure comprenait 
au moins trois individus. Quant à la sépulture inférieure, 
vu l'état de ses ossements, il est impossible de fixer un 
chilTre. Le plat offre les caractères de la poterie ante-romaine, 
peut-être même de l'âge du bronze. Rien jusqu'ici dans les 
Pyrénées ne peut servir de terme de comparaison à cette 
sépulture d'un caractère à la fois primitif et grandiose. 
M. Regnault présente à la Société des ossements humains, 
le silex taillé, des fragments de poterie et une grande pho- 
tographie du bloc erratique, 

La Société décide qu'elle se réunira à la Société géologi- 
que de France qui viendra visiter, au mois de septembre 
prochain, Foix et ses environs. 

M. le capitaine Lassère donne lecture du mémoire suivant: 

Messieurs, 

Parmi les caractères qui guident le naturaliste pour diffé- 
rencier les deux grandes séries du règne organique, il en est 
deux qui occupent le premier rang lorsqu'il ne pénètre pas 
dans la nature intime des êtres. Ces deux caractères sont : 
la motilité pour le règne animal, et la fixité pour le règne 
végétal. Ces caractères ne sont cependant pas absolus, car la 
faculté de mouvoir spontanément quelques-unes de leurs 
parties n'a pas été refusée aux végétaux. Dans une foule de 
circonstances, ils exécutent des mouvements très-pronon- 
cés : les uns trouvent leur cause dans des phénomènes 
physiologiques et chimiques ; d'autres la doivent à des phé- 
nomènes cosmiques , et souvent à des actions purement 
mécaniques. 



Société d'Histoire Naturelle de Toulouse. 1882, 
Sg.t. 




Planche. 1. 



Rg. 2. 




%3. 




Fig.4 



- 81 - 

De tous ces mouvements, l'incurvation, la torsion et la 
rotation, ou, pour employer le mot consacré, la volubilité, 
sont les plus propres à stimuler la sagacité du physiologiste 
et à exciter son émulation. Physiologie spéculative, physio- 
logie expérimentale, tout a été dit et fait à ce sujet par de 
grands maîtres. Gela ne nous donne pas le droit cependant 
de nous reposer sur leurs lauriers, et de nous désintéresser 
dans cette importante question. Nous avons le devoir, au 
contraire, de saisir avec empressement toutes les occasions 
qui nous sont offertes, pour rechercher si les grands pion- 
niers de la science ont épuisé tous les moyens d'investiga- 
tion sur cette matière, et s'ils n'auraient pas laissé quelque 
chose d'inachevé dans l'étude des phénomènes si nombreux 
et si variés de la vie organique. 11 y a des hommes coura- 
geux et heureusement doués qui marchent résolument et 
avec succès dans cette voie ; mais le peuple des savants 
n'a généralement d'autres ressources que les livres des 
homme-, les nécessités de la vie et les exigences des affai- 
res le tenant éloigné de celui de la nature. C'est dans ce 
grand livre, toujours ouvert, qu'il m'a été donné de pouvoir 
observer attentivement, et dans toutes les phases de leur 
évolution, les scions monstrueux que j'ai l'honneur de 
mettre sous vos yeux. J'ai pu suivre pas à pas l'œuvre 
incessante de leur développement et de leur écart des lois 
ordinaires de la végétation, depuis leur première apparition 
jusqu'au jour où j'en ai fait moi-même l'ablation. Leur mar- 
che anormale, comparativement à leurs congénères, a pré- 
senté deux points de vue à mes observations : la physiologie 
et la tératologie. 

Je ne parlerai de cette dernière branche de la physiologie 
et de l'anatomie végétale que subsidiairement, et quand elle 
viendra contrarier ou favoriser les mouvements de torsion 
et de volubilité, qui sont mon véritable objectif dans cette 
communication. Il me suffira, du reste, de signaler à Mes- 
sieurs les membres de la Société la relation communiquée 

6 



- 82 — 

par moi à cette même place, dans la séance du 23 janvier 
4878, dont un extrait très-succinct se trouve dans notre 
Bulletin de 4878, page 4 38, et où il s'est glissé, — disons-le 
en passant, — quelques erreurs typographiques ; il suffira, 
dis-je, de rappeler à l'honorable assemblée, ma note de 
4878 sur deux monstres doubles, et celle que j'ai communi- 
quée à la séance du 40 mars 4880 sur une couleuvre bicé- 
phale : le cas de monstruosité que je ne fais qu'énoncer 
aujourd'hui ne se distingue de ceux que je viens de citer 
dans le règne animal que par des caractères dus à la diffé- 
rence d'organisation des sujets, et par le nombre considéra- 
ble de rameaux agrégés, qui s'élève au moins à quinze. Cette 
hypertrophie ne peut se produire sur un arbre qui végète 
normalement : un arbre rabattu, ou auquel on aura coupé 
les branches, pourra seul acquérir cette exubérance de vie 
dans sa nouvelle pousse. Le spécimen n° 4 provient d'un 
mûrier dont je retranche radicalement les branches tous les 
ans par l'opération de la taille. 

Quoique le mouvement d'incurvation soit le plus général 
chez les végétaux, je ne m'en occuperai qu'incidemment 
ici, les quatre exemplaires que je présente n'en offrant 
qu'un seul cas proprement dit, et encore assez peu prononcé, 
une monstruosité l'ayant fait dévier de sa direction curvili- 
gne. C'est au point D du scion n° 3 que se présente ce mode 
complexe de développement. (Voir pi. I.) 

Les deux petits rameaux anticipés du scion n° 2, n'en 
formant qu'un seul, par suite d'une coalescence monstrueuse, 
présentent aussi une sorte d'incurvation ; mais c'est un 
trompe l'œil. Celte courbure est due à un développement 
inégal en longueur de deux petits rameaux anticipés, que la 
soudure monstrueuse rend solidaires entre eux. 

Procédant ainsi par voie d'élimination, il ne me reste plus 
que les mouvements de torsion et de volubilité. Ces deux 
mouvements se présentent seuls ou concomitants. Dans l'un 
comme dans l'autre cas, l'hélice se dirige tantôt de droite à 



- 83 - 

gauche, tantôt de gauche à droite ; mais lorsque les deux 
mouvements sont combinés ensemble, ils sont généralement 
inverses, et le sens de la direction de deux tiges volubiles 
accolées est subordonné et contraire au sens de la rotation 
de chacune d'elles autour de son axe propre. Les quatre 
exemplaires qui sont sous nos yeux semblent avoir été pro- 
duits intentionnellement par la nature pour servir à inter- 
préter ces phénomènes, comme les modèles en bois du 
géomètre et du cristallographe servent pour l'étude du 
volume et de la forme des corps réguliers. 

La rotation du rameau R de gauche à droite autour de 
son axe est manifeste au point A'. La déchirure qui se trouve 
dans les tissus ligneux et corticaux en ce point-là, sur une 
étendue de 75 mm sur 13, et qui est le résultat d'une lutte 
entre deux forces organiques et antagonistes, permet de 
voir simultanément l'obliquité de gauche à droite des systè- 
mes central et cortical. 

D'après les données physiologiques ci-dessus, à savoir : 
que le mouvement de rotation d'une tige autour de son axe 
propre est généralement inverse de celui qu'elle exécute 
autour d'un support ou d'une tige similaire qui lui est acco- 
lée, d'après ce principe, dis-je, il semblerait que le rameau 
R de la branche phénoménale n° ! devrait, comme ceux qui 
forment le faisceau G, diriger sa- courbe spirale autour du 
scion B de droite à gauche ; il le devrait d'autant plus, 
qu'une force adjuvante est venue ajouter son action à celle 
qui paraît déjà avoir une propension à l'entraîner dans ce 
sens. Il avait pris cette direction dans la première période 
de son développement, comme en atteste la cicatrice A' du 
rameau R, et celle du scion de gauche du groupe A, qui lui 
correspond. Cette force auxiliaire est du domaine de la téra- 
tologie. Le rameau R s'est soustrait à l'action de cette force, 
en rompant sa coalescence monstrueuse pendant le cours 
de sa végétation. 

Quelle est donc la cause qui a pu produire un tel effet? 



— 84 - 

La réponse la plus logique serait celle qui coûte le plus et 
qui devrait coûter le moins : Je ne sais. Mais il faut bien 
bâtir des théories et des systèmes. Je récuse à priori toute 
allégation d'accidents, la surveillance la plus soutenue ayant 
toujours été exercée sur ce rameau. Je crois d'ores et déjà 
pouvoir écarter également l'hypothèse d'un mouvement- de 
rotation volubile quelconque dans les spécimens que je 
présente, comme j'espère pouvoir établir ce fait plus loin 
par des arguments qui me paraissent assez plausibles. 

On pourrait peut-être attribuer cet effet à l'action méca- 
nique des vents régnants dans la localité où s'est développé 
ce scion. Cette hypothèse n'est pas admissible, car ce dernier 
s'est infléchi contre leur direction. 

Serait-ce l'effet d'un phénomène hygrométrique qu'aurait 
pu produire la haute température des rayons solaires, en 
soutirant par l'évaporation du côté sud les liquides organi- 
ques contenus dans les utrirules dudit scion ? Cette seconde 
hypothèse n'a pas même l'avantage de la moindre vraisem- 
blance dans ce cas-ci. Si cet agent cosmique élait intervenu 
d'une manière appréciable dans ce mouvement hétéroclite, 
il lui aurait conservé sa direction curviligne, avec sa conca- 
vité vers le sud, en vertu du principe de la dilatation et de 
la contraction des corps solides, par l'humidité ou la séche- 
resse. 

A mon modeste point de vue, voici quelle doit être la 
solution de ce problème : la torsion du rameau R autour de 
son axe s'effectue avec une grande énergie de gauche à 
droite, comme le montre d'une manière indéniable la cica- 
trice A', véritable coupe ou section naturelle, qui permet de 
prendre la nature sur le fait. 

Le scion B, au contraire, fait son évolution autour de son 
axe de droite à gauche. De cet antagonisme de deux forces 
dynamiques appliquées en un même point, résultent les 
directions contraires des deux rameaux B et R, qui avaient 
longtemps évolué dans le même sens. 



— 85 — 

L'étroite cicatrice ab, du groupe de rameaux G, est moins 
probante pour le sens de la torsion du rameau B que ne l'est 
la cicatrice cd, pour celui du scion R. Mais nous avons 
deux points de repère incontestables qui viennent y suppléer : 
l'entraînement irrésistible de droite à gauche qu'exerce le 
rameau B sur le faisceau de scions G, et la direction de la 
spire tétraphylle des feuilles dans le même sens. 

La torsion se voit souvent sur le tronc des arbres, comme 
le prunier, le chêne, etc. Les fibres ligneuses sont alors 
disposées en spirale, et l'arbre est dit en hélice, ce qui le 
déprécie beaucoup comme bois d'appareils, et le rend même 
impropre aux constructions lorsque l'hélice est bien pro- 
noncée, parce qu'on ne peut le débiter en droit fil. 

La torsion autour de leur axe de certains végétaux, même 
non volubiles, tantôt de droite à gauche et tantôt de gauche 
à droite, étant prouvée par l'expérience et l'observation, on 
<loit, je crois, rattacher la courbe volubile du faisceau de 
scions G, au mouvement de rotation du rameau B qui l'en- 
traîne de droite à gauche, par suite de leur soudure qui les 
rend dépendants l'un de l'autre. 

Dans les exemplaires n os 3 et 4, les dispositions respecti- 
ves de leurs scions pourraient faire croire au phénomène de 
rotation volubile que l'on trouve dans les végétaux grim- 
pants et volubiles, tels que le houblon, le liseron, le chèvre- 
feuille, la bryone, la glycine, etc., etc. Mais ici comme dans 
le spécimen n° \, ce mouvement est déterminé par celui de 
rotation des scions autour de leurs axes propres, mouvement 
favorisé parleur soudure monstrueuse. 

Dans cette communication, déjà trop longue par la nature 
de sa forme, mais trop abrégée pour l'importance du sujet 
visé, il n'a été nullement question des systèmes divers et 
ingénieux qui ont voulu remonter à la cause première de 
ces mouvements des végétaux. Il aurait fallu s'engager aussi 
dans des chemins depuis longtemps battus, pour discuter si 
ces mouvements obéissent à des lois physiologiques ou à 



— 86 - 

des lois mécaniques, si, en un mot, ils sont ou ne sont pas 
de la nature des mouvements vitaux, auxquels président les 
phénomènes de l'endosmose et de l'hygrométrie. 



Soirée du 18 mars. 

Conférence de M. Vaussenat sur l'Observatoire du Pic du Midi. 

Le Conseil d'administration prévenu par MM. Ancely et 
Regnault qu'un membre correspondant de la Société , 
M. Vaussenat, l'un des fondateurs de l'Observatoire du Pic 
du Midi de Bigorre, acceptait de faire une conférence sur 
cet important établissement, s'est empressé de lui écrire 
pour le prier de vouloir bien faire cet honneur à notre 
Société. 

M. Vaussenat ayant accédé à notre désir, le Conseil d'ad- 
ministration a organisé en deux jours une conférence publi- 
que, à laquelle toutes les notabilités civiles, militaires et 
industrielles de Toulouse ont été invitées. 

Le samedi 48 mars, à huit heures du soir, un public 
extrêmement nombreux avait répondu à l'appel de la Société 
d'Histoire naturelle. Le grand amphithéâtre de la Faculté 
des lettres, mis gracieusement à notre disposition par M. Du- 
méril, doyen de la Faculté, était plein d'auditeurs sympathi- 
ques. 

Avant de donner la parole à M. Vaussenat, M. Trutat, pré- 
sident, a adressé à l'assemblée les paroles suivantes : 

Mesdames, Messieurs, 

Vous connaissez déjà le but de la réunion à laquelle nous 
vous avons convié ce soir ; mais, avant de donner la parole 
à M. Vaussenat, permettez -moi tout d'abord de souhaiter la 
bienvenue à notre sympathique conférencier et de vous 
rappeler que c'est à lui qu'est due, en grande partie, la 



- 87 - 

réussite de l'œuvre dont il doit nous parler : de la création 
de l'Observatoire du Pic du Midi. 

11 ne m'appartient pas de dire toute l'utilité d'un pareil 
établissement et je ne peux que vous rappeler les services 
que Toulouse aurait pu attendre des avertissements de l'Ob- 
servatoire lors de l'inondation de 1875, si le service télé- 
graphique avait existé à cette époque. Aussi devons-nous 
voir dans l'œuvre que poursuit M. Vaussenat, non-seulement 
un but scientifique, mais encore devons-nous espérer des ré- 
sultats pratiques de la plus haute portée. 

Nous pouvons considérer aujourd'hui l'organisation de 
l'Observatoire du Pic du Midi comme, touchant à sa fin, et 
grâce au dévouement de quelques hommes résolus, M. Vaus- 
senat, le général de Nansouty, tous les deux nos collègues 
à la Société d'Histoire Naturelle de Toulouse, cette création 
importante aura abouti avec ses seules ressources. 

Recevez donc, Monsieur, au nom de tous mes collègues, 
au nom de cette nombreuse assistance, nos plus complètes 
félicitations. 

M. Vaussenat s'est exprimé en ces termes : 

Mesdames, Messieurs, 

Ce n'est pas sans une certaine appréhension que je prends 
la parole devant vous. 

Il y aurait vraiment de la témérité ou de l'audace, à venir 
absorber votre temps, solliciter votre attention, à moi sim- 
ple pionnier, habitué à ne parler qu'aux gens aux occupa- 
tions rustiques, si ce n'était pour une œuvre utile et natio- 
nale, et si la bienveillance professée par cette grande et 
intelligente population toulousaine pour tous les hommes de 
bonne volonté n'était pas devenue proverbiale. 

Il n'a fallu rien moins que la coopération pratiquée si lar- 
gement par vous, pour tout ce qui relève le niveau intellec- 



- 88 - 

tuel, pour tout ce qui intéresse la grandeur de la patrie ; il 
n'a fallu rien moins que l'urbanité bien connue des hommes 
éminents, au milieu desquels je me sens comme égaré et 
sous l'auspice desquels je me présente , pour me faire 
vaincre les scrupules résultant d'une infériorité manifeste 
dans l'art de bien dire , — d'une complète absence de 
rhétorique, — et surtout de la difficulté d'un exposé métho- 
dique, clair, lucide, comme celui qui se pratique habituelle- 
ment dans cette chaire que j'usurpe aujourd'hui. 

Et pourtant, je n'ignore pas que je suis ici devant l'élite 
des hommes de cette grande cité, l'ancienne et toujours 
capitale intellectuelle de la France occidentale ; je n'ignore 
pas que la plupart des hommes qui depuis plusieurs siècles 
ont fait retentir de leur éloquente parole les échos de cette 
salle célèbre, ont appartenu à la phalange des Français qu 1 
ont illustré leur pays. 

Et j'ai osé venir quand môme ! On m'a dit : « Il suffit 
qu'il y ait un appui à invoquer ou un besoin à pourvoir' 
pour qu'on soit indulgent. » 

Et bien, je compte sur votre indulgence, et j'ai besoin 
qu'elle soit absolue. 

D'ailleurs, si l'exposition que je vais tenter ce soir devant 
vous présente quelque attrait, vous voudrez bien, Mesdames 
et Messieurs, en porter tout le mérite sur vos excellents con- 
citoyens, qui sont en même temps de véritables artistes, 
MM. Ancély et Regnault, qui ont formé les éléments des 
belles projections qui vont vous être montrées, et aussi sur 
l'aimable autant que savant professeur M. Trutat, qui veut 
bien consacrer ses soins et son habileté au succès de cette 
soirée. 

Permettez-moi donc, après ce simple préambule, d'entrer 
immédiatement dans le sujet que je me suis promis de 
traiter devant vous. 

Le Pic!du Midi de Bigorre est cette montagne bien connue 
des touristes et des méridionaux qui parcourent nos belles 




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- 89 - 

vallées pyrénéennes. Il est connu aussi de tous les habitants 
du bassin sous-pyrénéen qui, par les temps clairs, depuis 
Toulouse jusqu'à Bayonne, voient son imposante masse se 
projeter en avant de la chaîne centrale, présentant au nord 
ses escarpements et au midi ses pentes adoucies, comme du 
reste celles de tous les chaînons parallèles à la chaîne prin- 
cipale. C'est l'histoire de cette montagne et de l'œuvre que 
nous y avons accomplie, que je dois*vous retracer rapide- 
ment. 

Oui, Messieurs, le Pic du Midi a son histoire, elle est 
même digne d'intérêt, car elle se repère sur les travaux et 
les recherches que, pendant ces quatre derniers siècles, nos 
plus illustres savants dans les sciences physiques et naturel- 
les ont faits tant sur ses flancs que sur son sommet. 

Même au simple point de vue alpiniste, le Pic du Midi 
était déjà connu par les nombreux baigneurs qui au siècle 
de Froissart (1340-1400), venaient séjourner dans cette 
« bonne et grosse ville fermée qui avait nom de Baignères. » 

Scaliger le prit souvent pour but de ses excursions, à 
l'époque où cet érudit faisait ses recherches sur l'astronomie. 
Et cette notoriété s'est manifestée dans tous les travaux des 
anciens cartographes; les collections que nous avons for- 
mées des cartes de Munster, de Belleforest, de Hondius, de 
Mérian, de Blaeu, de Tassin et de beaucoup d'autres géogra- 
phes des xvi e et xvn e siècles, nous montrent soit le Pic du 
Midi en vedette, avec une mention accentuée et prouvant 
qu'il était connu et visité, soit les lieux remarquables par 
leurs accidents naturels qui entourent la base du Pic, sites 
célèbres aujourd'hui comme alors. 

Vers le milieu du xvi e siècle, le poète Du Bartas le célébrait 
dans ses vers ; plus tard, le philosophe Daldin d'Hauteserre 
le signalait, dans son ouvrage De rerum aquitanicarum, 
domine point remarquable au centre des bassins fluviaux et 
à l'origine de l'Adour. 

Au point de vue scientifique, il avait attiré l'attention de 



— 90 — 

Bernard Palissy pendant son séjour à Tarbes ; mais les ren- 
seignements les plus précis qu'à ce point de vue nous ayons 
pu réunir, se rattachent aux. travaux de l'astronome Plan- 
tade, de Montpellier, qui vint, à plusieurs reprises, sur ce 
splendide promontoire, pour y faire des observations astro- 
nomiques et qui, finalement, y mourut en 1741, à l'âge de 
soixante-dix ans, au milieu d'une observation et son sextant 
à la main. Le lieu sur lequel le vieux savant expira est celui 
même sur lequel nous avons établi, depuis huit ans, notre 
station provisoire au col de Sencours ; c'est le mamelon qui 
abrite l'hôtellerie et que nous avons appelé le Mamelon 
Plantade ; le récit de ses guides, qui était consigné dans les 
archives de Campan, mentionne ses dernières paroles : 
« Ah 1 que tout ceci est beau ! » 

Par une coïncidence curieuse, le même ordre de recher- 
ches qui lit alors la réputation de Plantade, a rendu aujour- 
d'hui célèbre le savant qui est le président d'honneur de 
notre commission ; en effet, ainsi que le relate Arago dans 
son Astronomie populaire, la première description vraiment 
scientifique de la couronne lumineuse dont la lune est en- 
tourée pendant une éclipse totale de soleil, se trouve dans 
le mémoire de Plantade et Glapiès, publié à l'occasion de 
l'éclipsé de 1706, et nul de vous n'ignore les belles décou- 
vertes faites par M. Janssen, le directeur actuel de l'Obser- 
vatoire national de Meudon, sur la composition de la pho- 
tosphère ou de l'atmosphère lumineuse du soleil. Les travaux 
de Plantade ont paru en mélange dans un recueil de l'Aca- 
démie de Languedoc, devenu presque introuvable ; ceux de 
notre président d'honneur alimentent depuis quinze ans les 
travaux de tous les physiciens de l'Europe. 

Plantade, astronome établi à Montpellier au commence- 
ment de 1700, ne dut être attiré sur le Pic du Midi, à son 
grand âge, que par l'importance des travaux antérieurs aux 
siens, mais qui nous sont encore inconnus. 

Les travaux scientifiques les plus anciens que nous ayons 



- 91 - 

pu trouver, et spécialement relatifs au Pic du Midi, ont été 
publiés par le célèbre physicien d'Arcet en 4775, à la suite 
d'observations qu'il avait faites pendant l'année précédente 
avec Monge. Ils constituent le Discours en forme de disserta- 
tion sur Vétat actuel des Pyrénées et sur les causes de leurs 
dégradations. Ce travail est suivi de détails très-circonstan- 
ciés, présentés par Monge, sur le nivellement du Pic du 
Midi opéré par les deux savants et sur les variations des 
pressions barométriques qu'ils y ont observées. Ce mémoire, 
que l'on trouve cité très-souvent par les savants du siècle 
dernier et du commencement de celui-ci, servit de discours 
inaugural au cours de Chimie que d'Arcet professait au 
Collège de France, et y fut lu le \\ décembre 4775. C'est le 
premier discours académique prononcé en français dans le 
célèbre établissement ou, jusqu'alors, ces discours étaient 
prononcés en latin. 

A dater de ce moment, l'attention du monde savant se 
porta de plus en plus sur le Pic du Midi. Il serait trop long 
de citer toutes les observations faites pendant l'intervalle 
des vingt dernières années du xvm e siècle ; mais nous ne 
pouvons passer sous silence les travaux importants exécutés 
par Vidal et Reboul, deux physiciens de l'Académie de Tou- 
louse, qui avaient entrepris de fixer mathématiquement les 
altitudes des principaux sommets des Pyrénées. Telle était 
alors la réputation du Pic du Midi, qu'il passait pour la 
montagne la plus élevée de la chaîne. 

Ici, permettez-moi une parenthèse ; il est de mode chez 
certains éditeurs de faire sonner bien haut l'ignorance des 
Français dans les sciences géographiques, ignorance qui est 
quelquefois le lot individuel de ces honorables commer- 
çants ; il y a à peine six ans que l'un des principaux éditeurs 
d'ouvrages géographiques de Paris a réimprimé en toutes 
lettres, dans un document important, cette erreur aujour- 
d'hui grossière et inexcusable sur la hauteur du Pic du Midi. 

Fin 4787, deux de vos illustres compatriotes, Reboul et 



— 02 - 

Vidal, exécutèrent le nivellement du Pic du Midi, et ils pri- 
rent pour point de départ le château de Sarniguet, qui se 
trouve dans la plaine de Tarbes, à 45 kilomètres environ au 
nord-ouest de cette ville. Ils firent ce nivellement et sa 
contre épreuve par petites stations et avec des soins et une 
précision infinis ; ils se servirent d'une mire dessinée dans 
leurs mémoires et qui constitue un paragraphe à ajouter à 
l'histoire du Vieux-neuf, car leur instrument était de tout 
point ce que nos ingénieurs ont cru avoir inventé il y a une 
trentaine d'années, la Mire 'parlante, c'est-à-dire permettant 
la lecture à distance. Nous savons qu'ils stationnèrent plu- 
sieurs jours au sommet du Pic, où ils installèrent une cabane 
dont nous avons retrouvé les fondations en 1874, à quelques 
mètres du point où nous avons établi notre logis. 

Si Plantade et d'Arcet sont nos précurseurs et les premiers 
qui aient formulé la nécessité d'établir un observatoire au 
Pic du Midi, Vidal et Reboul sont les physiciens qui en ont 
fait la preuve la plus complète à cette époque ; cette preuve, 
nous la trouvons dans le remarquable alinéa qui commence 
le mémoire de Reboul et que nous ne pouvons nous empê- 
cher de citer : « Je ne m'étendrai point sur les avantages 
qui peuvent résulter de notre mesure ; ils sont tels, que nos 
travaux, ne sauraient être perdus, fallût-il en réduire le 
terme à n'avoir fait que préparer aux observateurs une mon- 
tagne toute graduée et l'observatoire le mieux disposé pour 
tenter des recherches exactes sur les modifications de l'at- 
mosphère. » Et plus loin : « Le Pic du Midi avait attiré notre 
attention et nous semblait désigné par l'exemple de plusieurs 
savants qui y avaient déjà établi le siège de leurs observa- 
tions. » 

Un incident bizarre faillit compromettre leurs travaux 
commencés. 

« A Tarbes, nos opérations avaient éveillé la sollicitude 
d'un avocat de cette ville et alarmé la vigilance du maire. 
Il fallut rendre compte de nos projets à ce dernier; nous 



- 93 - 

eûmes bien de la peine à lui faire entendre qu'on pouvait 
traverser ïarbes avec des niveaux sans en tirer le plan ; il 
nous opposa son devoir, ses scrupules et les lois de l'Etat. 
Nous n'avons pas eu, depuis, de plus grand obstacle à com- 
battre que la conscience de ce maire. Enfin, vaincu par 
notre obstination ou peut-être séduit par 'es propos flatteurs 
que l'un de nous prit le parti de lui adresser, il nous permit 
d'achever, sous prétexte qu'en temps de paix les gens de 
notre espèce n'étaient pas fort à craindre. » 

Je vous vois sourire et prendre en pitié l'ignorance de ces 
anciens Bigourdans. Eh bien I ne nous enorgueillissons pas 
outre mesure, car à un siècle d'intervalle, siècle pendant 
lequel nous avons vu se créer tant de grandes institutions 
affectées au service de la science moderne, en 1874, disons- 
nous, nous avons vu ces mêmes paysans, des bergers de la 
plaine de Tarbes, et sur l'emplacement même où nous som- 
mes aujourd'hui installés, briser avec furie et à deux repri- 
ses différentes, les instruments d'observations que nous y 
avions installés. Il nous fut expliqué que, dans leur pensée, 
nos opérations n'avaient pour but que de jeter des sorts sur 
leurs troupeaux. Il ne fallut rien moins que les avertisse- 
ments transmis par notre observatoire, à la date néfaste du 
22 juin 1875, aux divers bergers stationnant dans les vallées 
qui entourent le Pic, pour leur démontrer l'utilité de nos 
observations ; car ceux d'entre eux qui ne furent pas préve- 
nus virent périr leurs troupeaux, emportés par les ravines 
et les torrents, subitement et démesurément gonflés. 

Pendant que Vidal et Reboul faisaient leurs recherches 
sur les hauteurs de nos principales montagnes, d'Arcet ne 
restait pas inactif à l'égard du Pic du Midi, et peu s'en est 
fallu que l'édifice dans lequel nous habitons aujourd'hui 
ne fût élevé à cette époque. 

En effet, d'Arcet, qui était lié avec le ministre Turgot, le 
baron de Breteuil, M. d'Angevilliers, surintendant des bâti- 
ments, et avec le duc d'Orléans, plus tard Philippe-Egalité, 



- 94 - 

avait obtenu d'eux, surtout du dernier, la promesse de sub- 
sides importants (80,000 livres), « à l'effet de pourvoir aux 
frais d'établissement d'un groupe d'habiles physiciens au 
sommet du Pic du Midi, pour, dit un de ses biographes, y 
recueillir une suite d'observations météorologiques dont il 
attendait de grands résultats. » La révolution interrompit 
les relations de d'Arcet avec ce prince, et le projet ne reçut 
pas d'exécution ; il ne resta debout que le souvenir de la 

promesse et l'idée. Le souvenir il est renouvelé, mais 

très-platoniquement, toutes les années, par le passage ici des 
opulents princes, petits-fils du duc d'Orléans, en l'honneur 
desquels les populations de la vallée élevèrent, il y a qua- 
rante ans, l'obélisque que l'on voit près des Cabanes de 
Thoue. Quant à l'idée, nous l'avons recueillie et réalisée ; 
vous saurez dans un instant à quel prix. 

Depuis Plantade, le Pic du Midi était devenu célèbre ; il 
fut depuis, et chaque année, le rendez-vous dé prédilection 
de toute une pléiade de savants, parmi lesquels nous cite- 
rons Dolomieu, Dangos, Flamichon, Palassou, Cordier, 
Ramondetles illustres toulousains Marcorelle, de Puymaurin, 
Darquier, Garipuy, Lapérouse, Frizac, puis Ramond et tant 
d'autres qui ont doté d'une partie de leur illustration notre 
chère montagne. 

Ramond était venu chercher dans nos vallées un abri 
contre les agitations de la capitale ; il s'adonna tout parti- 
culièrement à l'étude du Pic du Midi. Cette montagne a été 
le pivot de ses études d'histoire naturelle et de ses travaux 
si remarquables sur les mesures barométriques. Il lui a con- 
sacré quelques-unes de ses plus belles pages dans l'admi- 
rable livre intitulé : Observations faites dans les Pyrénées, 
publié en 1788 ; l'un de ses plus beaux mémoires présentés 
à l'Institut est relatif à la Végétation sur le Pic du Midi 
(1802, in-4°). Notre Pic occupe aussi une part de ses im- 
portants mémoires sur la Mesure des hauteurs jmr le baro- 
mètre et sur la Correction de la formule barométrique de La- 
place. 



- 95 - 

Vers 4820, Mirbel, Léon Dufour et beaucoup d'autres sa- 
vants prirent le Pic pour centre de certaines de leurs re- 
cherches d'histoire naturelle. 

Puis vint le colonel Peytier, le fameux ingénieur géo- 
graphe, qui stationna pendant plus de quinze jours sur la 
petite plate-forme près du sommet, dans l'endroit même où, 
aujourd'hui, l'on parque les chevaux. 

Peytier considéra le sommet du Pic comme un des cen- 
tres géoclésiques les plus intéressants ; il le lit servir de 
sommet à trois des triangles fondamentaux les plus impor- 
tants et à plusieurs de ses triangles d'ordre secondaire. 

Déjà, en 1740, Cassini l'avait pris pour terme de ses opé- 
rations dans le Midi et l'avait fait servir de sommet à deux 
de ses triangles principaux. 

Peytier a laissé dans ses travaux, publiés dans le Mémo- 
rial du dépôt général de la guerre, des notes intéressantes sur 
l'importance du Pic du Midi comme signal et comme lieu 
d'observation. Tl avait fait construire au sommet une de 
ses plus belles tours géodésiques, dont la base renfermait 
un espace abrité contre le mauvais temps. 11 ne reste plus 
rien aujourd'hui de cette utile construction, dont nous 
avons vu les dernières assises en 1859. La rage destructive 
et inconsciente de vulgaires touristes a démoli cette tour, 
pierre par pierre, dans le but de les voir bondir dans les 
profondeurs des vallées, au risque d'écraser soit des brebis, 
soit même des bergers. Chose triste à dire, les guides eux- 
mêmes ont trop souvent prêté une main complaisante à 
cette stupide manie, alors que leur devoir professionnel, 
d'accord en cela avec leur intérêt, indique suffisamment 
qu'ils doivent veiller à la conservation de ce qui est établi 
utilement au prix de si grands sacrifices ; il ne se passe pas 
de jour encore sans que la plate-forme, déjà si restreinte, 
du sommet, ne soit ébréchée pour satisfaire cette banale 
curiosité. Nous nous proposons de reconstruire cette tou- 
relle dès que nous aurons pu obtenir du ministère de la 



- 96 — 

guerre les formes et dimension exactes qu'elle présentait. 

De 1830 à 1840, Ghausenque, Rozet, puis les botanistes 
Schérer et Gli. Desmoulins, firent de nombreuses stations 
au Pic du Midi. Ce dernier y a puisé les éléments d'un in- 
téressant mémoire : Etat de la végétation au Pic du Midi en 
4840. 

Tant de travaux, tant d'opinions d'iiommes illustres dans 
les sciences ne pouvaient être oubliés et restèrent d'abord 
à l'état latent dans l'esprit des gens studieux, mais qui, 
isolés, ne pouvaient rien. 

En 4854, la construction par souscription d'une hôtelle- 
rie au col de Sencours, sur l'initiative du docteur Costallat 
de fiagnères, vint réveiller les espérances et les désirs des 
météorologistes. Vers cette époque, les travaux de Piazzi 
Smyth sur le Pic de Ténériffe ramenèrent aussi l'attention 
des physiciens sur le Pic du Midi. Babinet entre autres, 
dans ses revues scientifiques, comparait avec avantage les 
ressources que présentait notre Pic sur celui dont on par- 
lait alors. Le docteur Costallat, de son côté, tentait quel- 
ques démarches et poussait quelques-uns de ses amis dans 
cette voie, mais là encore tout se borna à des paroles et à 
de vaines démarches. 

En 1866, une association parvint à se fonder à Bagnères; 
elle prit pour nom patronymique celui de Ramond, le savant 
qui avait étudié les Pyrénées sous tous leurs points de vue ; 
le choix de ce nom était comme une indication exacte du 
genre d'études auxquelles se livraient les quelques hommes 
d'initiative qui la constituèrent. 

Dans le sein de cette Société, l'idée déjà ancienne de la 
création de l'Observatoire fit souvent l'objet des réflexions 
réciproques de ceux qui connaissaitnt l'historique de la 
question dont le résumé avait été fait en 1867 dans le Bul- 
letin de la Société par le docteur Costallat. 

Cette idée devenait un peu plus réalisable par la création 
définitive, après 1854, de l'hôtellerie au col de Sencours. 



- 97 — 

Elle fut même surexcitée par un avis favorable de sir John 
Herscheîl, l'illustre astronome, puis par certains écrits qui 
préludaient au projet d'une installation météorologique au 
Puy-de-Dôme et qui furent portés à la connaissance de la 
réunion par le docteur Costallat lui-même. Bien qu'on ne 
songeât alors qu'à établir provisoirement un Observatoire 
comme annexe à l'hôtellerie, cette fois encore tout se borna 
à des vœux stériles, puisque les ressources manquaient, 
même pour parachever l'hôtellerie restée jusqu à ce jour 
incomplète. 

Les années qui suivirent sont trop tristement gravées dans 
nos annales françaises pour qu'il soit utile d'insister sur le 
peu de place que conservèrent dans nos préoccupations les 
idées qui nous avaient souri jusqu'alors. 

Mais dans l'année de recueillement qui suivit nos désas- 
tres, nous avions senti la nécessité de resserrer nos relations 
et de donner plus de corps à l'esprit d'association pour ce que 
l'on appelait alors le relèvement moral de la France. 

La part que j'avais prise dans les discussions relatives à 
l'établissement d'un Observatoire, l'amour de la montagne, 
la longue habitude des travaux dans les hautes régions, deux 
hivernages passés en 1853 et 1854 à une très-haute altitude, 
avec un très-nombreux personnel d'ouvriers sur l'une des 
montagnes les plus abruptes des Alpes; la conviction 
acquise par une longue fréquentation du Pic du Midi en 
toute saison, de la possibilité de la construction d'un Obser- 
vatoire non pas à l'hôtellerie où il n'avait aucune raison 
d'être, mais bien au sommet même du Pic, enfin, le carac- 
tère patriotique que pouvait revêtir cette entreprise par les 
circonstances au milieu desquelles elle se produisait, m'en- 
gagèrent, en 1872, à élaborer définitivement ce projet. Ce 
travail, qui constitue aujourd'hui le premier fascicule de nos 
publications, eut la bonne fortune do conquérir les suffrages 
de la Société Ramond, qui offrit immédiatement son patro- 
nage et qui promit d'affecter à l'œuvre ses ressources dispo- 
nibles, dès que nous en tenterions l'exécution. 7 



- 98 - 

Un encouragement précieux entre tous fut celui du 
regretté Charles Sainte- Claire Deville qui nous offrit des 
instruments un abri pour les recevoir, et qui nous promit 
de nous l'aire voter des subventions par différentes sociétés 
savantes. 

Déjà un homme chevaleresque et généreux, M. le général 
de Nansouty , avait mis à notre disposition une somme 
de 1,000 f'r., et ollïait de mettre au service de cette entre- 
prise les loisirs forcés que venaient de lui créer la jalousie et 
l'injustice des hommes, ainsi que les haines et l'esprit de 
parti. Mais devant la grandeur de cette entreprise et la pé- 
nurie des ressources disponibles, nous hésitions; nous en 
étions encore à tàter le terrain avant de nous lancer dans 
l'exécution, lorsqu'une circonstance heureuse, mais toute 
fortuite, vint lever no^ hésitations. 

L'Institut des Provinces allait tenir son Congrès annuel à 
Pau. Dès 1872, il avait inscrit dans le programme de ses 
réunions plusieurs des questions qui intéressaient notre pays. 
La section des sciences physiques avait posé dans ses tra- 
vaux, à l'article 5, une thèse à soutenir sous le titre de: 
Utilité d'un Observatoire sur un point culminant de la chaîne 
des Pyréné s. 

Celte question, que nous avions déjà traitée dans nos réu- 
nions et qui se trouvait développée tout au long dans le 
projet que j'avais élaboré, me trouvait prêt, et je me fis ins- 
crire pour la soutenir, après avoir été délégué à ce Congrès 
par la Société Ramond. Supplémentairement au travail ré- 
solu par nous, je posai les bases d'une exécution sérieuse et 
d'un appel aux amis des sciences. 

Nous fûmes mus dans cette détermination par la convic- 
tion profonde dans laquelle nous étions, qu'en trois années 
au plus, nous aurions réuni les ressources nécessaires, soit 
par les promesses déjà faites, soit par les subventions des 
particuliers, des communes, des départements, des sociétés 
savantes, subventions qui ne manqueraient pas d'arriver à 



— 99 — 

nous, surtout quand une réunion nombreuse de savants 
aurait sanctionné le projet que nous allions lui développer. 

Ce fut donc le 4 avril 1873 que nous lançâmes notre pre- 
mier appel au public, dans une mémorable séance du Congrès 
scientifique de France, à Pau. Cet appel fut entendu, le Con- 
grès émit des vœux pressants tant auprès des ministres 
compétents qu'auprès des Conseils généraux des départe- 
ments pyrénéens. Des particuliers souscrivirent. Mais, hélas ! 
toutes ces souscriptions furent minimes, et nous dûmes, 
chaque année, par de nouvelles démarches, faire renouveler 
celles de quelques Conseils généraux et de quelques muni- 
cipalités. 

Notre retour du Congrès de Pau fut le signal de notre 
élan. D'accord avec M. le général de Nansouty qui ne de- 
mandait qu'à mettre ses offres à exécution, le 8 avril 1873 
nous résolûmes la construction d'un Observatoire au Pic du 
Midi , et la Société Ramond voulut préluder à nos pre- 
mières dépenses par l'impression à 5,000 exemplaires de 
notre projet, qu'accompagnait un appel de souscription, et 
que nous tîmes distribuer partout où nous pensions être 
écoutés. 

A partir de ce moment, commença pour nous un rude la- 
beur, dans lequel, malgré de nombreuses déconvenues dans 
nos espérances, d'innombrables difficultés matérielles et de 
terribles intempéries, notre volonté n'a pas failli un seul 
instant. 

En tête de notre programme d'exécution et pour démon- 
trer à la fois l'utilité des observations météorologiques 
à cette altitude et la possibilité de notre entreprise, nous 
résolûmes d'installer le service d'observations avant toute 
chose, de manière à ce que la preuve fût toujours debout 
contre les objections des timorés et des indécis. 

Nous avions promis de commencer vers le I er août 1873 et 
de faire, pour cette première année, le service des observa- 
tions pendant 60 jours. Nous avons tenu parole, et, après 



— 100 — 

nous être constitués en commission régulière, en tête de la- 
quelle nous avons placé M. le général de Nansouty, poste 
d'honneur et de peine qu'il n'a plus quitté, nous fîmes durer 
cette première campagne pendant 70 jours malgré la pénurie 
de notre installation provisoire. 

Combien, hélas! était grande notre illusion, nous qui 
avions espéré de rapides et copieuses subventions, au moins 
semblables à celles qui avaient accueilli le projet moins 
imporlant de l'Observatoire du Puy-de-Dôme ; nous qui 
espérions terminer cette œuvre d'intérêt public en trois 
années d'efforts et de sacrifices, de temps et d'argent ! Voilà 
dix ans que nous sommes sur la brèche, sans désemparer 
un seul instant, après avoir vu se succéder et s'évanouir 
presque aussitôt l'aide officieuse de plusieurs coopérateurs 
de mérite sur lesquels nous fondions de plus longues espé- 
rances. Après dix ans d'un travail continu, nous nous re- 
trouvons seuls, les mêmes hommes du début. Mais, j'ai hâte 
de le dire, c'est à la vigueur et à l'abnégation de M. le gé- 
néral de Nansouty que nous devons la preuve matérielle qu'il 
a faite de la possibilité de notre entreprise, pendant sept 
hivers consécutifs passés au col de Sencours et un au 
sommet même du Pic, sacrifiant à l'œuvre commune son 
repos, ses relations journalières et les douceurs d'une exis- 
tence confortable que lui permet sa situation de fortune. C'est 
encore aux mérites de ce rude pionnier qu'est dû le main- 
tien intégral de ce faisceau de volonté, d'énergie et de dévoue- 
ment qui quoique réduit à nos deux individualités, nous a 
permis d'arriver à l'achèvement de l'œuvre. Aussi, Mesdames 
et Messieurs , permettez à son collaborateur d'exprimer 
devant vous, et d'une manière officielle, toute l'admiration 
dont il se sent pénétré pour cet homme généreux, loyal et 
vaillant, auquel les hésitations et les défaillances sont incon- 
nues. 

11 me faut, en un récit rapide, vous initier aux difficultés 
que nous avons eu à vaincre dans notre entreprise. 



— 401 — 

Si pour édifier un Observatoire spécial et définitif il fal- 
lait des capitaux suffisants et le temps de les rassembler, il 
fallait aussi, et avant tout, faire au public la preuve des faits 
de possibilité et de stabilité que nous avancions et qui for- 
maient notre conviction bien étudiée et bien établie. 

Il fut donc résolu de procéder sans désemparer et de pu- 
blier immédiatement les observations que nous pourrions 
faire avec les ressources dont nous disposions. Ces obser- 
vations, commencées dès le 1 er août 1873, à 2,366 mètres, à 
l'hôtellerie de Sencours, mamelon Plantade, n'ont été inter- 
rompues que très-momentanément et à la suite d'une 
circonstance hivernale que j'aurai l'honneur de vous rap- 
peler. Ce fait de la publication de nos observations dès 1873 
nous place bien avant des résultats vulgarisés par l'Obser- 
vatoire du Puy-de-Dôme dont le point de départ est posté- 
rieur de trois ans, et classe notre initiative en tête de la 
création des Observatoires de montagne sur le territoire 
français. Pour nous, montagnards, ne doutant pas du côté 
pratique de l'entreprise, la première question à résoudre était 
la question scientifique, c'est-à-clire celle des programmes 
d'observations à suivre. Une circonstance exceptionnelle 
nous servit à merveille : un congrès international et officiel 
des météorologistes venait de se tenir à Vienne et d'élaborer 
un programme et une série horaire destinés à mettre de 
l'uniformité dans les observations et un synchronisme relatif 
entre toutes les observations des stations météorologiques qui 
adhéreraient à ce programme. C'était obéir aune impulsion 
éclairée et échapper à tous les tiraillements d'écoles ou de 
systèmes préconisés, quand même, par certains météorolo- 
gistes autoritaires. 

Restait à choisir et à dresser un observateur; nous choi- 
sîmes un ancien sous-officier dans le but d'avoir un serviteur 
exact et discipliné ; puis à présider sur lieux et effective- 
ment à l'installation et à la marche du service ; cela fut fait. 

La vulgarisation des résultats scientifiques obtenus pen- 



— 102 — 

dant cette première campagne fut faite au Congrès des 
météorologistes français en 1874, où je fus délégué, ainsi 
qu'à la réunion des Sociétés savantes à la Sorbonne, où j'eus 
l'honneur d'en faire l'exposé ; nous continuâmes cette vul- 
garisation dans les Bulletins de la Société Ramond. 

De nouvelles souscriptions nous permirent de tenir d'une 
manière complète la campagne de 1874, laquelle fut com- 
mencée dès le I er juin, et continuée très-régulièrement pen- 
dant toute la saison, et nous permirent d'aborder la preuve 
la plus intéressante, la preuve capitale, celle de la possibilité 
des hivernages et de la praticabilité du Pic en toutes saisons. 
Cette dernière preuve je l'avais déjà faite dans de nombreuses 
ascensions hivernales ; mais le général de Nansouty se char- 
gea de laire lui-même la preuve de la possibilité de l'hiver- 
nage. 11 ne vint à aucun de nous l'idée que l'hôtellerie dans 
laquelle cet hivernage allait se faire pour la première fois 
n'avait pas des ouvertures, des fenêtres disposées pour ré- 
sister à l'hiver ; car cette hôtellerie n'était destinée à être 
ouverte que pendant les quatre mois de la belle saison. 
L'hivernage était donc résolu et même très-avancé, quand, 
vers le 13 décembre, par une bourrasque de neige épouvan- 
table, les fenêtres du logis qui étaient démasquées de leurs 
volets s'enfoncèrent. 

Ce contre-temps a son origine dans un fait pourtant bien 
minime et qui montre que rien ne doit être négligé dans les 
installations exceptionnelles. La simple omission d'établir 
une clef à un poêle faillit amener une catastrophe. 

La neige s'était accumulée sur la toiture jusqu'à une hau- 
teur de plus de 3 mètres. L'air chaud du poêle s'y était 
creusé un passage, la cheminée s'était donc allongée de 
toute cette hauteur; de là un tirage énorme que la différence 
des températures intérieure et extérieure activait encore. 
Sous l'influence de ce tirage, la température intérieure 
ne put être maîtrisée ; elle monta rapidement du niveau 
ordinaire, 9° ou 10°, à 30° et même à 35°, tandis que l'air 



— 103 — 

extérieur était en ce moment à 23° au-dessous de zéro. Cette 
énorme différence de près de 60° constituait déjà à elle seule 
un appel ou poussée de dehors à dedans que vint accentuer 
encore la bourrasque terrible qui s'était déchaînée dans le 
goulet étroit où étaitétabli le logis. Le vent soufflait avec une 
force de 90 à 1 00 kilomètres à l'heure, faisant ainsi contre les 
fenêtres une pression équivalente à environ 200 kilogrammes 
par mètre carré. Les fenêtres, qui étaient de construction 
ordinaire, ne résistèrent pas et furent enfoncées. La rigueur 
du temps ne permettait pas la descente, on tamponna les ou- 
vertures du logis avec les matelas; mais alors, plus de lu- 
mière, la provision de bougies fut vite épuisée. Le logis deve- 
nait inhabitable et il fallut lutter deux longs jours contre 
les assauts de la tempête et du froid ; on dut forcément son- 
ger à la retraite, elle fut terrible ; les journaux de l'époque 
vous ont appris cet émouvant épisode qui, par vingt fois, 
faillit coûter la vie au général et à ses deux compagnons, 
l'observateur et le maître-d'hôtel. 

Cet événement prouva une chose qui nous était déjà par- 
faitement connue, c'est que le col de Sencours, défilé de 
tous les vents et de toutes les nuées venant depuis le sud 
jusqu'à l'ouest, était peu propre à un établissement hivernal 
et qu'il fallait forcément monter plus haut, dans l'air simple- 
ment ambiant. 

Le régime des avalanches en ce point nous le comman- 
dait du reste, car nous ne pouvions oublier que la première 
hôtellerie, située à 80 mètres de là, avait été emportée 
par une avalanche et que le mamelon Plantade, au bas 
duquel était établie la nouvelle hôtellerie, suffisait à la 
préserver du choc, mais non des embruns et des neiges fari- 
neuses qui accompagnent des coulées de neige dont le cube 
varie de 200,000 à 300,000 mètres cubes défilant en moins 
de cinq minutes, partie dans le lac d'Oncet, partie dans, la 
gorge de Sencours. 

C'est vers la fin de cette campagne que nous avons pu 



- 104 - 

observer la température la plus basse qui se soit produite 
au Pic depuis 1873; dans notre visite au sommet en mars 
1875, nous trouvâmes la cuvette de notre baromètre éclatée 
par la dilatation du mercure qui avait été congelé ; l'in- 
dex du thermomètre minima élait à fond de cet instrument 
dont la graduation s'arrêtait à — 39 ; la température était 
donc descendue au-dessous de — 42 et comme notre visite 
précédente avait eu lieu en janvier, nous fixons l'époque de 
ces froids vers la première semaine de février qui compte 
les jours les plus froids constatés en bas ; depuis lors, le plus 
grand froid observé directement au sommet du pic a été 
— 37 dans la nuit du 8 au 9 janvier 1 876. 

L'installation au sommet bien décidée, plusieurs questions 
furent à étudier immédiatement dont la principale était le 
choix de l'emplacement. Ne pouvant soustraire aux touris- 
tes l'admirable panorama qui se déroule de la plate-forme 
du sommet, nous avons dû chercher sur la crête le lieu pro- 
pice pour nous établir; d'autre part, cette plate-forme ne 
présentait pas une surface suffisante, puis elle était souvent 
foudroyée, ainsi que l'attestent les roches fulgurées qui la 
constituent. Sur cette crête nous avons excavé à la mine 
tout l'emplacement nécessaire à cet édifice, soit d'abord une 
longueur de 30 mètres avec 10 mètres de largeur et 3 à 
4 mètres de profondeur moyenne. À ce travail, commencé 
en 1875, nous avons affecté nos souscriptions au fur et à 
mesure qu'elles arrivaient. Sur un des pitons de cette 
crête, situé à 30 mètres de l'édifice, nous avons établi la 
plate-forme destinée aux instruments extérieurs de l'Ob- 
servatoire. Cette plate forme est surmontée d'un abri du 
genre de ceux dits de Montsouris, et elle n'est qu'à quel- 
ques mètres au-dessous du plus haut sommet de la masse 
du Pic. 

C'est avec l'argent recueilli dans une première série de 
conférences en 1876 dans plusieurs villes du Midi, que nous 
avons pu solder les fouilles dans lesquelles nous avons im- 
planté notre habitation. 




y a t 3 






si 



- 105 — 

Quant à l'édifice, il est solidement établi, ainsi que vous 
pouvez en juger sur la projection, et fait corps avec la roche 
dans laquelle il est encastré. Il est complètement voûté et à 
l'abri des secousses et vibrations produites par les terribles 
ouragans qui parfois se déchaînent sur ce sommet. — L'épais- 
seur du mur de face au rez-de-chaussée est de 1 mètre 
45 centimètres, celle de l'étage supérieur est de 80 centi- 
mètres; toutes les ouvertures et saillies sont formées d'une 
pierre de taille prise sur place et appartenant aux calcai- 
res de transition Les principales dispositions de cet édifice 
ont été étudiées par un groupe d'ingénieurs et par les 
membres de la commission ; le sable pour les maçonneries a 
été fourni en partie par le déversoir du lac d'Oncet et en 
partie par le litduBastan, près de Transarriou, sur le che- 
min de Barèges. Cette partie de la maçonnerie a été l'une 
des plus coûteuses, grevée qu'elle était de frais de transport 
considérables. — L'eau pour les maçonneries a été fournie 
par la neige que l'on a fait fondre dans des barriqu es que 
vous avez aperçues dans les projections sur la plate- forme 
d'arrivée ; quand cette neige a fait défaut, il a fallu chercher 
l'eau au lac d'Oncet, avec un parcours d'environ 5 kilo- 
mètres de sentier, ce qui a constitué une valeur qui parfois 
s'est élevée jusqu'à 5 francs par hectolitre. 

Mais la partie la plus intéressante de la construction au 
point de vue de sa préservation, celle qui a le plus excité 
nos recherches, c'est la toiture ; le quadruple problème à 
résoudre, en dehors de la question de prix et de poids , 
était de trouver : 

1° Un système qui permît, par son adhérence, de résister 
à des coups de vent dont la force de propulsion atteint jus- 
qu'à 250 kilogr. par mètre carré ; 

2° Un système d'imperméabilité suffisante pour ne pas 
emmagasiner de l'eau qui, avec les gelées, détruirait la 
matière employée et ferait éclater les voûtes ; 

3° Des matériaux pouvant résister, dans leur constitution 



- 106 - 

intime et dans leur liaison, à des températures variant de 
+ G0\ température de la chaleur emmagasinée en été, à 
— 40° et — 45°, température minima déjà observée par 
nous pendant l'hiver de \ 874- 1 875, soit un écart de plus 
de 100° 

4° Enfin, des matériaux dont la nature ne pût altérer ni 
infecter les eaux pluviales destinées à alimenter les citernes 
de nos eaux potables. 

La solution a été coûteuse, mais parfaite; à l'orientation 
sud, la toiture est constituée par des tuiles vitrifiées très- 
épaisses, faites dans l'usine Oustau et G ie , de Tarbes, sur le 
modèle de celles qui couvrent les bas côtés du palais du 
Trocadéro. Ces tuiles sont noyées à bain de mortier sur 
l'extrados de la voûte. A l'orientation nord, la toiture est 
constituée par d'énormes schistes ardoisiers provenant de 
Labassère, lesquels s.ont parfaitement agrafés et noyés à 
bain de mortier de ciment sur l'extradas de la voûte. 

Le couvert proprement dit (tuiles et schistes), mis en 
place, nous a coûté 40,000 francs. 

La sécurité dans l'habitation nous a prescrit le placement 
d'une série de paratonnerres, dont l'épreuve s'est faite de la 
manière la plus complète depuis leur implantation. Autre- 
fois, le Pic était foudroyé dès que les nuages orageux fai- 
saient leur apparition, ainsi que cela est attesté par les ful- 
gurites ou roches vitrifiées dont le sommet est composé. 
Depuis que nos paratonnerres, au nombre de sept, sont 
installés, aucun cas de fulguration ne s'est produit. 

En temps d'orage, il est arrivé que nos ouvriers, et 
aussi quelques touristes, ont ressenti d'une manière évi- 
dente le passage ou la formation des nuées électriques, mais 
tout s'est borné à ce que nous avons subi nous-mêmes très- 
souvent en ce lieu, savoir, des lourdeurs aux pieds qui 
semblent rivés au sol, des contractions aux poignets et le 
lâchement forcé du bâton ferré ; des crépitations de la barbe 
qui se soulève et dont chaque brin se hérisse, des frictions 



— 107 — 

sensibles sur le front, sur les orbites des yeux, sur les 
pommettes des joues, comme si une légère gaze y était pro- 
menée ; le soulèvement des cheveux et, enfin, une forte 
odeur semblable à celle de la pomme reinette ou du chlo- 
roforme ; tout cela accusant une abondante électrisation 
dans le lieu occupé, mais ne présentant aucun danger. Le 
sifflement qui se fait entendre en temps d'orage à l'extré- 
mité de nos paratonnerres, prouve que leur rôle n'est pas 
une sinécure, et que l'épanchement du fluide allant de la 
terre à la nuée ou de la nuée à la terre se fait avec force. 

Afin de rendre nos paratonnerres parfaitement sûrs, nous 
les avons tous reliés les uns aux autres par un fort câble 
métallique passant souterrainement et nous avons mis le 
tout en contact, d une part, avec le fond du lac d'Oncet, 
situé à 1 ,100 mètres de parcours direct au-dessous du Pic, et 
d'autre part, avec le fond toujours imprégné d'eau du 
névé perpétuel du ravin d'Arises, par un câble d'une seule 
pièce de 50 mètres de longueur et ayant, comme le premier, 
un diamètre de 20 millimètres, puis par un second câble de 
250 mètres de longueur. 

Avec une pareille installation, nous n'avons pas de défla- 
gration à craindre directement; tout au plus aurions-nous à 
redouter les chocs en retour que nous occasionnerait la 
rupture de nos câbles conducteurs. Nous nous mettrons 
préventivement à l'abri de cet inconvénient en garnissant 
tous les pieds de nos meubles, tables, chaises, lits, avec des 
godets isolateurs en porcelaine ou en verre. 

Un examen de nos premiers paratonnerres nous ayant 
prouvé que les pointes de platine, telles qu'on les trouve 
dans le commerce, ne présentaient pas des garanties sé- 
rieuses, nous y avons substitué des pointes quadrangu- 
laires à arêtes évidées et terminées par de l'or, qui est 
inoxidable. Nous n'avons eu, jusqu'à présent, qu'à nous 
féliciter de cette substitution qui, ainsi que l'installation 
des paratonnerres, est due aux soins et à l'intelligence de 



- 108 - 

M. Buchin, l'ingénieur électricien bien connu aujourd'hui 
comme spécialiste dans notre Sud-Ouest. 

Enfin, pendant le cours de la dernière année, nous 
avons relié notre habitation avec la plate forme de TOb- 
servatoire pour y accéder facilement en hiver, et, en temps 
de bourrasque, par une longue construction abritant un 
escalier couvert et dans les divisions de laquelle nous 
avons pu installer un atelier de menuiserie et de forge, un 
laboratoire, une petite écurie, un magasin de bois d'œuvre, 
un magasin de ferronnerie et un magasin de divers maté- 
riaux de construction. 

Puis, nous avons établi à l'est et à l'ouest de l'édifice 
principal, deux citernes en ciment de Grenoble, de la 
maison Pont OUion et Nicolet, avec une capacité de 50 mè- 
tres cubes. C'est encore avec les ciments de cette maison 
qu'ont été établis les excellents dallages de l'intérieur et du 
pourtour de l'habitation. 

Tels sont les principaux éléments de notre installation 
matérielle. 

Quant aux privilèges dont est doté notre Observatoire, ils 
sont naturels ; il les doit surtout à son admirable situation. 

En effet, l° Il domine de 500 mètres les nuages orageux 
et, sept fois sur dix, il émerge dans l'azur du ciel quand les 
vallées intérieures sont inondées par la pluie et sillonnées 
par la foudre ; 

2° Les vents et les températures de l'air ne sont influencés 
par aucune cause terrestre, puisque, depuis l'orientation 
Ouest jusqu'au Sud, en passant par le Nord, notre sommet 
n'est par dominé ; 

3° De l'Ouest au Sud , les pics dont l'altitude est plus 
élevée sont situés à 30 kilomètres environ ; le plus rappro- 
ché, le Néouvielle, se trouve à une distance horizontale d'en- 
viron 13 kilomètres ; 

4° Cette absence d'influences locales nous permet de rece- 
voir la manifestation des phénomènes météorologiques 




L'OBSERVATOIRE BU PIC-DU-MIDI 
(Altitude : 2877 mètres) 

VUE PRISE DE h\ TLATE-FOR31E DES INSTlt IM KN'I'S, A C'EST 

Dessin (le M. LUDOVIC LKTUOXE, d'après une photographie de M. AXCKI-Y, en septembre 1880. 



- 109 — 

beaucoup plus exactement et plus rapidement que dans des 
situations inférieures. C'est ainsi qu'à propos des observa- 
tions prévisionnelles du 2.1 juin 4 875, lors des terribles inon- 
dations du Sud-Ouest, les graphiques tenues avec la plus 
parfaite exactitude par M. ie général de Nansouty, nous ont 
démontré une avance de 24 heures sur les observations de 
Tarbes et de 48 heures sur les observations de Paris -, 

5° Les lignes visuelles de la vigie s'étendent au niveau de 
la mer sur un horizon de 185 kilomètres de rayon, et beau- 
coup plus loin dans les régions montagneuses; c'est ainsi 
qu'on aperçoit parfaitement les coteaux situés au nord-est 
d'Alby et le Pic Garlitte dans les Pyrénées-Orientales ; de ce 
point jusqu'à l'Océan, on a devant soi l'immense et majes- 
tueux panorama de la chaîne, au travers de laquelle cinq 
grandes échancrures permettent à l'œil de fouiller fort loin 
sur le territoire espagnol. Enfin, dans les claires journées 
de l'automne, la ligne bleue de l'Océan paraît à l'horizon de 
Dax, au Vieux-Boucaut ; 

6° Il occupe le centre de trois bassins hydrologiques dans 
lesquels le régime des cours d'eau est sujet à de violents 
changements, la Garonne, l'Adour et les Gaves ; cette situa- 
tion permet de surveiller, avec précison, la direction et la 
vitesse des orages qui, le plus souvent, se forment au-dessous 
du sommet. Le coude fait par la Garonne, à Toulouse, est 
parfaitement visible du Pic, ainsi que ie parcours de ce 
fleuve à l'amont et à l'aval ; 

7° Tout en étant d'une parfaite accessibilité, il est deux 
fois plus élevé que l'Observatoire du Puy-de-Dôme et à 
l'abri des inconvénients de la zone atmosphérique dans la- 
quelle émerge ce dernier ; 

8° La limpidité et la transparence de l'atmosphère y per- 
mettent avec succès les recherches astronomiques ; un 
emplacement très-convenable, et qui sera affecté spéciale- 
ment à cette destination, a été réservé par nous à l'Est de 
notre grande plate-forme ; 



— 110 — 

9° Enfin, bien que situé à 16 kilomètres à vol d'oiseau de 
Bagnères-de-Bigorre, un fil télégraphique, d'une plus grande 
longueur, toujours abordable, môme en hiver, a été installé 
entre ces ceux stations sur le long de la route et du chemin, 
c'est-à-dire avec un parcours d'environ 30 kilomètres. 
La communication est assurée par un fil sur poteaux le long 
des vallées, et par un cable souterrain le long des gorges ser- 
vant de déversoir aux avalanches. Enfin, un téléphone 
Edison perfectionné met en communication les deux stations 
du Pic et de Bagnères. 

Quelles que' fussent les espérances que nous avions pu 
concevoir sur l'immense portée des observations à faire 
au sommet du Pic du Midi, pendant les huit années que nous 
avons passées provisoirement au col de Sencours, la réalité 
a de beaucoup dépassé ces espérances. 

Notre installation complète et définitive au sommet du Pic 
date du 1 er octobre dernier. Depuis lors, il n'est pas passé un 
seul jour sans que l'on ait pu faire une ou plusieurs obser- 
vations intéressantes sur la physique du globe et sur divers 
phénomènes météorologiques. 

Magnétisme terrestre, lumière, chaleur, physiologie ani- 
male, végétale, tout est devenu sujet d'observations nou- 
velles. 

Une seule d'entre elles peut donner la mesure du vaste 
horizon embrassé du sommet : en septembre 1874, observant 
le lever du soleil, j'étudiai les changements dans l'intensité 
de colorations des masses nébuleuses traversées successive- 
ment par les premiers rayons du soleil levant ; à la couleur 
rouge cerise que conserve le premier quart du disque sortant 
de l'horizon, succède bientôt un rouge ponceau dans lequel 
se voient de nombreux tournoiements et des girations de 
petite masses nébuleuses. Quand le disque est sorti des trois 
quarts, il se forme à sa surface un changement subit, le ri- 
deau mal se dissipe subitement et l'astre paraît avec toutson 
éblouissant éclat. J'observai à ce moment que la ligne limita- 



— 111 - 

tive du disque à l'horizon avait cessé d'être un ligne droite et 
était une ligne avec des dentelures très-nettes et très-tran- 
chées, mais quelques secondes après, le soleil étant entière- 
ment émergé, plus rien ne paraissait de cette ligne. Le lende- 
main et jours suivants, je vins de nouveau observer le même 
phénomène qui se produisitdansles mêmes conditions; j'étais 
donc bien convaincu que cette ligne striée, dentelée, qui ter- 
minait l'écran noir masquant le dernier quart du disque solaire, 
n'était pas une des fréquentes aberrations de l'œil ; que cet 
écran était dû à une cause existante, à un obstacle interposé 
entre l'œil de l'observateur et le disque sortant de l'horizon. 
Quel était cet obstacle? Les Cévennes sont sous nos yeux, 
apparentes avec toutes leurs formes, leurs plateaux, leurs 
dépressions et même leurs teintes des zones pastorales, ro- 
cheuses ou forestières. Cet obstacle est donc bien au-delà, 
et, en effet, des vérifications faites toutes les années et à la 
même époque, nous indiquent que cet écran est formé par 
les Alpes. Les calculs, du reste, ne contredisent pas cette 
constatation directe et curieuse que tout le monde peut faire 
du 1 er au 15 septembre, avec des amplitudes variables, 
suivant la variation du point où le soleil émerge de l'horizon. 

Si l'horizon terrestre est immense, l'horizon céleste s'y 
agrandit avec une amplitude supérieure, et c'est ainsi qu'au 
commencement de janvier, une partie du disque lunaire était 
visible alors que ce satellite n'avait encore que vingt 
heures d'âge ; la lumière zodiacale y a été vue deux fois 
consécutivement ; ces observations ont, du reste, été com- 
muniquées à l'Institut dans sa première séance de février. 

Nous avons reproduit sur les planches ici exposées des 
phénomènes de lumière qui accompagnent la première appa- 
rition du soleil, alors que l'ombre du Pic couvre environ 
40 kilomètres d'étendue de la plaine. Selon l'état de l'atmos- 
phère, le sommet de ce cône d'ombre est tantôt nimbé de 
disques colorés, tantôt il sert de centre à un rayonnement 
divergent de prismes également colorés. D'autres fois, ce son 



- 412 — 

les conflagrations entre les divers courants de nuées et la 
formation , que l'on a sous les yeux , des tourbillons ou 
cyclones qui vont ravager les vallées. 

Il y a là foute une série d'observations primordiales qui 
ne peuvent être faites nulle autre part avec une telle pré- 
cision. 

Déjà Plantade, avant 1741 , y avait fait plusieurs séries 
d'observations et de physique céleste. 

En 1743 et 1746, un physicien bordelais, Secondât de 
Montesquieu, y fit plusieurs séries d'expériences compara- 
tives avec d'autres faites à Bordeaux sur les influences ther- 
miques dues à l'abaissement des pressions, et il étendit ses 
recherches non-seulement sur l'eau passant à l'état de glace 
et d'ébullition, mais encore sur le plomb fondant, sur le mer- 
cure a l'état d'ébullition et sur l'alcool. 

En août 1782, Lapérouse, Dolomieu, Puymaurin et Dar- 
quier firent au Pic du Midi une série d'observations relatées 
dans les Mémoires de l'Académie de Toulouse de cette époque. 

Ramond y chercha les éléments pour la correction de la 
formule barométrique de Laplace. 

Plus récemment, vers 1830, le physicien Rozet y étudia 
le régime hygrométrique et des pluies, et fut pour notre 
Sud-Ouest le précurseur de M. Raulin dont les travaux sur 
la pluviométrie de notre région font autorité. 

Plus récemment encore, l'éminent professeur de physique 
de la Faculté de Montpellier, M. Crova, y a fait des séries 
d'expériences synchoniques avec d'autres, faites à 2 ; 500 mè- 
tres plus bas, sur les différences des radiations et des ré- 
fractions solaires ; expériences déjà tentées sur les mêmes 
lieux, en 1864, par M. Charles Martins. 

Dernièrement encore, MM. Mûntz et Aubin ont pu y pra- 
tiquer avec précision et sécurité les prises d'air qui ont 
servi à déterminer les dosages d'acide carbonique contenu 
dans l'air atmosphérique, travaux remarquables dont il a 
été rendu compte à l'Académie des sciences, le 14 novem- 



— 113 — 

bre, par M. Hervé-Mangon , et le 6 mars dernier, par 
M. Dumas, l'illustre chimiste. 

D'autre part, le succès qui a couronné les opérations de 
M. le colonel Perrier, du Bureau des Longitudes, dans les 
moyens employés pour relier par des signaux lumineux 
la triangulation de l'Espagne avec la triangulation algé- 
rienne, montrent que si à travers les brumes de la Médi- 
terranée il a pu apercevoir des signaux électriques à plus 
de 300 kilomètres l'un de l'autre, on peut espérer, sans 
exagération, voir le sommet du Pic du Midi servir de point 
de communication phototélégraphique entre Toulouse, 
Tarbes, Pau et Bayonne, ainsi qu'entre tous les cols et 
débouchés des vallées pyrénéennes. 

Enfin, disons en terminant ce qui est relatif aux obser- 
vations , que dès le premier jour de notre installation au 
Pic, en 1873 jusqu'à présent, aucune lacune n'existe con- 
curremment avec nos jours de présence dans les séries 
d'observations météorologiques et de l'état du ciel, que 
toutes ont été publiées. 

En dehors des hautes questions d'étude de la physique 
du globe, de la physionomie végétale et animale, les ser- 
vices que l'Observatoire est appelé à rendre sont de deux 
natures : les observations prévisionnelles et les avertisse- 
ments immédiats. 

Un fait reconnu maintenant en météorologie, c'est que 
les variations climatériques de l'Europe occidentale, notam- 
ment de notre région, sont régies par les grands courants 
aériens qui, partant de l'Equateur, remontent vers le Nord- 
Est, et, suivant qu'ils oscillent vers le Nord ou vers le Sud, 
tantôt nous apportent les pluies et les tempêtes tourbillon- 
nantes, tantôt forment au-dessus de nous comme un bar- 
rage qui nous préserve des courants polaires, tantôt, au 
contraire, nous mettent en communication avec la zone 
glaciale. 

C'est dans les couches supérieures de l'atmosphère que 

8 



- 114 - 

se font sentir d'abord les mouvements qui, plus tard, vien- 
nent allée ter les couches qui nous baignent clans les plaines 
et vallées. C'est donc par des observations faites à de gran- 
des hauteurs, que l'on peut espérer arriver, après une longue 
série d'études, à prévoir non plus quelques heures, mais plu- 
sieurs jours à l'avance, les troubles atmosphériques qui se pré- 
parent pour nos régions et qu'il devient si utile de pouvoir 
faire connaître à nos navigateurs et surtout à nos popula- 
tions agricoles. 

Donc, par la tenue exacte, régulière, scrupuleuse que 
nous pratiquons , nos observations trihoraires transmises 
têlégraphiquement tous les jours à l'Observatoire central, 
aux administrations locales, au service hydraulique, notre 
Observatoire apporte un contingent immédiat et de la plus 
haute valeur au faisceau des remarques journalières et au 
dressement des cartes et avis météorologiques affichés ou 
transmis dans les ports, sur le littoral ou sur le parcours 
des grands fleuves et rivières. 

C'est ainsi qu'en ce qui concerne Toulouse comme Bor- 
deaux, tous les jours nos dépêches sont transmises directe- 
ment à la préfecture et au service hydrométrique de la 
Garonne, puis, de là, à la mairie et à votre Observatoire. 

Par extension , l'Observatoire du Pic du Midi exécute 
tous les jours, avec les Etats-Unis d'Amérique, l'échange 
des observations dites simultanées, c'est-à-dire faites sur 
toute la surface du globe à la même heure, soit 7 heures 
du matin à Washington, ce qui correspond à l'observation 
faite à midi 9 minutes au sommet du Pic ; elle est un des 
éléments de la carte journalière des courants atmosphéri- 
ques, des orages, des courbes ou lignes isobares et isother- 
miques, exécutée avec tant d'amplitude par l'Observatoire 
de Washington. 

De plus, l'Observatoire du Pic du Midi est libéralement 
ouvert et l'hospitalité donnée à tout travailleur sérieux qui 
veut se livrer à des études spéciales aux hautes altitudes. 



— 115 — 

Mais d'autres services, non moins importants, sont les 
avertissements immédiats que nous pouvons transmettre 
dans tout l'immense pays que l'œil embrasse du sommet où 
l'Observatoire constitue une vigie incomparable. 

En effet, le sommet du Pic, quatre fois sur cinq, est au- 
dessus des nuages pluvieux qui inondent fréquemment les 
vallées du Gave, de l'Adour, de l'Arros, de la Neste et de 
la Garonne ; la grande faille dans laquelle coule le Salât est 
défilée du Pic sur toute sa longueur. Il domine toutes les 
vallées qui alimentent la Garonne et ses affluents de la 
rive gauche, et se trouve situé comme à la charnière d'un 
immense éventail dont les nervures sont les vallées tribu- 
taires de la Garonne, et qui toutes dans leur direction abou- 
tissent à ce centre. 

Les avertissements directs que peut transmettre le Pic du 
Midi s'étendent donc, sur une longueur de 350 kilomètres, 
du N.-E. au S.-E., et sur une longueur de 180 kilomètres 
du S.-O. au N.-E., découvrant ainsi les deux tiers de l'an- 
cienne Novempopulanie, ainsi que l'on peut en juger par 
le simple examen des cartes. 

Parmi les observations directes et les résultats immédia- 
tement prévus qui ont eu le Pic ç\u Midi pour théâtre, il en 
est deux, entre autres, que nous ne pouvons passer sous 
silence et qui ont d'autant plus excité notre action ulté- 
rieure, qu'à l'époque où ils se sont manifestés nous étions 
dépourvus de moyens rapides d'avertissement. 

Le 9 août 1873, étant allé installer le service, je me trou- 
vais au sommet à 4 heures et demi du matin, le ciel était 
pur, le disque du soleil quittait l'horizon, lorsque, me tour- 
nant à l'Ouest pour voir la coloration rosée des brumes du 
littoral océanien, j'aperçus un petit nuage noir qui sortait 
d'une échancrure de la frontière à environ 50 kilomètres 
au-delà de Pau. 

Ce nuage, qui montait, couvrit successivement toute la ré- 
gion à l'Ouest, j'en vis se détacher de très-nombreux éclairs : 



- M6 — 

évidemment un très-violent orage éclatait sur ce point de 
la frontière espagnole. Peu à peu, cette ligne de nuées prit 
de l'amplitude en se développant à l'Ouest en un vaste 
demi-cercle ; vers les 6 heures , elle inondait la vallée 
d'Ossau qu'elle mitraillait de seconde en seconde par 
autant de coups foudre, le Balaïtous était encore un peu en 
avant ; vers 7 heures, la nuée couvrait Pau, le Gabisos et 
obscurcissait la vallée de Cauterets, puis celle de Gavarnie, 
entrant par les ports de la Peyre-Saint-Martin, du Marca- 
daou et par le port de Boucharot ; à 7 heures et demie, elle 
envahissait la vallée d'Aure, puis celle de Louron et celle 
de Ludion, par les ports de Plan, de la Pez et d'Oo, tou- 
jours lançant de gigantesques fusées électriques. 

Enfin, à 9 heures elle atteignait le Pic qu'elle couvrait 
de pluie, de grêle et de coups de foudre ; le mauvais temps 
cessa vers midi au Pic, mais l'orage continuant sa course 
que nous avions pu suivre encore pendant près d'une heure, 
ravageait tous les pays qu'il traversait ; il était à Toulouse 
vers 2 heures, renversant des murs et faisant des victimes ; 
les journaux nous ont appris qu'il était à Montpellier dans 
la nuit après avoir ravagé tous les vignobles de l'Aude et 
de l'Hérault ; il traversait Lyon dans la journée du 10, vous 
vous souvenez des récits des dégâts occasionnés par cet 
orage qui traversa la Suisse et fut finalement s'éteindre en 
Autriche, après avoir occasionné en France pour plusieurs 
millions de pertes. L'observateur qui aurait eu un appareil 
télégraphique sous la main aurait donc pu transmettre 
longtemps à l'avance des renseignements circonstanciés sur 
l'intensité, la direction et la vitesse de cet orage ; cela 
n'aurait certainement pas empêché la destruction des ré- 
coltes sur pied, mais toutes les autres auraient pu être 
sauvées et l'on aurait pu prendre des mesures préservatri- 
ces pour les immeubles, pour les hommes, pour les travail- 
leurs en plein air, pour les attelages qui, dans le pays tou- 
lousain, pour ne citer que celui-là, ont été frappés. 



— 117 - 

Dois-je rappeler les avertissements prévisionnels partis 
du Pic du Midi, le 22 juin 1875, lesquels découlaient d'ob- 
servations qui, depuis 24 heures déjà, devenaient de plus 
en plus menaçantes? Sans télégraphe alors, nous ne pûmes 
qu'envoyer l'observateur muni de lettres pour les diverses 
municipalités du voisinage ; grâce à ces avertissements déjà 
tardifs, bien des désastres dans nos basses vallées ont été 
évités. On a pu rentrer les troupeaux, garer les foins coupés, 
les bois de scieries, fermer les écluses des cours d'eau se- 
condaires et mettre à l'abri bien des choses que les eaux 
auraient détruises ou emportées. Avec le télégraphe que 
nous avons actuellement, nous aurions pu, dès le 21, à 
7 heures du matin, prévenir toutes les villes situées sur la 
Garonne, le Salât, l'Adour et les gaves de l'immense crue 
qui allait s'abattre sur elles, et l'on aurait pu, en temps 
utile, prendre des précautions, renforcer les digues faibles, 
préparer des sacs de terre pour boucher les brèches pos- 
sibles, en un mot, faire tout ce que peut suggérer la pru- 
dence. 

La Revue des Deux-Mondes du 1 er octobre 1 875 a publié 
sur les désastres et les causes de l'inondation du 23 juin, 
un article considérable de M. Adolphe d'Assier. Dans un 
passage (page 526), il fait observer que tous les bulletins 
météorologiques de l'Observatoire de Paris publiés jusqu'à 
la date du 22, ne signalent aucun cycione, aucune dépres- 
sion barométrique , aucune perturbation atmosphérique. 
Cette simple constatation ne suffit-elle pas pour mettre en 
évidence la portée exceptionnelle du Pic du Midi comme 
vigie du Sud-Ouest, puisque le 21 juin, à 7 heures du matin, 
on y constata une dépression subite de 41 millimètres, ac- 
compagnée de tous les autres indices alarmants d'un cata- 
clysme qui devait atteindre des proportions terribles. 

Ce qui donne une nouvelle importance aux services que 
le Pic du Midi peut rendre à l'étude du régime des rivières, 
c'est surtout la marche comparée des stations secondaires 



— 118 — 

qui, actuellement, sont en relations avec notre Observa- 
toire. Ces stations, disposées à des altitudes régulièrement 
décroissantes, sont néanmoins assez rapprochées pour étrô 
toutes influencées par les mêmes phénomènes, mais à des 
heures différentes ; ce sont actuellement le poste d'observa- 
tion créé au lac d'Orédon (1,920 m.), d'Aragnouet (1,270 m.), 
de Barèges (1,232 m.), de Bagnères, en voie de formation 
(555 m.), et de Tarbes (315m.). 

Le poste de Barèges, créé par M. le docteur Armieux, 
médecin principal des armées, et resté longtemps sous sa 
direction, a fourni à ce savant docteur, par la comparaison 
des observations recueillies synchroniquement avec le Pic 
du Midi, des résultats utiles et précieux sur la climato- 
logie du Sud-Ouest, et notamment sur la marche décrois- 
sante dans l'intensité des phénomènes pendant la marr 
che de l'Ouest à l'Est, à travers le bassin garumnien. Ce 
remarquable travail a été publié dans les Mémoires de 
V Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres de Tou- 
louse. 

Là ne se sont pas bornés les travaux et études provoqués 
par notre Observatoire. Depuis longtemps on soupçonne, 
dans les chaînes de montagnes, des mouvements lents du 
sol ; sur l'initiative d'un de vos honorables compatriotes, 
l'un de nos coopérateurs, M. l'ingénieur Duportal, des re- 
pères ont été établis avec le plus grand soin sur les berges 
rocheuses de notre plus vaste lac, et des procès-verbaux 
de cette opération ont été envoyés aux grands corps scien- 
tifiques pour être décachetés et vérifiés dans cinquante 
ans. 

L'Académie des Sciences n'est pas restée indifférente à nos 
travaux. Sur les conseils de M. Janssen, l'éminent physicien, 
des dispositions doivent être prises au Pic du Midi, à côté 
de l'Observatoire actuel, pour recevoir soit temporairement 
soit à demeure de grands instruments de physique et d'ana- 
lyse spectrale, que la pureté exceptionnelle de l'atmosphère 



— 119 — 

rendra particulièrement intéressante. Vous avez, du reste, 
sous les yeux une photographie réduite de l'éclipsé de so- 
leil du 18 juillet 1860 et qui a été prise au Pic par un ciel 
splendide, alors que les vallées à la base de nos montagnes 
étaient inondées par des pluies s'échappant de nuées sta- 
tionnâmes par 2,000 et 2,200 mètres d'altitude, chiffre à 
peu près le même que celui établi par le colonel Rozet 
dans ses travaux sur les pluies de l'Europe, travaux élabo- 
rés en partie au Pic du Midi vers 1830 par ce savant offi- 
cier. 

On voit donc suffisamment quelle est l'étendue et la por- 
tée de notre entreprise qui sollicite encore nos efforts pour 
quelque temps ; mais si nous songeons aux souscriptions 
qui affluent actuellement sur le projet d'un observatoire au 
Mont Ventoux (1,960 mètres), souscriptions qui dépassent 
déjà celles que nous avons pu obtenir, nous sommes frap- 
pés par un fait anormal. 

Etant donnée l'utilité aujourd'hui reconnue des Observa- 
toires de montagne, ne pensez-vous pas qu'il est souverai- 
nement illogique d'éparpiller les efforts et qu'il serait utile, 
avant tout, de terminer les paiements et de parfaire les Ob- 
servatoires commencés depuis longtemps avant d'en sub- 
ventionner de nouveaux à créer? L'expérience acquise dans 
le fonctionnement de ceux qui sont achevés ne serait-elle 
pas d'une puissante économie dans l'installation de ceux à 
établir? Si tel est votre avis, Mesdames et Messieurs, nous 
vous prions de le faire prévaloir dans toutes les occasions 
où vous pourrez l'émettre. 

Aujourd'hui, au point de vue météorologique seulement, 
notre observatoire est complet. 

L'exiguïté de nos ressources ne nous a pas encore permis 
d'installer des appareils enregistreurs; nous faisons régu- 
lièrement quarante-huit observations par jour en cinq sé- 
ries, avec des instruments usuels, mais très-exacts, scrupu- 
leusement éprouvés et contrôlés ; ils proviennent, du reste, 



— 120 — 

des meilleurs ateliers de Paris. Un mât anémomé trique 
récemment installé, sort des ateliers de M. Bianchi, le cons- 
ciencieux opticien de Toulouse. 

11 nous reste à vous dire ce que coûte notre entre- 
prise. 

Et d'abord quelles sont nos ressources? Hélas, elles sont 
minimes. Si le Puy-de-Dôme a pu affecter plus de 
250,000 francs à la construction de son Observatoire, il n'en 
est pas de même du Pic du Midi. La plupart des souscrip- 
tions qui nous été faites ont été modiques ; la plus forte que 
nous ayons reçue, est du généreux Mécène qui a nom Bis- 
choffsheim ; puis vient une souscription de 7,000 francs de 
M. Charles Baggio, puis celle de 2,300 francs de la Société 
de géographie de Bordeaux, celles annuelles du bienfaisant 
Jean Gistac de Montréjeau, enfin trois souscriptions de 
MM. les ministres Freycinet et Ferry, ce qui fait monter le 
total des souscriptions qui ont été faites par nos divers 
souscripteurs à Ja somme de 110,000 francs. 

Vous voyez par là combien nous sommes éloignés des 
ressources que le Puy-de-Dôme a eues dès son début. 

Or, au 1 er décembre 1881, l'Observatoire nous coûtait, 
tant en construction, instruments, mobilier, lingerie, pu- 
blication, frais généraux, salaires des employés, trans- 
ports, etc., 217,000 francs, sur lesquels nous devons encore 
une somme d'environ 45,000 francs. Depuis lors, nos dé- 
penses se sont accrues d'environ 6,000 francs. Vous voyez 
par cela quelle a dû être l'étendue de nos sacrifices per- 
sonnels, dont les deux tiers ont été supportés par le général 
de Nansouty et l'autre tiers par celui qui a l'honneur de 
parler devant vous. 

Si l'on songe à ce qui est nécessaire pour le renouvelle- 
ment des instruments, l'entretien du matériel, le salaire 
de l'observateur et du personnel attaché, les transports, 
les vivres et approvisionnements pour quatre hommes 
en stationnement constant, on ne sera pas surpris que 



— \z\ — 

nous ayons cherché à assurer le service en faisant à l'Etat 
la cession de notre établissement complètement édifié e^ 
pourvu. 

Mais les formalités administratives sont longues, et ce n'est 
guère que vers la fin de l'année que l'Etat prendra en charge 
l'Observatoire du Pic du Midi ; il faut donc jusque-là pour- 
voir à toutes les dépenses et au service des intérêts de la 
dette. C'est une somme de 30,000 francs que nous devrons 
dépenser encore pour assurer le service pendant l'année 
actuelle et l'année prochaine. 

Plus que jamais nous avons donc besoin du concours de 
nos souscripteurs, savants, financiers, agriculteurs, membres 
de Sociétés savantes, municipalités, conseils généraux et, 
à ce sujet, permettez-moi de rappeler au conseil municipal 
de Toulouse, que depuis longtemps sa souscription nous fait 
défaut,, et pourtant nous ne sachons pas que nos observa- 
tions aient perdu de leur valeur, ni que leur envoi à Tou- 
louse ait été suspendu, ou que la Garonne soit à tout jamais 
devenue plus clémente. Aussi je ne dirai pas à votre muni- 
cipalité : « Souvenez-vous, » ce serait trop cruel ; mais je lui 
dirai: «Aidez-nous.» 

C'est donc pour ne pas laisser péricliter une œuvre si utile, 
que nous avons obéi aux suggestions des Sociétés savantes 
de la région qui nous ont appelé à exposer dans les deux 
grandes villes du Midi, l'importance de l'Observatoire du Pic 
du Midi et notre situation. 

L'œuvre est patriotique et nationale. De plus, pour nous 
méridionaux, elle constitue une sauvegarde au point de vue 
de notre travail agricole ; nous entr'aider est donc un de- 
voir, et c'est pour cela que nous avons accepté avec recon- 
naissance le projet de votre principale Société savante, 
d'ouvrir dans son sein une souscription en faveur de notre 
établissement. 

Je ne sais quel est le penseur qui, le premier, a dit que 
rien de grand ne se faisait sans que la femme y joue un rôle 



- 122 - 

plus ou moins direct ; permettez-moi, Mesdames, en termi- 
nant cet entretien, de vous dire que la femme a eu un rôle 
marqué dans l'effort soutenu qui nous a conduits à l'achè- 
vement de notre entreprise. En effet, si nous avons pu 
arriver à construire notre Observatoire en quatre saisons, 
nous le devons, en partie, à l'énergie et à la constance d'une 
femme qui, quoique plébéienne, a su comprendre la valeur 
de notre œuvre et s'y est dévouée. C'est, en effet, à la 
volonté et a la persévérance de M me Abadie , femme de 
notre entrepreneur , que nous devons le stationnement, 
au sommet du Pic du Midi , de 50 ouvriers auxquels il 
fallait assurer le coucher quand il n'y avait ni maison 
ni lit , et auxquels il fallait assurer la nourriture alors 
qu'il n'y avait absolument rien qui pût donner l'idée 
d'une installation culinaire. Or, ces ouvriers aux membres 
raidis par le froid, aux vêtements humidifiés par les 
brumes matinales et de la fin de la journée, halés par le 
soleil d'été, énervés par la raréfaction de l'air, subissant la 
nostalgie causée par le stationnement sur un espace restreint, 
ont reçu de M me Abadie les soins les plus complets et vrai-* 
ment maternels qui leur ont fait supporter patiemment 
ce long séjour : nourriture bonne, saine et abondante ; 
quant au coucher, de la paille bien sèche et des bâches de 
chemin de fer pour toiture, couverture ou abri, voilà 
pour la première année. Pour les années ultérieures, les 
murs qui s'élevaient progressivement ont apporté des adou- 
cissements à cette longue série de dure existence, et, fina- 
lement, aucun accident, aucune maladie, ne sont venus 
accroître ces malaises. Nous n'éprouvons aucun embar- 
ras à dire que nous devons une grande partie du succès 
de notre travail au zèle et au courage de cette vaillante 
femme. 

Je vous remercie pour elle et pour nous des applaudisse- 
ments chaleureux par lesquels vous venez de souligner cette 
confidence. 



— 423 — 

Je regrette d'avoir abusé aussi longtemps de vos instants 
précieux. Aussi terminerai -je cet entretien par le chapitre 
de la reconnaissance d'abord vis-à-vis de vous, Mesdames 
et Messieurs, qui m'avez prêté une si bienveillante atten- 
tion. 

Notre reconnaissance doit monter plus haut aujourd'hui 
que notre œuvre est achevée, nous devons ne pas oublier 
nos précurseurs et nos souscripteurs. 

Parmi ceux de nos devanciers dont les désirs ont précédé 
les nôtres, nous trouvons en sus des visiteurs célèbres, plu- 
sieurs noms de savants distingués qui se sont occupés du 
Pic du Midi à divers titres : nous avons déjà nommé Bernard 
Palissy qui y fut attiré plusieurs fois pendant son séjour à 
Tarbes vers 4 525; Daldin d'Auteserre au commencement 
du xvii 9 siècle, puis au xvnr 3 siècle les géographes Glergeau, 
Cassini, Flamichon ; les physiciens Secondât, Puymaurin, 
Darquier, Guiot, Dangos, Moisset ; les naturalistes Dolo- 
mieu, Palassou, Lapérouse, Cordier ; enfin, au commence- 
ment de ce siècle, les physiciens et les naturalistes Léon 
Dufour, Rozet, de Charpentier, Hossard, Elie de Beaumont, 
Charles Desmoulins, Schérer, etc.. 

Mais nos vrais précurseurs sont ceux dont les travaux 
ou les écrits ont fait sentir, à diverses époques, la néces- 
sité de l'établissement que nous avons créé ; à ceux-là 
nous devons une mention spéciale sur un marbre commé- 
mora tif. 

Nous en devons une aussi aux quelques coopérateurs qui 
temporairement nous ont aidés les uns de leurs conseils, les 
autres de leur action et de leur travail. 

Le souvenir de la fondation et de la construction de l'Ob- 
servatoire est consacré par l'inscription suivante sur une 
plaque de bronze à l'intérieur et sur une pierre à l'exté- 
rieur : 



— 124 - 

LA. CONSTRUCTION DE CET OBSERVATOIRE 

RÉSOLUE EN 4 873 

PAR LE GÉNÉRAL CHAMPION DE NANSOUTY 

ET L'INGÉNIEUR C.-X. VAUSSENAT 

A ÉTÉ EXÉCUTÉE EN HUIT ANNÉES 

PAR LEURS SOINS CONTINUS 

ET AU MILIEU DE GRANDES DIFFICULTÉS 



ILS ONT ÉTÉ SOUTENUS DANS LEUR ŒUVRE 

PAR LE PATRONAGE DE LA SOCIÉTÉ RAMOND DE BAGNERES 

ET PAR PLUSIEURS CITOYENS GÉNÉREUX, NOTAMMENT 

MM. JEAN CISTAC, DE MONTRÉJEAU 

CHARLES BAGGIO, DE CARVIN 

BISCHOFFSHEIM, DE PARIS 

PAUL BERT, d'aUXERRE 

ET PAR LES MINISTRES BARDOUX, FREYCINET ET FERRY 



ACHEVE LE GROS ŒUVRE CE JOUR 

XXX JUILLET M.DCCC.LXXX. 

H. ABADIE DE PRÉCHAC, ENTREPRENEUR. 



A droite et à gauche du marbre extérieur deux appen - 
dices seront ajoutés, en voici la teneur : 



Précurseurs 




Scaliger, 


1540 


Plantade, 


1741 


Monge et Darcet, 


1774 


Vidal et Reboul, 


1787 


Ramond, 


1800 


Peytier, 


1841 


COSTALLAT, 


1867 



Coopérateurs 
Ch. Sainte-Claire Deville. 
Peslin, \ 
duportal, / 

HÉTIER, 

Harlé, 

Baylac, Observateur. 

Cazes (A.), Trésorier. 



Ingénieurs 

Ide 
l'Etat. 



Autour de nous se trouvent de nombreux repères natu- 
rels ou factices, des lieux, des points que nous devrons 
citer journellement ; notre premier soin en prenant posses- 



. — 125 — 

sion de notre domicile aérien a été de consacrer les noms 
amis du Pic aux points auxquels leur souvenir se rattache 
plus particulièrement. 

Ainsi, nous avons appelé du nom de Plantade le mame- 
lon sur lequel cet astronome est mort et où se trouve 
notre siation provisoire. Nous avons donné le nom de 
Gostallat, le fondateur de l'hôtellerie du col de Sencours, 
au Pic innommé qui se trouve au sud de cet établissement. 

Cette magnifique terrasse qui unit la plate-forme de l'Ob- 
servatoire à notre édifice a reçu le nom de d'Arcet, le plus 
complet de nos précurseurs. 

La grande galerie qui règne le long de la face sud du 
logis et dans laquelle seront fixées les tables de marbre 
portant les noms de nos souscripteurs, s'appelle galerie 
Bischoffsheim ; la galerie parallèle, au Nord, a reçu le nom 
de galerie Baggio. Les deux principales entrées du rez-de- 
chaussée s'appellent porte Cistac et porte Ferry, la troisième 
s'appelle porte Freycinet. 

La plate-forme de l'Observatoire a reçu le nom de Deville, 
en souvenir du regretté savant Ch. Sainte-Claire-Deville. 
Les noms de Monge, de Reboul et de Peytier ont été donnés 
à chacune des trois roches sail'antes où sont établis les 
paratonnerres des pourtours. 

Enfin, la splendide terrasse qui orne le devant de notre 
grande construction, en face de l'admirable chaîne qui tour 
à tour menace et protège notre région, a reçu le nom de 
Terrasse des Clubs alpins, en souvenir du Congrès que les 
Sociétés alpines y ont tenu le 20 août 1880 et de leur sous- 
cription qui a permis d'édifier cette partie si utile de notre 
installation. 

Ainsi il en sera pour l'emploi de toutes les souscriptions 
un peu importantes qui nous proviendront, soit des ci- 
toyens généreux, soit des corps constitués, soit des Sociétés 
savantes. 



— 426 — 

Séance du 19 avril 1882. 

Présidence de M. Tmjtat 

M. le Président proclame membres titulaires : 
M. Guenot, présenté par M. Regnault ; 
D r Peyronnet , présenté par M. Azam ; 
M. Rataboul, présenté par M. Trutat ; 
M. Haas, sous-inspecteur des forêts, présenté par M. Car- 
tailhac. 

MM. Ancely et Regnault demandent que l'on fasse circu- 
ler, parmi les membres delà Société, une souscription pour 
l'Observatoire du Pic du Midi et que la Société s'inscrive 
aussi pour elle-même. La réunion accepte cette proposition, 
mais remet à plus tard la fixation de la somme que donnera 
la caisse delà Société. 

M. le Président annonce que M. Cartailhac vient d'être 
nommé officier d'Académie ; l'assemblée charge M. le Secré- 
taire de lui écrire une lettre de félicitation. 

M. le Président annonce qu'il est heureux d'apprendre à 
la Société, qu'après plusieurs réunions préparatoires, la com- 
mission nommée dans la séance extraordinaire du 1 er mars 
1882, a organisé, dans la salle d'enseignement des jeunes fil- 
les, une réunion publique à laquelle elle a convié toutes les 
Sociétés scientifiques de Toulouse. C'est dans cette séance 
que l'on a créé définitivement la Société de Géographie de 
Toulouse, qui a pour but de contribuer au progrès et à la 
diffusion de la géographie et des sciences qui s'y rattachent. 

Pour compléter son œuvre d'initiative, la Société d'His- 
toire naturelle a offert à la nouvelle Société de venir s'ins- 
taller dans son salon ordinaire. 



— \n — 

La Société de Géographie, qui a accepté avec plaisir cette 
proposition, a pu tenir ainsi de suite des séances régulières. 

M. de Saint-Simon donne lecture du rapport suivant : 
Le Mémoire qui nous a été communiqué par notre hono- 
rable correspondant M. Brevière, est extrait du numéro du 
Journal de Conchyliologie du mois d'octobre dernier. Il 
traite des Limaciens des environs de Saint-Saulge (Nièvre). 
Le genre Arion est représenté par neuf espèces ; le dernier 
de ces types, V Arion verrucosus, est nouveau, il diffère de 
notre Arion hortensis par sa taille qui est plus petite, par la 
forme qui est plus grêle, et surtout par des tubercules sail- 
lants qui forment des côtes très-distinctes particulièrement 
à mesure qu'elles se rapprochent de la cuirasse : la mâchoire 
est caractérisée par six côtes larges est très-rapprochées, 
tandis que chez le fuscus, les côtes sont au nombre de 
douze. 11 est à regretter que l'armature linguale n'ait pas été 
étudiée. La planche qui accompagne ce Mémoire paraît très 
exacte, soit pour ce qui concerne l'animal, soit pour celle qui 
représente la mâchoire. 

M. Brevière cite un Krynickia et six Limax, mais ces es- 
pèces vivent dans d'autres parties de la France. Je n'y ai 
pas trouvé le Milax gagates, qui habite nos régions et qui 
ne s'est pas avancé dans celles dont M. Brevière a étudié la 
faune d'une manière très-consciencieuse. 



La réunion souscrit au Congrès scientifique de Borda qui 
aura lieu, le 8 mai prochain, à Dax. 

M. le Président lit une lettre que lui adresse notre collègue 
M. Ch. Gauran, pour l'informer de son prochain voyage à 
Terre-Neuve, en qualité de médecin delà Clorinde ; il se met 
à la disposition de la Société pour toutes les recherches 
qu'on voudra bien lui désigner. La Société charge le Prési- 



— 128 - 

dent de répondre à cette lettre et de donner les renseigne 
ments demandés. 

M. G. de Malafosse trace sur le tableau une coupe géolo- 
gique des montagnes de la Clappe, et décrit les divers ter- 
rains que la Société rencontrera, dans l'excursion qu'elle se 
propose de faire au mois de mai de cette année. 

Sur la proposition du Conseil d'administration, l'assem- 
blée décide de faire fermer les rayons de la bibliothèque ; 
elle autorise le Club Alpin à se réunir une fois par mois dans 
la salle des séances, moyennant une indemnité égale à celle 
que donne la Société de Photographie, soit de 64 fr. par an ; 
elle autorise également la Société de Géographie à se réunir 
deux, fois par mois dans la salle des séances, moyennant le 
paiement de' la moitié de tous les frais. 

La Société décide de faire une excursion d'un jour au 
Sidobre, le dimanche 14 courant. Elle invitera la Société de 
Géographie de Toulouse à se joindre à elle. 



- 129 - 



M. Marquet, membre titulaire , remet au Bureau la suite 
de son Catalogue des Insectes coléoptères signalés ou trou- 
vés dans une partie du Languedoc (de Toulouse à Mont- 
pellier). 

CLAVICORNES 

HETEROCERIDiE 

G. Augyles, Schiodte. 



Hispidulus, Kiesw. 

Flavidus, Rossi. . . 
Minutus, Kiesw.. . 



Parallelus, Kiesw. . 
Arragonicus, Kiesw. 
Femoralis, Kiesw. . 
Fossor, Kiesw. . . . 
Fusculus, Panz. . . 
Lœvigatus, Panz. . 



Sericans, Kiesw, 



Marginatus, Fabr. . 



Lutulentus, Erichs. . 
Griseus, Erichs. . . . 



. Toulouse, assez commun dans le sable humide au 

bord de la Garonne. 
. Mêmes mœurs et aussi commun ; Toulouse. 
. Avec ce dernier ; ces deux espèces se trouvent 

assez souvent dans les détritus des inondations. 

G. Heterocerus, Fabr. 

. Cette, Vias, dans le sable humide, près de la mer. 
J'ai pris quelques exemplaires de cette espèce dans 

le sable humide, à La Nouvelle. 
Deux individus trouvés à Toulouse, dans les allu- 

vions de la Garonne. 
. Dans tout le Languedoc, au bord des rivières, dans 

le sable humide. 
. Trouvé à la Salvetat et à Vendres. Dans la coll. 

Perris, il y en a un exemplaire marqué : 

Béziers, envoyé par M. Brisout. 
. Toulouse, dans les détritus, au bord des cours 

d'eau. 

PARNID.E 

G. Parnus, Fabr. 

. Assez commun à Béziers, sous les cailloux des 

cours d'eau. 
. Celte espèce, d'après MM. Mulsant et Cl. Rey, 

habite le Languedoc, au bord des eaux salées 

ou saumâtres. 

9 



- 130 - 

Hydrobates, Kiesw. . . Vias, sur le bord de l'étang dit le Clôt; pas 

commun. 
Viennensis, Heer. . . . Toulouse, au bord de la Garonne, assez rare. 
Auriculatus, Panz . . . Deux exemplaires trouvés avec ce dernier. 

G. Pomatinus, Sturm. 

Certains auteurs écrivent avec raison, Potaminus. Pomatinus est une 
faute d'impression, ce nom générique venant du grec Potamos (fleuve;, est 
évidemment Potaminus, de même que le genre suivant est Potamophilus de 
Potamos (fleuve), et Philos (ami). 

Substriatus, Millier. . . Très -commun dans tout le Languedoc, sous les 
pierres immergées au bord des cours d'eau. 
Cette, commun au bord des eaux, souvent 
cramponné sous les pierres immergées à la 
façon des Elmis. Il habite surtout au bord 
des flaques salées de la pointe de l'étang : rare 
(M. Mayet). 

G. Potamophilus, Germ. 

Acuminatus, Fabr.. . . Habite les eaux de la Garonne, où il se tient 
accroché aux anciens pieux, juste au niveau de 
l'eau ; pas commun. Toulouse. 

ELMID^E 

G. Lareynia, J. Duval. 

Obscura, Mûll La Salvetat, 1 individu que je ne puis rapporter 

qu'à cette espèce. (M. Mayet). 

jEnea, Miïll Assez commun sous les pierres immergées dans 

les rivières; Toulouse; Carcassonne; Montpellier 
dans le Lez, Béziers dans le Libron ; la Salve- 
tat dans tous les torrents, Ganges dans l'Hérault, 
commun partout. 

G. Riolus, Muls. 

Cupreus, Mull On trouve celte espèce, ainsi que toutes celles du 

groupe des Elmidœ, accrochée sous les pierres 



- 431 - 



immergées des cours d'eau. Celle-ci habite tout 
le Languedoc et n'est pas rare. 

Subviolaccus, Mûll. . . Commun à Montpellier dans le Lez. J'en ai de 
très-gros individus bien caractérisés. (Le Lez est 
très-riche en Elmides.) (M. Mayet.) 

Sodalis, Erichs Déterminé par M. Rey. Montpellier, très-commun 

dans le Lez (M. Mayet) . 

Nitens, Mûll Montpellier. Lez, 2 individus. Toulouse, rare. 

G. El mis, Latr. 

Volkmari, Mûll.. . •. . Assez rare à Toulouse, en aval de l'abattoir. La Sal- 
vetat, rare, 2 individus seulement (M. Mayet). 

Opacus, Mûll Avec ce dernier ; mais très-commun. Montpellier ; 

commun dans le Lez (M. Mayet). 



Brevis., Muls-Rey. . 

Parallelipipedus, Mûll, 

Angustatus. Mûll. . . 
Pygmœus, Mûll. . . . 



G. Dupophilus, Muls. 

LaSalvetat commun (M. Mayet et Rey). 

G. Esolus, Muls. 

Pas rare à Toulouse ; avec les autres Elmides. 
Assez commun à Montpellier dans le Lez 
(M. Mayet). 
, M. Mayet l'a trouvé à Villeneuve-les-Maguelonne 
(alluvions de la Mosson). 
Montpellier, 2 individus dans le Lez. 



Tuberculatus, MûlK . 
Troglodytes, Gyll . . 
Rivularis, Rosenh.. . 



G. Limnius, Eeichs. 

Toulouse ea aval de l'abattoir (M. Mayet ne l'a 
jamais pris dans l'Hérault, il semble y être 
remplacé par le rivularis. 

Assez rare à Béziers dans l'Orb et le Libron sous 
les cailloux, aussi à Montpellier dans le Lez 
(M. Mayet). 

Se trouve assez rarement à Toulouse dans les 
détritus des inondations. 

Licuran-les-Béziers, dans le Libron ; Vendres; com- 
mun dans les fossés, sur les plantes aquatiques 
(M. Mayet); Garcassonne (M. Gavoy). 



- 132 - 

G. Stenelmis, Dufour. 

Ces insectes habitent, comme les autres Elmides, sous les pierres immergées, 
dans les eaux courantes. 
Canaliculatus, Gyll. . . Se trouve assez fréquemment dans la Garonne, 

l'Aude «t POrb. 
Cousobrinus, Dufour. . Je ne l'ai encore trouvé qu'à Toulouse, à Empalot 

et vers l'Abattoir. 

G. Macronychus, Mùll. 

Quadrituberculàtus, Miïll. Quelques exemplaires pris dans le Touch, près 
de Toulouse. 

GEORYSSIDjE 

Les Georyssus sont des insectes fréquentant le sable humide, la vase des 
cours d'eau, et les détritus. 

G. Georyssus, Latr. 

Costalus, Cast Bords de la Garonne et autres rivières du Lan- 
guedoc. 

Lœsicollis, Germ. . . . Avec ce dernier et aussi commun. 

Substriatus, Heer. . . . Espèce alpine que l'on trouve rarement à Toulouse 
dans les alluvions de la Garonne. 

BYRRHIDiE 

G. Botriophorus, Muls. 

Atomus, Muls Assez commun à La Nouvelle, sous les Salsola. 

G. Pelochares, Muls. 
Versicolor, Walt. . . . Toulouse, dans les alluvions de la Garonne. 
G. Limuiehus, Latr. 

Aurosericeus, J. Duv. . Assez rare à Toulouse, dans les détritus des inon- 
dations. 

Incanus, Kiesw Avec ce dernier, mais extrêmement commun. Il 

fourmille à Béziers sur le sable fin de l'Orb, 
près du Pont rougo. 



Sorreziacus, Fairm. 



Pilula, Fabr. 



Varius, Fabr. 



- 133 - 

G. Byrrhus, Lin. 

Espèce primitivement trouvée à Sorèze et que je 
prends rarement à Toulouse, sous les pierres. 
Assez commun à la Salvetat, sous la mousse 
dans les bois les plus élevés (M. Mayet). 

Cet insecte habite tout le Languedoc, sous les 
feuilles desséchées des Verbascum, sous les 
pierres et dans le tronc carié de divers arbres. 
Coursan, inondations de l'Aude, il doit se trouver 
dans nos montagnes ; M. Mayet ne l'a pourtant 
pas vu à la Salvetat. 

G. Cytilus, Erichs. 

Toulouse, dans les alluvions de la Garonne, sous 
les mousses; il se trouve aussi, dit-on, autour 
des bouses desséchées. 



G. Mopychus, Erichs. 

Nitens, Panz Assez commun à Toulouse, dans les détritus des 

inondations ; l'insecte habite de préférence , 
comme le Cytilus , dans le voisinage des 
bouses desséchées et sous les pierres dans les 
lieux sablonneux. 

G. Simplocaria, Marsh. 

Semistriata, Fabr. . . . Cette espèce se prend, avec la précédente, dans 
les alluvions de la Garonne; elle fréquente 
aussi les sablonnières. 

G. Nosodendron, Latr. 
Fasciculare, Oliv. . . . Assez commun sous les pierres, et dans les vieux 
troncs de Saule, d'Orme, etc. 

DERMESTIDyË 

G. Anthrenus, Geoff. 

Les espèces de ce genre sont, on le sait, à l'état 
de larve, le fléau des collections d'histoire 



- 434 - 



Scrophulariae, Lin. 
Pimpinellae, Fabr. 



Delicatus, Kiesw. 
Verbasci Lin. . 



Festivus, Erichs.. 



Versicolor, Creutz. 



Serra, Fabr 



naturelle ; l'insecte parfait se trouve par myria- 
des sur les ombellifères et vient s'abattre contre 
les vilres de nos fenêtres. 

. On la trouve, fort rarement, sur les fleurs. 

. . Cette espèce, avec sa variété Isabellinus, KUst, 
est la plus répandue dans le Midi ; les ombelli- 
fères en recèlent des milliers. 

. Avec la précédente, mais beaucoup plus rare. 

. Excessivement commune dans nos pays ; c'est 
également sur les ombellifères où elle abonde. 
Avec les précédentes, mais bien moins com- 
mune. 

G. Trogoderma, Latr. 

. Je l'ai prise rarement à Toulouse, en fauchant au 
filet dans les prairies. M. Mayet l'obtient, en 
quantités innombrables, des vieux nids de divers 
hyménoptères, surtout des Colletés. Mis dans 
une boîte de ferblanc avec de vieux insectes, ils 
les ont dévorés et il les a ainsi obtenus par 
centaines. Vendres dans les talus ; Montady ; 
Montpellier. 

G. Tiresias, Steph. 

. Trois exemplaires trouvés à Lampy, dans la Mon- 
tagne Noire, sous une vieille écorce de hêtre ; 
l'espèce y est, sans doute, commune dans les 
souches pourries. Commun à Montpellier, sous 
l'écorcedes vieux arbres, fin mai. Lattes écorces 
de chêne, le Peyrou, écorces des vieux ormeaux. 
(M. Mayet.) 

G. Megatoma, Herbst. 



Undata, Lin. 



. Deux exemplaires pris sous des écorces de hêtre, 
dans un entrepôt de bois, à Toulouse. 

G. Dcrmestes, Linné. 

La plupart des espèces de ce genre occasionnent, 



- 135 - 

on ne le sait que trop bien, d'énormes 
aux pelleteries. 

Vulpinus, Fabr Je l'ai pris abondamment à Toulouse, en battant 

de vieux débris de peaux du Musée d'Histoire 
naturelle ; très-commun à Cette, Montpellier, 
Béziers dans tous les détritus animaux ; mais 
plus rare à l'air libre que dans les maisons. 
(M. Mayet.) 

Frischi, Kugel Cette espèce se trouve souvent sous les cadavres 

desséchés des mammifères et des reptiles, dans 
tout le Midi. Le plus commun de tous les Der- 
mestes, partout où il y a des débris animaux à 
manger ; mais rarement dans les maisons. 
(M. Mayet.) 

Peruvianus, Cast. . . . Toulouse ; quelques exemplaires sur le squelette 
ranci d'un mammifère. 

Murinus, Lin On trouve quelquefois cet insecte par centaines en 

arrachant des plantes basses ; il passe l'hiver 
abrité sous les feuilles velues des Verbascum. 
Cette, Montpellier, Béziers, Saint-Pons, Lama- 
lou. Ne vit jamais dans les maisons, la larve et 
l'insecte parfait se trouvent en nombre sous toutes 
les feuilles radicales. (Cet éloignement perma- 
nent des habitations et des charognes est à signa- 
ler, l'espèce est indigène à coup sûr et doit vivre 
d'insectes morts. ) (M. Mayet). 

Pardalis, Bilb .Parfois commun à Montpellier, Cette, Béziers, 

toujours sous les cadavres de reptiles. 

Undulatus, Brahm. . . Cette, Montpellier, Béziers. La Salvelat, sous 
toutes les bêtes mortes, très-commun. 

Mustelinus, Erichs.. . ] Ces quatre espèces, extrêmement voisines, se trou» 

Laniarius, Illig. • • • > vent en Languedoc, sous les pierres. En hiver, 

Sardous, Kûster.. . . \ elles s'enterrent dans les racines des plantes, sur- 
tout de la luzerne. Béziers, Cette, Montpellier. Le 
Laniarius abonde à Cette, sous les cadavres 
de reptiles. 

Ater, Oliv Toulouse, en filochant dans les prairies. Très- 
commun dans le Bas-Languedoc, sur le Ta- 



- 136 - 

manx. Se trouve dans les terrains un peu 
marécageux ; Lattes, écorces de platane, charo- 
gnes, Vendres, sous les pierres. (M. Mayet.) 

Bicolor, Fabr Toulouse, forêt de La Ramette, sous des écorces 

de platanes. 

Lardarius, Lin Comme son nom l'indique, cet insecte est friand 

du lard ranci. Je l'ai pris abondamment à 
Béziers, dans des bourses de chenilles, au pied 
d'un arbre. Très-commun à Montpellier, dans les 
magnaneries où il détruit les papillons de ver à 
soie conservés en cellules. On leur fait tou- 
jours une guerre à mort. Bourses du Bombyx 
pytkiocampa. Cette, dans du fromage de Roque- 
fort, et chez les charcutiers. (M. Mayet.) 

G. Attagenus, Latr. 

Trifasciatus, Fabr. . . . Espèce très-commune dans le Bas-Languedoc, sur 
le Tamarix gallicus ; moins commune à 
Toulouse, on le trouve sur les fleurs à' Anthémis 
et de beaucoup d'autres composées. Cette, Mont- 
pellier, Lunel, Béziers, LaSalvetat. (M. Mayet.) 

Pellio, Lin La larve de cet insecte est un véritable fléau pour 

les pelleteries ; elle est malheureusement trop 
commune dans nos pays. L'insecte parfait se 
trouvedansles débris des épis du maïs. A Mont- 
pellier, il est commun dans les maisons, sa larve 
vit sur les fleurs de carottes. (M. Mayet.) 

Piceus, Oliv On le prend, avec ce dernier, dans les habitations 

mal tenues ; mais il y est moins commun. 

Pantherinus, Ahr.. . . Pinède de la tamaricière à Agde; dans les Dunes de 
l'embouchure de l'Hérault. 4 juin, 7 à 8 in- 
dividus sur les fleurs. (M. Mayet.) 

THORICTIDjE 



G. Thorictus, Germ. 

Gallicus, Peyr Je n'en ai trouvé qu'un seul individu à Béziers, 

en brisant un morceau d'argile dans lequel il 



- 437 - 

s'était abrité. Il paraît qu'à Toulon l'espèce 
habite de préférence dans les racines de grami- 
nées du genre Mgylops. M. Mayet l'a pris 
plusieurs fois à Vendres sous les pierres avec 
les fourmis. 

MYCETOPHAGIDjE 

G. Mycetophagus, Helwig. 

Quadripustulatus, Lin.. Se trouve dans tout le Languedoc dans les bolets, 
les champignons et surtout dans le tronc carié 
des saules. La Salvetat, écorces de hêtre cham • 
pignonnées 25 mai (M. Mayet). 

Piceus, Fabr Avec ce dernier, mais plus rare. Lunel, Beau- 

caire , Capestang ; champignons de saule et 
bois pourri du même arbre, en mai, juin et 
juillet (M. Mayet). 

G. Triphyllus, Latr. 

Suturalis, Fabr Très-rare à Toulouse, dans les bolets et dans le 

bois pourri, à La Ramette. 

G. Lïtargus, Erichs. 

Bifasciatus, Fabr. . . . Toulouse, sous les écorces pourries, au Jardin des 
Plantes. Commun à Montpellier sous les écorces 
du micocoulier, avril et mai, au Jardin des 
Plantes. La Salvetat, écorces de hêtre, 25 mai 
(M. Mayet). 

G. Berginus, Erichs. 

Tamarisci, Redt . . . . Commun à Béziers et surtout le littoral ; on le 
prend aisément en battant les Tamarix et plu- 
sieurs autres arbustes ou arbres. Ceux qui en 
donnent le plus sont le chêne blanc, l'ormeau et 
l'arbre de Judée, Montpellier, commun dans les 
sacs où l'on enferme des branches de chêne pour 
obtenir des éclosions. Limoux, en nombre sur 
l'arbre de Judée, ayant du bois mort (M. Mayet). 



- 138 — 
G. Typhaea, Curtis. 

Fumata, Lin» Insecte commun dans tout le Languedoc sous les 

écorces pourries et dans les vieux troncs en 
décomposition ; je l'ai pris dans ces conditions 
tout près du Jardin des Plantes. Montpellier, 
Béziers, écorces diverses. Cette, en battant des 
Tamarix, commun au vol le soir, en juin, dans 
un jardin qui avoisine des fabriques de verdet 
où il y a des tas de vieux marc de raisin. 
M. Perris l'avait déjà signalé dans le marc 
(M. Mayet). 

G. Biphyllus, Shuck. 

Lunatus, Fabr Deux exemplaires sous une vieille écorce de hêtre, 

dans un chantier de bois, à Toulouse. 

G. Diploctcliis, Guérin. 

Fagi, Guér Trouvé dans les mêmes conditions que ce dernier, 

et aussi rare à Toulouse. 

BYTURIDiE 

G. Biturus, Latr. 

Tomentosus, Fabr. . . . Assez commun à Toulouse, sur les fleurs, dans 
les prairies. 

TRIPLAGIDJE 

G. Triplax, Payk. 

Russica, Lacord Toulouse; assez commun dans les bolets ligneux. 

RuficolUs, Steph .. . . . Deux exemplaires trouvés dans les conditions de 

ce dernier. 
jEnea, Payk Un seul individu pris dans les détritus de la 

Garonne. 
Collaris, Schal.. . , . . id. id. 

Rufipes, Payk id. id. 



Lepidus, Fald. 



Bipustnlatus, Fabr. 



Humeralis, Fabr. . 



- 439 - 

G. Ischyrus, Fald. 

Un seul exemplaire trouvé dans un vieux tronc de 
hêtre, à Narbonne. 

G. Tritoma, Fabr. 

. Pas rare à Toulouse dans les bolets ligneux des 
vieux troncs de peuplier. 

G. Engis, Payk. 

. Pas commun à Toulouse dans les alluvions de la 
Garonne. 



GRYPTOPHAGIDiE 

G. Setaria, JViuls. 



Sericea, Muls. 



. . Commune en hiver dans les feuilles de cistes 
mortes avec Metophthalmus niveicollis (Mireval, 
Rocaute), on lu prend abondammeut au tamis. 

G. Cryptophagus, Herbst. 



Lycoperdi, Herbst.. 



Saginatus, Sturm, 



Assez commun en tout le Languedoc, dans les 

bolets. La Salvetat, assez commun ; Montpellier 

une seule fois à Grammont (Château avec parc) 

(M. Mayet). 
Toulouse, dans les détritus des plantes. Béziers, 

Montpellier, commun (M. Mayet). 
Cellaris, Scop Languedoc, dans les celliers ; sur les fonds des 

barriques et surtout dans le marc de raisin et 

sur les fleurs du frêne, du chêne, du lilas, etc. 
Vit en abondance dans les matières cryptogamiques. 

Toulouse ; très-commun à Montpellier, Béziers, 

Cette. 
Avec ce dernier, mais moins commun. 
Yendres, Capestang, 3 individus. 
Vini, Panz Habitat et mœurs du Cellaris. Languedoc, assez 

rare. Rocaute, ajoncs fleuris, avril, Montpellier, 

Frontignan (M. Mayet), 



Dentatus, Herbst. 



Distinguendus, Sturm 
Aculangulus, Gyll.. . 



- UO - 

Pubescens, Sturm. . . Toulouse -, rare , dans les végétations cryptogami- 
ques. La Salvetat (M. Mayet). 

Pilosus, Gyll Cette, Montpellier, Béziers. 

Fasciatus, Kraatz. . . . Commun sur toutes les plages sous les plantes 
marines décomposées (espèce essentiellement ma- 
ritime très-facile à reconnaître). Cette, Palavas, 
Agde, Yendres (M. Mayet). 

Scanicus, Lin Par myriades à La Salvetat en battant les fagots 

dans les bois (M. Mayet). 

G. Leucohimatium, Rosenh. 

Elongatum, Erichs. . . Trouvé une seule fois à Vendres, sous des détritus 
du bord de l'étang, Capestang, Gramenet près 
Montpellier, 5 à 6 exemplaires en fauchant 

(M. Mayet). 

G. Paramecosoma, Curtis. 

Melanocephala, Herbst. . Toulouse ; sur les fleurs, dans les prairies, et 
aussi, dans les détritus des inondations. 

G. Hypocoprus, Motsch. 

Lathridioïdes, Motsch. . Toulouse ; très-rare, contre un mur. On assure 
que l'espèce vit dans le crottin des chevaux. 

G. Atomaria, Steph. 

Les espèces de ce genre vivent comme les Cryp 
tophagus, dans les végétations cryptogamiques 
et les matières en décomposition ; quelques- 
unes hantent les celliers. 

Nana, Erichs Béziers, contre les murs, en hiver, rare.. 

Mesomelas, Herbst. . . Toulouse ; alluvions de la Garonne. Vendres, 
détritus de l'étang. Fabrègues, près Montpellier, 
dans un cellier sur le fond des barriques cham- 
pignonnées; printemps et automne (M. Mayet). 

Basalis, Erichs Béziers; dans les matières en fermentation. Par 

millions dans les détritus des marais et les fumiers 
renfermant des débris de légumes. Montpellier, 
Béziers, Cette, toute l'année. 



- 444 - 

Atra, Herbst Toulouse -, alluvions des inondations. Yendres, dé- 
tritus. Montpellier, dans la mousse au parc de 
Grammont, peu commune; avril et mai. 

Apicalis, Erichs. . . . Rare à Toulouse ; avec cette dernière. 

Scutellaris, Motsch. . . Toulouse, alluvions de Tounis; assez rare. Assez 
fréquemment dans les détritus et en tamisant la 
mousse, à Montpellier, Cette, Béziers, surtout à 
Capestang (M. Mayet). 

Atricapilla, Steph. . . Béziers, détritus de l'Orb; pas commun. 

Analis, Erichs Toulouse ; dans les alluvions, à Empalot. 

Pusilla, Payk Montpellier, dans la mousse au parc de Grammont; 

rare. La Salvetat, dans la mousse. Vendres, un 
individu sous une pierre. 

Umbrina, Gyll Un individu, à Capestang, dans les détritus, en 

janvier. 

Condensata, Pandellé. . M. Mayet en a plusieurs individus venant de Celte 
(dans la mousse) et de Béziers (bois deRibaute), 
que je ne puis rapporter qu'à cette espèce vue 
dans la collection Perris. 



Gyrinoïdes, Marsh. . 



Exiguus, Erichs. . . 



Globulus, Payk. . . 



G. Ephistemus, WestW. 

Languedoc, dans les matières en décomposition et 
les fumiers ; commun. Vendres, Cette, Montpel- 
lier. Pas rare au tamis dans les détritus des 
marais. 

Montpellier, à Villeneuve-lès-Maguelonne, 4 indi- 
vidu ; Vendres, 1 individu, dans les détritus; 
Béziers, 2 individus, dans une cave, sous l'écorce 
d'une bûche de chêne. (M. Mayet). 

Avec ce dernier, mais moins commun. Vendres, 
Mireval, détritus des marais; rare. (M. Mayet), 



CORYLOPHIDiE 

G. Orthoperus, Steph. 

Ces très-petits insectes vivent au bord des étangs, des rivières, dans les détritus^ 
Brunnipes , Gyll. . . . Lauguedoc, commun. 



- 142 - 

Pilosiusculus , J. Duv. Via*, Montpellier, sous les feuilles desséchées des 
tamarix. 



Ruficollis, J. Duv. . . 



Moronillus, J. Duv. 

Espèce très-commune à l'étang de Vendres, sous 
les détritus des plantes. Montpellier, au bord des 
étangs salés, dans les mêmes conditions (très- 
commun dans tous nos marais). 

G. Corylophus, Steph. 

Cassidioïdes, Marsh. . . Languedoc; commun dans les végétations crypto 

gamiques et sous les détritus des végétaux. 
Sublsevipennis, J. Duv. Avec ce dernier et aussi commun. 



Piceus, Comoli. . . 

Humilis, Rosenh. . 
Rufithorax, J. Duv. 



Pusillum, Gyllenh. 



Brurmeum, Bris 1 . 
Obscurus, Sahlb. 



G. Arthrolips, Wollast. 

. Béziers ; Vias, au bord des étangs, sous les détri- 
tus. Très-commun. 



Avec ce dernier et aussi commun. 

G. Sacium, Lecomte. 

Cet insecte vit abondamment sur le tamarix, le 
cyprès, Phulex, dans tout lé Languedoc. Com- 
mun dans tous nos marais. 

Avec ce dernier et aussi dans les détritus. 

Habitat des deux précédents. 



MYCET/EID/E 

G. Alexia, Steph. 

Pilifera, Miill Toulouse; très-rare sur des végétations cryptoga- 

iques d'un saule. 
Pilosa, Panz La Salvetat; mousses. (M. Mayet). 

G. Symbiotes, Récit. 

Pygmseus, Hampe. . . . Toulouse; sous des écorces d'arbres, au Jardin des 
Mantes. Commun à Montpellier, écorces de 



;— 143 - 

frêne, de pin d'Alep et de micocoulier, avril et 
mai. (M. Mayet). 

G. Mycetea, Steph. 

Hirta. Marsh Trouvée en abondance, à Toulouse, sur un vieux 

tronc pourri de peuplier, dans un terrain vacant 
du Jardin des Plantes. Commun à Béziers, 
Montpellier, dans les caves sur les tonneaux 
moisis. 

G. Myrmekixenus, Chevr 1 . 

Subterraneus, Chevr 1 . . Toulouse, en tamisant du terreau ; assez rare. 

Vendres, détritus. 
Picinus , Aube Avec ce dernier, mais plus rare. 

telmâtophilim: 

G. Psammechus, Boud. 

Bipunclatus, Fab. . . Insecte excessivement commun à Toulouse, dans 
les prairies inondées, sur les roseaux et dans les 
détritus amassés à leur pied. Yendres, détritus. 

G. Telmatophîlus , Héer. 

Sparganii, Ahr Au bord des étangs, au pied des plantes aquatiques. 

Lattes, Gramenet, près Montpellier ; Frontignan, 
Vendres, Capestang (M. Mayet) ; Toulouse. 

Typhae, Fall Toulouse, dans les prairies sur les fleurs et au pied 

des plantes. 

Obscurus, Fabr Avec ce dernier; plus commun. 

Brevicollis, Aube. . . . Abondant à l'étang de Vendres, dans les détritus. 

Schonherri, Gy il. . . . Toulouse, dans les alluvions de la Garonne. 

IATHRIDID^E 

G. Langelandia, Aube. 

Anophthalma , Aube. . Assez commune à Toulouse et dans tout le 
Languedoc, dans les, racines des plantes et à la 



— 4 44 — 

base des pieux et échalas fichés en terre. Agde, 
pierres enfoncées avec Anillus Mayeti. Mont- 
pellier, pieux et blocs de bois reposant sur le sol 
au Jardin des Plantes ; dans les endroits humides, 
à Celleneuve, près Montpellier (M. Mayet). 
Parallela (tnihi). . . . J'ai trouvé cette nouvelle espèce en compagnie 
des Raymondia dans les radicelles des arbres 
qui poussent sur les talus de la Garonne, à 
Toulouse (quartier de Bourassol). Elle diffère 
do Vanophthalma par sa taille d'un tiers 
moins forte et surtout par son pronotum non 
élargi antérieurement (î exemplaires). 

G. Auommatus, Wesm. 

Duodecimstriatus, Mûll. Trouvé dans les mêmes conditions que celle-ci, et 
aussi commun. Montpellier, commun au Jardin 
des Plantes, écorces des pieux sous terre, feuil- 
les mortes au tamis (M. Mayet). 

G. Colovocera, Motseh. 

Formicaria, Motseh. . . Je crois être le premier qui ai signalé cet insecte 
comme vivant en France. Je l'ai trouvé à Béziers, 
il y a vingt-cinq ans, en nombre considérable, 
dans le nid d'une fourmi (Atta barbara) , 
sur le coteau de Beissan, on le prend quelquefois 
blotti sous les pierres, à Vendres. 

G. Holoparamecus, Curtis. 

Les espèces de ce genre se trouvent dans les fumiers de couche, sous les 

planches pourries posées à terre, et sous les pierres. 

Lowei, Woll Béziers , je ne l'ai pris qu'à l'étang de Ven- 
dres; pas commun. Grosses pierres, assez com- 
mun dans les détritus. A Cette, chez M. Doumet, 
sous les socles des statues du jardin (M. Mayet). 

G. Metophthalmus, Wollaston. 

Niveicollis, J. Duv. . . Cette espèce habite Montpellier, Mireval, Rocaute, 



— 445 — 



Les Lathridies vivent 
écorces et les mousses ; 
Productus, Rosenh. , 



Angusticollis, Humm 
Nodifer, Westw. . 



Limbatus, Fôrst. . 
Ruficolis, Marsh. . 
Exilis, Mannh. . . 

Concinnus, Mannh. 

Elongatus, Curtis. . 



Clathratus, Mannh. 
Transversus , Oliv. 



Minutus, Lin. 



Filiformis, Gyllenh. 
Cordaticollis, Aube. 



près d'Agde, prise en janvier et février en tamisant 
les feuilles de cistes un peu moisies ; pas très- 
rare, mais difficile à voir (M. Mayet). 

G. Lathridius, Illiger. 

dans les petites productions cryptogamiques, sous les 

sur les murs et dans les détritus des végétaux. 

. Toulouse, dans les alluvions de la Garonne ; pas 

commun. Commun à Béziers, surtout à Capes- 

tang; écorces de platanes et détritus (M. Mayet). 

. Rare à Toulouse, sous les écorces de platane. La 

Salvetat(M. Mayet). 
. Toulouse, en battant des fagots secs de chêne, dans 
le bois du pont de Blagnac. La Salvetat, très- 
commun, mousses et fagots. Pris une fois à Ven- 
dres, venant sans doute des inondations de l'Aude 
(M. Mayet). 
. Avec Y Angusticollis et aussi rare à Toulouse. 
Commun en Languedoc : Montpellier, Béziers, 
écorces de platanes en hiver. La Salvetat, feuilles 
mortes, en septembre (M. Mayet). 
Rocaule, feuilles de cistes, en hiv»r ; rare. La Sal- 
vetat, mousses et feuilles mortes. 
Assez commun à Toulouse, sous les écorces des 
platanes. Montpellier, tamisures de cistes, en 
hiver. Béziers, écorces de platanes, en hiver. La 
Salvetat, mousses, mai et juin (M. Mayet). 
Toulouse, en compagnie du Nodifer. 
Espèce pas rare à Toulouse, dans les alluvions de 
la Garonne. La Salvetat, mousses, en mai, 
4 individus (M. Mayet). 
Avec ce dernier, mais plus abondant dans la 
HauterGaronne. Partout dans le département 
de l'Hérault où il y a une moisissure à manger 
(M. Mayet). 
Toulouse ; Béziers, sous les écorces de platane, en 

hiver. Montpellier, à Lattes. 
Puivert (Aude) (M. Mayet). 

10 



- U6 - 

G Migneauxia, J. Duv. 

Crassiuscula, J. Duv. . Assez rare en Languedoc, sous les écorces des pla- 
tanes ; je la prends à Toulouse dans les détritus 
des plantes. Rocaute, près Béziers, en tamisant 
les feuilles de cistes, avec Metophthalmus- 
Niveicollis. Capestang, détritus, 2 individus ; 
en février. 

G. Corticaria, Mannh. 

Les espèces de ce genre vivent comme les Lathridius, dans les végétations 

cryptogamiques, sous les mousses, les écorces et dans les détritus des végétaux. 

Ce genre a été revu chez moi, en 1879, par M. Brisontde Barneville (Henry). 

C. Fui va Montpellier. Béziers, dans une cave, sous les écorces 

du bois de chauffage (M. Mayet). 

Pubescens, Illig Commune dans tout le haut et bas Languedoc. 

Béziers, Montpellier, Cette, Frontignan, détritus 
dans les marais. Grouille littéralement dans les 
chaumes de joncs dont on couvre les tas de sel 
dans les salines. C'est, à l'état de larve, la proie 
habituelle de celle AuMalachius lateplagiatus 
(M. Mayel). 

Serrata, Payk Peu commune à Vendres, Palavas, Cette. Assez 

commune, mais moins que la précédente. 

Angusta, Aube Béziers, assez rare. 

Crenicollis, Mannh. . . Bare à Toulouse. 

Obscura, Bris* Languedoc ; rare. 

Elongata, Humm. . . . Languedoc ; rare. Cette (grosses pierres), Montpel- 
lier (mousses du parc de Grammont), Minerval 
(tamisures de cistes). Vias, en battant un cyprès. 
La Salvetat, mousses. 

Similata , Gyllenh. . . Toulouse; rare. 

Truneatella, Marsh. . . Languedoc; pas commune. Montpellier, Mèze, 
Vendres ; détritus, en mai ; écorces de platanes 
en hiver. 

Fuscipennis, Mannh. . Languedoc; Montpellier, Béziers, La Salvetat; fé- 
vrier à avril. Pas rare dans les tamisures de 
cistes, parfois dans les détritus d'étang, à Pérols, 
près Montpellier. 



— 147 — 



Fuscula, Humm. . . . 
Gibbosa, Herbst. . . . 



Distinguenda, Villa. . . 

Crenulata, Gyll 

C. Transversalis , Gyll. 
C. Fulvipes, Gom. . . 



Un seul exemplaire de Toulouse. 

Excessivement commune à Toulouse. Montpellier, 

Béziers, Vendres, La Salvetat, très-commune, 

détritus et fagots. 
Toulouse ; rare. Montpellier, Cette, Béziers, Nar- 

bonne, en battant les chênes en mai et juin. Cette, 

au pied des euphorbes. A la Bordigue, en hiver. 
Montpellier, Béziers, Vendres, La Salvetat, sous 

les détritus, les écorces de platanes, et en bat- 
tant les fagots . 
Montpellier, à la mare de Grammont et à la grotte 

delaMagdeleine, prèsMireval, en fauchant; prés 

humides. La Salvetat, en battant les fagots. 
Montpellier, Béziers, La Salvetat; tamisures de 

cistes en hiver, écorces de platanes, mousses, 

fagots. 



MONOTOMID^l 

G. Monotoma, Herbst. 

Les Monotoma habitent le fumier, les végétaux en décomposition, sous les 
écorces et quelques espèces dans les fourmilières, 

Voici les observations de M. Mayet au sujet des espèces du bas Languedoc : 
J'ai revu ce genre difficile, avec soin, sur la collection Perris, et je n'ai trouvé que 
quatre espèces dans mes chasses en Languedoc, ce sont : 



Brevicollis, Àubé. . 
Quadricollis, Aubé. 



4 Foveolata, Aubé. 



Cette, Mireval, dans les détritus des marais. 

L'espèce la plus commune dans l'Hérault. Béziers, 
Cette et Montpellier, dans le stercus humain 
desséché ; en brisant les matières (ce que je 
trouve peu amusant), on la trouve en nombre 
(avril et mai). Je l'ai prise à Agde et à Pérols 
sous les pierres enfoncées; et à Gigean sous des 
crottins de chevaux. 

Cette ; dans le stercus humain desséché. Montpel- 
lier et Béziers, dans les caves et celliers sous les 
pièces de bois et l'écorce du hois de chauffage qui 
y a séjourné. 



— 4 48 — 

M. Rufa, Redt Uu individu de cette espèce est marqué Montpellier 

dans la collection Perris. J'en ai un de Mont- 
pellier, également pris dans le stercus humain des- 
séché que je crois pouvoir rapporter à la même. 

CUCUJID.E 

G. Sylvanus, Latr. 

Fmmentarius , Fabr. . Commun dans tout le Languedoc ; Cette, greniers 
à blé, par millions ; Montpellier, dans de l'hos- 
tie, chez un épicier. Depuis l'arrivée à Cette des 
raisins secs d'Espagne, cette espèce a envahi 
toutes les maisons. Montpellier, écorces de noyer 
et micocoulier ; très-commun (M. Mayet). 

Unidentatus , Fabr. . . Languedoc ; sous les écorces de différents arbres, 
notamment des saules et peupliers. 

G. Aeraphilus, Redt. 

Elongatus, Gyll Toulouse; assez rare, sous les écorces. 

Talpa , Kraatz 2 individus, à Montpellier, avril, sous une écorce 

de figuier. 

G. Lsemophlseus, Erichs. 

Monilis, Fabr Sous les écorces de platane dans tout le LaDguedoc. 

Pas commun. 

Castaneus, Eversm. ... Toulouse, dans les chantiers de bois, sous les 
écorces de châtaigniers. Rare. 

Muticus, Fabr Môme localité, sous les écorces des vieux aulnes. 

Bimaculatus, Payk. . . Rare dans la Montagne-Noire, sous les écorces 
et dans le tronc pourri des hêtres. 

Testaceus, Fabr Dans les vieux troncs de chêne; rare à Toulouse, 

La Salvetat; peu commun (M. Mayet). 

Ferrugineus, Steph. . . Très-commun en Languedoc, dans les maisons, 
contre les vitres; il se nourrit de fruits secs. 
Espèce cosmopolite : Cette, dans du blé; Mar- 
seille, par millions dans les arachides; Béziers, 
dans des dattes (M. Mayet). 



- 149 — 



Ater, Oliv. 



Alternans, Erichs. . 
Clematidis , Erichs. 

Dufouri, Laboulb. . 

Hypobori, Perris. . 

Duplicatas, Walt. . 

Pusillus, Sch. . . . 



Bois de Laramet, près de Toulouse ; sous Pécorce 

du genêt à balais et de l'ajonc. Béziers, écorces 

du saule. Montpellier, au Peyrou, écorces 

d'ormeaux. 
Languedoc, dans les figues sèches ; assez rare. 
Très-commun en Languedoc, sur la Clematis 

vitalba. 
Environs de Revel, en battant les pins du parc 

de Saint-Ferréol. 
Montpellier, écorces de figuiers; parasite, à l'état 

de larve de Hypoborus ficus. 
Quelques exemplaires trouvés à Béziers sous des 

écorces de platane. Montpellier, assez commun, 

écorces de chênes, de noyer, de micocoulier 

(M. Mayet). 
Même localité, sous des écorces de chêne vert ; 

rare. 

G. Brontes, Erichs. 

Insecte très-commun à Toulouse dans les chantiers 
de bois, sous les écorces de chêne et de hêtre. 
Montpellier, écorces d'un amandier mort ; rare. 
La Salvetat, écorces de chêne et de hêtre ; com- 
mun (M. Mayet). 

G. Prostomis, Latr. 

Narbonne, sous des écorces de chêne; pas commun. 
M. Mayet ne l'a pris que dans le bois mort du 
châtaignier. Lamalou, Montpellier, dans le ter- 
reau de châtaignier des jardiniers. 



COLYDIDiE 

G. Diodesma, Latr. 
Subterranea, Erichs.. La Salvetat, dans les mousses; rare (M. Mayet). 

G. Endophlseus, Erichs. 
Spinosulus, Latr. . . . Cette espèce très-commune aux Pyrénées, dans les. 



Planatus, Lin. 



Mandibularis, Fabr. 



- 450 - 

creux des troncs pourris de hêtre, est quelque- 
fois transportée en Languedoc dans les chantiers 
de bois. 

G. Colobicus, Latr. 

Emarginatus, Latr. . . Comme VEndophlœus, cette espèce se trouve 
sous les écorces des vieux arbres, dans les chan- 
tiers de bois, à Toulouse. Commun à Montpellier, 
chêne, figuier, micocoulier, vernis du Japon, 
sous les écorces ; mars, avril et mai (M. Mayet). 

G. Bitoma, Herbst. 

Crenata, Fabr Toulouse, La Salvetat, sous les écorces de chêne ; 

commun. 

G. Synchita, Helw. 

Obscurus J'ai trouvé cette espèce en grande quantité à Bé- 

ziers, sous l'écorce d'un vieux tronc de vernis du 
Japon. Montpellier, bois Doscorre, frêne et 
noyer. 

G. Cicones, Curtis. 

Variegatus, Helw. . . . Toulouse, dans les chantiers de bois, sous les 
écorces. 

G. Aulonium, Erichs. 

Sulcatum, Oliv Toulouse, Carcassonne, Béziers, écorces d'ormeaux, 

parasite des Scoiytus. 
Bicolor, Herbst Béziers, sous l'écorce d'un pin presque pourri. 

Montpellier, Cette, écorces des pins ; parasite de 

Bostrichus proximus. 

G. Colydium, Fabr. 

Elongatum, Fabr. . . . Toulouse, dans les chantiers de bois, sous l'écorce 

du pin ; très-rare. 
Filiforme, Fabr Même habitat, sous les écorces du chêne et de la 

vigne; très-rare aussi. La Salvetat, écorces de 

chêne (M. Mayet). 



Nitidus, Fabr. 



Brunneus, Gyll. 



— 151 — 

G. Teredus, Schuk. 

. Deux exemplaires trouvés à Toulouse, sous l'écoree 
d'un hêtre. 

G. Aglenus, Erichs. 

. Très-commun à Toulouse, dans le fumier des ber- 
geries. Cette, terreau des jardiniers où il y a du 
crottin de moutons ; commun. Une fois dans une 
cave ; pris également dans le guano de chauve- 
souris dans une grotte (M. Mayet). 

G. Bothryderes, Sturm. 



Contractas, Fab. 



Terebrans, Fabr. 



Montandoni, Aube. 



Histeroïdes, Fabr. 



Limbatus , Fabr. 



Mauritanie^, Lin. 



, . Chantiers de bois, à Toulouse, dans les vieux troncs 
de hêtre et de peuplier. 

G. Pycnomerus, Erichs. 

. Toulouse, rare sous les écorces de chêne. 

G. Philotermus, Aube. 

, . Je possède un seul exemplaire de cette rare espèce 
trouvée par feu M. Gontier, dans le terreau, à 
Toulouse. 

G. Cerylon, Latr. 

. . Toulouse, sous l'écorce d'un vieux pin. Montpellier, 
Béziers, La Salvetat, écorces de frêne, chêne, 
hêtre, micocoulier, noyer ; commun (M. Mayet). 

PEJLTIBiE 

G. Thy malus, Duft. 

. . Toulouse, bois de Laramet, sous les écorces du 
chêne, en compagnie de fourmis. 

G. Trogosita, Oliv. 

. . Commun en Languedoc, dans les céréales négligées, 



- 152 - 

où elle fait la guerre, à l'état de larve, aux in- 
sectes nuisibles aux grains ; se trouve aussi dans 
les vieux troncs pourris. Cette, Montpellier, 
Béziers, La Salvetat. La larve qui est carnas- 
sière, par conséquent utile, cause quelque dom- 
mage en creusant le bois des planchers pour se 
métamorphoser en nymphe. La collection de bois 
deM.Perrisen a un curieux spécimen envoyé de 
Corse par M. Révelière (M. Mayet). 

G. Temnochila, WestW. 

Cserulea, Oliv Rare à Toulouse , dans les chantiers de bois, sous 

Técorce des pins, surtout du maritime. Forêt de 
Pinus cebenensis de Saint-Guilhem-le-Désert 
(Hérault). Commun sous les écorces des pins 
morts; avril et mai (M. Mayet). 

G. Nemosoma, Latr. 

Elongatum , Lin. . . . Toulouse, trouvée deux fois seulement sous l'écorce 
d'un orme. 

RHIZOPHAGIDiE 

G. Rhizophagus, Herbst. 

Ferrugineus, Payk. . . Sous les écorces du chêne à La Salvetat (M. Mayet) 
Bipustulatus, Fab. . . La Salvetat, écorces de chêne; 25 mai (M. Mayet). 

NITIDULID^! 

G. Pityophagus, Shuck. 

Ferrugineus, Lin. . . . Toulouse, très-rare sous l'écorce d'un pin, dans un 
chantier de bois. 

G. Ips, Fabr. 

Les espèces de ce genre habitent sous les écorces et dans les plaies des 
arbres. 
Quadriguttala, Fabr. . . Cette espèce et sa variété decemguttata se trouve, 



- 153 — 

assez rarement, sous les écorces, en Languedoc. 
Quadripunctata, Oliv. . Avec cette dernière et aussi rare. 
Quadripustulata, Lin. . Toulouse, dans un vieux tronc pourri d'orme; pas 
commune. 

G. Cryptarcha, Shuck. 

Strigata , Fabr On trouve quelquefois celle espèce et la suivante 

dans les vieux troncs cariés de chêne. 
Imperialis, Fab Rare en Languedoc, dans les vieux troncs. 

G. Cybocephalus, Erichs. 

Les Cybocephales se trouvent en très-grande abondance dans les détritus secs 
des végétaux et sur diverses plantes. 

Politus, Gyll Béziers, très-commun au pied des cyprès. 

Similiceps, J. Duv. . . Egalement très-commun dans le Bas-Languedoc, sur 
le genêt épineux (Genista scorpius). 

G. Volvoxis, Kugel, ou Cyllodes, Erichs. 

Ater, Herbst Toulouse, dans les alluvions de la Garonne; son 

véritable habitai es*t dans les champignons. 

G. Strongylus, Herbst. ou Cychramus, Kugel. 

Luteus , Fab Habite aussi dans les champignons ; mais on le 

prend plus facilement sur les fleurs dans les 
prairies. Toulouse. 

G. Pocadius, Erichs. 

Ferrugineus, Fabr. . . Toulouse, dans les bolets ; rare. On le trouve 
quelquefois dans le Lycoperdon bovistœ. 

G. Meligethes, Steph. 

Rufipes, Gyll Languedoc. On prend cette espèce sur les fleurs des 

prairies. 

Fuscus, Oliv Très- commun à Toulouse sur le genêt à balais. 

J2neus, Fabr Toulouse, sur les fleurs des prés. 

Rubripes, Muls 1 Toulouse, forêt de Laramet, sur les genêts. 

Viridescens, Fabr. . . . Languedoc, fleurs des prairies. 



— 454 — 

Subrugosus, Gyll. . . . Avec ce dernier. 

Symphyti, Héer Toulouse, sur le Symphitum officinale. 

Difficilis, Sturm. . . . Languedoc, sur les labiées. 
Morosus, Erichs. . . . Toulouse, sur les Lamium. 
Viduatus, Slurm. . . Languedoc, sur la menthe sauvage. 
Pedicularius , Gyllenh. Toulouse, sur diverses labiées. 

Villosus, Bris 1 Toulouse, sur le Marrubium. 

Serripes, Gyll Toulouse, sur les fleurs des prairies, notamment 

les sauges et la saponaire. 
Umbrosus, Sturm. . . . Dans les petits bois des environs de Toulouse ; sur 

les genêts. 

Maurus, Sturm Mœurs et habitat du Serripes. 

Tristis, Sturm Languedoc, sur les vipérines (Echium vulgare). 

Murinus, Erichs. . . . Avec ce dernier. 

Nanus, Erichs Toulouse, sur le Marrubium vulgare. 

Flavipes, Sturm. . . . Béziers, sur le Cirsium lanceolatum. 
Lugubris, Sturm. . . . Languedoc, dans les prairies, sur la menthe sau~ 

vage. 
Opacus.Rosenh, .... Insecte trouvé à Cette par M. Brisoutsur YOnonis 

natrix. 

Egenus, Erichs Mœurs et habitat du Lugubris. 

Obscur us, Erichs. . . . Avec ce dernier; il vit aussi sur les Cynoglos- 

sum. 
Erythropus, Gyll. ... Sur les fleurs des prairies, à Toulouse. 
Exilis, Sturm J'ai trouvé cette espèce à Vias, sur les fleurs, au 

bord de l'étang dit Le Clôt. 

G. Pria, Steph. 

Dulcamarœ, Illig. ... Cet insecte n'est pas rare en Languedoc, sur les 
chatons des saules. 

G. Epuraea, Erichs. 

Decemguttata, Fabr. . . Toulouse, sur les fleurs des prairies. 

^Estiva, Lin id. id. 

Melina, Erichs Un seul exemplaire trouvé à Toulouse, sous de9 

écorces de pin mort. 
Immunda , Erichs. . . Id. Id. Id. 

Obsoleta, Fabr Id. Id. Id. 



Florea, Erichs. 



Marginata, Fabr. 



Grisea, Lin. 



Colon, Lin, 



Discoidea, Fabr. 



- 455 - 

. Sur les fleurs des prairies à Toulouse; assez com- 
mun. 

G. Amphotis, Erichs. 

. Toulouse, dans les vieux troncs de chêne et sous 
les pierres en compagnie de fourmis. 

G. Sorcmia, Erichs. 

. Languedoc ; commun sous les écorces d'orme. Elle 
est commune à Montpellier dans la bouillie qui 
coule des blessures faites à l'orme par le Cosssn 
ligniperda. 

G. Omosita, Erichs. 

. Languedoc ; commun sous les cadavres desséchés 
des animaux. Dans de vieux os chez un chiffon- 
nier à Montpellier (M. Mayet). 

. Languedoc; commun sous les cadavres desséchés 
des animaux, et quelquefois sur les fleurs. Mont- 
pellier, sous les débris d'animaux, souvent au 
vol au soleil pendant les beaux jours de l'hiver 
(M. Mayet). 

G. Mtidula, Fabr. 



Bipustulata , Lin. . . . Languedoc, mœurs des Omosita; assez rare à 
Toulouse. Très-commun à La Salvetat sur les 
bandes de lard pendues au plafond chez les 
paysans; juillet (M. Mayet). 

Flexuosa, Fabr Languedoc, sur des os de mammifères pourris. 

Montpellier, Béziers et surtout Cette où il abonde 
sous les bêtes mortes à demi-desséchées. 

Quadripustulata, Fabr. Avec ce dernier et aussi commun. 

Rufipes, Lin Toulouse -, sous le cadavre d'un petit mammifère. 



Hemipterus, Lin. . . 
Qaadrisignatus, Héer. 



G. Carpophilus , Leach. 

. Languedoc, sous des écorces de chêne. 
Toulouse ; mœurs de ce dernier. 



— 156 — 
G. Anomœocera, Shuck. 

Pedicularia, Lin. . . . Commun sur les fleurs, surtout sur les Spirœa. 
Bipustulata, Payk. . . . Cette, également sur les fleurs. 

G. Heterhelus, J. Duval. 

Sambuci , Erichs. . . . Toulouse, dans les alluvions de la Garonne, à la 
suite des crues. 

G. Cereus, Latr. 

Rufilabris, Latr Vias, rare sur les joncs en fleurs. 

G. Heterostomus, J. Du val. 

Gravidus, Illig Montpellier, Cette, sur les fleurs des prairies. 

Vestitus, Kiesw id. id. idc 

G. Brachypterus, Kugel. 

Urticœ, Fabr Languedoc, commun sur l'ortie. 

PHALACRIDiE 

G. Phalacrus, Payk. 

Corruscus , Payk. . . . Commun en Languedoc sur les fleurs et sur divers 
arbustes. 

G. Tolyphus, Erichs. 

Granulatus, Germ. . . Cette, sur les fleurs des prairies; très-rare. 

G. Olibrus, Erichs. 

Corticalis, Panz Commun dans tout le Languedoc ; en été, sur les 

fleurs ; en hiver, sous les écorces des platanes. 

Bicolor. Fabr Languedoc, sur les fleurs des prairies et, comme ce 

dernier, sous les écorces en hiver. 

Liquidus, Erichs. . . . Mœurs des précédents. 

Affinis, Sturm id. 

Particeps, Muls 1 Béziers, sur les fleurs des prairies. 



- 157 — 

Pygmseus, Sturm. . . . Commun en Languedoc, sur les fleurs. 

Geminus, Illig id. id. 

Atomarius, Lin id. id. 

Oblongus, Erichs. ... id. id. 



LAMELLICORNES 

SCARABiEID^E 

G. Scarabseus, Lin. (Ateuchus, Weber). 

Sacer, Lin Cette espèce, fort commune sur le littoral des Py- 
rénées-Orientales, n'a été trouvée qu'une seule 
fois par moi, à Béziers, sur le sable de la rivière. 
Cette, i seul individu au salin de Villeroy. 
Montpellier; pas très-rare. Pris à Gigean f 
à Lattes, à Valflaunès au pied du pic Saint- 
Loup, et reçu plusieurs fois de Claret, canton 
au N.-E. de la même montagne (M. Mayet). 

Semipunctatus, Fabr. . Commun sur les dunes du littoral méditerranéen, 
à Béziers, Agde, Cette, Montpellier ; printemps 
et automne. 

Laticollis, Lin Assez commun à Béziers; plus rare à Toulouse. 

M. Mayet l'a trouvé à ^aint-Pons, Ganges, 
Saint-Guilhem-le-Désert, Montpellier, Cette; com- 
mun au printemps et en automne sur les coteaux 
et dans les plaines non sablonneuses. 

G. Gymnopleurus, Illiger. 

Les espèces de ce genre vivent, comme les Scarabœus, danslesmatières ster- 
corales, ils s'y rassemblent, presque toujours, en fort grand nombre et s'envo- 
lent très-rapidement à l'approche des passants. Ils n'apparaissent qu'en juin. 
Geoffroyi, Sulz (Mopsus, Pallas). Très-commun dans tout le Languedoc. 

M. Mayet l'a pris en nombre au Caylar (Hérault), 

sur les plateaux du Larzac. 
Cantharus, Illig Béziers ; commun. 



- 158 - 

Sturmi , Mac-Leay. . . Commun dans toute la région do l'olivier. 
Flagellatus, Fabr. . . . Montpellier, Cette, Béziers, pic Saint-Loup; com- 
mun. Egalement commun à Toulouse. 

G. Sisyphus, Latreille. 

Schaefferi, Lin J'ai trouvé cet insecte sur les coteaux de Lieuran, 

près de Béziers ; il est moins rare à Toulouse. 
Ses mœurs sont celles des Gymnopleurus. 
M. Mayet assure qu'il est très-commun sur tous 
les causses ou plateaux de l'arrondissement de 
Montpellier. La région des causses commence au 
pic Saint-Loup et finit à la frontière de l'Avey- 
ron. Il l'a pris également à Saint-Pons et à La 
Salvetat. 

G. Copris, Geoffroy. 

Hispanus, Lin Commun dans le Bas-Languedoc-, il se tient caché 

sous les bouses au-dessous desquelles il creuse un 
trou profond. Montpellier, Mèze, Agde, Béziers, 
Pézenas ; pas rare en mai et juin (M. Mayet). 

Lunaris, Lin Très-commun dans le Haut-Languedoc; mœurs de 

ce dernier, La Salvetat et probablement toute la 
région du hêtre où il remplace le précédent 
(M. Mayet). 

G. Caccobius, Thomson. 

Schreberi, Lin Commun ea Languedoc dans les bouses. 

G. Onthopliagus , Latreille. 

Les espèces de ce genre vivent dans les bouses et les excréments humains, 
sous lesquels ils s'enterrent au moindre danger. 
Amyntas, Oliv Habite Béziers, Agde, Cette, Montpellier ; un des 

plus communs à Cette. 

Taurus, Lin Tout le Languedoc. Pas rare. 

Nutans, Fabr Toulouse, forêt de Laramet, dans les bouses. Rare 

dans l'Hérault. M. Mayet l'a pris plusieurs fois 

sur les causses près Saint-Guilhem-le-Désert, 

une fois à Mèze. 



- 459 - 

Semicormis, Panzer. . . Béziers, rare sous les excréments et quelquefois 
sous les cadavres des petits mammifères. 

Punctatus, Illiger. . . . Cette, sous les excréments. Pas rare au prin- 
temps et à l'automne. Béziers, au CapiscoI,sous 
des crottins de mouton, Montpellier (M. Mayet), 
Limoux (M. Mestre). 

Furcatus, Fabr Très-commun dans tout le Languedoc. 

Ovatus, Lin id. id 

Vacca, Lin id. id# 

Caenobita, Herbst. ... Çà et là dans le département de l'Hérault, mais 
peu commun. Montpellier, Mèze, Sainl-Pons 
(M. Mayet). Commun à Toulouse. 

Fracticornis, Preyssl. . Commun partout. 

Nuchicornis, Lin. . . . id. 

Lemur, Fabr id. 

Makl > î]][ ê Ce t insecte habite de préférence les sables du lit- 
toral et les prairies demi-salées à Béziers.. Agde, 
Cette, Montpellier. M. Mayet ne l'a pris, égale- 
ment, qu'à Palavas et à Gramenet, et aussi au 
causse de la Selle (Hérault). 

G. Bubas, Mulsant. 

Les Bubas ont à peu près les mœurs des Copris, comme eux, ils creusent 
sous les bouses des trous assez profonds. J'ai remarqué que les deux espèces de 
nos pays ne se trouvent pas ensemble dans la même localité, alors que le Bu- 
balus vit en abondance dans les prairies salines d'Agde; le Bison habite celles 
de Béziers et de Narbonne. 

Bison, Linné, Prairies du littoral méditerranéen, commun. 

Bubalus, Olivier. ... id. id 

G. Onitis, Fabr. 

Olivieri, Illiger Montpellier, d'après M. Mulsant. Je l'ai trouvée 

dans les garrigues de Coussergues, près de Vias, 
mais pas- abondamment. M. Mayet ajoute que 
cette espèce, quoi qu'en dise Mulsant, a un habi- 
tat assez restreint : Lattes et surtout le champ 
de course, près Lattes, où encore elle n'abonde 
pas. Le plus qu'il en a pris, c'est trois dans une 



- 160 - 

séance de plusieurs heures, après les courses de 
mai, c'est-à-dire dans les meilleures conditions 
de matière première et d'époque. 
Hungaricus, Herbst. . . Montpellier, d'après M. Mulsant. Cet auteur a, 
malgré l'observation de M. Mayet, réimprimé 
que cet Onitis se prenait à Montpellier. M. Mayet 
n'a pu en voir un seul en provenant. M. Daube 
ne l'y avait jamais pris. L'erreur est partie de 
M. Chabrier qui correspondait avec Mulsant et 
l'induisait souvent en erreur. Cette espèce est 
commune à Fréjus (Var) et non dans l'Hérault. 

G. Oniticellus, Lepelletier et Serville. 

Pallipes , Fabr Vias ; rare dans les déjections animales. 

Flavipes, Fabr Moins méridional que le précédent; on le trouve 

assez communément à Toulouse et est très-abon- 
dant à Cette et Montpellier. 

APHODIDjE 

Les espèces de cette tribu vivent dans les bouses, les crottins et les matières 
stercorales. 

G. Colobopterus, Mulsant. 

Erraticus, Lin Très-commun, surtout dans les montagnes du Lan- 
guedoc, du milieu de l'été jusqu'en novembre. 

G. Coprimorphus , Mulsant. 

Scrutator, Herbst. . . . Toulouse, Béziers; pas commun. La Salvetat; 
commun. Montpellier; 1 individu, en septembre, 
au bord du Lez, en face de Castelnau (M. Mayet). 

Subterraneus , Lin. . . On trouve cette espèce très-communément dans 
tout le Languedoc. 

G. Otophorus, Mulsant. 

Haemorrhoidalis, Lin. . Languedoc; pas très-commun. La Salvetat, le 
Caylar; pas rare (M. Mayet). 



- 461 - 

G. Teuchestes, Mulsant. 

Fossor, Lin Toulouse, Béziers; assez rare. Commun à LaSal- 

vetat (M. Mayet). 

G. Aphodius, Illiger. 

Scybalarius, Illig. . . . Très-commun à Béziers, Montpellier, Cette, sur- 
tout dans celte dernière ville où on le trouve le 
long des murs. 

Fimetarius, Lin Espèce très-commune dans tout le Midi; on la 

trouve toute l'année en plaine comme en mon- 
tagne. 

Granarius, Lin Commun dans tout le Languedoc. 

Quadrimaculatus , Lin. Commun dans toute la plaine de l'Hérault et à Tou- 
louse dans les crottins de mouton. 

Biguttatus, Germar. . . id. id. 

Varians, Duft ( Commun dans la région du châtaignier, Lama- 

Bimaculatus, Fabr. . ( lou, etc. Çà et là dans la plaine, souvent sous 
les charognes. Pris en masse la variété sans 
tache à Limoux. 

S. -G. Mecynodes, Mulsant. 

Parallelus, Muls.etRey. M. Mayet l'a pris à Cette sur la montagne, aux 
pierres blanches et dans les garrigues de Bou- 
zigues, dans des fientes de mouton. Il l'a trouv 
cette année, 1882, sur le versant nord du pic 
Saint-Loup. 

S. -G. Eudolus, Mulsant. 

Quadriguttatus, Herbst. Commun dans toutes les garrigues dans les crot- 
tins de mouton. Il habite aussi les environs de 
Toulouse. 

S. -G. Acrossus, Mulsant. 

Luridus, Fab Espèce très-commune partout, du premier printemps 

jusqu'à la fin de l'automne. 
RufipeS, Lin Commun à La Salvetat et assez rare à Toulouse. 

C'est une espèce du Nord, commune à Lyon. 

44 



- 162 - 

Satellitius, Herbst. (Pécari, Fabr.). Béziors; rare. Montpellier, Lattes, 
Peyrols et toutes les prairies du littoral. 

S.-G. Amidorus, Mulsant. 

Thermicola, Sturm. . . Rare à Cette. M. Mayet l'a pris cotte annéo, 4 882, 
sur le versant nord du pic Saint-Loup, en mai, 
sous des crottins de chevaux. Il fourmille à Li- 
moux et à Puivert (Aude). 

S.-G. Sigorus, Mulsant. 

Porcus, Fab Très-commun à Toulouse ; on le prend ordinaire- 
ment dans les détritus des inondations. M. Mayct 
ne l'a pris qu'à La Salvetat, en septembre. Nous 
l'avons trouvé ensemble à Lampy, en octobre. 

S.-G. Trichonotus, Mulsant. 

Scrofa, Fabr Commun partout dans la région de l'olivier. 

S.-G. Anomlus, Mulsant. 

Ferrugineus, Muls. . . Montpellier, Ganges et vallée de la Buège (Hérault), 
en juillet (M. Mayot). 

S.-G. Labarrus, Mulsant. 

Lividus , Oliv Cette, Palavas, commun dans les sables, sous les 

déjections humaines (M. Mayet). 

Lugens, Creutzer. . . . Montpellier, Cette, Béziers ; pas rare de juin à sep- 
tembre dans les matières stercorales. 

Immundus, Creutzer. . Toulouse ; assez commun dans la région des châ- 
taigniers (Lamalou); plus rare sur les causses. 
Très-rare à Montpellier. 

Merdarius, Fabr. . . . Languedoc ; commun partout à toutes les altitudes. 

S.-G. Volinus, Mulsant. 

Inquinatus, Herbst. . . Très-commun à Montpellier, Cette, Béziers, Tou- 
louse, Saint-Pons, La Salvetat ; de septembre à 
mai, môme en hiver. 



- 163 - 
S.-G. Nobius, Mulsant. 

Consputus, Creulzer. . . Commun à Toulouse et dans l'Hérault, surtout dans 
la partie montagneuse. 

S.-G. Melinopterus , Mulsant. 

Prodromus, Brahm. . . Très-commun dans tout le département de l'Hérault 

et à Toulouse. 
Limbatus, Germ. . . . Cette espèce, non encore signalée de la France, a 

été trouvée à Limoux (Aude) par M. Mestre. 
Contaminatus , Herbst. Toulouse; pas commun. La Salvetat (M. Mayet). 

G. Ammaecius, Mulsant. 

Elevalus, Oliv Dans les bouses desséchées et sous les détritus vé- 
gétaux. Cette, Montpellier, Agde et surtout la 
région des causses. Pic Saint-Loup, Ganges, etc. ; 
en automne (M. Mayet). 

G. Oxyomus, Castelnau. 

Porcatus, Fabr Très-commun dans les détritus rejetés par la Ga- 
ronne, l'Aude et l'Orb. Il vole après le coucher 
du soleil. 

G. Pleurophorus , Mulsanl. 

Csesus, Panz Se trouve dans les conditions du précédent, mais 

en plus grande abondance, sous les détritus vé- 
gétaux, dans le terreau, le fumier et surtout sous 
les pierres qui avoisinent les fumiers. Commun 
dans tout le département de l'Hérault. 

G. Rhyssemus, Mulsant. 

Marqueli, Ueiche. . . . J'ignore comment l'unique exemplaire de cette es- 
pèce des environs de Béziers est tombé entre les 
mains de M. Reiche -, j'ai dû le communiquer à 
quelqu'un de mes collègues de Paris qui l'aura 
sans doute offert à l'auteur. M. Xambeu l'a trouvé 
dan9 la Drôme, sous des crottins de lièvre. 



- 464 - 

Godarti, Muls 1 Marais de Narbonne et de Vendres, près de Bé- 

ziers, dans les parties salées du marais, sous les 
détritus. M. Mayet l'a pris près des eaux miné- 
rales et avant les dunes, à l'extrémité du dit 
étang. 

Germanus, Linné. . . . Très-commun dans les alluvions des rivières de 
tout le Languedoc. 

Verrucosus, Muls 1 . . . . Avec ce dernier, mais moins commun. 

G. Psammobius, Heer. 

Sulcicollis , Illig. . , . Habitat des Rhyssemus Germanus et Verru- 
cosus et excessivement commun. Sable Gn du 
bord des rivières. Béziers, bords de l'Orb ; très- 
commun. 

Insculptus, Kûst. ... Un seul exemplaire pris au vol, le soir, par 
M. Mayet. Cette. 

Porcicollis , Illiger. . . Très-commun à Cette, Vendres, Agde, Palavas, 
dans les dunes ; en automne et au printemps au 
pied des plantes. 

Basalis, Muls' Habitat de ce dernier, mais beaucoup plus rare. 

M. Chalande en a rapporté sept exemplaires de 
Béziers ou de Cette. 

GEOTRUPIDiE 

Cette tribu renferme dos insectes vivant dans les matières excrémentielles de 
l'homme, des ruminants et des solipèdes, sous lesquelles ils perforent des trous 
leur servant d'abri en cas de danger ; ils ne sortent de leur retraite qu'au cré- 
puscule. 

G. Rlinotaurus, Muls 1 . 

Typhœus, Lin Commun dans tout le Languedoc, mais plus parti- 
culièrement à Béziers, Cette et Montpellier ; de 
septembre à avril. Pendant tout l'hiver on le 
trouve au fond de son trou pratiqué sous les 
déjections, 

G. Geotrupes, Lalr. 
Stercorarius, Linné. . . Commun en Languedoc. 



- 165 - 

Putridarius, Erichs. . . Commuu en Langue Joe, surtout dans les mon- 
tagnes. 

Mutator, Marsh Le plus commun de tous, se rencontre partout. 

Hypocrita, Illig Montpellier, Cette, Béziers, de septembre à avril. 

Sylvaticus, Panz. . . . Toulouse, La Salvetat (M. Mayet). 

G. Trypocopris, Motsch. 

Vernalis, Lin. , Parties montagneuses du Languedoc-, il n'est pas 

rare à la Montagne-Noire et très-commun à La 
Salvetat. 

Pyrenaeus, Gharp. . . . Avec ce dernjer et aussi commun. 

G. Tliorectes, Mulsant. 

Lœvigatus, Fabr. . . . Vias, Cette, Agde; commun au printemps jusqu'en 
juin. Non trouvé à Montpellier. Il est du littoral. 

G. Bolboceras, Kirby. 

Gallicus, Muls* J'ai trouvé cet insecte près de Béziers, dans les gar- 
rigues du village de Montblanc, vivant à la ma- 
nière des Geotrupes. 

G, Odontaeus, Klug. 

Armiger, Scopoli (Mobilicornis, Fabr.). Espèce très-rare à Béziers. Je ne 
l'ai trouvée qu'une seule fois dans la propriété 
dite de Poussant-le-Haut, volant le soir. La Sal- 
vetat, 1 individu sous un tas d'herbes fanées ; 
juillet. Puimisson, près Béziers, 3 individus dans 
leur terrier qui se révèle par les déblais accumu- 
lés en margelle régulière sur le bord ; avril 
(M. Mayet). 

TROGID.E 

G. Trox, Fabr. 

Les espèces de ce genre vivent dans les terrains sablonneux des garrigues ; ils 
se nourrissent de débris desséchés d'animaux. 



— 166 - 

Perlatus, Scriba Haut et Bas-Languedoc ; pas rare dans tout le dépar- 
tement de l'Hérault sous les botes mortes et par- 
fois sous les déjections humaines. Mont Caroux, 
dans les crottes d'un renard ayant du poil de lapin 
(M. May et). 

Hispidus, Laichart. . . Avec ce dernier sous les bêtes mortes, surtout les 
oiseaux-, commun à Cette. 

Scaber, Linné Assez rare à Toulouse et à Béziers ; on le prend au 

vol, le soir. M. Mayet ne l'a nris que deux fois 
dans l'Hérault, l'un dans la grotte de la Magde- 
leine, l'autre à l'Ecole d'agriculture. 

HYBALID.E 

G. Hybosaurus, Mac-Leay. 

Ce genre renferme une espèce (H. Illigeri, Reiche) vivant sur le littoral des 
Pyrénées-Orientales, dans les excréments du porc et de l'homme ; les recherches 
futures le feront trouver probablement à Cette ou à Narbonne. 

ORYCTID^E 

G. Pentotlon, Hope. 

PunctatU9 , Villers. . . Assez commun à Toulouse ; on le trouve sur le bord 
des chemins dans les terrains secs. Pas rare dans 
toutes les parties chaudes du département de 
l'Hérault. La larve mange les racines des gra- 
minées dans les fossés des chemins. M. Mayet 
l'a élevée. 

Punctteollis, Burmeist. Assez commun dans les marais de l'étang de Ven- 
dres, près Béziers. Commun dans tous nos 
marais du littoral : Vendres, Cette, Palavas, 
Gramenet ( champ de course de Montpellier). 
(M. Mayet.) 

G. Phyllognathus, Eschsch. 

Silenus, Fabr Très-commun dans le Bas-Languedoc; plus rare à 

Toulouse. Il fréquente les terrains sablonneux et 
le bord des chemins. 



- 167 — 

G. Oryctes, lllig. 

Grypus, Illig Béziers et tout le Bas-Languedoc, au bord des che- 
mins et sur les 6ols à dépiquer le blé. On trouve 
à Toulouse des exemplaires dont la taille est 
moindre d'un tiers. 

MELOLONTHIDjE 

Les insectes de cette tribu sont, à l'état de larve, nuisibles à l'agriculture ; à 
l'état parfait, ils fréquentent les arbres dont ils dévorent les feuilles. 

G. Melolontha, Fabr. 

Vulgaris, Fabr Très-commune à Toulouse, sur le chêne et la vigne 

dont il détruit très-souvent les bourgeons. 

Albida, Frivaldsky. . . Trouvée en abondance, par M. Mayet, à Saint- 
Guilhem-le-Désert (Hérault), à La Salvetat, sur 
le causse du Larzac, et à Montpellier où il abonde 
dans certains quartiers tels que le Jardin de 
Plantes et Lattes. 

G. Polyphylla, Harris. 

Fullo, Lin Trouvé rarement à Toulouse. Pas rare à Montpel- 
lier dans le quartier du Sablas (rive gauche du 
Lez). Cette, plusieurs fois sur les pins de la 
montagne ; Béziers, Jardin des Poëtes, mêmes 
arbres (M. Mayet). 

4 

G. Anoxia, Castelnau. 

Australis, Schonherr. . Commune sur le littoral méditerranéen; elle se 
tient, dans le jour, accrochée aux tamarix des 
dunes. Cette, dunes de Yendres, Palavas ; com- 
mune du 25 juin au 25 juillet. Vole le soir par 
centaines de 5 heures 30 à 6 heures 30 (M. 
Mayet). 

Scutellaris, Muls 1 . ... Un seul exemplaire trouvé à Vias accroché, comme 
ce dernier, à une branche de tamarix. Pris 
5 individus à Cette, en 1 2 années de chasse. 



- 468 — 

1 individu au vol à 7 h. soir, 4 autre à 7 h. 
matin; les autres accrochés aux tamarix (M. 
Mayet). 

Villosa, Fabr Montpellier, Cetle, Béziers; très-commun dans 

tous les terrains. Vole en masse, fin juin, autour 
des arbres. 

G. Ampiiimaiitis, Mulsant. 

Pini, Oliv Cette espèce vit sur les pins à Vias, Narbonne ol 

probablement à Cette et Montpellier. 

Ruficomis, Fabr. . . . Commun dans tout le Languedoc; il vole le matin 
et le soir aux environs des champs de blé. Très- 
commun dans toute la plaine du Languedoc. 

G. Rhizotrogus, Latreille. 

Marginipes, Mulsant. . Il est quelquefois commun à Toulouse; signalé de 

Cette par M. Mayet. 
Maculicollis , Villa. . . Trouvé à Béziers et à Carcassonne. L'espèce est 

montagnarde. 
Gicatricosus, Muls 1 . . . Habite Montpellier, Cette (M. Mayet) et Béziers. 

G. Serica, Mac-Leay. 

runnea, Lin Alluvions de la Garonne, à Toulouse, à la suite 

des inondations ; rare. 

G. Maladera, Mulsant. 

Holosericea, Scop. . . . Cette (M. Mayet) et Toulouse, dans les détritus des 
crues de la Garonne; pas commun. 

G. Omaloplia, Stephens. 

Ruricola» Fabr Toulouse, dans les prairies et dans les débris de 

végétaux amenés par les crues de la rivière; 
elle vit aussi à Montpellier et à Cette dans les 
garrigues. 

G. Triodonta, Mulsant. 

Aquila, Cast Toulouse, dans les détritus des inondations ; pas 

commune. 



- 1G9 - 

G. Hymenoplia, Eschsch. 

Strigosa, Illig Cet insecte, très-commun à Perpignan, fait quel- 
quefois des écarts jusqu'à La Nouvelle (Aude). 

ANOMALIE 

G. Anomala, Samouelle. 

jEnea; De Geer (Frischii. Fabr.). Très-commune à Toulouse sur les saules; 
en juillet. 

Vitis, Fabr. ...... Très-commune sur les vignes plantées dans les dunes 

de tout le liltoral méditerranéen, particulière- 
ment à Yias et Cette. 

Devota, Rossi M. le professeur Blanchard cite cette espèce de 

Toulouse où je ne l'ai jamais observée. Elle 
passe, dit-on, la plus grande partie du jour en- 
fouie dans le sable et ne prend ses ébats que le 
soir, entre 4 et 5 heures; une heure après, 
mâles et femelles rentrent sous terre. 

G. Phyllopertlia, Sleph. 

Horticola, Lin Espèce fréquentant la montagne ; elle n'est pas rare 

à Sorèze. On doit trouver dans l'Hérault la 
Ph. campestris qui habite Bordeaux, Mont-de- 
Marsan et Perpignan. 

G. Anisoplia. Lepell. et Serv. 

Tempestiva, Erichs. . . Espèce très-commune à Béziers, Narbonne, sur les 
graminées. Commune à Vendres; rare à Mont- 
pellier. 

Agricola, Linné Habite le Languedoc, notamment Cette, Béziers, 

Toulouse, sur les graminées ; très-commune. 

HOPLIIME 

G. Hoplia, Illig. 

Philanthus, Sulzer (Pulverulenta, Illig.). Languedoc, sur les saules, le 
sureau. Je la pïends en abondance à Toulouse, 



Caerulea, Drury. 



Brunnipes, Bonelli. 



- 170 - 

au mois de juin, vers les 8 heures du matin, 
volant au-dessus des prairies. 

L'un des plus beaux insectes de France ; il est 
commua dans tout le Midi et même dans les 
Hautes-Pyrénées. On le prend, en juin, sur les 
graminées au bord des cours d'eau ; sur les aul- 
nes principalement ; communo à Ganges, àCler- 
mont-l'Hérault, à Béziers (bords du Libron et de 
l'Oib). 

Egalement commune en Languedoc; Toulouse, Bé- 
ziers, Celte, Montpellier. C'est presque toujours 
à terre ou sur le sable avoisinant les rivières 
que l'on trouve celte espèce; elle se noie souvent 
dans les flaques d'eau, les bassins, etc. 



CET0N1ILE 



G. Cetonia, Fabr. 



Affinis, Andersch. . . . Assez commune à Béziers et Celte, Mèze, Mont- 
pellier, sur le chêne vert et le saule. 

Cardui, Gyll. {Opaca, Gory et Perch.). Assez rare à Béziers sur les char- 
dons., mêlée à la Morio. Elle habite surtout les 
montagnes de l'Hérault. Montpellier, Lamalou, 
La Salvetat -, plus commune dans les parties 
montagneuses du département (M. Mayet). 

Marmorata, Fabr. . . . Toulouse, sur les plaies des saules du bord du 
Touch ; rare. 

Floricola, Hcrbst. \JEnea, Andersch). Assez commune à Toulouse sur les 
fleurs des prairies ; elle est fréquente aussi au 
Jardin des Plantes. Une des plus communes dans 
l'Hérault : Cetle, Béziers, Agde, Montpellier, 
Mèze, Saint-Pons, La Salvetat, Ganges. Sur 
\Q larves de Cétoines trouvées dans les saule3, 
en obtient 2 Aurata et 8 Floricola. J'ai fait 
souvent l'expérience (M. Mayet). 

Aurata, Linné Excessivement commune partout, sur les roses, le 

gurcau hièble et autres fleurs. 



- 171 - 

Morio,Fabr Très-commune en Languedoc sur les chardons. 

Oblonga, Gory et Percheron. D'après M. Mayet, cette espèce habile Mont- 
pellier, Cette, Béziers, mélangée aux Morio, sur 
les chardons; elle n'est en somme pas rare. La 
larve vit dans le sol et c'est pour cela qu'on 
trouve l'insecte sous les pierres. 

G. Oxythyrea, Mulsant. 

Stictica, Linné Très-commune partout sur les fleurs, notamment 

sur celles des arbres fruitiers pour lesquels elle 
est un fléau. On trouve sa larve dans les saules 
à Lattes, près Montpellier. 

G. Epicometis, Burm. (Tropinota, Mutant). 

Hirtella, Lin Egalement commune partout, sur les fleurs, parti- 
culièrement les roses et les pivoines qu'elle dété- 
riore en quelques heures. 

Squalida, Lin Languedoc; très-commune sur les composées et les 

crucifères. 

G. GnoHmus, Lepell. et Serv. 

Nobilis , Lin Toulouse; pas commun sur les ombellifères et les 

fleurs du sureau. La Salvetat, sur les fleurs de 
carottes et celles de châtaignier (M. Mayet). 

Variabilis, Linné. ... \ seul individu obtenu d'une larve trouvée dans le 
hêtre à La Salvetat (M. Mayet). 

G. Trîchius, v Fabr. 

Abdominalis, Ménetr. (Gailicus, Heer). Assez commun à Toulouse sur les 
ombellifères et sur les roses. Montpellier, Pczé- 
nas, La Salvetat. Une seule fois à Cette. 

G. Valgus, Scriba. 

Hemipterus, Linné. . . Très-commun dans tout le Languedoc, sur les fleurs 
des prairies et très-souvent sur des morceaux de 
saule pourri, où vit sa larve ; trouvé aussi dans 
le figuier. L'insecte parfait affectionne les fleurs 
du cerfeuil. 



172 



PECTINICORNES 



Cervus, Lin. 



Parai lelipipedus, Lin. 



Caraboides , Linné 



Cylindricum, Lin. 



LUCANIDjE 

G. Lucanus, Scop. 

. Très -commun sur le chêne dans tout le Haut-Lan- 
guedoc. Montpellier, chênes st saules; Cette, à 
l'Issonka, sur les saules ; Béziers, au vol, une 
fois sur les allées Paul Riquet. Saint-Pons, La- 
malou, sur le châtaignier. La Salvetat, sur le 
chêne (M. Mayet). 

G. Dorcus, Mac-Leay. 

. Egalement très-commun dans tout le Midi et Irès- 
nuisible aux ormes, tilleuls, saules, chênes, oli- 
viers, peupliers, etc. 



G. Platycerus, Geoffroy. 

. . La Salvetat ; pas rare en juillet sur les vieux hêtres 
pourris (M. Mayet). 

G. Sinodeiicli'oii, Helw. 

. Espèce des Pyrénées que l'on trouve très-rarement 
à Toulouse dans le hêtre. Une seule fois à La 
Salvetat, dans le même hêtre qui me donna le 
Gnorimus variabilis (M. Mayet). 



SERRICORNES 



BUPRESTID/E 

G. Acimeoilera, Eschsch. 



Tœniata, Fabr 



Très-rare à Béziers, sur le Chrysanthemum 
leucanthemum (Kiesw). 



- 473 — 

Adspersula, Illig. . • • Pas rare à Béziers (Lieuran-llibaute), dans les 
pieux faits de chêne-vert. Un seul pieu m'en 
donna 4 8. Je l'ai pris aussi dans la même loca- 
lité sur les fleurs d'une graminée (M. Mayet). 

Pilosellae, Bon 2 individus pris en 4 879, à Montpellier. J'en ai 

4 de Narbonne; je l'ai pris cette année, 4 882, 
versant nord du pic Saint-Loup, dans une bran- 
che morte de lentisque (M. Mayet). 

G. Ptosima, Solier. 

Flavoguttata, Illig. (9 Maculata, Fabr.). Assez commun dans le Midi sur 
le prunellier et le cerisier. Toulouse, Celte, Mont- 
pellier, Béziers, Frontignan. M. Mayet en a pris 
une fois 60 exemplaires sur une seule haie, le 
25 mai. 

G. Sphenoptera, Solier. 

Gemellata, Mannerh. . Toulouse, sur diverses plantes ; endroits secs. Mont- 
pellier, Béziers, Agde; commun sur les coteaux 
où l'on cultive le sainfoin ; la larve vit dans la 
racine de cette plante (M. Mayet). 

Geminata, IUiger. ... M. Mayet l'a pris à Yendres plusieurs fois sous 
les pierres. Montpellier, sables de Pompignan, 
une fois. 

G. Psiloptera, Solier (Latipalpis, kl.). 

Unicolor, Oliv. (Pisana, Rossi). Montpellier, dans trois localités différentes : 
Jardin des Plantes, parc de Méric près le cime- 
tière, parc de Doscare près la station des 
Mazes, sur le chêne-vert ; il vole de 4 4 heures 
à 2 heures et n'est pas difficile à prendre une 
fois posé (M. Mayet). 

G. Capnodis, Eschsch. 

Tenebrionis, Lin. . . . Très-commun en Languedoc. Montpellier, Cette, 
Agde, Béziers, sur prunelier, pêcher, amandier, 
cerisier, abricotier ; très-commun et très-nui- 
sible. 



- 174 — 

Tenebricosa, Fabr. . . Assez commun à Vias, près de Béziers, sur les 
chemins peu battus. J'ignore sur quel arbre vit 
la larve de cet insecte. Cette, Montpellier, Mèze, 
Béziers ; commun en juillet, posé sur le bord des 
chemins. Je Fai pris à Cette en hiver sous une 
écorce d'ormeau où sans doute il était né 
(M. Mayel). 

G. Dicerca, Eschsch. 

iEnea, Lin On trouve quelquefois cette espèce à Toulouse dans 

le tronc carié du saule. Lamalou, sur le saule 
et le peuplier ; juillet (M. Mayet). 

G. Lampra , Spinola. 

Rulilans, Fabr Commun, quelquefois, à Toulouse. Sa larve détrui- 
sit tous les tilleuls de la route do Muret. 

Decipiens , Mannh. . . Egalement commun dans le Midi sur le tronc carié 
de l'orme depuis lin mai. 

Festiva, Linné Montpellier, Béziers, sur le genévrier; assez rare 

du \ l ô juin jusqu'à fin juillet. 

G. Ancylocheira, Eschsch. 

Flavomaculata, Fabr. . Aygucs-Morles, trouvé, en assez grand nombre, mort 
dans les souches de pin en avril 4 869. Sa larve 
était abondante aussi (M. Mayet). 

G. Buprestis, Lin. 

Mariana, Lin Pas rare sur le Pinus cebennensis à Saint- 

Guilhem-le-Désert (Hérault) ; juin et juillet 

(M. Mayet). 

G. Eury thyrea , Solier. 

Micans, Fabr J'ai trouvé une seule fois cette espèce en assez 

grande quantité dans le tronc d'un peuplier mort 
à Gabian, près Béziers. Montpellier, bords du 
Lez, sur les diverses espèces de peupliers. Bords 
de la Cosse. Aux environs de Minerve ; tous les 



- 475 - 

peupliers morts de ce quartier portent les traces 
de cet insecte (M. Mayet). Yias; peupliers morts. 
Carniolica , Herbst. . . Je possède deux exemplaires de cette rare espèce 
trouvés à Toulouse. Pris 1 individu de cette 
espèce sur le châtaignier à Roquebrun (Hérault), 
près Cessenon (M. Mayet). 

G. Anthaxia, Eschsch. 

Cichorii , Oliv Assez commune à Toulouse, sur la carotte sau- 
vage. 

Millefolii, Fabr Egalement commune à Toulouse sur les ombelli- 

fères. Montpellier, Béziers, La Salvetat, carot- 
tes et millefeuilles; juillet (M. Mayet). 

Inculta, Germ Béziers, Cette, sur les fleurs du millepertuis. Très- 
commune à Montpellier sur les fleurs de carottes 
et d'eryngiuru. 

Deaurata, Gmelin. (Auricolor, Herbst.). Prise à Montpellier dans une bran- 
che morte d'ormeau ; fin avril, dans le parc de 
Fonlfroide, près Montpellier. M. Lichtenstein l'a 
prise en Camargue sur le poirier (M. Mayet). 

Manca, Fabr Très-commune en Languedoc, dans les bûchers; 

elle est nuisible à l'orme. Montpellier, Béziers, 
commune sous les écorces d'ormeaux morts ; 
mai (M. Mayet). 

Salicis, Fabr On prend assez rarement cette espèce à Toulouse 

sur les ombellifères. Lamalou, 25 mai, dans 
uneécorce de sorbier mort (M. Mayet). 

Nilidula, Lin •. Toulouse, sur la carotte sauvage. ' 

Hypomelœna. Illig. . . Montpellier, Cette, Béziers, uniquement sur l'eryn- 
gium campestre ; commune. 

Funerula, Illig Montpellier, M. Mayet l'a obtenue plusieurs fois 

de branches sèches de genêts épineux venant de 
la guarrigue de Fabrègues, près Montpellier. 

Pralicola, Laferté. . . . Montpellier, bois de pins de Fontfroide, en battant 
un pin mort; fin mai (M. Mayet). 

G. Melanophila, Eschsch. 
Cyanea, Fabr. ..... Deux exemplaires trouvés dans un vieux tronc de 



- 176 - 

pin. Commun sur le pin en avril, à Saint- 

Guilhem-le-Désert (M. Mayet). 
Decostigma , Fab. . . . Rare à Toulouse ; assez commune à Béziers et à 

Montpellier en juin sur les peupliers. 
Acuminata, de Geer (Appendiculata, Fabr.). Se trouve, pas communément, 

dans le Languedoc, sur le pin. Un exemplaire 

prisa Cette, au vol (M. Mayet). 
Oxyura, Marq Un seul exemplaire trouvé à Béziers sur une gra- 

minée, au côté nord du cimetière. L'espèce se 

trouve aussi à Marseille. 

G. Chrysobotkrys, Eschsch. 

Afflnis, Fabr Assez commun à Montpellier, Mèze, Agde, Béziers, 

La Salvetat; sur : chênes, peupliers, ormeaux, 
micocouliers, hêtres, mûriers, amandiers, etc. 

Solieiï, Cast.-Gory. . . Pas rare à Montpellier, Agde et à Cette sur les 
pieux de pin servant de clôture. Je l'ai pris 
également à Claret (Hérault) et à Fontfroidej 
près Narbonne (M. Mayet). 

G. Coraebus, Casteln-Gory. 

Bifasciatus, Oliv. . . . Toulouse, sur le chêne-blanc. Béziers, sur le chêne- 
vert. La larve de cette splendide espèce occa- 
sionne beaucoup de dommages aux chênes pré- 
cités. Montpellier, Saint-Pons, Bédarieux, Saint- 
Guilhem-le-Désert, sur chêne-blanc, chêne-vert 
et, une fois, sur un gros chêne-kermes (M. 
Mayet). 

Rubi , Lin Se trouve dans tout le Languedoc : Béziers. Cette, 

Montpellier ; commun sur la ronce dans les en- 
droits secs. 

Elatus , Fabr Tris une fois en assez grande quantité à Toulouse, 

sur les arbres du bord de l'IIers. Saint-Martin- 
de-Lcndres (Hérault), une seule fois en fauchant 
(M. Mayet). 

Episcopalis,Mannh. . . Montpellier, Cette, sur Picris stricta; en août. 

Gramini9,Panzer. . . . J'ai trouvé, une fois, cette espèce à Béziers en assez 
grand nombre, au côté sud du plateau des 



- 177 — 

Poëtes, sur des graminées. Celte, Vendres, en 
juillet, dans les dunes sur les graminées, com- 
mun (M. Mayet). 

yEneicollis, Villers , . Béziers, Cette, sur les jeunes pousses du chêne- 
vert. Une seule fois à Montpellier sur le chêne- 
blanc, bois de Yalène. 

Amelhyslinus, Olivier. Très-commun dans le Bas-Languedoc, sur la Car- 
lina corymbosa. 

G. Agrilus , Solier. 

Sexgultatus, Herbst. . . Assez commun à Béziers, Montpellier, sur le tronc 

des jeunes peupliers et des saules. 
Sinuatus, Olivier. . . . Béziers, sur la ronce; assez rare. On le trouve 

aussi sur les fleurs des prairies, de l'aubépine 

et du néflier. 
Viridis, Lin Assez commun sur diverses essences; peuplier, 

chêne et aussi sur le hêtre, le charme. L'espèce 

varie beaucoup de couleur. 
Ctfcruleus, Rossi Assez rare sur les plantes des bords des chemins. 

Montpellier, trouvé une seule fois sur l'érable de 

Montpellier (Acer Monspesulanus). 

Pratensis, Ratz Toulouse, sur les jeunes pousses du peuplier ; rare. 

Tennis, Ratz Toulouse, sur les jeunes pousses de chêne; commun. 

Lalicornis , lllig. . . . Béziers, sorti en juin du bois de chêne provenant de 

Lieuran-Ribaute, près de Béziers. 
Angustulus, lllig. . . . Béziers, sur le chêne; commun. 
Hastulifer, Ratz. . . . Languedoc, sur !e chêne tauzin et aussi sur l'aulne. 

Béziers (Ribaute), pas rare sous écorces de 

chêne-blanc mort; juillet (M. Mayet). 

Graminis, Gast Toulouse, sur le chêne. 

Derasofasciatus, Lacord» Languedoc; très -commun sur la vigne. 

Cinctus, Oliv Toulouse, bois des environs, sur le genêt à balais. 

Montpellier, sur les divers genêts, 
Antiquus, Muls , . . . Montpellier, à Mireval, sur le genêt épineux. 
Arlemisiae, Ch. Bris. . Béziers, Cette, Montpellier, sur les cistes. 
Hemiphanes, Mars. . . Montpellier, \ individu sur le ciste, à Mireval; 

juillet (M. Mayet). 
Aurichalceus, Redtb. . Toulouse ; rare sur la ronce. 
Inlegerrimus, Ratzb. 



Toulouse; raie sur le chêne, bois de Laramet. 



42 



- 478 - 

Proximus, Bauduer. . . Commun à Celte, sur l'aubépine en fleurs (décrit 
dans le Catalogue des Landes de Gobert). 

Hyperici, Creutz. . . . Languedoc, sur le millepertuis (Hypericum per- 
fora tum) ; commun. Très-commun à Montpel- 
lier. 

Cisli, Bris { 

_,, ., i . \ Rocaule près Beziers; juin, sur les cistes. 

Elegans, Muls 1 . . . . | ' J 

Roscidus, Kiesw. . . . Toulouse, sur divers arbres fruitiers : poiriers, 

pruniers, tremble et aussi sur la ronce. 

G. Cylindromorphus, Mannh. 

Gallicus, Muls 1 En fauchant dans les garrigues ; rare. 2 fois à Mi- 

reval, une fois à Vendres (M. Mayet). 

G. Aplianisticus, Lalr. 

Angustatus , Lucas. . . Languedoc, dans les prairies marécageuses, Mont- 
pellier; rare. 

Emarginatus, Fabr. . . Languedoc, dans les prairies marécageuses. Mont- 
pellier ; commun. 

Elongalus, Vill Béziers, Cette, sur les joncs ; assez commun. Ven- 
dres, Agde, à la Tamaricicre (M. Mayet). 

Pygmœus, Lucas. . . . Toulouse, sur les fleurs, dans les prairies. Mont- 
pellier, joncs qui entourent la mare de Gram- 
mont. 

G. Trachys, Fabr. 

Minuta, Lin Tout le Languedoc; commun. La larve mine les 

feuilles du Salix caprea. 
Pygmsea, Fabr Egalement commun en Languedoc. Sa larve vit 

dans les feuilles de diverses mauves. 
Pumila, Illig Commun dans le Midi. Sa larve mine les feuilles 

du Convolvulus arvensis. 
Major, Perris Vias ; Carcassonne , Toulouse; pas rare sur les 

Marrubium. 
Fra^ariœ, Bris 1 Toulouse, 2 exemplaires sur les fleurs des fraisiers 

sauvages. 
Triangularis, Lacord. {Pandellei, Fairm.). Toulouse; pas très-rare sur les 

feuilles du Géranium molle,, le long du talus 
du chemin de fer, près du Pont-des-Demoiselles, 
et dans un champ inculte à Pouvourville. 



- 179 - 

Séance du 3 mai 1882. 

Présidence de M. Trutat 

M. Reverdit, membre titulaire, donne lecture du mémoire 
suivant : 

Fouilles à la station préhistorique des Roches 
(Sargeac, Dordogne). 

Au moment où la Société historique et archéologique du 
Périgord publiait, dans son Bulletin péridiodique de novem- 
bre et décembre 4879, mon travail d'ensemble sur les 
stations et traces des temps préhistoriques dans le canton 
de Montignac (Dordogne), je n'avais que tout récemment 
découvert la station des Roches et j'avais dû, par consé- 
quent, me borner tout simplement à la signaler. Depuis 
lors, j'ai pratiqué des fouilles suivies, et, bien que mon 
départ de Montignac ne m'ait point permis d'en terminer 
l'exploration, je vais donner ou rendre compte de mes dé- 
couvertes, tout en présentant les observations et remarques 
particulières que j'ai pu faire clans le cours de mes fouilles. 
Mon excellent ami, M. Hardy, archiviste et bibliothécaire à 
Périgueux, en achevant d'explorer cette riche station, en 
donnera, je l'espère, une description plus intéressante 
et plus savante que je ne puis le faire. 

Sans revenir sur l'exposition des abris, il me paraît bon 
cependant de redire que la petite vallée où ils sont situés 
est excessivement resserrée et encaissée, que contrairement 
au choix ordinaire, leur exposition est presque entièrement 
Nord; mais il convient d'ajouter que la vallée étant pro- 
fonde et bornée des deux côtés par d'immenses rochers 
continus, les vents ne pouvaient y avoir que peu d'accès. 
D'un autre côté, un magnifique abri couvert, placé sur la 
droite dé la vallée, n'est vraisemblablement pas resté étran- 



- 480 - 

ger à ce choix, qui, de prime abord, peut paraître anormal. 

Au fond de la vallée, au pied d'un bloc de rocher, pro- 
venant sans doute d'un éboulis, à environ 200 mètres en 
aval de la station, et, à peu près, à égale distance de la 
Vézère, se remarque une forte source d'eau vive dont 
le murmure vient égayer ce site qui, bien que sauvage, ne 
manque pas cependant de pittoresque. 

Entre l'abri naturel formant, pour ainsi dire, grotte, et 
les abris à ciel ouvert, où mes fouilles ont été plus particu- 
lièrement dirigées, existe également une autre petite source, 
certainement utilisée par les peuplades primitives et peut- 
être successives qui sont, plus ou moins longtemps, restées 
sur ce point. Je dis peuplades successives, parce qu'il me 
paraît douteux que la station des Roches n'ait été habitée 
que par une seule et même peuplade, m'appuyant en ceci 
sur la différence de taille du silex, et, surtout, sur le fini du 
travail qui diffère entre les deux points que je vais décrire. 

ABRIS DÉCOUVERTS 

Les abris à ciel ouvert et directement à leurs bases, ont 
été ceux les premiers fouillés. Je ne puis pas avancer avoir 
rencontré sur ce point des foyers intacts, mais je puis du 
moins certifier y avoir reconnu des traces incontestables. 
Si les foyers n'existent plus, il ne convient pas, me sem- 
ble-t-il, d'en déduire, à priori, qu'ils n'ont jamais existé, 
ma conviction est bien loin d'être telle. Les nombreux 
éboulis qui se sont produits à des époques successives et 
bien reculées ont pu, ce me semble, détruire en partie ces 
foyers ou, tout au moins, les bouleverser en provoquant 
des crevasses, par lesquelles les eaux postérieures et d'autres 
agents atmosphériques ont pu contribuer à leur destruction, 
presque totale aujourd'hui. 

Des silex ont été recueillis presque à la surface, recou- 
verts à peine de quelques centimètres de terre et reposant 



— 481 — 

quelquefois sur les éboulis même. A tort ou à raison, je 
m'explique de la sorte la rencontre de silex dans ces der- 
nières conditions : Ne serait-ce pas là une conséquence 
toute naturelle des éboulements? 

Des blocs, relativement volumineux, se détachant de la 
masse du rocher et tombant directement sur un foyer, n'ont 
ils pas pu, en effet, lancer des silex sur les divers points où 
2 ls ont été rencontrés ? ne serait-ce pas là le résultat que 
produit d'ordinaire un éclaboussement, et ne serait-ce point 
ici le cas ? Cette hypothèse me paraîtrait d'autant plus 
fondée que les silex renconirés à la surface et sous les éboulis 
ont été recueillis le plus généralement cassés ou plus 
ou moins brisés ; mais, j'ajoute qu'il n'était pas rare de re- 
trouver sous l'éboulis ou autour de l'éboulis et plus ou 
moins épars, des fragments isolés ou même les fragments 
reconstituant une même pièce. Dans sa chute, le bloc aurait 
inévitablement brisé les silex et les éclats auraient été pro- 
jetés. Dans ce cas , les pièces atteintes par le pourtour 
du bloc et suivant les accidents du terrain, auraient été dis- 
persées, tandis que celles se trouvant plus au centre du bloc 
auraient été brisées, il est vrai, mais les débris seraient restés 
sous l'éboulis, remarque que j'ai pu faire, du reste, assez 
fréquemment. 

Les éboulis sont nombreux et se présentent assez souvent 
superposés. Dans ce cas, ils sont séparés entre eux par de la 
terre mêlée à de menues pierres calcaires de même nature 
que la roche, ce qui semblerait démontrer que ces éboulis 
se sont produits à des périodes -différentes. Au milieu de ces 
terres et de ces pierres calcaires, j'ai constaté la présence de 
nombreux silex sans valeur, ne représentant exclusivement 
que des éclats brisés et généralement de petite dimension. Il 
ne peut du reste en être autrement, si mes considérations, 
exposées ci-dessus, sont ou paraissent relativement fondées. 

Divers gisements ont été constatés ; le premier, presque à 
la surface, se fait remarquer par une couche de terre noire, 



— 182 - 

teinte vraisemblablement due aux feuilles des arbres ou 
arbustes avoisinants, de môme qu'aux plantes végétales, qui 
depuis une longue période se décomposent annuellement 
sur place ; le second diffère essentiellement; il est formé par 
un sable fin et jaunâtre, sans aucun autre mélange, il est 
probablement le résultat de la désagrégation de la roche 
elle-même ; le troisième et le plus riche incontestablement, 
est celui formé par des pierres calcaires plus ou moins soli- 
dement cimentées entre elles par les suintements des rochers 
abris et les infiltrations. C'est dans ce dernier gisement que 
j'ai recueilli les meilleures pièces qui, dans les autres, ont 
été toujours beaucoup plus rares et moins bien conservées. 
Ce gisement n'est pas considérable en épaisseur, il ne se 
présente le plus souvent, si je puis employer ce terme, 
qu'un filon de quelques centimètres d'épaisseur, il est d'un 
aspect brun foncé et rougeâtre par place, par suite de la 
présence de roches ferrugineuses dont on rencontre des 
fragments, roches dont les hommes de l'époque ont certai- 
nement tiré parti pour le tatouage que pratiquaient les peu- 
plades primitives. 

Bien qu'ayant déplacé une quantité assez considérable de 
blocs éboulés, bien qu'ayant bouleversé une certaine super- 
ficie de terrain, 10 à 42 mètres de long sur 5 de large et 
1 mètre de profondeur en moyenne, j'ai peu trouvé d'os sur 
cette partie, à l'exception de petits éclats indéterminables, 
des fragments de côtes, des dents isolées de renne, de cheval, 
de bos et d'antilopes. La seule pièce osseuse ayant quelque 
intérêt est une omoplate de grand bœuf trouvée sur un 
éboulis dans une fouille dirigée par M. Hardy, pièce offerte 
par nous au Musée de Périgueux. 

Tout à fait au début de mes fouilles, j'ai recueilli sur ce 
point un os travaillé. Bien qu'incomplet à sa base, cet os, 
légèrement recourbé, affecte la forme ordinaire et le polis- 
sage (terme impropre peut-être) du poinçon, ou celle d'une 
ilèche simple. Quelques fragments de côtes, sciés dans le 



. - i'Iiistoire. Naturelle de Toulouse. 



Silex taillés de la station.des Boches (SEHGEAC, Dordogne) 







Reverdit delméavit 



- 483 - 

sens de l'épaisseur et quelques dentales ont également été 
rencontrés dans ce milieu où j'avais espéré dès le début 
obtenir des résultats plus satisfaisants. 

Quant aux silex, bien que la plus grande partie des pièces 
soit incomplète, j'ai pu néanmoins y récolter une excellente 
et intéressante série et j'observe que les instruments, armes 
ou outils, sont sur ce point et communément, de plus 
grande dimension que ceux trouvés sous l'abri couvert dont 
je vais m'occuper. La taille du silex de même que les types 
semblent différer entre les deux points. Sur le point qui 
m'occupe actuellement, les grattoirs y sont très-rares ; des 
lames ou éclats le plus souvent sans retouches, des nucleï, 
des percuteurs en cailloux roulés sont les pièces les plus 
fréquentes. Avec ces silex plus ou moins informes, j'ai 
néanmoins recueilli des pièces supérieurement belles, tant 
comme dimension que comme travail. Dans ma collection 
et de cette provenance, figurent des pièces de 15 à 48 cen- 
timètres de long ; la plus grande qui, malheureusement, 
n'est qu'un premier éclat , mesure 22 centimètres ; une 
autre, terminée en perçoir , mais un peu incomplète à 
sa base, mesure 20 centimètres. 

Parmi les plus belles pièces, je signale en première ligne 
un superbe grattoir (fig. 4), en silex blanc sale, terminé en 
perçoir; un couteau burin (fig. 3), exceptionnellement 
remarquable en raison de sa taille, de sa conservation et de 
sa nature de roche (jaspe). Le côté opposé au coupant est 
retaillé sur toute sa longueur à petits éclats droits, la pointe 
est finement retouchée des deux côtés et la base paraît éga- 
lement avoir été taillée pour en faciliter l'emmanchement. 
Cette pièce, ainsi décrite, affecte assez exactement la forme 
d'une lame de couteau de l'époque actuelle. D'autres silex 
du même type, mais de plus petite dimension, ont été 
recueillis également (fig. U), de même que quelques rares 
pièces moustériennes, telles que râcloirs et pointes (fig. 7), 
mais ces dernières, le plu* souvent, ne présentent que la 



- 184 — 

forme, sans le travail de taille qui caractérise la pointe ty- 
pique du Moustier. 

Une seule pièce solutréenne, une flèche ou javelot tailié 
sur les deux faces, a été recueillie dans mes fouilles sur ce 
point, et cette pièce est incomplète ; une partie du talon fait 
défaut, sa forme est cependant nettement indiquée et il est 
facile de suppléer à la partie absente. Enfin, comme type à 
signaler, je dois mentionner plusieurs spécimens (fig. 2 et 4) 
ayant en apparence une certaine analogie de forme avec les 
flèches à talon de l'époque solutréenne. Toutes les rares 
pièces de ce type, étant plus ou moins incomplètes, et le 
talon, si cette dénomination peut lui être abonnée, étant relati- 
vement beaucoup plus long que dans les flèches, je ne puis 
me hasarder à déterminer ou, pour mieux dire, à classer ce 
type dans telle ou telle catégorie. 

Plusieurs pièces en jaspe ont été rencontrées : des grat- 
toirs et des petites lames. Dans la collection de M. Hardy 
figure un joli petit nucléus de cette nature de roche , 
recueilli sous un éboulis. Le cristal de roche ou quartz 
hyalin fait complètement défaut. 

ABRIS COUVERTS 

Les abris sous roche ou couverts sont attenants à ceux 
dont je viens de m'occuper. Ils n'en sont, pour ainsi dire, 
séparés que par la petite source, déjà mentionnée, qui prend 
naissance aux pieds des rochers. Entre ces abris, que je 
divise en deux, pour mieux faire ressortir les différences 
remarquées, il n'existe pas une distance de plus de 2 ou 
3 mètres et cette distance, la source intermédiaire, la rendait 
forcément nécessaire et inévitable. Ici, toutefois, la grande 
masse de rochers, s'élevant majestueusement, paraît être à 
sa base comme artificiellement suspendue. Un creux pro- 
fond de 5 à 6 mètres sur une longueur de 10 à 12 mètres, fait 
de ce point un splendide abri couvert. Pour arriver au ni- 



- 185 - 

veau de la couche archéologique, j'ai dû tout d'abord effec- 
tuer le déblai des couches supérieures formées par l'amon- 
cellement des terres que les pluies, etc., réunissaient là 
depuis des siècles. Dans ce travail de déblai et particulière- 
ment vers l'avant de l'abri, ce qui paraît du reste fort naturel, 
j'ai rencontré quelques blocs dont le volume n'était pas aussi 
considérable que celui des éboulis du point précédent. Sur 
l'avant de l'abri, le niveau de la vallée se trouvant en contre- 
bas avec celui qui s'était 'formé sous l'abri, j'ai commencé 
mes fouilles au niveau de la vallée , parallèlement aux 
rochers et en me dirigeant vers le fond central de l'exca- 
vation. 

Sur divers points , je n'avais pas moins de 2 mètres 
de déblai de terres à enlever avant que d'arriver au gise- 
ment. Si, sur le point attenant, les foyers n'existent pour 
ainsi dire plus, ici au contraire on les retrouve entièrement 
intacts et quelquefois môme superposés. Les pierres formant 
l'assise de ces foyers se trouvent en place et consistent 
en cailloux roulés granitiques ou schistoïdes, déjà fréquem- 
ment altérés en principe par l'action du feu, ils l'ont été 
tout autant et depuis par l'humidité qui parfois a fini de les 
décomposer presque entièrement. Ces cailloux dont quelques- 
uns sont relativement volumineux, ont été disposés, tantôt 
à plat et tantôt,de champ. Ils Font en grande partie calcinés, 
recouverts et entourés d'une terre essentiellement noire au 
milieu de laquelle on retrouve des os ou des fragments d'os 
brûlés et du charbon végétal. Les premiers foyers ont été 
rencontrés à 6U centimètres environ du niveau du soi actuel, 
ils sont peu profonds, assez riches, mais ne sont pas con- 
tinus. Immédiatement après eux et variant en épaisseur, 
arrive une couche composée de terre avec mélange de pierres 
calcaires , sur divers points, une couche pure de sable 
jaune, et enfin, les foyers principaux dont l'étude est on ne 
peut plus intéressante. La stratification des couches n'est 
point partout uniformément régulière, la couche de sable 



- 186 - 

semble parfois faire défaut et d'autres fois elle n'occupe 
plus le même niveau ni le même ordre de superposition. 

La richesse des foyers varie également. Ils sont plus ou 
moins riches, selon qu'on se rapproche ou qu'on s'éloigne 
des parois du rocher. En raison de l'humidité excessive, et 
des terres argileuses rencontrées vers le fond de l'abri, je 
n'ai pu arriver à atteindre les parois du rocher et c'est vers 
ce point, je le répète, où mes plus belles trouvailles ont été 
faites. 

iMalgré l'humidité qui a détruit la plus grande partie des os, 
j'ai eu néanmoins la bonne fortune de pouvoir recueillir 
plusieurs parties de bois de renne, sciés ou entaillés au silex. 
Quelques-uns parmi eux et l'un d'eux entre autres est remar- 
quablement beau par la façon dont il a été coupé dans toute 
sa longueur, qui mesure près de 40 centimètres, de même 
que par le travail dont il paraît avoir été l'objet à sa base. 
Les dents de cheval et de renne y sont abondantes, celles du 
bos sont plus rares. 

Au début de mes fouilles sous l'abri couvert, j'ai eu le 
plaisir de recueillir directement au-dessus des premiers 
foyers une aiguille entièrement intacte. J'ai retrouvé depuis 
plusieurs autres fragments d'aiguille et je ne doute pas que 
mes fouilles eussent été plus fructueuses encore, si j'avais eu 
la constance de passer au crible toutes les terres. J'ai reculé 
devant ce travail qui, indépendamment de sa longueur, serait 
devenu d'autant plus difficile que, comme je l'ai dit déjà, les 
terres étaient souvent trop humides pour pouvoir être 
criblées. 

Indépendamment de l'aiguille et des fragments d'aiguille 
que je viens de signaler, j'ai trouvé dans les diverses cou- 
ches mentionnées, des os travaillés mais non gravés. Ce 
sont des lissoirs, des poinçons, des flèches simples, la moitié 
d'un gros anneau pouvant 'être la base d'un bâton de com- 
mandement, plusieurs os creux sciés ou coupés pour former 
des emmanchements d'outils , plusieurs os portant des 



- 187 - 

entailles ou coches de marque, différentes coquilles perfo- 
rées, des dentales, trois fragments de belemnites (ce fossile 
est étranger au terrain géologique de la région], un os creux 
avec des trous parallèles sur un côté et distar.cés l'un de 
l'autre de 2 centimètres, un petit galet plat, circulaire, per- 
foré sur le bord et, enfin, un petit bloc d'ivoire certaine- 
ment travaillé, auquel il a été donné une forme que je ne 
puis délinir. Quelques cailloux roulés portent également les 
mêmes entailles ou coches de marque que celles dont 
je viens de parler pour les os. Une autre pierre schistoïde 
compacte porte des traces évidentes d'usure par frottement, 
on pourrait peut-être admettre qu'elle a été utilisée pour le 
polissage et l'aiguisage des aiguilles, etc. 

Le renne me paraît être l'animal dominant ayant servi à 
l'alimentation des troglodytes de la station des Roches. 
Je m'appuie en cela sur l'abondance relative des bois ou 
fragments que j'ai pu rencontrer. Trouvés en plus grande 
partie sur l'avant des abris, il ne m'a été possible d'en con- 
server qu'un petit nombre, tant il était difficile, malgré les 
soins apportés, de les obtenir relativement intacts, car le 
plus souvent ils se réduisaient pour ainsi dire en poussière 
dès qu'ils se trouvaient en contact direct avec l'air. 

Comme silex taillés, le type grattoir (fig. 41 et 43) me 
paraît être celui qui domine ; les petites lames ou tout 
petits instruments à taille droite sur le côté opposé au 
coupant sont également nombreux et particulièrement 
dans les foyers et autour des foyers, de même que les 
burins façonnés avec soin et une certaine habileté. 
Assez ordinairement, la présence de ces petits instru- 
ments dénonçait la présence d'os travaillés, c'est là une 
remarque que j'ai pu faire bien des fois et qui je crois 
n'est pas sans intérêt. Les lames en couteaux y sont 
également assez nombreuses de même que les perçoirs 
(fig. 5, 8 et 10), les nuclei et les percuteurs; mais en 
dehors des grattoir^, les pièces réellement belles sont assez 



- 188 - 

rares. Los grattoirs affectent diverses formes, les uns dou 
blés, les autres eu forme de disque, d'autres encore termi- 
nés en perçoirs, ont sur tout leur pourtour des retouches 
multiples et régulières, on y trouve aussi quelques spéci- 
mens du type Reysaulier. Un type que je ne connaissais 
point et que je n'ai rencontré dans aucune autre station 
mérite d'être particulièrement signalé, c'est un grattoir 
concave (lig. 6 et 42); serait-ce là un type spécial à la 
station des Roches? Je signale, enfin, une petite scie (fig. 9) 
bien caractérisée, seule pièce cru type rencontrée dans mes 
fouilles. 

Gomme roche, les silex sont de nature différente et parfois 
même entièrement étrangère à la contrée. Avec le jaspe, 
divisé en plusieurs variétés, se trouve la calcédoine, un 
beau silex blanc laiteux, quelques silex rubanés et des spé- 
cimens en roches volcaniques. 

Sauf les pièces solutréennes qui font défaut aux Roches, 
cette station me semble avoir de grandes analogies avec la 
Balutie, station située sur la commune de Montignae, anté- 
rieurement fouillée par moi. Je la considère comme plus 
belle que cette dernière en ce qui concerne la taille générale 
des silex qui est d'un travail et d'un fini irréprochables. 
De même que pour la Balutie, je classerais la station des 
Hoches comme intermédiaire entre les deux époques solu- 
tréennes et magdaléniennes. 

Je termine par une considération comparative entre les 
abris sous roche et les abris à ciel ouvert. Comment expli- 
quer que sur ces deux points si rapprochés l'un de l'autre, 
l'un ne présente le plus ordinairement que de simples éclats 
ou des pièces incomplètes, tandis que l'autre, au contraire, 
donne des pièces généralement fort belles comme travail et 
comme conservation. Il pourrait, peut-être, être répondu 
à ceci que les abris à ciel ouvert n'étaient qu'un atelier 
d'ébauche et que la taille du silex et le fini du travail se 
terminait ensuite sous les abris couverts. Sans rechercher 



- 489 - 

le plus ou moins de vraisemblance que pourrait avoir cette 
hypothèse, j'ai lieu de douter qu'il en soit ainsi; et, la sim- 
ple comparaison de la nature des silex de l'un et de l'autre 
point semble donner bien peu de fondement à cette hypo- 
thèse purement imaginaire. 

A quelques mètres en amont de l'abri couvert dont je 
viens de donner, avec des remarques particulières, le résul- 
tat de mes fouilles, existe un autre petit abri couvert 
formant pour ainsi dire grotte. Infiniment plus réduit et 
plus encaissé, cet abri n'a pas été exploré ; je me proposais 
de faire également des fouilles sur ce point, mais mon dé- 
part trop précipité n'a pu me le permettre. Un simple son- 
dage effectué sur l'avant de ce dernier abri m'a pourtant 
fait reconnaître que la situation était à peu près identique 
et qu'il me semblait qu'il y avait tout lieu de croire que l'on 
retrouverait là les gisements rencontrés à côté sous l'abri 
principal et peut-être même des découvertes plus intéres- 
santes. 

Avant de clore ce Mémoire sur la station des Roches, qu'il 
me soit permis de témoigner tous mes remerciements à 
M. Alibert, employé de la culture des tabacs à Montignac, 
pour l'infatigable concours qu'il a bien voulu si gracieuse- 
ment me prêter durant toute la période de mes fouilles, 
concours intelligent et dévoué dont je suis heureux en cette 
circonstance de lui exprimer toute ma gratitude. 



Séance du 14 juin 2882. 

Présidence de M. Marquet. 

M. le Président proclame membres titulaires : 
MM. J. Comère, pharmacien, présenté par MM. Trutat. 
Lacaze, id. id. 

Tujague, id. id. 

H. Dispan, id. Azam. 



- 190 - 

La Société a reçu en dons : 

1° Animaux et insectes nuisibles de la Sologne, par 
M. Duchalais ; 

2° Dispositif pour comparer les densités du gaz d'éclai- 
rage, par M. de Rey-Pailhade ; 

3° Une belle collection de roches de Bretagne, par M. le 
comte de Limur. 

L'Assemblée vote des remerciements aux donateurs et 
décide que, suivant son règlement, la collection minéralo- 
gique sera donnée au Muséum d'Histoire naturelle. 

M. le Président lit une lettre de M. le Secrétaire-général 
de la Société de Géographie de Toulouse, invitant les mem- 
bres de la Société d'Histoire naturelle à se joindre à elle. 

En raison du concours si utile apporté par notre Société 
à la nouvelle, tout membre qui adhérera sera inscrit de 
droit Membre fondateur. Le prix de cotisation est de 10 fr. 
par an. 

M. le Président fait part à la Société du résultat de 
l'excursion au Sidobre. 11 explique en quelques mots les 
raisons qui font croire que les énormes blocs de granité 
du fond de la vallée sont dus à une désorganisation sur 
place, plutôt qu'à un travail glaciaire. Il sera fait un rap- 
port détaillé sur cette excursion. 

M. Haas signale un curieux phénomène de coloration des 
granités de Luz, dont il a été plusieurs fois témoin. Avant 
le lever du soleil, les murailles de granité de cette vallée 
ont une teinte violette parfaitement caractérisée; mais 
cette couleur disparaît par gradation au fur et à mesure 
que le soleil s'approche de l'horizon. 

MM. Monclar et le capitaine Lasserre ont observé aussi 
plusieurs fois des phénomènes analogues. 

M. L\ci\oix prend la parole pour annoncer que le 12 mai 
dernier, on vit deux vautours fauves (Vultur fulvus) planer 



- 191 - 

au-dessus de Pouvourville, village de la banlieue sud de 
Toulouse. — Un de ces grands rapaces a été tué le 14 au 
matin à Vieille-Toulouse, sur un chêne, où il s'était perché. 
Le sujet capturé est un mâle dont les ailes étendues mesu- 
rent 2 mètres 23 cent. Il est fort rare que les vautours quit- 
tent les Pyrénées, surtout à cette époque de l'année. Le 
18 mars 1871, on en avait aussi tué un tout proche de 
Toulouse. 

M. de Saint-Simon communique à la Société le Mémoire 
suivant : 

Etude des Hélix du groupe de l'Elegans 

§ 1. Frédéric Otto Muller, en 1774, décrivit, sous le nom 
de Hélix crenulata, une espèce qui a donné lieu à de nom- 
breuses controverses. Mon savant ami, M. l'abbé Dupuy, dont 
le nom fait, ajuste titre, autorité dans la science, cite la 
description du naturaliste danois, dans son bel ouvrage sur 
les Mollusques de France. Il conclut que Y Hélix crenulata 
n'est pas le Terrestris de Chemnitz (H. elegans, Gmelin, Sys- 
tema naturœ, 1790). Ce dernier nom a été adopté par Drapar- 
naud (voir son Histoire naturelle sur les Mollusques de 
France, 1805). L'avis de M. l'abbé Dupuy a été partagé par 
un autre auteur dont le nom fait aussi autorité dans la 
science, mon savant et regretté ami M. Moquin-Tandon. De 
même que M. l'abbé Dupuy, il ne connaissait pas la natura- 
lisation du Trochoïdes, auprès de Lyon. 

Olivier, en 1804, emploie le nom de crenulata et l'appli- 
que à une Hélice dont la forme est voisine de celle de 
YHelix terrestres, mais dont les tours sont tuberculeux en 
dessus et l'ouverture arrondie. Enfin, Lamarck et Deshayes 
confondent avec l'espèce orientale décrite par Olivier, une 
autre Hélice dont il sera question plus loin et que j'ai pu 
recueillir moi-même à Mariout, près d'Alexandrie. 



— 192 — 

.l'avais oublié de dire que Dilwin a désigne sous le nom 
de crenulata une coquille qui doit se rapporter à Y Hélix cot- 
tulatu de Zeigler. Ce mollusque, voisin des Hélix candidula 
et rugosiuscula, diffère complètement des Hélices carénées 
qui appartiennent au groupe du Terresiris et à celui des 
espèces tuberculeuses d'Egypte et de Syrie. 

Dans la troisième décade de ses Mollusques litigieux qui a 
paru en 1863, mou savant ami M. Bourguignat traite à fond 
la question des Hélix crenulata. Il a rendu un véritable ser- 
vice à la science en séparant entre eux les divers types dé- 
crits par les auteurs précédents. 11 a fait connaître et com- 
plété en même temps les diagnoses. ainsi que les localités 
citées par ceux-ci. 

M. Bourguignat supprime le nom de crenulata employé si 
fréquemment et d'une manière si malencontreuse. Il crée, 
pour l'espèce publiée par Olivier, le nom de ptychodia. Il 
décrit sous celui de philammia le crenulata de Lamarck et 
Deshayes. Enfin, il cite comme synonyme de Y Hélix costulata 
le mollusque dénommé par Dilwin. 

Quant au crenulata primitif, le même auteur évite de 
trancher la question, la diagnose de Mùller n'étant pas com- 
plète et la localité indiquée par l'auteur n'étant pas claire- 
ment fixée. 

Ce qui rend le texte de Mùller assez obscur, c'est qu'il 
existe en France , dans la région méditerranéenne, deux 
Hélices coniques, à coquille carénée et dont l'ouverture est 
anguleuse, les Hélix terrestris et trochoïdes. La première de 
ces deux espèces est plus grande, moins turriculée en dessus 
et moins bombée en dessous que la seconde ; en outre, elle 
est munie d'une carène tranchante plus marquée. 

Si nous lisons attentivement le texte de la diagnose 
de Mùller, nous voyons qu'il parle d'une coquille dont le 
diamètre est de 3 lignes et demie (7 millimètres environ); 
c'est celui d'un Hélix terrestris de moyenne taille, tandis 
qu'il est rare de trouver un Hélix trochoïdes dont le diamètre 



— 193 — 

atteigne 6 millimètres. Mûller parle d'un sillon qui accom- 
pagne la carène au-dessous de la coquille, dans les termes 
suivants : Sub carina, seu margine acuto spirse majoris 
» conspieitur alius parvus margo, seu incisio concentrica 
» huic Helici propria » (p. 68, n° 263). Si c'est le sillon 
inférieur étroit qui accompagne le filet carénant en-dessous 
de la coquille auquel Mûller fait allusion, ce caractère 
se trouve chez les deux espèces ; il y a en outre un autre 
caractère particulier au trochoïdes, c'est la rainure spirale 
qui accompagne le même iilet en dessus ; elle est très-appa- 
rente chez les individus qui habitent le littoral de la Médi- 
terranée, en Provence. D'après mon savant ami M. Fagot, et 
je partage son opinion, deux caractères, l'un tiré de la 
forme de la coquille, c'est-à-dire le bombement de celle-ci 
en dessous, et l'autre emprunte à la coloration, je veux 
parler de la bande médiane qui, d'après le naturaliste danois, 
orne cette partie du têt dans l'espèce qu'il décrit, s'appli- 
quent au trochoïdes et non au ierrestris. Jusqu'à présent, je 
n'ai pas trouvé d'individus français de cette dernière espèce 
dont les bandes présentassent cette disposition. Je dois 
ajouter qu'elle se trouve quelquefois chez des terrestris qui 
vivent aux environs de Saint-Florent (Corse), mais la coquille 
de ceux-ci est aplatie en dessous. 

Ne possédant pas le Synopsis de Lister, je n'ai pas pu 
savoir si la figure 85, citée en synonymie par Mûller, se rap- 
porte à l'une ou à l'autre des deux espèces dont il vient 
d'être question. 

Je n'ai pas pu savoir davantage quelle partie du Midi de la 
France était désignée sous le nom de Gallia Lionensis. Est- 
ce la Gaule Lyonnaise (Gallia Lugdunensis) ? Ce n'est pas 
probable, car il est bien douteux que les Hélix terrestris et 
trochoïdes aient remonté jusqu'au centre de la France. 
Seraient-ce les côtes du golfe de Lion qui terminent à l'est 
l'ancienne Gaule Narbonnaise ou celles de la Provence ? Que 
conclure de tout ceci? On a bien raison maintenant d'atta- 

13 



- 194 - 

cher une grande importance à la désignation des localités 
particulières aux espèces décrites par les auteurs. 

Il y a lieu néanmoins de présumer que les individus 
décrits par Huiler ont dû provenir des environs de Lyon. 
Dans un mémoire intitulé : Note sur les migrations malaco- 
logiques aux environs de cette ville , mon savant ami 
M. Arnould Locard cite VHelix trochoïdes comme ayant été 
trouvé dans les alluvions dn Rhône, entre la Boucle et Saint- 
Clair ; les rares individus recueillis devaient provenir des 
atterrissements situés entre la Pape et Miribel. 11 existe dans 
ces dernières localités une faune venue de la Provence qui 
s'est acclimatée sur ce point. Les trochoïdes examinés par 
Mûller ont dû être d'une assez grande taille pour l'espèce 
ou la mesure a pu être exagérée. 

Grâce à l'obligeance de M. Locard, j'ai pu examiner les 
Hélix trochoïdes recueillis auprès de Lyon. Ils appartiennent 
au type provençal dont les premiers tours sont beaucoup 
plus turriculés que ceux des individus provenant du littoral 
méditerranéen de l'Aude et de l'Hérault. 

Il existe trois types bien tranchés auxquels on a donné le 
nom de trochoïdes. 

\. VHelix trochoïdes typique cité par Poiret comme 
recueilli sur les dunes de la Calle. Il est de grande taille 
(7 millimètres), faiblement turriculé, aplati au sommet, l'ou- 
verture est assez fortement anguleuse vers le filet carénant ; 
celui-ci est filiforme et assez régulièrement denticulé. 
La dépression spirale qui caractérise le dessus de la coquille 
est très-étroite et un peu eiïacée. 

2. VHelix décrit par Draparnaud sous le nom de conica 
est petit, plus fortement et plus régulièrement strié que le 
précédent, ses tours sont médiocrement turriculés, le filet 
carénant est bien plus gros que chez le vrai trochoïdes ; la 
dépression spirale est plus accentuée, l'ouverture est à peine 
anguleuse, plus comprimée que celle de ce dernier ; en 
outre, le bord columellaire est plus arqué que chez les indi- 



— 495 — 

vidus que j'ai reçus de la Galle. Cette disposition rend l'ou- 
verture moins allongée ; c'est l'inverse de ce qui se passe 
chez les terrestris de Bône et ceux des régions situées 
à l'ouest des côtes du Languedoc. 

3. L'espèce rapportée au trochoïdes et si commune aux 
environs de Marseille est plus conique et plus turriculée que 
les précédents ; la dépression spirale est large et profonde 
et l'ouverture est plus anguleuse que celle du conica. 11 y a 
lieu de croire que c'est le crenulata de Mùller. 11 atteint une 
plus grande taille que le type de l'Hérault. 

§ 2. L' Hélix philammia Bourguignat (H. cremilata Lamarck) 
appartient à un groupe voisin du terrestris et caractérisé par 
une coquille à tours plus larges et tuberculeuse en dessus. 

Deux des trois espèces qui en font partie, les Hélix tuber- 
culosa Conrad et philammia de Bourguignat, ont été décrites 
et figurées d'une manière très-exacte dans le travail de ce 
dernier auteur, comme j'ai pu m'en assurer d'après les indi- 
vidus appartenant à ces deux types que je possède. Il doit 
en être de même pour V Hélix ptichodia Bourguignat, que je 
n'ai pas pu me procurer ; s'il existe près d'Alexandrie , 
ce doit être entre cette dernière ville et Rosette, car toutes 
les Hélices tuberculeuses provenant de Mariout et que 
j'ai eues à ma disposition jusqu'à présent sont des philammia. 

L'Hélix tuberculosa, caractérisé par une carène saillante et 
régulière, ainsi que par une ouverture anguleuse, se trouve 
sur le versant oriental de la chaîne de Jérusalem. Je l'ai 
cherché inutilement entre Betphagé et Béthanie. 11 doit se 
trouver plus près de la mer Morte. C'est au couvent de Mar- 
Saba qu'on peut recueillir cette curieuse espèce sous les 
touffes d'herbe et au pied des arbrisseaux (voir Bourguignat, 
Mollusques nouveaux et litigieux, 3 me fascicule, p.- 53, dé- 
cembre 1863). 

D'après le même auteur, Schmidt a donné une mauvaise 
reproduction de l'appareil génital de cette Hélice. 

Un de nos plus savants anatomistes, pour ce qui concerne 



— 196 - 

la malacologie, M. AV. G. Binney, a publié clans le Bulletin 
de l'Académie des sciences de Philadelphie (juin à septem- 
bre 1876), la description de la mâchoire et du ruban lingual 
de ce mollusque, ainsi que les figures des dents qui recou- 
vrent ce dernier appareil. Malheureusement, il n'a pu étudier 
qu'un individu desséché depuis longtemps. J'ai rendu compte 
de ce travail le 27 novembre 1878, dans une séance de la 
Société. Je signalerai une erreur de date que j'ai commise 
relativement au fascicule de la Société américaine dont il 
est question. Celui-ci a paru en 1876 et non en 1878. 

D'après M. Binney, la mâchoire présente des côtes nom- 
breuses, serrées, larges et aplaties; celles-ci dépassent les 
deux bords. Cette description est plus succincte que celle de 
VHelix terrestris donnée par le même auteur. Les côtes de 
la mâchoire de cette dernière Hélice sont , d'après lui , 
au nombre de 14, et les crénelures dépassent faiblement les 
deux bords de l'appareil. J'ai déjà signalé l'analogie que 
présentent entre elles les mâchoires des deux espèces, dans 
le rapport dont je viens de parler. 

D'après M. Moquin, le nombre des côtes de Y Hélix terres- 
tris n'est que de 9 à 10 et les crénelures sont fortes et 
obtuses. Il est possible que les individus acclimatés à Char- 
leston appartiennent à VHelix scitula des côtes de Provence 
ou au terrestris des côtes de l'Algérie {Hélix trochilus de 
Poire t). La mâchoire du scitula provençal présente des côtes 
plus aplaties et des denticules bien moins saillantes que 
celle des terrestris du Languedoc. 

La description du ruban lingual de VHelix tuberculosa, 
donnée par M. Binney, contient plus détails. 

La plaque linguale est étroite ; la formule dentaire est la 
suivante : 

28 — 1—28 

Les dents marginales sont larges et basses ; on y remarque 
les cuspides en ciseaux et les deux petites cuspidcs du 
terrestris. 



— 197 - 

Les dents latérales et rachiales sont dépourvues de dents 
accessoires, qui sont remplacées par un petit bulbe qui doit 
être, à mon avis, considéré comme étant la dent accessoire 
à peu près avortée. On voit dans la figure que les lamelles 
sont larges et assez fortement échancrées. Dans la figure des 
dents rachiales de Y Hélix terrestris, publiée par M. Binney, 
les dents accessoires tendent à se rapprocher de la dent 
principale. 

VHelix philammia diffère du précédent par les tours de la 
coquille qui sont plus bombés en dessus et en dessous, par 
la carène dont le cordon est peu marqué ; les dentelures 
sont plus espacées. On y remarque entre les deux carènes 
une dépression, et celles-ci sont à peu près égales sur les 
deux derniers tours. Enfin, l'ouverture est très-faiblement 
anguleuse. 

Les différences qui existent entre ces deux espèces rappel- 
lent beaucoup celles qui existent entre VHelix terrestris et 
le trochoïdes. Je possède un individu très-grand de VHelix 
philammia dont les tours sont turriculés comme chez 
celui-ci. 

Bien qu'à peu près opaque, le têt du philammia est mince 
et fragile ; la couche intérieure est luisante et nacrée. Grâce 
à l'obligeance de mon savant ami M. Aristide Letourneux, 
j'ai pu recueillir moi-même cette espèce à l'ouest du lac 
Mariout, près d'Alexandrie. Elle adhère fortement aux bancs 
de rochers nummulitiques peu élevés dont les ondulations 
de ces terrains sont formés. Ce mollusque reste ainsi exposé 
au soleil pendant toute la journée au-dessus des touffes des 
plantes africaines dont il doit se nourrir au crépuscule 
ou pendant la nuit. 

Après un jeûne de 16 à 17 mois, j'ai été étonné de trouver 
encore vivants trois individus que j'avais détachés moi- 
même du rocher auquel ils étaient collés. 

L'animal est grêle, ainsi que les tentacules, d'un jaunâtre 
clair. Je ne l'ai jamais vu sortir de la coquille pendant 
le jour. 



— 198 — 

N'ayant sacrifié qu'un individu, je n'ai pu faire qu'une 
anatomie incomplète de cette espèce si curieuse. 

La mâchoire est large, fortement arquée, d'un brun rous- 
satre ; elle est plus claire et presque transparente aux deux 
bouts, qui sont obtus et taillés en biseau ; cet appareil est 
muni d'une vingtaine de côtes presque verticales , peu 
recourbées ; elles s'élargissent à mesure qu'elles se rappro- 
chent de la partie médiane. On remarque vers le bord libre 
de celle-ci un rostre assez marqué ; ce dernier est muni de 
six des lamelles centrales (côtes médianes). Le bord libre est 
d'un brun roussâtre et les crénelures des côtes sont à peu 
près nulles. 

Le ruban lingual est assez large, tronqué aux deux bouts, 
les rangées de dents sont peu sinueuses; les éléments qui 
les composent sont petits, assez espacés. La rainure cen- 
trale est assez distincte. 

La formule dentaire est la suivante : 
(U+I2 + 1+12H-14)X'I00. 

Les dents marginales sont composées d'un support assez 
large, contourné, rétréci vers le bord extérieur du ruban 
lingual ; il est surmonté de trois cuspides ; les deux plus 
grandes sont en ciseaux et très-inégales, recourbées, peu 
divergentes ; la troisième est beaucoup plus petite que les 
précédentes, recourbée et pointue. 

La forme des dents latérales se rapproche de celle d'un 
cône tronqué dont la troncature serait légèrement convexe; 
elles sont assez allongées, le support est étroit, cupuliforme, 
rétréci vers le rachis ; la cuspide terminale est grande, 
allongée, robuste et présente un angle marqué à la partie 
marginale de la base. 

Le côté opposé est coupé droit; la lamelle est large, assez 
fortement échancrée ; ses bords latéraux sont courbes et 
aboutissent à deux parties inégales comme dans un grand 



— 499 — 

nombre d'Hélices. La dent accessoire est à peine visible et 
collée contre la base de la dent principale. 

Les dents racliiales sont plus allongées et plus étroites 
que les latérales; le support est très-étroit, en croissant; on 
voit de chaque côté, à la base les dents accessoires dont la 
petitesse est remarquable et la forme est celle d'un onglet. 
La cuspide terminale est grande, robuste et conique. Les 
lamelles sont très-allongées, assez fortement échancrées ; 
elles présentent une faible saillie vers le milieu du bord 
de l'échancrure, les bords latéraux sont droits. Les deux 
pointes sont aiguës et égales. On voit que chaque lamelle 
est composée de trois segments longitudinaux. Le segment 
du milieu est le plus court. 

Le système reproducteur présente un vagin assez large et 
court. Deux poches à dard ovoïdes allongées, petites, for- 
mant angle droit avec le vagin, bien séparées, grisâtres 
comme celui-ci. Les vésicules muqueuses sont au nombre de 
deux, courtes, grosses ; la vésicule dextre donne naissance 
à une branche simple et à deux autres réunies à la base; 
ces trois branches sont à peu près aussi longues que le 
tronc, sinueuses, le bouton est obtus. On observe dans la 
vésicule gauche deux branches qui se dichotomisent à peu 
de distance du tronc. Leur forme est à peu près la même 
que celle des ramifications de l'autre vésicule. La poche 
copulatrice est grande, linguiforme, munie d'un canal assez 
court. Je n'y ai pas trouvé de branche copulatrice. 

Le flagellum est médiocrement développé, filiforme, 
sinueux. 

Hélix trochleà 

Cette espèce remarquable, nommée par Pleiffer, en 1846, 
dans son Symbolœ ad historiam Heliceorum, a été décrite et 
figurée avec beaucoup de soin par M. Bourguignat sur la 
Malacologie de l'Algérie. Il donne les figures des types de 



— 200 - 

Bougie, du cap de Garde, près de Bône et d'Alger. (Voir 
Malacologie de l'Algérie, I er volume, p. 280 à 282, pi. XXXII, 
fig. 4 5 à 22 .) 

Cette Hélice présente certains rapports avec une espèce 
du sud du Maroc (Y H. pumilio, Chemn.), mais la forme gé- 
nérale est moins élancée, la coquille est régulièrement striée 
en dessus et non rugueuse en dessous, les premiers tours 
sont plus larges et moins scalaires, les derniers tours sont 
d'un autre côté plus étroits. Le filet carénant est caché par 
la rangée de tubercules arrondis et réguliers, tandis que 
ceux du pumilio sont denti formes. 11 n'existe pas de double 
rangée, ce qui le sépare complètement de celui-ci et du 
philammia. La scalarité est plus accentuée et plus régulière. 
Le bord libre de l'ouverture est plus arqué en dessous, il 
est plus descendant et non sinueux en dessus. La perfora- 
tion ombilicale est moins étroite. 

L'intérieur de l'ouverture est un peu nacré chez les deux 
espèces, mais pas autant que chez le philammia. 

On recueille YHelix trochlea dans la partie nord des pro- 
vinces de Constantine et d'Alger. Il habite les anfractuosités 
des rochers, sur les herbes ou les arbrisseaux des pelouses 
arides dulittoral. (Voir Bourguignat, Malacologie de V Algérie, 
vol. I, p 282.) On le recueille aussi en Tunisie aux envi- 
rons de Kamart, aux ruines de Carthage, au pied des oli- 
viers, et sur le versant oriental du Debel Ahmar. (Voir le 
même auteur, Souvenirs d'une exploration scientifique dans 
le nord de l'Afrique, Histoire malacologique de la Régence de 
Tunis, mai 1868, p. 25.) Ce mollusque n'a pas été signalé 
jusqu'à présent dans la province d'Oran. 

Grâce à l'obligeance de mon savant ami, M. le D r Hagen- 
mùllcr, j'ai pu étudier la mâchoire et le ruban lingual d'un 
individu provenant du cap de Garde, près de Bône. Malheu- 
reusement l'animal était mort depuis longtemps et je n'ai 
pas pu voir le système reproducteur qui doit présenter un 
véritable intérêt. 



— 201 — 

La mâchoire est plus élargie aux deux bouts et plus tra- 
pue que celle des Hélix elegans et philammia, d'un roux- 
foncé ; les côtes sont droites, verticales, parallèles, au nom- 
bre de douze ; elles sont divisées en trois groupes de quatre 
côtes chacun, le groupe médian forme une espèce de rostre ; 
les denticules dépassent le bord libre et sont assez pointues. 

De même que celui de VHelix elegans, le ruban lingual du 
trochlea est plus large que celui du philammia. 

Les dents sont petites ; les rangées sont assez sinueuses, 
séparées les unes des autres. Les dents de chaque rangée se 
touchent entre elles; elles sont plus petites que celles du 
philammia. Gomme chez cette dernière espèce, la rainure 
du rachis est apparente. 

La formule dentaire est la suivante : 

(U-HO + 'i+IO-j-U) X 90. 

Les dents marginales sont tricuspidées comme celles du 
philammia, mais les deux segments du support sont pres- 
que égaux ; les cuspides en ciseaux sont moins inégales et 
la plus petite de même que la cuspide extérieure atteignent 
presque la moitié de la longueur de la grande cuspide. 
Quelques dents présentent une quatrième cuspide tout à fait 
rudimentaire. 

Les dents latérales sont trapues et contournées; le sup- 
port cupuliforme paraît très-étroit ; la cuspide terminale 
est grosse, recourbée. La dent accessoire est assez dévelop- 
pée, se rétrécit à la base de la cuspide terminale et pré- 
sente la forme d'un coing, celle ci est assez grosse relative- 
ment à la dent ; le tout arrive à la hauteur de la base de la 
grande cuspide, et s'écarte brusquement de la dent princi- 
pale. Les lamelles sont trisegmentées, larges, fortement 
recourbées, et terminées par deux pointes presque égales 
«n longueur. 

Les dents rachiales, un peu plus petites que les latérales, 



— 202 — 

sont courtes, grosses et ressemblent à une olive coupée 
transversalement ; la cuspide est grosse et très-robuste. Les 
deux dents accessoires se touchent par la base ; elles forment 
un angle très-ouvert, d'où sort la grande dent; elles parais- 
sent contournées et terminées par un onglet pointu et re- 
courbé en crochet. Les lamelles sont larges, assez échancrées, 
trisegmentées et terminées symétriquement de chaque côté 
par une pointe courbe. 

VHelix trochlea établit un passage entre les espèces tu- 
berculeuses du groupe tuberculosa et celles des Hélix à 
simple filet carénant comme le terrestris. J'ignore si l'on 
a découvert, en Algérie, des espèces à double rangée de 
tubercules semblables à celles qui ont été recueillies au 
Maroc et en Egypte. Peut-être en existe-t-il dans les régions 
du Sahara qui font partie de nos possessions algériennes? 

Hélix terrestris 

Dans le premier volume de la Malacologie de l'Algérie, 
p. w 278 à 280, M. Bourguignat donne une synonymie et une 
diagnose très-complète de cette espèce. 11 en établit les 
principales variétés et y ajoute des figures très-exactes. 
Seulement, de même que les auteurs qui l'ont précédé, il 
cite en synonyme V Hélix elegans de Draparnaud qui me pa- 
rait différer beaucoup du type algérien. Quant à Y elegans 
de Gmelin, est-ce le terrestris d'Afrique ou Velegans des 
environs de Montpellier? Je ne crois pas que la question ait 
été tranchée; comme je ne possède pas cet ouvrage, il m'est 
impossible de savoir la vérité à cet égard. 

VHelix terrestris diffère de Velegans par son filet caré- 
nant qui est bien moins développé, par son ombilic plus 
ouvert, et surtout par son ouverture dont le bord columel- 
laire est recourbé en arc de cercle, tandis que celui de Vele- 
gans est moins courbe et en ellipsoïde allongé. Le bord 
opposé de celui-ci descend plus brusquement que chez les 



- 203 - 

individus qui proviennent du littoral des environs de Bône 
et de Bougie. En outre, chez ceux-ci, les stries m'ont paru 
plus régulières. 

Je n'ai pas pu me procurer encore des spécimens vivants 
de l'Algérie. 11 serait important de savoir si les observations 
anatomiques concordent avec celles que j'ai faites sur les 
coquilles de ces deux types. Rien n'a été fait que je sache à 
cet égard. 

M. Bourguignat fait remarquer avec raison que Y Hélix 
trochilus de Poiret, n'est autre chose qu'une variété plus 
aplatie du Urrestris. 

L'Hélix Jerrestris est très-commun dans les contrées du 
littoral africain, depuis Alger jusqu'à Tunis. De même que 
le trochlea, il n'est pas cité comme vivant sur la côte de 
Tripoli et sur celle d'Oran. 

Hélix elegans, Drap. 

Il est fâcheux que l'on ne sache pas quelle est l'espèce 
qui a été décrite par Gmelin sous le nom d'elegans. Peut- 
être faudra-t-il remplacer le nom employé par Draparnaud 
par une désignation nouvelle. Cet inconvénient se repro- 
duit plus d'une fois relativement aux espèces créées dans le 
dernier siècle et au commencement de celui-ci. Il faut pro- 
visoirement conserver le nom appliqué à l'espèce si com- 
mune aux environs de Toulouse. 

MM. Moquin-Tandon et Binney ont décrit la mâchoire de 
cette espèee. Ce dernier auteur en a fait connaître le ruban 
lingual. On trouvera plus haut les observations que j'ai 
faites à cet égard. Je me bornerai à signaler celles que j'ai 
faites sur d'auires organes que j'ai étudiés dans cette Hélice 
très-remarquable sous plusieurs rapports. 

Les détails donnés dans l'ouvrage de M. Moquin-Tandon 
sur l'appareil reproducteur de YHelix elegans qu'il rapporte 
au terrestris, prouvent que cet ensemble d'organes présente 



— 204 — 

certaines analogies avec celui de VHelix philammia ; mais 
d'un autre côté, en comparant entre eux ces organes que 
j'ai examinés moi-même dans les deux espèces, j'ai pu cons- 
tater qu'ils sont séparés les uns des autres par de grandes 
différences. 11 est facile de le prouver en donnant le résultat 
des observations contenues dans ['Histoire naturelle des Mol- 
lusques de France et les miennes relativement à ces organes 
étudiés comparativement dans VHelix elegans et le philammia. 

Voici d'abord les détails publiés par M. Moquin-Tandon, 
sur l'appareil reproducteur de VHelix elegans, dans le second 
volume de Y Histoire naturelle des Mollusques de France , 
p. 273 : « Fourreau de la verge long et étroit, singulièrement 
aminci supérieurement. Flagellum médiocre, très-grêle, 
presque capillaire. Bourse très-courte , longue à peine 
de m 005, obtuse, émarginée au sommet ; à la place du 
dard, elle renferme un corps frangé ou digité à quatre ou 
cinq lobes, obtus. Vésicules muqueuses au nombre de six ou 
huit (trois ou quatre de chaque côté), longues de 2 ou 3 milli- 
mètres, grêles, sinueuses, d'un blanc un peu grisâtre. Poche 
copulatrice grande, digitiforme, pourvue d'un canal long et 
épais, surtout supérieurement, point débranche copulatrice 
(pi. XX, fig. 7, 8, 9). 

Les observations suivantes serviront à compléter et à rec- 
tifier celles qu'on vient de voir. 

Le flagellum est recourbé, un peu plus long et moins 
effilé que celui figuré par M. Moquin. La bourse du dard est 
assez grande, large, émarginée, d'un brun jaunâtre assez clair. 
On sait qu'il existe deux bourses chez VHelix philammia- 
Les vésicules muqueuses sont au nombre de six et sont plus 
longues que celles de l'espèce de Mariout. (Chez un individu 
elles ne présentaient pas de ramifications.) On remarque un 
peu plus bas, de même que chez le trochoïdes, deux vésicules 
rudimentaires dont la forme est celle d'un onglet recourbé. 
La poche copulatrice est grande, globuleuse, recourbée 
en crosse, et ressemble à celle de VHelix apicina figurée 



- 205 — 

dans le même ouvrage. Le canal est long, assez large; la 
branche copulatrice manque complètement. La grandeur de 
la poche copulatrice varie selon les individus. La matrice 
est assez large et composée de replis intestiniformes gros et 
peu serrés. 

Chez un individu recueilli dans le mois de décembre, 
c'est-à-dire à l'époque où ce Mollusque est adulte, j'ai trouvé 
deux vésicules à deux branches, l'une à droite, l'autre à 
gauche, et deux vésicules simples ; les deux vésicules rudi- 
mentaires existaient aussi. La poche copulatrice était plus 
grande que chez les autres spécimens que j'ai examinés. 
11 résulte de ce qui précède que probablement l'individu 
dont le système reproducteur a été dessiné par M. Moquin 
n'avait pas atteint son entier développement. 

Les vésicules dont je viens de parler contenaient de gros 
grains ronds, blanchâtres et disposés en chapelet. 

La glande de l'albumine est assez longue, linguiforme, 
étroite, recourbée, d'un brun d'ocre, plus foncée au bout. 

Le talon est petit, il ressemble beaucoup à celui de YHelix 
conica et se compose comme lui d'une glande tronquée aux 
deux bouts, ainsi que d'un bouton terminal dont la forme 
rappelle beaucoup celle du bouton des tentacules des Hélices. 
Le tout est d'un gris clair. 

Le canal excréteur présente aussi la même coloration ; on 
y remarque des replis intestiniformes peu serrés. 

Le collier médullaire est caractérisé par des ganglions 
cérébroïdes d'un brun clair, composés de trois segments 
oblongs; l'anse nerveuse est assez courte, large, en demi- 
cercle ; les ganglions sous-œsophagiens sont grands, ovoïdes, 
d'un brun clair ; ils supportent les poches auditives et don- 
nent naissance postérieurement à des nerfs assez gros et 
très-nombreux. Les ganglions buccaux sont petits, oblongs, 
recourbés, bruns ; la commissure est très-courte et en arc 
de cercle. 

Il ne me reste qu'à mentionner le conduit qui fait com- 



— 206 — 

muniquer la glande de Bojanus avec la veine pulmonaire. 
(Voir mon Mémoire sur la glande prœcordiale, Journal de 
Conchyliologie, 2 me volume, 25 décembre 1851 , p. 347, 
et Moquin-Tandon, Histoire naturelle des Mollusques terres- 
tres et fluviatiles de France, 1 er volume, 1855, p. 68. Voir les 
mêmes travaux relativement au conduit qui part de cette 
glande et aboutit au duodénum.) 

On ne doit pas être étonné de trouver dans un ouvrage 
aussi étendu et aussi important que celui de M. Moquin- 
Tandon, quelques inexactitudes dans les détails. Je répéterai, 
à cet égard, ce que j'écrivais à un de nos plus profonds ana- 
tomistes, mon regretté ami M. Môrch, de Copenhague. Ce 
savant qui, de môme que Claparède, aurait pu rendre encore 
de grands services à l'anatomie des mollusques, a été enlevé 
comme lui à la fleur de l'âge. 

Dans sa lettre du 6 janvier 1866, il faisait la réflexion sui- 
vante dont la justesse ne peut pas être contestée à mon avis : 
« L'ouvrage de Moquin-Tandon est sans doute la base pour 
l'anatomie des mollusques terrestres, mais il lui manque 
encore une révision rigoureuse. » 

Bien que je sois l'élève de M. Moquin, on ne doit pas me 
blâmer de faire il certaines parties de ses travaux, des rec- 
tifications qu'il aurait faites lui-même, s'il avait vécu. 

Maintenant je vais reproduire les observations que je sou- 
mettais à M. Môrch le 14 février 1867 : 

« Vous avez bien raison d'assigner une grande importance 
aux dents linguales des mollusques. M. Moquin, dont je suis 
l'élève, s'était occupé avec beaucoup de soin de la mâchoire 
des Gastéropodes terrestres et fluviatiles. Malheureusement, 
sa rue s'affaiblit en 1852, peu avant son départ pour Paris ; 
de sorte que, dans beaucoup de cas, il n'a pas employé le 
microscope composé ; puis, pendant longtemps, nous pre- 
nions les formes si diverses et si curieuses des dents linguales 
pour des illusions d'optique. Pourtant, le chapitre 4 du pre- 
mier volume des Mollusques de France contient, à ce sujet, 



— 207 — 

des observations de M. Moquin et de moi. Vous devez avoir 
remarqué les détails que cet auteur donne sur le ruban lin- 
gual de YAncylus fluviatiles dont il avait fait une très-belle 
monographie et qu'il a démontré appartenir aux Limnéens. 
Il n'est pas étonnant que, lorsqu'on a devant soi un champ 
aussi étendu que celui de l'étude anatomique des Mollusques 
irançais, beaucoup de lacunes restent à combler, de points 
points obscurs à éclaircir, d'inexactitudes à redresser et de 
parties ébauchées à terminer. C'est un grand résultat déjà 
que l'impulsion ait été donnée par un grand ouvrage comme 
le sien et par d'autres travaux très-irnportants, au nombre 
desquels je mets ceux que vous avez mis au jour. » 

L'Hélix elegans occupe la région qui s'étend de la Médi- 
terranée à l'Océan, c'est-à-dire de Cette à Bordeaux. Jus- 
qu'à présent la limite de cette région paraît être au nord, à< 
Mazamet, où ce mollusque a été recueilli par M. Alfred 
Fontan ; près d'Albi (route de Graulhet), où je l'ai trouvé au 
mois de mai 4868 ; à Montricoux (Tarn-et-Garonne), d'après 
M. Pons d'Hauterive. Sa limite ouest atteint la Gironde 
d'après Charles des Moulins, Auch (M. l'abbé Dupuy). Il est 
très-abondant près de cette dernière ville dans les champs 
situés près de celle-ci. Sa limite méridionale ne s'étend pas 
au-delà de Toulouse et des premiers massifs des collines 
tertiaires qui s'élèvent au-dessus de la rive droite de la Ga- 
ronne. A l'est, il arrive jusqu'à la Méditerranée. On sait qu'il 
a été signalé pour la première fois par Draparnaud, à Mont- 
pellier. Je dois ajouter qu'il remonte jusqu'à Nîmes, où il 
conserve sa forme typique. D'après M. Baudon, cette espèce 
existerait à Beauvais, et M. Drouet affirme qu'on la trouve aussi 
à Boulogne-sur-Mer. Si ces faits sont exacts, cette Hélice a dû 
s'être naturalisée dans ces régions de la même manière 
qu'elle s'est propagée à Charleston (Etats-Unis). (Voir la note 
de M. Mazyck, dont j'ai parlé déjà.) 

Il me reste à signaler une particularité curieuse qui 
caractérise la coquille de VHelix elegans ; chez un grand 



— 208 — 

nombre d'individus, les tubercules du filet carénant sont 
réguliers et arrondis dans certaines parties de celui-ci, tandis 
que dans d'autres ils sont plus ou moins irréguliers et se 
confondent avec lui ; en un mot , ils forment une ligne 
tuberculeuse interrompue de distance en distance. La co- 
quille est munie par conséquent d'une carène semi-tuber- 
culeuse et se rapproche un peu du trochlea; mais dans ce 
dernier, le filet carénant est coupé dans toute sa longueur 
par des tubercules réguliers. En outre, l'ouverture des deux 
espèces présente la même forme et diffère de celle du ter- 
restris des environs de Bône. 

Hélix Scitula 

Le type de ['Hélix elegans, tel qu'il existe aux environs 
de Toulouse, est remplacé, à partir de la rive gauche du 
Rhône, par une forme très-diiférenle et qu'un certain nom- 
bre d'auteurs regardent comme une espèce distincte ; je 
veux parler de l'Hélice que l'on a désignée sous le nom 
(VHelix trochilus Poiret. On a vu déjà que le vrai trochilus 
est une variété aplatie de YUelix t terrestris. Peut-être 
les Hélices de Provence appartiennent-ils à un type à part. 
Pour le moment, je les rapporte au Scitula de Jan, qui se 
trouve sur les côtes méditerranéennes de l'Italie. 

M. l'abbé Dupuy, dans son ouvrage fondamental sur les 
Mollusques terrestres de France, signale d'une manière très- 
exacte les différences qui existent entre VHelix scitula fran- 
çais et Vekgans. Le premier de ces types présente des tours 
plus aplatis, un ombilic plus ouvert et une carène plus 
large. Il existe un quatrième caractère que j'ai observé moi- 
même. Dans les premiers tours de Y Hélix elegans, les petits 
tubercules qui coupent la carène sont plus petits et plus 
arrondis que ceux du scitula ; très-souvent les tours em- 
bryonnaires sont presque noirs. 

J'ai recueilli près delà station de la Pomme, dans la ban- 






- 209 - 

lieue de Marseille, deux individus qui présentent l'apparence 
de YHelîx elegans, mais l'ombilic plus ouvert, les tours 
embryonnaires roussâtres et les tubercules plus ou moins 
irréguliers de la carène, prouvent qu'on a sous les yeux des 
Hélix scitula anormaux. 

On trouve à Marseille, près de la mer, quelques Hélix sci- 
tula dont les tours étages affectent la même disposition que 
ceux de VHelix trochlea de Pfeiffer. Il est néanmoins facile 
de distinguer les caractères particuliers à ces deux espèces, 
car l'Hélice algérienne est ornée de côtes grosses et régu- 
lières comme celles de VHelix caroni, espèce de Sicile ; les 
tubercules de la carène sont bien plus gros et plus arrondis 
que ceux observés chez les Hélix scitula qui vivent entre le 
Rhône et les Alpes-Maritimes. En outre, chez VHelix caroni 
les tubercules ne sont pas joints ensemble par un filet caré- 
nant comme ceux du trochlea, du scitula, du terrestres et de 
Velegans. 

La mâchoire est voisine de celle de ce dernier mollusque ; 
mais elle présente plus de rapports avec celle du philammia 
qu'on n'en observe chez l'Hélice de nos régions. Les côtes 
sont plus serrées que dans celle-ci ; il n'existe pas de créne- 
lures au bord libre où l'on remarque un rostre médian ; les 
extrémités de l'appareil sont lisses. 

Le tableau comparatif suivant prouve que les dents mar- 
ginales de VHelix elegans et deV Hélix scitula différent entre 
elles : 



HELIX ELEGANS 

Denis marginales à support 
carré, larges. 

Cuspides en ciseaux assez allon- 
gées, recourbées, inégales, diver- 
gentes. 

Petites cuspides au nombre de 
deux, inégales. 



HELIX SCITULA 

Dents marginales à support 
moins large, assez fortement con- 
tourné. 

Cuspides en ciseaux plus égales, 
plus courtes, moins divergentes. 

Petites cuspides plus dévelop- 
pées, presque égales. 



U 



- 210 - 

Les dents latérales et rachiales de YHelix scitula m'ont 
paru plus petites que celles de Velegans; d'un autre côté, 
la cuspide terminale est plus allongée et les dents acces- 
soires sont beaucoup moins divergentes. 

Ayant eu, au mois d'avril dernier, l'occasion de rap- 
porter des Hélix scitula vivants, j'ai pu constater que de 
même que la mâchoire et le ruban lingual, l'appareil repro- 
ducteur de cette espèce présentait des différences notables 
avec celui de Y Hélix elegans. Après avoir donné quelques 
détails sur ce dernier ensemble d'organes, je signalerai les 
différences dont il vient d'être question. 

Le fourreau de la verge est assez large près 'du vagin; le 
flagellum est long et grêle. 

La bourse du dard occupe la même place que celle de 
Veleyans ; elle est grosse et courte, légèrement recourbée, 
elle se rétrécit un peu vers le point où elle se réunit au 
vagin. Sa coloration est d'un brun clair. 

Les vésicules muqueuses sont au nombre de six (trois de 
chaque côté), de longueur médiocre, très-grêles, filiformes, 
sinueuses, d'un gris clair, les deux vésicules en onglet 
sont rudimentaires (en tout huit vésicules) , comme dans 
Velegans. 

La poche copulatrice est grande, falciforme, plus allon- 
gée, plus courbe et plus pointue que celle de Yapicina, un 
peu rougeàtre, d'un gris clair sur les bords. Le canal est 
long et large. Il n'existe pas de branche copulatrice. 

La matrice m'a paru plus trapue que celle de Velegans. 
L'organe de l'albumine est long, grêle, recourbé, presque 
pointu au bout, d'un brun clair. 

Le talon ressemble à celui de VHelix elegans; il 
m'a paru grêle et le bouton est très-petit et très-peu • 
distinct. 

On va voir les différences que j'ai remarquées et qui 
existent entre les Hélix elegans et scitula : 



- 211 - 



HELIX ELEGANS 

Poche à dard moins arrondie. 

Vésicules muqueuses plus lon- 
gues. Poche copulatrice globuleuse 
à la base, elle se termine par une 
pointe recourbée. On remarque à 
l'intérieur de la base une masse 
globuleuse d'un rouge de brique 
foncé. Canal de la poche copula- 
trice (voir l'observation qui se 
rapporte au canal du sticula) . 



HELIX SCITULA 

Poche à dard plus courte. 

Vésicules muqueuses plus grê- 
les. Poche copulatrice falciforme, 
recourbée en croissant, jaunâtre, 
rougeâtre clair à la base, les bords 
sont d'un gris clair.. 

Canal de La poche copulatrice 
plus long au moins d'un tiers que 
celui de Yelegans. 



L'organe de l'albumine de Y Hélix elegans est plus trapu 
et de couleur plus foncée que celui de l'espèce que l'on 
recueille à Marseille. 

Il résulte de ce qui précède, que les deux types que je 
viens d'étudier constituent, au point de ■ vue anatoniique, 
deux espèces bien distinctes quoique voisines l'une de 
l'autre. 

C'est à Marseille, entre Notre-Dame delà Garde et le cap 
Croizet, que j'ai recueilli les individus les plus grands et les 
plus typiques de cette espèce. Ils atteignent 10 millimètres 
de diamètre et le filet carénant est remarquable par sa lar- 
geur. Le dessous de la coquille est bombé et l'ombilic plus 
ouvert, que chez les autres espèces françaises du groupe 
dont elle fait partie. A Nice, le spire de la coquille de cette 
Hélice étant plus élevée, la forme de celle-ci se rapproche 
davantage de celle de Velegans. Dans ces deux localités, je 
n'ai trouvé que des individus à têt d'un blanc jaunâtre e t 
dépourvu de ces bandes que l'on trouve si fréquemment 
chez l'Hélice qui est si abondante auprès de Toulouse. 

Plusieurs auteurs ont affirmé que V Hélix scitula se trou- 
vait auprès de Castelnaudary (Aude). Rien, jusqu'à présent, 
n'est venu prouver l'exactitude de cette assertion. Il doit y 
avoir une méprise causée par un examen trop superficiel 
de la variété unicolore de YHelix elegans qui est pourtant 



— 212 — 

caractérisée par la saillie de ses premiers tours et surtout 
par la petitesse de son ombilic. 

Hélix trochoïdes 

En 1805, Draparnaud a décrit et figuré sous le nom de 
conica, une Hélice plus petite que le terrestris et Velegans; 
elle diffère en outre de ceux-ci par le bombement de sa 
face inférieure et les tours de la coquille sont comme cana- 
liculés en dessus. Lamarck, dans son Histoire naturelle des 
Animaux sans vertèbres (t. VIII, p. 76), et mon savant ami 
M. l'abbé Dupuy, dans son ouvrage fondamental sur les 
mollusques terrestres et fluviatiles de France, ont réuni 
cette espèce à Y H. trochoïdes de Poiret. M. l'abbé Dupuy cite 
la diagnose un peu trop succincte de ce dernier auteur; je 
crois utile de la reproduire ici : 

x Testa subconica, umbilicata, anfractibus convexis , 
subcarinatis, apertura transverse lunata. » (Poiret, Voy. en 
Barl y II, p. 29, 4792.) 

L'opinion de Lamarck et de M. l'abbé Dupuy a été adop- 
tée par M. Moquin-Tandon et les auteurs qui lui ont suc- 
cédé. On a vu déjà les raisons qui me portent à ne point 
partager l'avis qui a prévalu jusqu'à présent. 

Il existe en France deux types dont j'ai fait connaître les 
caractères : 1° le conica que l'on trouve à Cette, auprès de 
Montpellier, à La Nouvelle et sur lo littoral des Pyrénées- 
Orientales ; 2° le type provençal que je crois être le crenu- 
lata, très-commun à Marseille, à Hyères et à Cannes. Les 
tours de celui-ci sont remarquables par leur disposition qui 
tend à la soalarité; en outre, ils m'ont paru plus fortement 
striés que chez le type du littoral de l'Aude et de l'Hérault. 
Le filet carénant est plus marqué. Les individus recueillis à 
Bonifacio sont turriculés aussi, mais le filet carénant et la 
dépression qui l'accompagne sont moins saillants que ceux 
du crenulata, l'ouverture est moins anguleuse. 



— 213 — 

D'après M. Moquin-Tandon, la mâchoire de V Hélix conica 
présente les caractères suivants : 

Mâchoire large, de 0,8 mm à 0,5 mm , assez arquée, jaunâtre, 
extrémités peu atténuées, obtuses, côtes au nombre d'une 
douzaine, serrées, aplaties, denticules émoussées, inégales. 
(Voir Histoire naturelle des Mollusques terrestres de France, 
2 e volume, p. 274.) 

La mâchoire que je possède et qui appartient à un indi- 
vidu recueilli à Marseille diffère notablement de celle qu'a 
décrite M. Moquin-Tandon. Il n'existe que six côtes grosses; 
les deux médianes se touchent et sont droites ; d'un autre 
côté, les latérales divergent et sont fortement recourbées en 
griffe; la plus voisine de l'extrémité droite se confond avec 
le reste de l'appareil. Les crénelures sont grosses, pointues 
et dépassent le bord libre. 

Cette mâchoire est plus robuste et plus arquée que celle 
de Velegans et les côtes sont plus grosses; les denticules de 
celles-ci sont plus développées. 

Le ruban lingual est plus petit et plus étroit que celui de 
Velegans. La formule linguale est la suivante : 

(10 + 9 + 1+9 + 10) X 90. 

Les dents marginales forment avec les latérales un angle 
bien moins marqué que chez Velegans et sont munies d'un 
support assez large, contourné, segmenté. Les cuspides en 
ciseaux divergent fortement ; elles sont plus ou moins iné- 
gaies en longueur et en grosseur. Les petites cuspides 
varient de une à trois, elles sont rapprochées, à peu près 
égales entre elles. La partie du support qui correspond à 
ces petites pointes est nettement séparée de celle qui porte 
les grandes cuspides. 

Les dents latérales se composent d'un support étroit, dis- 
posé en croissant et taillé en biseau vers la petite dent. La 
dent proprement dite est presque cylindrique à partir de sa 
base et se termine par un bord arrondi vers la cuspide ter- 



- 214 - 

minale ; celle-ci est grande, pointue et recourbée. La petite 
dent est assez développée, grosse, un peu contournée et se 
termine par une cuspide très-courte et pointue. Elle diverge 
assez fortement avec la dent principale. Les lamelles sont 
assez larges, médiocrement échancrées. 

Les dents rachiales sont à peu près aussi grosses que les 
latérales, situées un- peu en arrière de celles-ci, grosses» 
ovoïdes, tronquées contre la cuspide terminale qui est grosse, 
droite et pointue. Les dents accessoires sont assez dévelop- 
pées, ovoïdes, divergentes et contournées ; les cuspides 
terminales sont très-petites, courbes et aiguës. Les lamelles 
sont larges et très-peu échancrées. Les pointes de chaque 
lamelle viennent butter contre la base de celle qui suit. 

M. Moquin-Tandon a donné les détails suivants sur l'ap- 
pareil reproducteur de son H. trochoides (H. conica), de 
Cette (Voy. 2 e vol., p. 275-276); 

« Fourreau de la verge étroit, légèrement renflé inférieu- 
rement, atténué dans ses deux tiers supérieurs. Flagellum 
long de 3 millimètres, filiforme, subulé, flexueux. Bourse à 
dard courte (1 millimètre), large, plutôt obovée que clavi- 
forme, émarginêe, un peu irrégulière ; elle renferme un 
corps charnu. Vésicules muqueuses, deux de chaque côté, 
longues de 1 mm ,5 à 2 millimètres, simples. Dans deux indi- 
vidus, j'en ai observé une bifide. Un peu plus bas, à droite 
et à gauche, se voit une autre vésicule plus courte (0,3 mm à 
0,5 mm ). Poche copulatrice longue de 1 millimètre, obovée, 
pourvue d'un canal long de 2 millimètres, un peu épais. 
Dans trois individus, ce canal se rétrécissait un peu à son 
extrémité et n'offrait pas de dilatation copulatrice. Point de 
branche copulatrice. » 

J'ai trouvé chez le crenulata que j'ai examiné, d'assez 
grandes différences pour ce qui concerne l'appareil repro- 
ducteur ; le flagellum est beaucoup plus long et simplement 
contourné au lieu d'être sinueux, comme le représente la 
figure donnée par M. Moquin (voir pi. XX, fig. 15). Les 



— 215 — 

vésicules muqueuses présentent le même nombre, mais 
elles sont plus longues que la bourse à dard ; celle-ci est 
claviforme, au lieu d'être irrégulière comme chez le conica. 
Enfin, la poche copulatrice est grosse, presque sphérique, 
jaunâtre. Le canal est long et un peu épais. La branche co- 
pulatrice manque, comme chez le conica et Yelegans. Les 
vésicules rudimentaires m'ont paru plus développées que 
chez cette dernière Hélice. 

La glande de l'albumine est longue de 2 millimètres, îin- 
guiforme, recourbée, pointue à l'extrémité, étroite, d'un 
jaunâtre terreux assez clair; elle ressemble beaucoup à 
celle de Yelegans. 

Le talon est long de un demi-millimètre, grisâtre ; il se 
compose de deux glandes; celle de la base est oblongue et 
tronquée aux deux bouts ; la glande terminale présente la 
forme d'un bouton ovoïde; elle est plus étroite que le reste 
de l'organe. 

Le canal excréteur est grisâtre ; l'épididyme paraît assez 
étroit. On remarque à une certaine distance du talon une 
branche recourbée en forme d'onglet, longue de un tiers de 
millimètre, arrondie au bout et plus claire que le conduit 
qui lui donne naissance. 

Je possède un Hélix trochoïdes qui m'a été communiqué 
par M. Moquin-Tandon comme provenant d'Alger. Il ap- 
partient à la variété B. miner citée par M. Bourguignat dans 
son ouvrage sur la Malacologie de l'Algérie, t. I er , p. 283. 
11 est voisin de ceux que j'ai recueillis à Cette, en ce que les 
premiers tours sont moins convexes et le filet carénant plus 
effacé que chez les individus que j'ai rapportés de Marseille 
et de Cannes. Ces mêmes caractères se retrouvent chez des 
Hélices qui m'ont été envoyées comme provenant de Croatie, 
par M. Parreyss qui leur a donné les noms de IL turritella 
et vernissa. Seulement les tours de ces dernières Hélices 
sont finement striés en dessus. 

V Hélix sulculata de Sicile se rapproche des espèces dont 



— 216 — 

je viens de parler; mais il en diffère par son filet carénant 
qui n'existe que sur le dernier tour; encore est-il très-peu 
saillant et interrompu dans une partie de sa longueur. On y 
remarque des tubercules espacés. L'ouverture est à peine 
anguleuse. Le dessus et le dessous de la coquille sont remar- 
quables par des côtes à peu près semblables à celles de 
Y Hélix rugosiuscula. 

Notre savant confrère et ami M. Paul Fagot me commu- 
nique la note suivante qui fait bien connaître l'histoire du 
groupe auquel appartiennent les Hélices dont il vient d'être 
question : 

H. Beck (Ind. Moll., p. 10, 1837) a établi sous le nom de 
turricula une section du genre Hélix composée d'espèces 
spéciales au portour du bassin méditerranéen. 
Turricula Car ont. Turricula pumilio. 

depressa. serrulata. 

elata. thiarella. 

elegans. turricula. 

Cette section, agrandie et composée d'espèces plus dispa- 
rates, a été réédifiée par John Christ Albero (die Heliceen, 
1850, p. 77 à 80), sous le vocable de crenea. On peut en 
juger par la liste suivante : 
Hélix Caroni, Desb. Hélix rotula, Lowe. 

trochlea, Pfr. /itfm«£orum,Wel)betBerth. 

elata, Faure Biguet. nummus, Ehrb. 

syrensis, Pfr. serrulata, Beck. 

trochoides, Poirct. Despreauxii, d'Orb. 

terrestris, Chelmn. turcica, Chemn. 

var. scitula, Jan. Gualtieriana, Linn. 

explanata, Mûll. tectiformis, Son. 

illibata, Poiret erythrostoma, Phil. m. p.t. 

Schombrii, Scacchi. Dehnei, Rossm. 

depressula, Parreyss. , arietina, Rossm. 

filimaryo, Ziégler. cariosula, Mich. 

rugosa, Chemn. cariosa, Oliv. 



— 217 - 

Hélix spratti, Pfr. Hélix Otthiana, Forbes. 

crenimargo, Kryn. candidissima, Drap. 

segestana, Phil. Seetzeni, Koch. 

scabriuscula, Desh. sicana, Fer. 

var. selinuntina, Phil. platychela, Menke. 

On est étonné de voir figurer dans cette liste les Leuco- 
chroa qui se rattachent autant aux Zonites qu'aux Hélix; 
mais en 4850, l'anatomie des Mollusques d'Europe n'était 
connue que chez un nombre d'espèces extrêmement res- 
treint. C'est à M. Moquin-Tandon que revient l'honneur 
d'avoir découvert les caractères qui servent à établir la 
nouvelle coupe à laquelle il avait donné le nom de Calca- 
rina auquel celui de Leucochroa a été substitué. Ce nom, 
composé de deux mots, vaut-il mieux que le précédent? 
C'est à examiner. J'ajouterai que M. Moquin n'a pas osé 
créer un nouveau genre et il a réuni les espèces du groupe 
des candidissima et Otthiana aux Zonites, dont il diffère par 
un ruban lingual dont les dents sont voisines de celles des 
Hélix. 

Le nom de turricula proposé par Beck, étant plus ancien 
que celui de crenea, doit être maintenu, mais il ne peut 
s'appliquer évidemment qu'aux espèces se rattachant aux 
H. terrestris, Caroni et pumilio cités par l'auteur de Y Index 
Molluscorum. Ces espèces appartiennent à une section qui 
se divise en trois groupes naturels d'Hélices cantonnées 
pour la plupart dans la région que baigne la Méditerranée. 
Un de ces groupes (celui de YH. pumilio) est propre au 
Maroc et aux Iles Canaries ;/un autre représenté par les 
H. philammia et tuberculosa se ; trouve en Egypte et en Syrie. 
Quant au troisième groupe, dont les H. terrestris et Caroni 
font partie, les espèces dont il se compose ne s'écartent 
guère du littoral méditerranéen de la France, de l'Italie, de 
l'Espagne et de la partie occidentale de l'Afrique. 

Dans sa Malacologie de l'Algérie, M. Bourguignat cite les 
trochoïdes comme s'étendant de la province d'Oran jusqu'à 



— 218 - 

celle de Constantine. D'après le même auteur, les H. terres- 
tris et trochlea se trouvent sur le littoral africain depuis 
Tunis jusqu'à la province d'Alger. 

Hélix explanata 

La coquille de cette Hélice est si connue que je me bor- 
nerai aux deux remarques suivantes : 

4° Le filet carénant est distinct à partir du troisième 
tour; 

2° Il est formé par des tubercules un peu plus gros que 
les stries, plus ou moins irréguliers. On a déjà vu cette 
structure du filet carénant chez YHelix terrestris. 

Comme l'ont observé déjà MM. Moquin-Tandon et l'abbé 
Dupuy, les plus grands individus atteignent un diamètre de 
4 6 millimètres et vivent aux environs de Cette. 

On trouve dans VHistoire naturelle des Mollusques de 
France de M. Moquin-Tandon, 2 e vol., p. 230, la description 
suivante : 

« Mâchoire longue de 1 millimètre, médiocrement arquée, 
d'un fauve clair plus foncé vers le bord libre; extrémités à 
peine atténuées, obtuses ; côtes au nombre de dix, assez 
marquées ; dans un jeune individu, j'en ai compté seule- 
ment six ; denticules assez saillantes, peu pointues. » 

J'ai constaté l'exactitude de cette description dan* la mâ- 
choire qui fait partie de ma collection et que j'ai extraite 
moi-même. Les côtes sont au nombre de huit et dépassent 
le bord interne; les deux médianes sont un peu plus petites 
que les latérales, verticales, droites, elles se touchent; les 
latérales sont très-rapprochées, divergent un peu et se re- 
courbent en griffe, la plus voisine de l'extrémité droite est 
presque effacée. J'ai signalé une particularité semblable 
dans la mâchoire de YHelix crenulata dont j'ai donné la 
description plus haut. 

Le ruban lingual est long et étroit; les rangées de dents 



- 219 - 

paraissent assez écartées, la rainure rachiale est assez dis- 
tincte. Les dents du rachis sont un peu plus petites que les 
dents latérales. 

La formule dentaire est la suivante : 
(-|-12-i-40 + l-j-404-42) X 90. 

Les dents marginales font avec les latérales un angle assez 
ouvert; le support est large, contourné; il se compose de 
deux segments bien marqués ; l'un supporte la petite cus- 
pide, le second est surmonté des cuspides en ciseaux ; 
celles-ci sont longues, plus ou moins inégales, peu diver- 
gentes ; la cuspide accessoire est presque aussi grande que 
la plus courte des deux autres cuspides; les six dents les 
plus rapprochées des latérales ne présentent que deux cus- 
pides à peu près de la même longueur. 

Les dents latérales sont munies d'un support en cupule, 
assez étroit ; la dent affecte la forme d'un œuf coupé trans- 
versalement; la cuspide terminale est grande, pointue, un 
peu recourbée; la dent accessoire est assez développée et 
reproduit en petit la forme de la grande dent; elle est assez 
divergente; sa cuspide terminale est au moins aussi grande 
que la dent qu'elle termine ; les lamelles sont larges et for- 
tement échancrées. 

Les dents rachiales sont situées un peu en arrière des 
dents qui les avoisinent, allongées, arrondies contre la cus- 
pide terminale ; celle-ci est grosse, beaucoup plus courte 
que la dent ; les dents accessoires sont assez développées, 
se contournent en S et divergent d'une manière sensible; 
la cuspide terminale est courbe et pointue, les lamelles 
sont assez larges, échancrées, à bords latéraux droits et à 
pointes aiguës ; on y remarque les trois segments longitu- 
dinaux que j'ai observés chez VHelix elegans et beaucoup 
d'autres Hélices. 

M. Moquin-Tandon a donné les détails suivants sur l'appa- 



- 220 - 

reil reproducteur de cette espèce, dans le 2 e volume de son 
Histoire naturelle des Mollusques de France, voir p. 231-232 
figure *25. Je compléterai cette description par celles d'autres 
parties de ce système dont M. Moquin-Tandon n'a point 
parlé : 

« Fourreau de la verge étroit, un peu atténué ; chez les 
adultes, il est dilaté et ovoïde inférieurement. Flagellum 
long de 8 millimètres, très-grêle ; il ressemble bien à un 
fouet. Bourse à dard obovée, arrondie, émarginée au som- 
met chez les jeunes, manifestement bibolée chez les adultes. 
Fabre y a remarqué deux petits dards. Vésicules muqueuses 
au nombre de six de chaque côté, très-profondément tri- 
fides ; les plus longues offrent 2 mra ,5 de longueur. Dans un 
jeune individu , j'ai compté seulement quatre branches 
de chaque côté ; dans un autre adulte, Fabre a trouvé d'un 
côté une vésicule trilide et une bifide, et de l'autre deux 
vésicules trifides et une bifide ; en tout 13 branches. Poche 
copulatrice énorme, globuleuse, pourvue d'un long canal. 
Point de branche copulatrice. » 

La figure donnée par M. Moquin -Tandon ne représente 
qu'un lambeau de la matrice ; on voit que cet organe doit 
être trapu comme chez VHelix elegans et d'autres espèces 
des groupes voisins des Turricula, tandis que chez les Cam- 
pylœa cet appareil est très-allongé et très-grêle. 

Voici maintenant les observations que j'ai faites sur d'au- 
tres parties du système reproducteur de cette espèce : 

Le canal déférent est très-grêle, sinueux ; son épididyme 
vient s'appliquer contre la prostate déférente à quelque dis- 
tance de l'organe en grappe ; il est court et large, grisâtre ; 
on voit les sinuosités de la partie de canal qui suit la pros- 
tate venir aboutir au talon. 

La glande de l'albumine est longue de 3 millimètres, 
assez large, recourbée, linguiforme, carénée ; elle se rétrécit 
insensiblement; le côté qui regarde le canal déférent est 
concave, tandis que la face opposée est convexe ; le tout 



- 221 - 

est d'un gris brunâtre plombé ; on distingue les lobes qui 
paraissent d'un gris jaunâtre et se détachent sur le fond plus 
sombre du reste de l'organe ; celui-ci présente, à sa base et 
contre la prostate, une glande transversale d'un gris jau- 
nâtre. 

Le talon est un peu éloigné de la prostate ; il est long 
d'environ un demi-millimètre. Cet appareil se compose 
d'une partie saillante dont la forme rappelle à l'observateur 
celle du bouton des grands tentacules des Hélices. On 
remarque à l'extrémité un petit bouton beaucoup plus foncé ; 
les deux parties qui viennent d'être décrites sont accolées à 
une autre glande qui paraît située sur le prolongement de 
la matrice. Cette glande est étroite et d'un gris noirâtre. Le 
talon ressemble beaucoup pour la forme à celui de YH. ne- 
glecta que j'ai fait connaître dans mon Mémoire sur le talon 
des Hélices et Zonites (Journal de Conchyliologie, volume IV, 
1 er mai 1853, p. 114-115). 

Comme le fait remarquer avec raison M. l'abbé Dupuy, 
c'est aux environs de Cette que YHelïx explanata est le plus 
commun. J'ai recueilli, au mois de juillet 1864, un grand 
nombre d'individus de cette Hélice et de YH. conoïdea entre 
la plage des Bains et l'étang de Thau ; depuis cette époque, 
les constructions élevées par la Compagnie du Chemin de 
fer de la Méditerranée ont envahi cette partie de la plage et 
l'on ne trouve presque plus rien de ce côté. C'est entre 
la ville et la station des Onglous que l'on peut récolter cette 
espèce qui ne s'écarte guère des côtes de la partie occiden- 
tale du golfe de Lion. 

VHelix explanata est aussi très-commun dans les provinces 
d'Alger et d'Oran. Cette espèce vit en compagnie d'une 
autre Hélice qui ne se trouve pas en France (YHelix depres- 
sula Parreyss). Celle-ci diffère du type des environs de Cette 
par des stries plus fortes, elle est en outre tectiforme con- 
vexe, l'enroulement des tours est plus rapide. La carène est 
médiane. Le dernier tour est un peu renflé en dessus et mé- 



— 222 — 

diocrcment convexe en dessous. (Voir Bourguignat, Malaco- 
logie de l'Algérie, l (,r volume, pages 274-275.) 

Mon savant ami M. x\ristide Letourneux m'a communiqué, 
sous le nom de H. corrugata et comme provenant de Misso- 
longhi, une Hélice assez voisine de VIL explanata, mais le 
dernier tour est plus étroit en dessous, ce qui fait paraître 
l'ombilic plus ouvert ; le filet carénant est très-étroit et tend 
à disparaître près de l'ouverture ; il est presque nul en des- 
sous ; les stries ne sont pas interrompues par la carène et font 
paraître celle-ci comme finement denticulée ; l'ouverture 
est à peine anguleuse. Les tours embryonnaires sont régu- 
liers, d'un brun jaunâtre, tandis que ceux de Yexplanata 
sont anguleux et presque noirs. 

Je ne sais pas si l'anatomie des Hélix depressula et corru- 
gata, dont je viens de parler, a été étudiée. 11 est fâcheux 
qu'on se borne à l'examen de la coquille pour comparer 
entre elles les espèces qui appartiennent à un même groupe. 
On se prive de ressources précieuses pour trancher bien des 
questions qui pourraient être résolues d'une manière plus 
certaine. Aussi, nous ne saurions donner trop d'éloges au 
savant directeur du Journal de Conchyliologie anglais, 
M. John W. Taylor, pour s'être chargé de cette tâche rela- 
tivement aux Hélices anglaises. Son premier travail, qui a 
pour objet Y Hélix arbustorum, est très-consciencieux. L'au- 
teur me permettra seulement de lui conseiller de faire 
connaître les diiférentes parties du système reproducteur et 
surtout les centres nerveux qui ont été, je le crois, presque 
négligés. Puisse-t-on suivre son exemple dans les autres 
parties de l'Europe. 

Je crois utile de donner un résumé des observations con- 
tenues dans ce Mémoire. 

§ \ . L'Hélice décrite par M ù lier sous le nom de crenulata, 
a donné lieu à de nombreuses controverses par suite de la 
brièveté de la diagnose et du vague qui règne dans la dési- 
gnation de la localité. 11 est probable que cette espèce est 



- 223 - 

celle qui vit sur les côtes de Provence et que l'on a désignée 
sous le nom de trochoïdes. 

Le nom de crenulata, qui avait été appliqué à d'autres 
Hélices d'Egypte et de Syrie, a été supprimé par M. Bourgui- 
gnat et remplacé par des noms nouveaux. 

Il existe trois types différents réunis jusqu'à ce jour sous 
le même nom d'H. trochoïdes : 

Le trochoïdes typique à ouverture anguleuse et à filet ca- 
rénant filiforme ; c'est celui de la Galle ; 

Le conica de Draparnaud vivant à Cette ; il est pourvu 
d'une ouverture très-peu anguleuse et d'un filet carénant 
plus prononcé ; 

Le crenulata, que l'on recueille sur le littoral de la Pro- 
vence et caractérisé par la dépression spirale très-marquée 
et des tours turriculés. Quelques individus ont été trouvés 
près de Lyon, mais l'espèce paraît avoir disparu dans cette 
localité. 

§ 2. Les Hélix tuberculosa et terrestris ont été étudiés par 
M. Binney sous le rapport de la mâchoire et du ruban lin- 
gual. La mâchoire est caractérisée, dans les deux espèces 
par des côtes nombreuses et serrées. 

Les dents latérales du tuberculosa sont caractérisées par 
l'extrême petitesse des dents accessoires qui sont atrophiées. 
Les dents marginales sont caractérisées par deux cuspides 
en ciseaux et par deux petites cuspides chez les deux 
espèces. 

L' Hélix philammia (crenulata Lam.) habite les environs du 
lac Mariout , près d'Alexandrie. Il est nocturne et peut 
subir un jeûne de plusieurs mois. 

La mâchoire est sillonnée par vingt côtes larges, verti- 
cales, très-serrées ; les six médianes forment un commence- 
ment de rostre ; les crénelures sont presque nulles. 

Le ruban lingual présente des dents marginales munies 
de deux cuspides en ciseaux et d'une petite cuspide. 

Les dents latérales sont grandes, allongées et munies d'une 



- 224 - 

cuspide terminale grosse. La dent accessoire est à peine 
visible et collée contre la base de la dent principale. 

Les dents rachiales sont plus allongées et plus étroites que 
les précédentes. Les dents accessoires, extrêmement petites, 
présentent la forme d'un onglet. 

Le système reproducteur est caractérisé par deux poches à 
dard ovoïdes allongées ; une vésicule dextre terminée par 
trois branches et une vésicule sénestre à quatre ramifications. 
La poche copulatrice est grande, linguiforme, le canal est 
assez court, dépourvu de branche copulatrice. Enfin, le 
flagellum est médiocre et filiforme. 

L'Hélix trochlea, particulier aux régions septentrionales 
des provinces d'Alger et de Gonstantine, ainsi que de la Tu- 
nisie, est caractérisé par ses stries saillantes et par la rangée 
de tubercules réguliers qui cachent le filet carénant. 

La mâchoire présente douze côtes divisées en trois groupes 
de quatre chacune ; le groupe médian forme une espèce de 
rostre. Les denticules sont pointues. 

Les dents marginales présentent deux cuspides en ciseaux 
et une troisième assez développée. 11 existe une quatrième 
cuspide presque rudimentaire chez quelques-unes de ces 
dents. 

Les dents latérales sont trapues et contournées ; la dent 
accessoire est assez développée ; elle diverge fortement avec 
la dent principale. 

Les dents rachiales sont assez courtes, grosses: les dents 
accessoires, de même que chez les latérales, sont assez 
développées, elles forment une espèce de V ouvert d'où sort 
la dent principale et paraissent contournées. La cuspide 
terminale est recourbée en crochet. 

V Hélix trochlea établit le passage entre les espèces tuber- 
culeuses du groupe du tuberculosa et celle des Hélices 
à simple filet carénant dont V Hélix terrestris est l'un des 
types. 

VHelix terrestris, qui habite la province de Gonstantine, 



— 220 — 



diffère de Yelegans que l'on recueille auprès de Toulouse, 
par un ombilic plus ouvert et par une ouverture moins 
allongée. 

Le système reproducteur de celui-ci est caractérisé par 
six vésicules muqueuses et deux rudimentaires. Il n'existe 
qu'une poche à dard. 

Le collier médullaire présente des ganglions cérébroïdes, 
tri-segmentés ; les sous-œsophagiens sont ovoïdes et donnent 
naissance à des nerfs très-nombreux. 

Les tubercules du filet carénant sont réguliers et arrondis 
dans certaines parties, dans d'autres ils sont irréguliers et 
se confondent avec celui-ci. 

VHelix scitula, commun sur les côtes de Provence, diffère 
de Yelegans par sa mâchoire dont les côtes sont plus serrées, 
les crénelures sont effacées. 

Les dents marginales présentent un support moins large, 
et les cuspides en ciseaux sont plus égales ; il en est de 
même pour les petites cuspides. 

Les dents latérales et rachiales sont plus petites et les dents 
accessoires beaucoup moins divergentes. 

Le système reproducteur diffère aussi. Les vésicules mu- 
queuses sont plus grêles ; la poche copulatrice est falciforme, 
recourbée en croissant et le canal est plus long. 

Les deux types français rapportés généralement au tro- 
choïdes décrit par Poiret diffèrent d'une manière notable de 
celui-ci. 

M. Moquin-Tandon a dû étudier le conica de Cette que je 
n'ai pas pu encore me procurer vivant. D'après cet auteur, 
la mâchoire présente une douzaine de côtes serrées. 

Dans l'individu que j'ai recueilli à Marseille, le nombre 
des côtes de la mâchoire n'est que de six. 

Les dents marginales du ruban lingual sont caractérisées 
par deux cuspides en ciseaux plus ou moins inégales et des 
cuspides accessoires qui varient de une à trois. 

15 



- 226 — 

Les dents latérales sont presque cylindriques ; la petite 
dent est assez développée, contournée et divergente. 

Les dents rachiales sont grosses, ovoïdes; les accessoires 
sont assez développées, ovoïdes, divergentes et contournées. 

D'après M. Moquin-Tandon, l'appareil reproducteur est 
caractérisé par une bourse à dard courte et large, deux 
vésicules muqueuses de chaque côté et deux autres rudi- 
mentaires comme chez Velegans. J'ai retrouvé cette dispo- 
sition chez l'Hélice de Marseille, que je crois être le crenu- 
lata de Mùller, mais la bourse à dard est moins irrégulière, 
les vésicules muqueuses plus longues et la poche copula- 
trice est globuleuse comme celle de Vexplanata figurée dans 
l'ouvrage du même auteur. 

La note de mon savant confrère et ami M. Paul Fagot 
donne l'histoire conchyliologique des espèces qui ont été 
groupées d'une manière plus ou moins naturelle autour de 
celles que je viens d'étudier. 

En 1837 elles ont été réunies en une section appelée tur- 
ricula par H. Beck. 

John Christ Albers a substitué, en 1850, le nom de crenea 
à celui de turricula. On y voit figurer les Leucochroa qui 
appartiennent aux Zonitcs par leur mâchoire et aux Hélices 
par leur ruban lingual. 

La section des turricula peut se diviser en trois groupes : 
1° celui de V Hélix pumilio caractérisé par une double ran- 
gée de tubercules réguliers ; 2° celui du philammia et tuber- 
culose, chez lesquels les. tubercules sont irréguliers; 3° le 
groupe des terrestris, elegans et Caroni, dont la coquille ne 
présente qu'une rangée de tubercules ; ceux-ci tendent à se 
confondre avec le filet carénant chez quelques espèces, 
comme le terrestris, etc., etc. 

La mâchoire de VJlelix explanata que l'on trouve à Cette 
a été très-exactement décrite par M. Moquin-Tandon; elle 
présente de six à dix côtes selon l'âge des individus. 

Le ruban lingual est long et étroit ; la rainure rachiale est 
assez distincte. 



- 227 — 

Les dents marginales supportent les deux cuspides en 
ciseaux longues et peu divergentes ; la cuspide accessoire 
est assez développée. 

Les dents latérales ressemblent à un œuf coupé transver- 
salement; la cuspide terminale est grande et pointue. La 
dent accessoire est assez développée ; elle diverge fortement. 

Les dents rachiales sont allongées ; les accessoires sont 
assez grandes, contournées ; elles divergent d'une manière 
sensible. 

M. Moquin-Tandon a étudié avec soin la bourse à dard 
qui est double, les vésicules muqueuses, dont il donne le 
nombre ^treize branches), et la poche copulatrice qui est 
très-grosse et globuleuse. De mon côté, j'ai examiné le 
canal déférent qui est très-grêle, la glande de l'albumine, 
celle-ci est large et recourbée;. enfin, le talon qui est com- 
posé d'une partie saillante et globuleuse et d'un bouton 
terminal plus petit. Cette glande ressemble beaucoup à 
celle de V Hélix neglecta. 



Séance du 28 juin 1882. 
Présidence de M. Trutat. 

M. Pailhês, ingénieur aux mines de Garmaux, est pro- 
clamé membre titulaire par M. le Président. 

M. Lacroix donne lecture de l'observation suivante sur 
le Merle rose, Marlin Roselin. 

Du 5 au 20 juin 4882, il y a eu, dans les environs de 
Toulouse, un passage assez considérable de merles roses 
(Martin Roselin, Pastor roseus). C'est à la sécheresse pro- 
longée que nous avons eue pendant six. mois qu'on doit at- 
tribuer la présence de ces beaux oiseaux dont voici la des- 
cription : 

Mâle adulte : tête, cou, haut de la poitrine d'un noir à 



- 228 - 

reflets violets; dos, croupion, suscaudales, abdomen, ventre, 
jambes et souscaudales d'un beau rose tendre ; ailes d'un 
brun à reilets verts ; queue brune à reflets verdàtres ; bec 
d'un jaune rose dessus avec l'extrémité noirâtre, pieds jau- 
nâtres ; iris bruns. 

Telle est la description du sujet que nous avons capturé 
à Vieille-Toulouse le 41 juin 4882. On a pris également un 
mâle et une femelle, le 5 juin, dans les environs de Muret ; un 
mâle adulte, le 14 du même mois dans les environs 
de Grenade ; une femelle le 20, toujours du même mois, 
à Blagnac ; on a signalé dans la même période des captures 
à Lalande, Saint-Jory et Gagnac. 

Cette espèce, originaire des pays chauds, vit en Afrique, 
dans la Tunisie d'Europe et d'Asie. Elle est très-répandue 
dans toute la région du Caucase. On la trouve dans les 
prairies de l'Abasie, de la Mingrélie, ,de lTmetie et du 
Ghouriel. 

Le merle rose est de passage irrégulier dans l'Europe mé- 
ridionale, très rarement dans le nord de la France, en Bel- 
gique et en Suisse ; il se nourrit principalement de saute- 
relles et autres insectes de ce genre, dont il fait une très 
grande consommation, et rend, sous ce rapport, les plus 
grands services à l'agriculture. 

Il suit dans ses migrations et par grandes troupes les nuées 
de sauterelles si communes dans les régions chaudes. On en 
vit beaucoup dans le midi de la France, en Espagne et en 
Italie en 4836 et en 1837, et ils séjournèrent longtemps 
dans les environs de Cette, de Montpellier et de Nîmes. 



M. le Secrétaire-général analyse le travail de M. Malet sur 
le vol des oiseaux. Ce savant a cherché à saisir les divers 
mouvements au moyen d'un pistolet photographique. D'après 
M. Fabre, qui a vu ces photographies, on obtient un effet 
saisissant dans un phénatiscope. 



- 229 - 

M. Resnault, membre titulaire, donne lecture de son iravail 
sur une 

Excursion aux Dolmens des Beni-Missous 

(Province d'Alger). 

DES BOLIVIENS EN GÉNÉRAL 

« Le dolmen est un monument composé de dalles en 
pierre placées de champ, supportant d'autres dalles hori- 
zontales qui servent de plafond ou de toit. Les pierres laté- 
rales placées de champ s'appellent piliers ou supports. On 
nomme tables les dalles de recouvrement (1 ). » 

Les dolmens, en général, se ressemblent, ils conservent « un 
air de famille. » Cependant ils affectent, suivant les pays, 
des formes très variées. La grandeur souvent étonnante des 
blocs qui les composent leur a valu le nom de monuments 
mégalithiques. 

Il est parfaitement admis que les dolmens sont des tom- 
beaux de l'époque préhistorique, et non des autels de pierre 
que l'on avait rapportés, sans preuves pour notre pays, au 
culte religieux des Gaulois. On les construisait pour mettre 
à l'abri de toute profanation, les morts, leurs armes, les 
objets de parure, les poteries qui peut-être leur avaient 
appartenu et qu'on introduisait en même temps dans leur 
dernier asile. 

Ces armes sont, en général, des pointes de flèches ou de 
lances en silex, finement taillées, qui dénotent une grande 
habileté chez ces peuplades primitives. 

Les objets de parure sont des coquillages, des dents d'ani- 
maux perforées, des globules de bronze percés, d'ornements 
ou amulettes. Les poteries sont grossières partout ailleurs 

,(0 Le Préhistorique, antiquité de l'homme, G. de Mortillet, ^ 882. 



1 

- 230 - 

qu'en Bretagne, de formes variées, dépourvues de senti- 
ment artistique. 

Les constructeurs des dolmens avaient un tel désir de con- 
server la sépulture et de la mettre à l'abri, soit de l'homme, 
soit des animaux, que la crypte mégalithique était recou- 
verte de terre qui, quelquefois, formait un monticule d'une 
grande élévation. 

Le temps, qui détruit tout, a fait disparaître cette terre et» 
le plus souvent, on ne rencontre plus que l'abri de pierre. 

« Tous les dolmens intacts, dit M. G. .de Mortillet, dans 
son récent ouvrage si remarquable , p. 597 (Le préhis- 
torique), qui ont été rencontrés dans le sein de la terre 
ou sous des tumulus, contenaient des sépultures. Les dol- 
mens sont donc des tombeaux communs dans lesquels on 
ensevelissait un grand nombre de personnes. 11 y a parfois 
une telle accumulation d'ossements, que tous les corps réunis 
devaient présenter un volume plus considérable que le vide 
dans lequel tous les os sont accumulés. Cela prouve que les 
ensevelissements étaient successifs. Les derniers venus ont été 
introduits dans le dolmen quand les chairs de leurs prédé- 
cesseurs étaient déjà décomposées et détruites. Les dolmens 
sont donc des chambres funéraires, des caveaux mortuaires 
servant à des familles ou à des tribus. L'entrée ou porte de 
ces dolmens est fermée avec soin. » 

Quelques dolmens sont entourés d'un cromlech ou cercle 
de grosses pierres qui formait peut-être la base du tumu- 
lus , dont les dimensions variaient selon l'importance du 
monument. 

Quel était le peuple qui a construit ces monuments ? D'où 
venait-il ? Ces questions sont loin d'être élucidées, elles ont 
été et seront le sujet de longues discussions. Un si grand 
nombre de dolmens ont été fouillés et décrits dans tous les 
pays où ils abondent, que l'on peut reconnaître maintenant 
leurs divers groupes qui, tout en conservant une grande 
analogie, diffèrent cependant selon les régions et probable- 



- 231 — 

ment selon les peuplades qui les construisaient. L'inventaire 
des monuments mégalithiques de la France en compte 3,410 
répartis dans 78 de nos départements. Ce qui semblerait 
indiquer que ces dolmens ont été construits par des peu- 
plades diverses, c'est la différence qui existe entre ceux des 
diverses régions. En Bretagne, par exemple, ils sont vastes, 
avec couloirs d'accès ; ceux des environs de Paris sont plutôt 
des allées couvertes, tandis que dans les Gévennes et les Py- 
rénées, ce sont d'ordinaire de simples cryptes rectangulaires 
en général, de petites proportions. 

Ce que nous savons positivement, c'est qu'on rencontre des 
dolmens dans une grande partie de l'Ancien Monde. Nous les 
avons vus sur lescôtes de la Scandinavie et en Danemark ; ils 
sont signalés dans les Iles-Britanniques, dans le nord de l'Al- 
lemagne, dans les Pays-Bas, en Suisse ; en France, ils abon- 
dent ; ils passent les Pyrénées, se trouvent dans le nord de 
l'Espagne, en Portugal, pénètrent dans le Maroc, s'étendent 
largement en Algérie et en Tunisie. On les rencontre jusque 
dans l'Asie. 



Dolmens de l'Aveyron 

Comme terme de comparaison , avant de décrire les 
dolmens des environs d'Alger, nous signalerons un groupe 
de dolmens que nous avons visités et fouillés tout récem- 
ment, mon excellent confrère Cartailhac et moi, dans les 
environs de Villefranche (Aveyron). 

Dans la commune de Martiel, il nous a été facile de recon- 
naître 12 dolmens disséminés soit dans les bois, les champs, 
le long des chemins, à une petite distance les uns des autres. 
Nous pensons que cette région devait en renfermer d'autres 
qui ont été détruits entièrement. Quelques-uns sont à 
demi démolis, la table cassée en plusieurs morceaux ou af- 



- 232 - 

faissée sur eux-mêmes comme ceux de Las Quaillés, à 1 kilo- 
mètre et demi de Martiel. 

Près du village de Bramalou, nous en avons mesuré un, 
dont voici les dimensions : longueur de la table, 3 mètres 
sur 2 m , 10 de large; épaisseur, ,n ,50 ; hauteur des côtés, 
1 mètre sur 2 m ,70 de longueur. 

Dans un champ, sur un tumulus à demi caché sous 
un clappas de pierres, un beau dolmen orienté Est-Ouest, 
dont la table, épaisse de m ,50, a 2 m ,50 de long sur 1 m ,20 dé 
large. Ces mesures ont été prises à l'intérieur de la chambre, 
ce dolmen étant presque recouvert de pierres. 

Le Bosc del Rey en renferme plusieurs très-bien con- 
servés et d'une belle dimension. 

L'un d'eux, est très remarquable par ses grandes propor- 
tions. La table a 3 m ,80 de long sur 2 mètres de large, 
l'épaisseur 50 à 60 centimètres. La longueur des supports 
de côté 3 ,n ,30 sur 1 m ,45 de haut environ. La dalle de 
fond manque. Ce dolmen sert de refuge aux bergers et 
quelquefois aussi aux moutons. Il a été vidé, cependant j'ai 
pu recueillir une certaine quantité d'ossements humains, 
des fragments d'une poterie grossière et un objet en calcaire 
rond perforé qui a dû servir d'ornement. 

En général les grands dolmens ont été fouillés soit par 
des chercheurs de trésor, soit par des archéologues ou même 
les bergers qui, trouvant une cabane de pierre pour se mettre 
à l'abri du mauvais temps, ont vidé la chambre funéraire et 
jeté tout autour le contenu, sans souci de la conservation 
des objets. 

Non loin de ce beau dolmen on en remarque un autre 
moitié caché dans un tumulus qui a 7 à 8 mètres de diamètre. 
La table du tombeau avait été enlevée. Les supports de côté, 
très régulièrement, taillés mesurent 2 m ,20 de longueur, 
l'épaisseur m ,J5 ;la dalle du* fond a 1 m ,60 de long; la profon- 
deur des trois dalles enfoncées dans le tumulus est de 1 m ,40. 
C'està peine si ces trois dalles affleuraient sur le haut du tu- 






- 233 - 

mulus. Nous avons enlevé la terre de la chambre intérieure, 
et après un travail de plusieurs heures, secondés par trois 
ouvriers, nous avons vidé entièrement la crypte funéraire, qui 
renfermait les ossements de plusieurs sujets. En criblant la 
terre, nous avons pu recueillir une certaine quantité de den- 
tales, avec de petits disques perforés en pierre ollaire et des 
tubes en calcaire tendre qui devaient probablement former 
un collier. 

II 

Dolmens des Pyrénées-Orientales 

Sur le contrefort du Ganigou, se dirigeant N.-O. au S.-E., 
vers Arles-sur-Tech, à une altitude de 830 mètres, sur une 
énorme moraine de beaux blocs granitiques, un peu au-dessus 
de la métairie Le Mas d'Envignes, les ondulations de la mon- 
tagne forment une terrasse ou promontoire. De ce point, 
qui sépare la vallée du Riuferrer de celle de Bonabosc, 
on domine toute la région au-dessus de la vallée d'Arles- 
sur-Tech et la vue s'étend en face sur lesmontsde Belmatx 
jusqu'au-delà d'Amélie-les-Bains. La mer forme l'hori- 
zon. Ce panorama est grandiose. Au milieu de ce promon- 
toire, formé par la moraine qui descend de la tour de Batère, 
se dresse le magnifique dolmen connu sous le nom de 
Caza de Roland II est construit de fortes dalles granitiques 
prises sur place (orientation Est) ; la table horizontale a 
26 centimètres d'épaisseur moyenne, 2 m ,90 de longueur sur 
4 m ,80 de large. 

La dalle côté droit, profondément enfoncée dans le sol, a 
2 m ,43 de long sur 1 m ,64 de hauteur ; celle du fond, qui ferme 
la chambre, a1 m ,55de hauteur sur autant de large environ. 
Ce beau dolmen a été bâti sur une bosse de terrain de 8 mètres 
de diamètre et est entouré d'un cromlech formé de grosses 
pierres granitiques arrondies et prises dans la moraine. La 



— 234 — 

couche de terre qui recouvre tout ce terrain n'a que quel- 
ques centimètres d'épaisseur, aussi je doute que ce dolmen 
ait été recouvert d'un tumulus. 

111 

Dolmens de l'Algérie. 

Bourguignat a dit avec juste raison : « L'Algérie, comme la 
Bretagne, est et sera longtemps encore la terre promise des 
archéologues. Depuis l'humble tombe, jusqu'aux gigantes- 
ques constructions du Médracen et de la Chrétienne ; depuis 
les dolmens, les menhirs, etc., jusqu'aux monuments sym- 
boliques, il y a de tout, en Algérie. Chaque peuple, chaque 
race qui se sont succédés sur cette terre y ont imprimé leur 
cachet, y ont laissé leurs empreintes. » 

Il y a fort longtemps que l'existence de dolmens, men- 
hirs, cromlechs et autres mégalithes, fut signalée en Al- 
gérie, et les archéologues se trouvèrent peu à peu en présence 
de milliers de monuments semblables à ceux de notre vieille 
Europe et répandus à profusion sur plusieurs points de l'Al- 
gérie. 

Des fouilles importantes furent entreprises à diverses re- 
prises et conduites avec succès, dès 1863, par MM. Feraud et 
Christy, le général Faidherbe, le malacologiste Bourguignat, 
Berbrugger et Bourjot. Du Maroc à la Tunisie, et particu- 
lièrement dans la province de Constantine, c'est par groupes 
de deux et trois mille qu'on signala les monuments mégali- 
thiques, quelques-uns de types particuliers à l'Algérie, d'autres 
semblables à ceux de France, comme les dolmens, les men- 
hirs, les cromlechs. 

Il sont généralement de structure simple et de di- 
mensions assez restreintes, les plus grands allant à 3 ,T, ,75 de 
haut sur 2 m ,60 de largeur et dépassant à peine \ mètre de 
hauteur, et quelques-uns ne se composant que d'une table 



- 235 - 

horizontale, sur des rochers en place ; ce qui a donné lieu à 
l'une des objections adressées à la doctrine de M. A. Bertrand, 
cette petitesse opposée à la grandeur de ceux de l'Europe, 
trahissant, disait-on, une industrie mégalithique à ses débuts, 

Selon M. Faidherbe, cette simplicité et cette petitesse du 
dolmen de l'Algérie ne prouverait-elle pas, au contraire, 
que l'industrie mégalithique y était à son déclin ? {Matériaux 
pour l'histoire primitive et naturelle de l'homme, 1873, 
p. 475. Compte-rendu de la Société d'anthropologie.) 

Malgré les travaux considérables qui ont été accomplis, il 
reste encore beaucoup à faire, soit sous le rapport des 
fouilles, soit sous le rapport de la conservation de ces monu- 
ments. Ils méritent, d'attirer notre attention. 

Le docteur Bèrtherand avait bien voulu me prévenir que 
les environs d'Alger possédaient encore quelques dolmens. 
Six jours après mon arrivée, je me mettais en rapport avec 
M. Kuster, professeur au Lycée, qui habite près de Guyotville 
une jolie propriété où, grâce à ses soins, un certain nombre 
de dolmens sont préservés de toute destruction. M. Kuster 
sait tout l'intérêt que peuvent avoir pour l'archéologie 
la conservation de ces antiques débris des siècles pas- 
sés, et c'est avec un empressement dont notre Société 
doit lui être reconnaissante, que ce savant profes- 
seur a mis à ma disposition tous les documents qu'il pos- 
sède et les objets qu'il a lui-même recueillis. M. Kuster, 
depuis mon rapide voyage en Algérie, continue ses recher- 
ches, et les notes qu'il & bien voulu me communiquer 
complètent aujourd'hui entièrement celles que j'ai prises 
moi-même sur le terrain au milieu de ces monuments 
mégalithiques signalés par des membres de la Société de Cli- 
matologie algérienne, notamment par M. Berbrugger, en 1868 
par le D r Bèrtherand et le D r Bourjot. Ces rapports sont con- 
signés dans le Bulletin de la Société de Climatologie algérienne 
(1868, p. 88). A la session extraordinaire de la Société, en 
1868, un archéologue breton, M. René Galles, a lu un mé- 



- 236 - 

moire sur les monuments mégalithiques en Basse-Bretagne 
et en Algérie. M. Letourneux dressa à la môme époque 
un catalogue détaillé des monuments préhistoriques de 
l'Algérie.* 11 serait difficile d'énumérer tous les travaux 
accomplis touchant cette question. Je n'ai donc pas la pré- 
tention d'offrir aujourd'hui à la Société une primeur de 
fouilles ; mais l'on sait, dans les recherches si délicates que 
ce genre d'étude comporle, que des découvertes nouvelles 
peuvent se faire à tous les instants, souvent c'est l'effet du 
hasard, et les opinions diverses émises à ce sujet peuvent 
jeter un jour nouveau sur ces questions si dignes de notre 
attention. De plus, comme je l'ai déjà dit au début de ce 
compte-rendu, le groupe de dolmens que je vais décrire est 
minutieusement étudié par M. Kuster, qui se livre tous les 
jours à de nouvelles recherches dans les dolmens non 
fouillés qu'il possède. 

La plupart des dolmens de l'Algérie ont été plus ou moins 
fouillés par des chercheurs de trésor, par des archéologues, 
ou des marchands d'antiquités. Je crois que c'est une 
raison de plus pour noter avec le plus grand soin, pendant 
qu'il en est temps encore, les faits que l'on peut observer, 
car si l'on n'arrête la destruction de ces monuments, dans 
quelques années ils auront à peu près disparu. 

En quittant Alger par la porte Bab-el-Oued et en suivant 
la grande route qui longe la mer dans la direction de l'Ouest, 
on arrive, au quinzième kilomètre, au petit village de Guyot- 
ville (600 hab.). Il est difficile de trouver une route aussi 
pittoresque, bordée de délicieuses maisons de campagne, de 
villas coquettement placées sur les bords de la mer ou 
adossées à la montagne couverte d'une végétation luxuriante. 
A 2 kilomètres de Guyotville, sur la gauche, s'élève in- 
sensiblement un vaste plateau d'une altitude d'environ 
50 mètres au-dessus du niveau de la mer. C'est le plateau 
du Baïnen, couvert de broussailles, il y a quelques années à 
peine, aujourd'hui entièrement défriché et planté de vi- 



- 237 - 

gnes qui produisent un vin délicieux. Ce plateau est traversé 
par une route qui met en communication Guyotville et Che- 
ragas. 

Un ravin profond d'une centaine de mètres, au fond du- 
quel serpente le ruisseau des Beni-Missous, divise le plateau 
de Baïnen en deux parties. La propriété de M. Kuster, qui 
commence à la route vicinale n° â,est située sur une éléva- 
tion, le terrain s'abaisse insensiblement vers le ravin. Cette 
région est admirable, la vue s'étend de tous les côtés : 
au Sud on aperçoit la majestueuse chaîne azurée del' Atlas, 
et un cône perdu à l'horizon, indique le célèbre tombeau 
de la Chrétienne, gigantesque nécropole mauritanienne qui, 
achevée en l'an 20 de l'ère chrétienne, n'a dû recevoir 
que des urnes funéraires du roi Juba 11 et de la reine Cléo- 
pâtre Séléné. Ce monument, qui avait environ 40 mètres de 
haut sur 65 mètres de diamètre à sa base, est assis sur un 
plateau de 64 mètres de côté. Sa forme est polygonale. 
, Si l'on regarde vers l'Ouest, on aperçoit la mer qui forme 
deux golfes séparés par le promontoire de Sidi-Ferruch où 
les Français débarquèrent en 1830. Au Nord, la mer, le 
grand Rocher où est creusée une grotte qui a donné des 
débris très intéressants pour les études préhistoriques, et 
qui sont déposés. dans le petit musée de la Société de Clima- 
tologie. Cette belle région était primitivement le centre d'une 
vaste nécropole renfermant un nombre considérable de dol- 
mens. 

Avant la construction des maisons d'habitation, sur l'em- 
placement de la propriété de M. Kuster, il y avait plus de 
trois cents dolmens en bon état de conservation Depuis 
une quinzaine d'années la destruction a fait de rapides 
progrès. On comprend, en effet, l'utilité que ces pierres of- 
fraient à la construction dans une contrée déserte. Sur le 
plan dressé par M. Kuster, on remarquera une bande de 
rochers orientée E.-O., dominant le ruisseau des Béni-Mis- 
sous. Ces poudingues escarpés présentent des couches de 



- 238 — 

conglomérat calcaire assez compacte. Les constructeurs des 
dolmens ont puisé là leurs matériaux, de larges dalles de 
poudingues ont été grossièremeut débitées et transportées 
sur le plaleau. Sous la couche rocheuse on voit une forma- 
tion de sables concrétionnés qui se délitant sous l'influence 
des agents atmosphérique, principalement de la pluie, ont 
formé des anfractuosités ou abris profonds, probablement 
habités par les populations primitives qui trouvèrent là un 
refuge naturel. 

Il y a plus de trente ans que cette région des dolmens de 
Chéragas ou des Béni-Missous a été reconnue et signalée par 
M. Berbrugger ; quelques-uns furent fouillés par M. Berthe- 
rand (1). D'autres sont encore à demi cachés et couverts 
par une riche végétation arborescente ; mais dès que les 
défrichements les feront sortir de leur cachette, ils seront 
malheureusement détruits. 

Guidé par M. Kuster, nous avons d'abord parcouru sa pro- 
priété et visité ensuite les dolmens voisins. J'ai pu photogra- 
phier les tombes les plus intéressantes. Dix-huit dolmens 
sont encore debout. Un grand nombre sont démolis. Les uns 
se sont affaissés, les dalles latérales ayant été brisées ou cou- 
chées, la grande table qui les recouvre est à la hauteur du 
sol. Ce sont ceux-là qui peuvent encore renfermer des débris 
intacts. Enfin, il en existe encore ne possédant plus que 
les quatre côtés fixés profondément en terre et dont la table 
a disparu. 

A première vue, ils paraissent semblables à ceux que 
j'ai vus et fouillés dans l'Aveyron ; leur dimension est 
cependant plus petite. Le premier que nous avons examiné 
était intact ; il a fourni divers objets intéressants, il a 1 m ,30 
de hauteur ; la table a 2 ,n ,20 de long sur 2 m ,30 large. Orien- 
tation, Est-Ouest. 

Le second, de 1 in ,50 de haut, a sa table longue de 2 m ,50 

(1) Soc. de climatologie algérienne, 1868, p. 88. 



— 239 — 

et de m ,50 d'épaisseur. C'est une grosse dalle massive 
large de 4 ,n ,80. La dalle du fond est percée d'un gros trou. 
Il est entouré d'un cromlech bien conservé. Orientation, 
Nord-Sud. 

Le troisième, plus petit mesure 2 mètres de long sur 4 m ,50 
de large et 4 mètre de hauteur. Orientation, Nord-Sud. 

Le quatrième dolmen, dont les dimensions peuvent se 
comparer à nos beaux dolmens de France, n'a plus sa table, 
mais il présente une particularité frappante. Les trois sup- 
ports paraissent avoir été soigneusement taillés pour se join- 
dre hermétiquement. La dalle du fond a 4 m ,80 depuis le sol 
sur 4 m ,50 de long ; le côté gauche, 3 m ,25 de long; c'était un 
des plus grands de la région. C'est à quelques pas de c e 
dolmen qu'a été trouvée la pointe de flèche en silex que 
nous reproduisons dans notre dessin. (PI. I. n° 40.) 

Voici un groupe de six dolmens biens conservés qui sont 
de véritables types des mégalithes algériens. Ils ont été 
soigneusement mesurés par M. Kuster, (PI. III.) 
N° 4. Ce dolmen a sa table longue de 2 ,n ,4 0, large de 4 m ,60, 
la hauteur est de 1 mètre. Intérieur, m ,80, 4 m ,20 
de largeur, 1 in ,70 de long. Orientation, Nord-Sud. 
N° 2. Sa longueur est de 2 m ,25 ; largeur. 4 m ,40; hauteur, 

4 mètre. Orientation, Nord-Sud. 
N° 3. Longueur, 4 1U ,90; largeur extérieure, 4 m ,25; largeur 
intérieure, m ,60 ; longueur intérieure, 4 m ,50. 
Orientation, Est-Ouest. 
N° 4. Longueur, 2 m ,50 ; largeur, 2 m ,4 5. Le fond de la cham- 
bre n'a que 4 m ,50; hauteur, 4 m ,35; largeur inté- 
rieure, 4 m ,4 environ ; longueur, 2 mètres 
N° 5. Longueur totale, 2 ,n ,60 ; largeur, 4 m ,80; longueur des 
dalles de support, 2 mètres. Orientation, Est-Ouest. 
N° 6. Longueur de la Table, 2 m ,25 ; largeur, 4 m ,75. Ce beau 
dolmen est à demi écroulé ; un des côtés s'étant 
tourné intérieurement, la grande table s'est inclinée 
vers le sol. 



- 240 — 

Comme on peut le remarquer dans la planche n° II, qui 
reproduit exactement une de nos photographies ; la distance 
entre chaque tombe est peu considérable. 

On se demande si les dalles rugueuses transportées 
du ravin ont été véritablement taillées ou simplement utili- 
sées telles que la nature les olïrait aux constructeurs de ces 
cryptes. Le D r Bourjot a reconnu que le dépôt poudingiforme 
se débite de lui-même en dalles inégales ; il n'admet pas 
à leur surface jcîe taille môme rudimentaire, il pense qu'un 
levier de bois pour les détacher et des rouleaux, des plans 
inclinés en terre, suffisaient à dresser ces dalles , travail 
archi-grossier des tombes mégalithiques. » (Société de Cli- 
matologie, 1875. p. 466.) 

Les ossements, les poteries et bracelets de bronze appa- 
raissent à 20 ou 30 centimètres de profondeur de la surface 
du sol, mêlés à une grande quantité d'hélix, dont nous par- 
lerons plus tard. 

M. Kuster a observé quelques dolmens dont la chambre 
intérieure était divisée en deux parties par une pierre trans- 
versale enfoncée au milieu et qui séparait deux sépultures 
distinctes, avec ossements humains et débris de poterie. 

Etaient-ils primitivement recouverts par un tumulus? 
Cette hypothèse est fort douteuse. On ne peut se pronon- 
cer d'une manière absolue. Dans la région que j'ai par- 
courue, il n'existe pas un tumulus. Des pluies abondantes 
auraient pu emporter les monceaux de terre ; mais la végé- 
tation arborescente d'une vigueur exceptionnelle qui devait 
couvrir ce plateau aujourd'hui désert, était bien propice, au 
contraire àlesretenir ; d'ailleurs, il est probable que quelques 
tumulus auraient pu échapper à la destruction s'ils avaient 
tous été recouverts comme ceux de France. La chambre inté- 
rieure devait être soigneusement remplie de pierres abon- 
dantes sur le sol, cette précaution était bien suffisante pour 
garantir les sépultures contre les animaux. 

Les ossements. — Comme nous l'avons dit, les ossements 



- 241 — 

se présentent presque toujours dans le plus grand désordre. 
L'examen anatomique prouve que plusieurs sujets de diffé- 
rents âges y ont été déposés. Les objets et les ossements 
presque tous brisés anciennement, sembleraient indiquer que 
la crypte funéraire, une fois remplie, a subi un remanie- 
ment complet, probablement à diverses époques. 

Les Poteries. — Dans la description des monuments méga- 
lithiques de Roknia, M. Bourguignat déclare que sur les 
45 vases trouvés dans les dolmens, il n'en a pas rencontré un 
seul de semblable. Ils sont d'une fabrication tout à fait pri- 
mitive. « Les formes ont été faites à la main. Les impres- 
sions des doigts sont encore visibles sur ia plupart. La terre, 
peu résistante, paraît argileuse , mélangée de nombreux 
grains de quartz, et présente une cassure noirâtre. Extérieu- 
rement, ces poteries sont d'une teinte terreuse, grisâtre ou 
rougeâtre, suivant qu'elles ont été légèrement flambées au 
feu ou simplement séchées au soleil. » ^Page 36.) 

Cette description des poteries de Roknia peut s'appliquer 
identiquement aux poteries des dolmens du plateau de 
Baïnen. Un seul vase (n° 4) offre quelques particularités 
artistiques très primitives. La forme est plus soignée; quel- 
ques stries l'ornementent. Les autres sont analogues aux 
poteries de nos dolmens de France. 

Dans une excursion faite en Kabylië, grâce à l'obligeance 
d'un colon français, M. Petith'ls, nous avons pu visiter quel- 
ques gourbis et recevoir l'hospitalité des Kabyles établis au 
col des Beni-Aicha. 

Ce n'est pas sans étonnement que nous remarquâmes les 
poteries dans lesquelles on confectionnait le kouskousou, et 
qui offraient une ressemblance frappante avec ces poteries 
grossières dont les formes rappelaient identiquement celles 
des dolmens. Les Kabyles les façonnent encore à la main 
d'une manière toute primitive. Les débris de ces poteries 
ayant déjà servi, abandonnées sur le sol, pourraient se 
confondre avec ceux recueillis dans les dolmens du plateau 
de Baïnen et du Midi de la France. 46 



— 242 - 

Bronzes et coquillages perforés. — Les objets en bronze, 
comme l'indique notre planche, sont des anneaux dont l'un 
est soudé, des bracelets minces, unis, presque sans aucune 
ornementation. M. Kuster a recueilli une bague ou une 
boucle d'oreille (n° 14) très simple, au milieu de poteries, 
ainsi qu'une sorte de fibule dont on retrouve la forme iden- 
tique chez les Kabyles (n° 45). 

Cet objet, qui rappelle une forme toute moderne, a été 
introduit peut-être dans le champ des dolmens à une épo- 
que relativement récente. 

Dans un dolmen non fouillé, parmi une quantité d'hélix 
et d'ossements, à côté du vase dont la forme et l'ornemen- 
tation présentent quelque idée artistique, gisait un pétoncle. 
Un second également perforé (n° 9) a été trouvé par M. Kus- 
ter parmi les ossements d'une tombe intacte. Deux Cyprea 
(n° 8) ont été recuillies dans les mêmes conditions. 

Ces coquillages perforés, qui sont des objets de parure, 
sont fort rares et n'ont pas été signalés, croyons-nous, dans 
les dolmens de la province de Constantine. 

Un fragment de bracelet des dolmens de Guyotville, ana- 
lysé par M. le D r Garrigou ,a donné la composition suivante : 
Cuivre, 90 p. 

Etain. 9,3 » 

Impuretés, 0,7 » 

100,00 

A part la présence du fer trouvé dans les bronzes de 
Roknia les proportions sont à peu près les mêmes. 

Le bronze, qui est très rare dans les dolmens de France, 
semble assez abondant dans ceux d'Algérie. 

A côté des poteries, du collier de coquillages ou d'objets 
perforés, ce que l'on trouve généralement le plus en France 
ce sont les pointes de flèches en silex, finement taillés 
et qui sont de véritables bijoux d'art. Quelques dolmens de 
l'Avovron ont donné 50 et 60 pointes de flèches chacun. 






- 243 — 

Dans ceux des Beni-Missous et même de la province de 
Constantine, l'absence complète du silex, est à remarquer. 
M. Kuster a criblé la terre de plusieurs tombes ; aucun 
dolmen n'a donné la plus petite pointe de flèche, les rares 
silex taillés en forme de pointe ont été trouvés sur le sol 
autour des tombes, mais non associés aux ossements ou 
aux poteries. 

La présence d'ossements humains, de poteries et de bra- 
celets en bronze autour des dolmens, mérite d'être signalée 
d'une manière spéciale. Ces débris, placés dans l'enceinte 
du cromlech, sembleraient indiquer qu'une fois le dolmen 
rempli par plusieurs sujets, les sépultures se faisaient tout 
autour. En défrichant les terres voisines des mégalithes on 
rencontre souvent soit des poteries , soit des objets en 
bronze, et des ossements attestant la présence de plusieurs 
sujets ensevelis. Tous ces débris sont identiques à ceux 
recueillis sous le dolmen même; c'est donc la même époque. 
Ce fait de sépultures autour des dolmens m'a été signalé par 
M. Kuster ainsi que par le ferriiier qui a assisté à la destruc- 
tion d'une grande quantité de dolmens sur le plateau de 
Baïnen. 

Orientation. — La plupart des dolmens conservés et situés 
dans la vigne sont orientés Est-Ouest, ceux des bords du 
ravin du Nord au Sud. Nous en avons remarqué cependant 
plusieurs orientés du N.-O. au S.-E., et N.-E au S.-O., de 
sorte qu'il serait difficile d'établir une théorie sur une orien- 
tation si variée ; cependant , ils paraissent avoir été cons- 
truits selon un alignement intentionnel. (Voir PL TI.) 

Mollusques dans les dolmens. — Ce qui frappe surtout 
celui qui fouille les dolmens dont nous parlons, cest l'abon- 
dance des hélix associés 'aux ossements humains et aux 
débris de poterie. 

M. de Saint-Simon, notre confrère à la Société d'Histoire 
naturelle, dont tout le monde connaît la compétence en 
cette matière, a bien voulu nous donner son appréciation sur 



- 244 - 

les mollusques trouvés dans les dolmens des environs de 
Guyotville, dans une note reproduite à la fin de notre compte- 
rendu. 

Gomme conclusion , nous appelons sur les dolmens de 
Guyotville, l'attention de la Commission des monuments 
mégalithiques qui s'occupe en ce moment de leur conser- 
vation. 

Dans le dernier bulletin de la Société d'anthropologie de 
Paris (t. V., m e sect., p. 417), on reconnaît, en effet, que 
ces monuments disparaissent avec une effroyable rapidité. 
Déjà, grâce aux efforts de la Commission, un grand nombre 
des beaux dolmens de la Bretagne ont été acquis, ainsi que 
les grands menhirs du Finistère qui étaient menacés de des- 
truction. Les alignements de Carnac, monument unique au 
monde, seront désormais sauvés. 

Les regards de la Commission se sont naturellement 
portés sur les régions les plus riches en mégalithes, la 
Bretagne. 

Les dolmens des environs d'Alger, méritent comme 
terme de comparaison, d'être préservés de la destruction qui 
les menace. Quelques-uns sont encore dans des landes dé 
séries cachés sous des broussailles, malheur à eux si le dé- 
frichement, qui ne manquera pas d'arriver un jour, les ar- 
rache de leur cachette. 11 en est temps encore d'aviser; 
mais il importe que les colons soient au plus tôt pré- 
venus de l'importance et de la valeur historique des 
mégalithes. Il faut l'avouer, l'ignorance est une des causes 
principales qui fait détruire ces vestiges des siècles passés. 
Les colons riches se feront un devoir de conserver les dol- 
mens de leurs propriété, ceux qui sont pauvres les céderont 
facilement pour une faible rémunération. 

Un dernier mot : Souhaitons que l'on rencontre des pro- 
priétaires aussi amis et dévoués à la science que M. Kuster 
l'heureux propriétaires dés dolmens du Baïnen. 



- 245 - 

?*ote «le M. de Saint-Simon, 

Les espèces communiquées par M. Regnault sont d'autant 
plus intéressantes qu'elles font connaître la faune de la 
région algérienne à l'époque des dolmens. Elles se sont per- 
pétuées de nos jours, mais il existe quelques différences 
de forme qui ont été signalées par M. Bourguignat en 1868, 
à la suite de ses recherches sur les dolmens de Roknia. 

Deux espèces : le Leucochroa Otthiana et YHelix aetia ne 
paraissent pas anciennes et ont pu se glisser dans le lieu 
d'exploration ; il y a de nouvelles recherches à faire à cet 
égard. 

Les mollusques qui paraissent contemporains des sépul- 
tures des dolmens sont les suivants : 

Hélix aperta ; cette espèce se trouve encore en Algérie ; 
elle est aussi commune en Provence, à Toulon, dans le Var 
et dans les Alpes-Maritimes ; il y a lieu de penser qu'elle est 
venue du nord de l'Afrique. 

Hélix aspersa. M. Bourguignat, dans son ouvrage intitulé 
Souvenirs d'une exploration scientifique dans le nord de 
l'Algérie, 1868-1870, donne de nombreux détails sur cette 
espèce qu'il a trouvée dans les dépôts pliccènes de la Ré- 
gence de Tunis ; les individus qu'il a recueillis dans les 
tumulus de Roknia sont semblables à ceux que m'a commu- 
muniqués M. Regnault ; ils présentent un aplatissement des 
premiers tours de la spire et une dilatation du dernier tour 
bien caractéristiques. Tout porte à croire que cette espèce a 
pénétré en Europe à une époque plus récente que celle où 
elle vivait en Algérie. C'est Vhortensis qu'on trouve dans les 
dépôts préhistoriques de France . Néanmoins, notre con- 
frère M. Fagot l'a signalée, mais en très petite quantité, 
dans les dépôts préhistoriques* de Villefranche-Lauragais. 
Elle n'existait pas à l'époque gallo-romaine aux environs de 
Lyon où elle était remplacée par YHelix pomatia. (Voir 



— 246 — 

Locard, Etudes malacologiques sur les dépôts préhistoriques 
de la vallée de la Saône, 4882, p. 32.) 

Hélix du groupe de YH. lanuginosa, mais plus petite et à 
tours plus serrés, à vérifier. V Hélix lanuginosa, dont le type 
habite les Baléares, existe aux environs d'Alger. 

Bulimus decollatus, trouvé par M. Bourguignat dans les 
dépôts quaternaires de l'Algérie, y est encore très commun. 

Glandina Algira est plus ventru que les individns qui 
m'ont été envoyés de Bône, où cette espèce est très com- 
mune, ainsi qu'aux environs d'Alger. 

Il est à désirer que les recherches sur les mollusques 
préhistoriques se multiplient ; elles jetteront un grand jour 
sur les migrations des espèces et sur les conditions de climat 
dans lesquelles vivaient celles-ci. M. Bourguignat fait, avec 
raison, sentir l'importance de ces études, et, sous ce rapport, 
les types communiqués par notre confrère M. Regnault pré- 
sentent un véritable intérêt. 

Séance du 12 juillet 4882. 

Présidence de M. Trutat. 

M. le Maire de la ville de Toulouse a écrit à M. le Prési- 
dent pour le prier de remercier en son nom la Société du 
gracieux don de la collection des roches du Morbihan, fait 
au Muséum de la ville. 

Cette collection avait été envoyée par M. de Limur. 

M. Peragallo, ancien élève de l'Ecole Polytechnique, est 
proclamé membre titulaire. 

M. Regnault présente des quartzites, taillés en forme de 
disque, qu'il a trouvés dans la grotte ûb Bize. Ces instru- 
ments se trouvaient dans la couche à renne, mais comme 
il y a eu remaniement, on ne peut tirer de conclusion bien 
exacte. M. Regnault trace sur le tableau la grotte et la super- 
position des couches. 



— 247 — 

M. le Secrétaire-général donne lecture d'un Mémoire de 
M. le comte de Limur, membre correspondant, sur 

La Mine d'Etain de la Villeder. 

Grâce à l'extrême obligeance de l'habile ingénieur, 
M. Ghauvau, qui dirige l'exploitation de la mine, et aussi à 
celle de MM. Bacqua et du Grand-Launay, co-propriétaires 
de ce gîte si curieux, renfermant un si grand nombre 
de substances intéressantes pour le minéralogiste, nous 
avons pu récolter de nombreux spécimens , étudier avec 
soin ce gisement d'étain, dont les exploitations sont si rares 
en France, et qui est appelé à devenir une des mines 
les plus importantes de l'Europe. 

Historique 

Sur une lande, à quelques kilomètres de Ploërmel, recon- 
naissable de loin par un antique moulin à vent, dit le Mou- 
lin de la Villeder, et formant le plateau d'une colline de 
\ \ mètres d'altitude, sommet d'un de ces grands plissements 
E.-O. qui caractérisent les soulèvements de la Bretagne, on 
pouvait remarquer, il y a quelques dizaines d'années, de 
longs affleurements formant un relief de \ à 2 mètres 
en ligne continue, d'une roche d'un blanc de neige 
tranchant, comme une longue muraille, sur la teinte 
sombre des bruyères. C'était un affleurement de quartz fé- 
tide contenant de rares mouches d'étain oxydé sur une lon- 
gueur d'environ 100 mètres. Nous les avons souvent visités, 
avant que le pic du mineur moderne ne les ait entamés. 

Toutes arrondies à leur surface, notre marteau n'y trouvait 
pas prise pour en détacher des fragments, quand une bonne 
fortune minéralogique avait briller à nos yeux quelques-uns 
de ces rares cristaux d'étain, objets de nos recherches. 



— US — 

Cependant, ces formes arrondies et lisses n'étaient pas le 
résultat d'une altération produite par les siècles ou par les 
agents atmosphériques, mais, visiblement, la conséquence 
des coups donnés jadis pour extraire, autant que possible, les 
mouches d'étain qui se montraient disséminées çà et là dans 
la roche. 

Les traces de ces tentatives d'extraction se montraient 
encore plus certaines, par deux fossés ou douves longeant 
ce mur de quartz des deux côtés, ayant quelques mètres de 
profondeur et de large, absolument comblés de ce même 
quartz brisé en menus fragments, et, chose curieuse, tout ce 
qui était parcelles d'étain avait été si soigneusement recher- 
ché, qu'il était absolument impossible d'en récolter une seule ; 
en revanche, il était facile de faire provision des fragments 
d'émeraude grossière bacillaire ou de fer arsenical, dont les 
grains étaient passés à l'état d'oxyde de fer, par suite des 
intempéries et des nombreuses années écoulées depuis que 
ces éclats gisaient dans les fossés. 

Tous ces indices témoignaient de tentatives de recherches 
de minerai d'étain à une époque si lointaine, qu'il n'en 
restait pas souvenir : la date s'en perdait dans la nuit des 
temps. 

Gomme toujours, selon les légendes de tous les pays, 
la tradition prétendait y voir l'œuvre des Romains, ainsi que 
toute butte artificielle est décorée du nom de Camp de César. 
Mais les Romains savaient attaquer les roches les plus 
dures. Nous avons eu à plusieurs reprises l'occasion d'ad- 
mirer leurs travaux de mines, leurs galeries dans différentes 
contrées, et ce n'est pas ce quartz si fendillé, si fragile, qui 
les aurait contraints à écrémer en quelque sorte un gîte pro- 
mettant un certain intérêt. 

11 fallait donc, pour se rendre compte de ces immenses 
accumulations de petits débris, admettre qu'on se trouvait 
en face d'une ancienne exploitation de l'étain à la période 
du bronze, alors que, faute d'un outillage suffisant, on s'était 



— 249 — 

trouvé contraint à un simple grattage sans pouvoir pousser 
plus loin (1). 

Cette supposition serait encore contirmée par la décou- 
verte fréquente de haches en pierre, notamment en fibrolite 
dans les environs, tout près des lieux de ces anciennes 
douves ou fossés. Nous avons obtenu du gardien du maté- 
riel de la mine une belle hache en fibrolite polie, de grande 
dimension, trouvée par lui en retournant la terre, dans un 
petit enclos qu'il cultive au-dessus du stockwerk, à quelques 
mètres à peine de l'affleurement du grand filon de quartz. 

La pointe de cette hache est fortement émoussée et porte 
des traces de percussion comme si elle avait servi long- 
temps de marteau. 

D'autres semblables ont été aussi récoltées dans les mê- 
mes conditions, notamment quelques autres en bronze. On 
peut voir celle en fibrolite citée plus haut, dans notre ga- 
lerie, salle n° 4, vitrine n° 103. 

Pendant les années de 1856 à 1859, une manière d'ex- 
ploitation fut entreprise, le résultat de ce travail fut une 
immense tranchée à ciel ouvert de 15 mètres de profondeur, 
50 de large environ et de 150 mètres de long, amenant sur 
cette surface la dénudation du filon quartzeux. 

Creusant des terriers partout, quelques puits furent forés, 
quelques galeries ouvertes, en définitive, gaspillant d'assez 
grosses sommes en menant ces travaux avec une déplorable 
ignorance ; la mine, au bout de quelques autres essais, fut 
abandonnée et cependant ce n'était pas le minerai qui 
manquait. 

Reprise il y a environ deux ans, sous la savante direction 
de l'habile ingénieur que nous avons nommé, elle est munie 
des appareils les plus parfaits, des machines les plus com- 



(1) Voir notre note sur les gisements de l'étain en Bretagne au point 
de vue de son commerce à la période dite du bronze. Bulletin de la 
Société Polymathique du Morbihan, 2 e semestre 1878, 



— 250 - 

plètes ; perforateur à air comprimé, machine Gramme pour 
éclairer de splendides laveries du système Humbold, de 
Cologne, etc., etc. 

Ce gîte qui mal reconnu jadis n'offrait que peu d'intérêt, 
est appelé aujourd'hui à devenir, ainsi que nous le disions 
plus haut, une des mines importantes d'Europe. 

Cette opinion ne nous est pas absolument personnelle, 
c'est aussi celle exprimée par toutes les hautes notabilités 
scientifiques qu'il nous serait facile de citer, qui sont venues 
en grand nombre visiter ce curieux gisement: ingénieurs, 
professeurs, etc. 

Conditions géologiques 

Le sol de la Bretagne appartient, pour la majeure partie, 
aux formations cristallines primaires et azoïques. On y ren- 
contre, avec toutes les variétés possibles de granités , de 
gneiss, d'amphibolites, de micaschistes, de quartzites, des 
porphyres, des schistes argileux plus ou moins maclifères 
et métamorphisés ; enfin, quelques rares assises de ces mê- 
mes schistes argileux fossilifères. Ces schistes se sont 
déposés dans des plissements du sol, dans des bassins ou 
vastes cuvettes, avant le soulèvement total et définitif au- 
dessus des mers siluriennes du massif breton. 

En effet, si l'on connaît quelques dépôts des formations 
dévoniennes, bien que très peu importants, ils ne se mon- 
trent seulement qu'aux deux extrémités du massif en ma- 
nière de contreforts : à l'Ouest, dans la baie de Brest ; à l'Est, 
vers la Mayenne. Nous ne tiendrons pas trop compte, dans 
ce rapide coup d'œil, de quelques petits bassins tertiaires 
si bien étudiés par M. Gaston Vasseur ou par M. le profes- 
seur directeur du Musée d'Histoire naturelle de Nantes , 
M. Dufour, lebutde cette notice étant absolument minéra- 
logique. C'est donc à une des nombreuses dislocations des 
terrains cristallins du sol de la contrée , au contact des 
schistes et des granités, que se sont fait jour ces filons de 



- 251 - 

quartz fétide et stannifère accompagnés de nombreuses 
substances minérales curieuses, sujet de cette présente notice. 

Les filons de la Villeder 

Jusqu'à ce jour, ils sont au nombre de cinq bien connus. 
Tous tendent de plus en plus à s'enrichir et à augmenter de 
puissance à mesure qu'on les suit en profondeur. Mais aussi, 
en même temps, le minerai qui est plus important montre 
moins de ces remarquables cristaux si célèbres dans les col- 
lections de minéralogie : tout comme pour ceux d'émeraude, 
il est à craindre qu'il ne s'en trouve plus que dans les vieux 
travaux quand ils seront repris (4). 

L'orientation de ces filons est Nord et Sud magnétique ; 
peu distants les uns des autres, les minéraux qu'ils contien- 
nent sont toujours cristallisés ou plus ou moins cristallins ; les 
coupes à la fin de cette étude montrent leur disposition. Ils 
existent au stockwerk ou plus bas en filons très réguliers, 
ainsi que le font voir les coupes 1 et 2. 

La coupe n° \ montre le curieux stockwerk à ciel ouvert au Sud 
de la tranchée de 1 S mètres de large, entre le grand filon de 
quartz à droite et le côté de la tranchée en regardant le Sud. 

La teinte noire indique le minerai d'étain, les pointillés le 
quartz fétide, les croisettes le granit très altéré. 

La coupe n° 2 est prise au niveau de 32 mètres, les ramifications 
que l'on voit à la coupe du stockwerk se réunissent, et, moins 
dispersées, deviennent des filons réguliers ou l'étain oxydé 
occupe les toits et les murs du quartz fétide en veines qui 
de plus en plus s'enrichissent en profondeur. Là se trouve 



(1) Les galeries si maladroitement ouvertes par les prédécesseurs, 
aujourd'hui en partie pleines d'eau et non terminées, compliquent les 
travaux et sont mal connues de l'ingénieur. Ce n'est que dans quelques 
mois qu'il sera possible de se rendre compte de toutes les bévues com- 
mises par ces premiers exploitants. Il est probable que, dans ce moment, 
il sera possible de se procurer de bons spécimens. 



— 352 — 

une veine massive de 4 à 5 centimètres de puissance, que l'on 
peut suivre sur un allongement considérable (1). 

Au Sud du groupe des filons de la concession de la Ville- 
der, sur la commune de Serent, on connaît et on peut suivre 
un hlon de quartz riche en étain oxydé, dirigé Est-Ouest. 
Ce lilon mérilerait une attention spéciale, les filons de la 
Villeder sont orientés Nord-Sud ; ceux de Sérent seraient 
donc des liions croiseurs se rapprochant très près, par la di- 
rection, de ceux les plus riches du Gornouailles (2). 

Les substances minérales qui se trouvent dans les liions 
de la Villeder, compagnes de l'étain oxydé, sont variées et 
diffèrent un peu de celles qui se trouvent associées aux mi- 
nerais anglais et saxons. 

C'est en vain qu'en dépit de nos recherches les plus atten- 
tives, depuis des années, il ne nous a pas été donné de ren- 
contrer encore une parcelle de wolfram, si commun dans 
les mines de la Saxe et de la Cornouaille, qui infeste les 
filons stannifères de Vaulry, dans la Haute-Vienne. La ge- 
nèse du remplissage de nos filons semblerait présenter plu- 
sieurs périodes intéressantes à considérer. Nous en dirons 
quelques mots plus loin. 

Les substances minérales 

Peu de gîtes stannifères en Europe contiennent une aussi 
grande variété de substances minérales curieuses ou peu 
communes, intéressantes à bien des points de vue. Nous sui- 

(1) On peut voir dans notre galerie une portion de filon encore su- 
périeure comme puissance, absolument formée d'étain oxydé, massif, 
lamellaire, pesant 2 kil. 600. Nous avons vu dans le cabinet de M. l'in- 
génieur, à la mine, des blocs semblables pris dans un filon traversé 
par le grand puits de 63 mètres, dont le poids n'est pas moindre de 
7 2 kilos et dont l'allure semble parfaitement régulière. (Ce filon n'était 
pas connu.) 

(2) Autre remarque qui n'est pas sans avoir peut-être une certaine 
importance, c'est que le quartz de ces filons Est-Ouest n'est pas fétide. 



- 253 — 

vrons, pour les décrire, l'ordre du classement minéralogique 
dans notre galerie. 

L,e quartz hyalin fétide. 

Cette variété de quartz est assez peu répandue, on la cite 
aux environs de Nantes, à Chanteloube dans la Haute- 
Vienne, etc., etc. 

Ici, le quartz fétide forme la masse des filons, il empâte 
l'émeraude, l'étain, le fer arsenical, etc. Dans le centre, où il 
se montre d'un blanc laiteux, à l'état massif seulement, très 
fissuré et comme étonné, les quelques druses qu'il contient 
sont tapissées de cristaux plus translucides que la masse 
générale. 

Dans ce cas, la variété de forme décrite par Naumann 
et Zirkel (4) se voit assez souvent. 

Une autre variété de forme tout aussi curieuse, mais bien 
plus rare que celle dont nous venons de parler, existe aussi 
en cristaux d'une remarquable perfection à la Villeder. Nous 
n'en connaissons que trois ou quatre spécimens, toujours 
dans les druses de ce quartz fétide. C'est la variété dite 
comprimée d'Haûy, offrant ici l'apparence de tables de quel- 
ques centimètres de surface, très minces, ayant au premier 
coup d'œil l'apparence de lames octogonales (2), épaisses 
tout au plus de quelques centimètres et biseautées sur tous 
les côtés. Si ces tables étaient hexagonales, on pourrait les 
prendre au premier moment d'un coup d'œil superficiel pour 
de la Tridymite en gigantesques cristaux (3). D'autres druses 
sont tapissées de jolis petits cristaux de quartz jaune. On ren- 



(1) ooP. R. — R — HR6P£ (Ebenfalls aus dem Dauphiné mit 
Rhomboëderj. Elemente der minéralogie, von Naurnan und Zirkel, 
page 338. 

(2) Voir la figure à la suite de cette étude. 

(3) D'après Naumann, hexagonal P. Steink 104°, 42' Polk 127°,25 £ 
{Tridymite). 



— 254 - 

contre aussi, mais plus rarement, au toit et au mur du grand 
filon de quartz, d'autres druses plus considérables, qui ren- 
ferment des cristaux enfumés d'un remarquable volume (va- 
riété prisméebisalterned'Haùy), entièrement recouverts d'une 
couche de calcédoine, absolument identiques à ceux de Chan- 
teloube (Haute-Vienne) (1). Au contact des filons d'étain, 
le quartz présente souvent un phénomène très remarquable. 
Il est perforé de nombreuses loges vides hexagonales, et ces 
loges sont enduites de fer oxydé. Ce sont les emplacements de 
cristaux d'émeraudes disparus. Quand ces loges sont pleines, 
c'est d'une matière terreuse, Emeraude kaolinisée. Nous avons 
dit que ce quartz des filons, quand il se montre avec une cer- 
taine puissance, est d'un blanc de neige et comme étonné. 
Nous nous sommes défié de cette fragilité si grande. 11 nous 
est venu à la pensée que son aspect si blanc, son odeur 
fétide, etc., serait peut-être bien la conséquence de bulles 
gazeuses enfermées dans la masse, tout comme l'eau devient 
blanche et opaque quand elle se brise au pied d'une cascade. 

Nous avons adressé des spécimens de ce quartz fétide des 
liions à l'éminent professeur de Leipzig, M. Zirkel, en lui 
faisant part de nos suppositions. En effet, elles se trouvaient 
exactes. Ce quartz contient des bulles gazeuses par mil- 
liers (2). 

Ce sont bien elles qui offusquent la transparence du quartz 
et lui donnent l'aspect laiteux. 

(1) Voir noire galerie, salle n° 2, vitrine n° 48. 

(2) Lettre de M. le professeur Zirkel, Université de Leipzig : 

« Sie Finden : 4° ein mikroskopische praeparat von de m Stuk- 

quarz von Villeder. Sie baben ganz recht, der quarz enhalt eine ganz 
énorme quantitat von liquidem einschlussen wie sie in solcher masse 
sehr seltem sind. 

» Sie besitzen gewiss ein mikroscop und Konnen dieselben mit dem 
Bluschen sehr gut sehen. 

» Vielc von diesen flussigen Einischlussen sind hexagonale Pyra- 
miden, also négative krystallc erfo.lt t mit flussigkeik, worin deinn das 
Bleschen tiegl » 



- 255 - 

Une lame mince qu'a bien voulu nous envoyer M. Zirkel, 
le démontre sous le microscope. 



Le fer sulfuré 

Le fer sulfuré est absolument accidentel jusqu'à ce jour 
dans les filons ; il ne se montre guère qu'en très petits cris- 
taux dans le quartz fétide ou en petites masses très dissémi- 
nées. 

Fer arsenical. 

Le fer arsenical se montre à la Villeder dans différentes 
conditions : 1° en cristaux disséminés très nets et isolés dans 
les nids de mica muscovite, avec le quartz fétide, formant 
la gangue générale. Dans ce cas, ils affectent la forme dite- 
traèdre d'Haùy. 

2° En cristaux allongés très brillants, dans un granit où 
ils sembleraient entrer comme éléments constitutifs de 
la roche. 

3° En cristaux isolés, dans l'émeraude grossière, grenue, 
sur le quartz. Toit et mur des filons. 

4° En masses amorphes, grenues, cristallines. Mêmes con- 
ditions de gisement . 

Altérations du fer arsenical 

Le fer arsenical présente assez souvent à cette mine des 
phénomènes d'altération qui seraient peut-être assez inté- 
ressants à suivre . 

Le fer arsenical devient terne, noirâtre, fragile; il se mon- 
tre privé de l'éclat métallique qui le caractérise, et qu'on ne 
trouve plus que par petites places au centre ou noyau des 
masses. Sur d'autres points son altération est complète. C'est 
une substance vert olive, à cassure un peu résinoïde, iné- 
gale, translucide sur les bords. C'est un hydroarseniate de fer, 
la Symplésite . Cette substance, citée seulement par Pisani, 



- 256 - 

est décrite par Naumann et Zirkel (I), qui lui attribuent la 
formule suivante: Fe'As'O'+Saq. Ce n'est plus la formule Fe 
As 4- Fe S 8 , donnée par Pisani pour le fer arsenical ; ce n'est 
plus aussi le même type cristallin. Selon M. Zirkel, la sym- 
plésite appartient au système Monoclinique. On peut en voir 
dans notre galerie (salle 6, vitrine n 20, n° 12986 du cata- 
logue général), un spécimen cristallisé d'une remarquable 
netteté. Au premier examen, j'avais pensé à une pseudomor- 
phose d'émeraude, vu la forme hexagonale de ce prisme ; 
mais les angles ne se rapportant pas à ceux du prisme 
hexaèdre régulier, cela ne peut pas être. 

On peut trouver sur le même échantillon toutes les altéra- 
tions du fer arsenical réunies. 

REMARQUES 

Gisements cités autres que la Villeder (Naumann et Zirkel (2), 
Symplésites , page 407), Lobenstein un Fiirstenthum Reuss — 
Lôlling in Kàrnten. 

Fer arseniaté 

Le fer arseniaté vert cristallisé est très rare à la mine de 
la Villeder. On peut cependant en voir un spjcimen en 
petits cristaux verts dans une di use. Ici le fer arseniaté est 
absolument semblable à celui .le Vaulry (notre galerie, col- 
lection générale, salle n° 2, vitrine 77). De môme que ce 
dernier, il se trouve dans un quartz; mais à Vaulry le quartz 
n'est pas fétide. 

Zinc sulfuré 

Sans être commun, le zinc sulfuré (blende), lamellaire, 
brun, se montre quelquefois en petits amas disséminés dans 
le quartz fétide, aux environs du toit ou du mur des filons. 

(1) Elementc der Minéralogie, etc., etc., page 656. 
[%) Ouvrage déjà cité. 






- 257 - 

Ce zinc est parfois associé à de l'étain oxydé ou à du fer 
arsenical. 

Etain oxydé 

L'étain oxydé se montre à la mine dans des conditions assez 
variées, en filons réguliers et dans des stockwerks; les stock- 
werks ne se font voir qu'à la partie supérieure du gîte ; à la 
profondeur de 32 mètres, il se montre en filons réguliers. Il 
semblerait, comme nous l'avons déjà dit, que ces dépôts 
d'oxyde d'étain se sont formés à diverses périodes. La struc- 
ture des filons se rapporte à la Structure rubannée décrite par 
Burat(l). 

Ainsi, tous les dépôts d'étain forment ici le toit et le mur 
des filons de quartz fétide ; à peine s'il arrive de rencontrer 
çà et là quelques rarissimes mouches d'étain dans ces filons, 
sitôt qu'ils se montrent un peu puissants. Ici semblerait se 
présenter une série de phénomènes dans le genre de certains 
filons que nous avons observés, dans ceux de la sierra de 
Los Santos, en Andalousie, en particulier. Ce serait des 
dépôts cristallins produits par l'élargissement successif de 
filons qui , aux premiers temps, n'étaient que de simples 
fissures et, par suite des mouvements du sol, sous l'action 
de nouvelles dislocations dans les assises terrestres, auraient 
gagné des couches plus profondes, amenant de nouvelles 
matières et des minéraux divers ; tout comme dans une che- 
minée, à laquelle on peut comparer les filons, les suies sont 
en couches de nature variable, alternativement grasses ou 
sèches et poussiéreuses, suivant qu'à différents temps on y 
brûle des essences résineuses ou de la houille. En effet, 
les premières émanations auraient rempli les affleure- 
ments du gîte et donné naissance à des micas, à du fer arse- 
nical, à des émeraudes et à l'étain oxydé qui se montre alors 
en grands et remarquables cristaux isolés, avec déjà un peu 

(1) Burat, Exploitation des minéraux utiles 

M 



- 258 - 

de quartz fétide, échantillons si recherchés pour les collec- 
tions minéralogiques. Puis, à la suite de nouvelles disloca- 
tions survenues dans les assises cristallines de l'écorce du 
globe, les fissures se seraient ouvertes plus grandes et aussi 
plus profondes, donnant passage à de nouvelles' émissions 
métallifères plus riches en cassitérite. Mais cette dernière 
venue, facile à distinguer par sa couleur grise et opaque, de 
la première qui est noire, est presque toujours cristallisée. 

Ce qui viendrait peut-être encore a l'appui de cette hypo- 
thèse, c'est la disposition des veines que l'on peut observer 
dans les coupes relevées avec soin (fig. 4 et 2). C'est ce 
stockwerk, peut-être un des plus remarquables comme dis- 
positions de veines ramifiées s'épanouissant vers l'affleure- 
ment d'un gite, puis plus bas, devenant des filons nettement 
formés à la profondeur de 32 mètres, -ainsi que le fait voir la 
coupe n° 2. Ici, le toit et le mur se garnissent de dépôts 
d'étain de plus en plus riches en minerai utile, mais presque 
compact. Le quartz qui occupe le milieu des filons est 
stérile. Cette supposition de l'arrivée en dernier de nouvelles 
matières semblerait confirmée par les nombreuses loges 
videsd'émeraudes, jadis bien cristallisées, dontles empreintes 
se montrent dans le quartz, et aussi l'étain, mais seulement 
au toit et au mur (jamais dans l'intérieur de la masse quart- 
zeuse des filons) ; là seulement on observe les parties trouées 
au contact du mica avec l'étain. 

Les cristaux dans ces conditions sont toujours empâtés 
dans le quartz fétide massif des filons ; un choc les libère 
en laissant le moule de leur emplacement nettement formé 
et brillant dans ce quartz, tout comme de la cire montre son 
empreinte sur un cachet. 

Plomb sulfuré. 

La présence du plomb sulfuré ne mérite d'être citée à 
la mine de la Villeder, que comme un fait tout exceptionnel, 
car il n'en a encore été trouvé que deux spécimens, quel- 



— 259 — 

ques cristaux dans une petite veine quarlzeuse où ils sont 
presque noyés. 

Emeraude. 

L'émeraude bien cristallisée se montre quelquefois dans 
les vieux travaux, plus particulièrement alors elle est blanche 
et fortement translucide. Ce sont les variétés (primitives, 
épointées, unibinaires et soustractives d'Hauy) en cristaux 
d'une netteté remarquable-, mais ce minéral est bien plus 
fréquent à l'état cristallin seulement. 

On rencontre quelquefois aussi l'émeraude dans de pe- 
tites druses de quartz, en cristaux bleuâtres , soit cristallisée 
dans ces vides, soit engagée dans le quartz; mais alors ils 
sont si fortement empâtés dans la gangue, qu'il est absolu- 
ment impossible de les avoir. Une disposition assez curieuse 
de quelques-uns de ces cristaux mérite d'être citée. Ce 
sont des prismes de la variété hexagonale ; dans le centre 
se trouve une fraguette de mica en lamelles empilées, 
hexagonales, autour de laquelle l'émeraude forme des cou- 
ches concentriques bleues et blanches, comme les cercles 
qui indiquent la croissance d'un arbre ; dans certains spéci- 
mens le centre -du cristal est vide. 

Micas. 

On rencontre deux espèces de micas à la mine de la Ville- 
der : le Mica Muscovite et le Mica Phlogopite. La muscovite 
ne se rencontre guère que dans de petites druses, au milieu 
des massifs quartzifères des filons ; dans ce cas, ce sont de 
jolis petits cristaux groupés, réunis en agrégation, petits 
édifices si délicats que l'on n'ose les manier ; ou bien en- 
core en masses lamellaires cristallines, en salbandes, dans 
les filons du stockwerk. Ces micas seraient peut-être bien 
les témoins de l'action des gaz fluorhyrîriques, qui semble- 



- 260 - 

raient, d'après les expériences synthétiques nouvelles, dans 
certains cas, les minéraliseurs des étains oxydés. 

Les micas magnésiens (Phlogopites) sembleraient eux 
aussi former un enduit sur les parois des filons ; c'est dans 
ces micas que l'on peut espérer trouver les remarquables 
échantillons d'étain noir en cristaux isolés. 

Gilbertite. 

La Gilbertite de Thomson est une espèce minérale très 
voisine de la Nacrite. Selon Muller, elle est composée de 
47,74 de silice, 39,48 d'alumine, 14, 16 d'eau ; un peu comme 
la pyrophyllite, elle se gonfle au chalumeau, puis fond en 
émail concrétionné blanc si le coup de feu est soutenu. 
'Cette substance est la compagne ordinaire des filons stan- 
nifères dans les gisements riches en minerais d'étain. Les 
mines de ce métal sont à Stonnagwin (Stenna Gwynn), près 
Saint-Austleen Cornwal. Le capitaine Hunt a obtenu pour 
celle de Saint-Austle'S 45,15, AÏ 40,14, Fe 2,45, Ga 4,17, 
Mg1,90, H 4,2o = 98,01. Couleur blanc jaunâtre, jaune 
verdàtre, etc. Elle a été reconnue aussi dans les filons stan- 
nitères de la Creuse, à Montbras, ainsi que dans les mines 
d'étain delà Saxe, à EhrenfriedersdoriT, à Zinwald où elle 
se montre mélangée à beaucoup de nacrite et associée au 
Wolfram, à la chaux phosphatée, à la topaze, etc. 

Dans la mine de la Villeder, elle se montre au grand 
puits (63 mètres) en petits filons ou amas avec de la nacrite 
et un peu de fer sulfuré. 

Associée au quartz, elle forme une masse importante qui 
est employée comme remblai. L'aspect de cette roche, à 
première vue, serait celui d'une protogyne (sauf l'absence 
absolue de feldspath) avec quelque peu de fer sulfuré. 
Cette roclie n'étant décrite dans aucun ouvrage à notre con- 
naissance, et paraissant être spéciale à la Villeder, nous pro- 
posons de lui donner le nom de Villedérite. 



- 261 — 

Tourmaline. 

La tourmaline noire, soit en aiguilles radiées ou en petites 
masses amorphes capillo-granulaires, se montre dans les 
roches encaissantes de certains filons. On peut voir dans 
notre galerie, au nombre des spécimens de luxe, la tourma- 
line en belles et grandes rosettes aciculaires radiées. Salle 
n° 6, vitrine n° . 

Topaze. 

Bien que la topaze existe à la Villeder, elle y est excessi- 
vement rare. Jusqu'à ce jour elle n'est représentée que par 
deux spécimens seulement, qui existent dans notre galerie, 
salle n° 6, vitrine n° 22. Un est nettement cristallisé, iden- 
tique à ceux de Schnekentein en Saxe ; voir notre galerie 
salle n° 3, vitrine n° 73. Collection régionale des districts 
miniers d'Allemagne, n os 12,124, 12,125, 12,126, ou la col- 
lection générale, salle des silicates, vitrine 107, n os 14,131 
et14,132. 

La mine d'étain oxydé de la Villeder est, jusqu'à ce jour, 
le seul gîte important de ce métal qui soit exploité, avec la 
promesse de véritables bénéfices, sur le sol de la France. 

Elle est encore peu connue des minéralogistes. A ce titre, 
pardonnez-nous cette notice un peu détaillée, qui n'est ce- 
pendant, en grande partie, que la description minéralogi- 
que des spécimens que nous avons l'honneur de prier la 
Société d'Histoire naturelle de Toulouse de vouloir bien 
agréer et admettre dans ses collections. 

Nota. M. le comte de Limur a accompagné l'envoi de son 
Mémoire d'une collection des principaux minéraux de la 
mine de Villeder. Conformément aux Statuts de la Société, 
ces échantillons ont été donnés au Muséum de la ville de 
Toulouse, où l'on pourra aller les étudier, au moyen d'une 
note manuscrite déposée aux archives de la Société d'Histoire 
naturelle. 



- 262 - 

Séance du S novembre 4882. 
Présidence de M. Fabre. 

M. le Président annonce la mort de M. Rozy, dont les 
qualités étaient appréciées de tous. M. Rozy, professeur 
à la Faculté de Droit, était membre de notre Société depuis 
l'année de sa fondation. 

M. Rktirdit est proclamé membre titulaire de la Société. 

L'assemblée accepte la proposition de l'Académie d'Hip- 
pone défaire échange avec notre Bulletin. 

M. le Secrétaire-général fait ensuite l'analyse sommaire 
des principales publications reçues pendant les vacances et 
de l'ouvrage de M. Leymerie, sur la géologie de notre dé- 
partement, offert à la Société par le conseil général de la 
Haute-Garonne. 

M. Peragallo, ancien élève de l'Ecole Polytechnique, 
membre titulaire, communique le travail suivant : 

Considérations élémentaires sur l'ouverture des objectifs 
microscopiques et les moyens de la mesurer. 

PREMIÈRE PARTIE 
l'ouverture et l'an«le d'ouverture. 

La question de l'ouverture des objectifs a depuis quelques 
années passionné les micrographes, non pas tant en France, 
où l'on s'occupe malheureusement peu de ces questions, 
qu'en Angleterre où les doctrines du professeur Abbe ont 
eu dans le savant M. Wenham un adversaire acharné. L'an- 
nonce d'objectifs à immersion ayant une ouverture supé- 
rieure à 180° dans l'air et de l'équivalence des angles de 



- 263 - 

180° dans Pair, 96° dans l'eau et 82° dans le baume, a sou- 
levé des protestations qui me paraissent reposer plutôt sur 
une confusion de mots que sur tout autre chose. 

Pourtant, les adversaires de la théorie de l'ouverture nu- 
mérique semblent, le premier mouvement de surprise et 
d'équivoque passé, avoir cherché à prolonger, par des argu- 
ments plus spécieux que sérieux, la confusion primitive. 
En face de l'incontestable supériorité des objectifs à immer- 
sion, ils ont continué à nier que les résultats obtenus soient 
dus à une augmentation de l'ouverture, ils les ont attribués 
seulement à l'absence de réflexion sur la surface frontale des 
objectifs ou à d'autres causes analogues. Ces causes concou- 
rent certainement au résultat, mais il est facile de prouver 
par l'expérience directe, on le verra plus loin, qu'il y a cer- 
tainement et incontestablement augmentation de l'ouver- 
ture. 

Beaucoup d'encre et de papier ont été dépensés sur ce 
sujet et, maintenant que la question semble jugée, il m'a 
semblé utile de résumer et de préciser tous ces faits sans 
faire à leur sujet aucune espèce de polémique nouvelle. 

On sait que les trois principales qualités d'un objectif 
sont : la définition, qualité qu'a l'objectif de montrer distinc- 
tement et nettement les contours des objets ; la séparation, 
qualité par laquelle l'objectif sépare et distingue des éléments 
très rapprochés, et enfin, la pénétration, par laquelle l'ob- 
jectif montre simultanément différents plans de l'objet suf- 
fisamment définis ; théoriquement c'est un défaut. Il me 
semble que, pratiquement, la pénétration n'est pas plus que 
théoriquement une qualité pour les objectifs forts, ces der- 
niers étant surtout destinés à détailler les vues d'ensemble 
qui ont été fournies par les objectifs faibles. Dans ces con- 
ditions, je trouve qu'un objectif qui montrera les plus fai- 
bles détails, qui permettra de les placer par induction à leur 
place relative, vaut mieux qu'un objectif qui montre quel- 
ques-uns de ces détails superposés les uns aux autres, ne 



- 264 - 
permet pas de distinguer leurs places ou plans respectifs, et 
laisse inaperçus d'autres détails souvent importants à 
connaître. 

On a dit que la séparation éliminait la définition et la pé- 
nétration. C'est à peu près vrai pour la pénétration, ce qui 
à mes yeux est un avantage, mais ce n'est qu'une apparence 
pour la définition. Il ne faut pas aller bien loin pour trouver 
des objectifs à grand angle donnant une excellente défini- 
tion, et souvent si cette qualité semble manquer à ces objec- 
tifs, c'est plutôt le manque de pénétration qui, donnant un 
foyer mathématique, montre imparfaitemeut définis les 
points de l'objet qui ne sont pas exactement à ce foyer. 

Quoi qu'il en soit, l'étude que j'entreprends est spéciale- 
ment consacrée à la séparation ou résolution ; j'admets que 
les objectifs que j'envisagerai sont bien corrigés sous le rap- 
port de leurs abberrations et je ne considérerai que le pou- 
voir séparateur, ses variations et son maximum. 

Or, le pouvoir séparateur est une fonction directe de l'ou- 
verture et, si nous ne voulons pas retomber dans la confu- 
sion, il faut commencer par définir l'ouverture, ou plutôt 
la mesure de l'ouverture. 

On mesurait, et on mesure encore l'ouverture par l'angle 
d'ouverture que nous définirons plus bas et de là est venu 
le malentendu. Les angles d'ouverture étaient tantôt dans 
l'air, tantôt dans l'eau, tantôt dans le baume et, outre que 
dans ces conditions, sauf pour le cas de deux objectifs fonc- 
tionnant dans le môme milieu, ces angles n'étaient pas com- 
parables, les résultats étaient surtout tout à fait fantastiques, 
lorsqu'on mesurait par les procédés anciens, dans l'air, les 
angles d'ouvertures d'objectifs fonctionnant à immersion. 
Il n'y avait aucun rapport entre la mesure obtenue ainsi et 
la définition de l'angle d'ouverture acceptée par ceux même 
qui le mesuraient d'une manière erronée. 

Pour arrive]' à une exacte comparaison, comme le fait 
très judicieusement observer M. Crisp, il faut mesurer, non 



- 265 - 

pas le pinceau admis qui se trouve dans un milieu variable, 
selon le cas, mais le pinceau émergent qui est toujours dans 
l'air et définir en conséquence l'ouverture : le rapport entre 
le diamètre de ce pinceau et la distance focale de l'objectif. 
La considération du pinceau émergent a, en outre, cet avan- 
tage que son diamètre est en rapport, non pas avec les 
rayons qui entrent dans l'objectif, mais avec ceux qui en 
sortent et par conséquent sont utilisés par l'objectif. 

La mesure directe de l'ouverture ainsi définie n'est pas 
possible, aussi toute la théorie de l'ouverture numérique 
repose sur la relation qui existe entre l'ouverture et l'angle 
d'ouverture que l'on peut mesurer ; c'est justement en 
cela que réside la discussion, les uns prétendant que l'angle 
d'ouverture mesure seul l'ouverture et que par conséquent 
480° est un maximum que l'on ne peut franchir quel que 
soit le milieu de l'immersion, air, eau ou baume, et qu'il 
est absurde de prétendre que 96° dans l'eau, 82° dans le 
baume sont l'équivalent de 180° dans l'air, une partie ne 
pouvant être égale au tout. Les autres disent que l'angle 
d'ouverture n'est qu'un facteur du nombre qui mesure 
l'ouverture, l'autre étant l'indice de réfraction du milieu 
employé. Ainsi, non-seulement, d'aprèsla deuxième théorie, 
un objectif de 82° d'angle d'ouverture mesuré dans le baume 
aurait, pour employer un mot anglais qui manque dans 
notre langue, la même « performance » qu'un objectif à sec 
de 180°, mais encore que la performance de l'objectif à im- 
mersion augmentera jusqu'à ce que son angle d'ouverture 
dans le baume atteigne 180°, tandis que l'objectif à sec a 
atteint son maximum. 

J'espère montrer clairement qu'il en est ainsi, mais d'abord, 
quelle que soit la mesure employée, l'angle d'ouverture 
étant un facteur de cette mesure, il importe de le définir. 

Théoriquement, l'angle d'ouverture est l'angle que font 
deux rayons partant de l'objet A et atteignant les extrémités 
d'un diamère de la lentille. 



— 266 - 

Pratiquement, tous les rayons tombant sur la lentille fron- 
tale ne sortent pas de l'objectif. L'angle réel est donc toujours 
inférieur à l'angle théorique. Je définirai avec la généralité 
des auteurs, angle d'ouverture : V angle formé par les rayons 
extrêmes émanés de l'objet et qui concourent à former une 
image définie dans le microscope ; acceptons pour le moment 
cette définition, j'indiquerai quels sont les moyens de me- 
surer exactement l'angle d'ouverture ainsi défini. 

La considération de l'angle d'ouverture théorique va ce- 
pendant servir à quelque chose. En se reportant à la 
figure \ , on voit que dans un milieu quelconque on ne 
peut augmenter l'angle d'ouverture que de deux manières : 
augmentation du diamètre de la lentille, ou réduction de la 
distance frontale. La première méthode n'est susceptible 
que d'application très restreinte et on a généralement re- 
cours à la deuxième. Il en résulte qu'un objectif de 180° 
aurait une distance frontale nulle et ne pourrait servir, 
car il ne pourrait être mis au foyer pour les différentes vues. 

Pour pouvoir maintenant aborder en sûreté la question 
de l'ouverture, il ne nous reste plus qu'à définir l'objectif 
à immersion. Cette définition est excessivement importante, 
car pour négliger de la préciser, on tomberait de nouveau 
dans la confusion. Ce n'est pas, en effet, parce qu'un objectif 
aura sa lentille frontale unie par de l'huile à un couvre-objet, 
que cet objectif pourra être considéré comme un objectif à 
immersion. Les rayons émanés de l'objet n'atteindront la 
lentille frontale sans réfraction et directement, comme dans 
la figure \ , que si l'objet est lui-môme optiquement uni à la 
frontale. Si l'objet est à sec, l'objectif fonctionne comme 
un objectif à sec placé dans des conditions exceptionnelle- 
ment favorables, il est vrai, mais non comme un objectif à 
immersion proprement dit. 

Je définirai donc l'objectif à immersion : un objectif dans 
lequel Vobjet est uni à la lentille frontale par un corps dont 
l'indice de réfraction se rapproche de celui du verre. 



— 267 — 

Un objectif fonctionnant dans ces conditions peut seul 
utiliser une ouverture supérieure à celle de l'objectif à sec 
de 180° prise pour unité. Si le même objectif fonctionne sur 
un objet à sec, il ne se comporte pas de même ; dans ce cas, 
l'objectif à immersion fonctionne véritablement à sec, ce 
n'est que dans le premier cas qu'il fonctionne à immersion. 

Un même objectif pouvant ainsi fonctionner de deux 
façons différentes la comparaison sera facile à faire et les 
conséquences en découleront tout naturellement. 

Considérons maintenant un objet monté à sec suivant 
la méthode la plus générale : une diatomée, une écaille de 
papillon. L'objet est séché sur le couvre-objet et plus ou 
moins adhérent à lui, nous le supposerons tout à fait adhé- 
rent pour nous placer dans les meilleures conditions. 
L'éclairage est donné soit par le miroir placé obliquement, 
soit par un condensateur quelconque placé sous la prépara- 
tion. Les rayons lumineux traversent, en se réfractant ou 
non, le porte-objet, mais en ressoitent toujours en se 
réfractant, ils peuvent être aussi obliques que l'on veut jus- 
qu'à 90° de la verticale et ils éclairent l'objet après avoir 
traversé la mince couche d'air interposée entre le porte- 
objet et le couvre-objet. 

Cet éclairage de l'objet sous un angle absolument rasant 
est non-seulement possible, mais encore très-facile à obte- 
nir au moyen d'un condensateur à immersion, sans aucune 
perte par réflexion à la surface inférieure du porte-objet. 

Si, en effet, AB (fîg. 2) est un porte-objet, C une lentille 
sphérique, dont le centre soit en et optiquement unie au 
porte-objet, un rayon RO dirigé normalement à la lentille 
faisant un angle ROZ voisin dé 41°, arrivera sans réfraction à 
la surface du porte-objet et là se réfractera à sa sortie 
suivant une direction OR' aussi voisine de l'horizontale que 
l'on voudra. Il est donc bien établi que l'on peut pratique- 
ment éclairer l'objet sous une incidence aussi rasante que 
l'on voudra; voyons comment les rayons lumineux ainsi 
transmis vont se comporter. 



- 208 - 

Supposons d'abord que l'objectif soit à sec et que son 
angle d'ouverture soit très voisin de 180°, 470° par exemple. 

Le rayon RO (fig. 3), voisin de 90°, se réfractera suivant OA 
à 41°, puis il émergera suivant AR', parallèlement à sa direc- 
tion d'entrée, et entrera dans l'objectif. Si maintenant nous 
remplaçons l'objectif à sec par un objectif à immersion 
homogène, le rayon OA ne se réfractera plus et pénétrera 
dans l'objectif suivant la direction OK t ; donc, un objectif à 
immersion homogène d'un angle d'ouverture de 8*2° recueil- 
lera tous les rayons que peut recueillir l'objectif à sec de 
180° d'ouverture. Ces deux objectifs seront donc théorique- 
ment équivalents au point de vue de l'ouverture. 

Mais, au point de vue pratique, l'objectif à immersion sera 
infiniment supérieur pour plusieurs raisons qui sautent aux 
yeux, dont voici les deux principales : 

1° Il est facile de réaliser un objectif de 82° dans le 
baume, tandis qu'il est impossible d'avoir un objectif à sec 
de 480°, objectif qui n'aurait pas de distance frontale , 
170° a été atteint, mais il est presque impossible de se 
servir d'objectifs semblables. 

2<- Les rayons tels que AR' subissent une perte par ré- 
flexion sur la surface de la frontale qui peut être évaluée 
à 40 %, tandis que ces mêmes rayons entrent sans réflexion 
ni réfraction dans l'objectif à immersion. 

En résumé, nous voyons que, sur une préparation à sec, 
l'objectif à immersion de 82° se comporte comme un objectif 
à secvtliéorique de 180° d'ouverture. En fait, il peut être 
considéré comme un objectif à sec dont la surface inférieure 
de la frontale serait la surface inférieure du couvre-objet, 
l'objet étant placé sur cette surface même et toutes facilités 
de mise au point étant données par les variations que peut 
subir l'épaisseur de la lentille frontale ainsi considérée. 

L'objectif à sec de 170° pourra approcher de la perfor- 
mance de l'objectif à immersion, il ne l'atteindra jamais, 
toutes les autres conditions de construction étant égales 



- 269 - 

d ailleurs. De plus, il manquera de distance frontale et, avec 
la même source lumineuse, aura un éclairage moins bon par 
suite des pertes par réflexion sur la première lentille. 

Si maintenant l'objectif à immersion a un angle d'ouver- 
ture supérieur à 82°, il est évident que, dans les conditions 
où il est placé, il ne pourra pas l'utiliser en entier, car nous 
ne pouvons faire pénétrer dans son intérieur un rayon plus 
incliné que le rayon OR , qui provient du rayon rasant 
la surface inférieure du couvre-objet. 

Nous pouvons résumer ce qui se passe dans ce cas en di- 
sant que quel que soit l'angle d'ouverture de l'objectif à 
immersion, pourvu qu'elle soit supérieure à 82°, l'ouverture 
obtenue est égaie à celle d'un objectif à sec de 1 80° soit 4; 
cette ouverture ne peut être dépassée, mais elle est pratique- 
ment obtenue tout entière. 

Supposons maintenant que l'objet soit monté au baume. 
11 est évident que nous ne pourrons faire émerger de la 
préparation dans l'air aucun rayon plus incliné que l'hori- 
zontale. L'objectif à sec de 470° recueillait à peu près tous 
ces rayons : tout à l'heure il les recueillera encore et rien ne 
sera changé par rapport à son ouverture. L'objectif aura 
cependant beaucoup perdu en pouvoir séparateur par suite 
de la perte de visibilité des détails de l'objet due à l'emploi 
du baume, et parce que l'objet ne sera réellement éclairé 
que sous une incidence de 41°. 

Mais ces rayons que l'objectif à sec ramasse, rasant la 
surface supérieure du couvre-objet, l'objectif à immersion 
les reçoit suivant une incidence de 41°, et avec l'emploi d'un 
condensateur à immersion, nous allons pouvoir augmenter 
cette inclinaison. 

Représentons-nous de nouveau la lentille hémisphérique de 
tout à l'heure, dont le centre est en (fig. 4) et qui est opti- 
quement unie au porte-objet ; elle est maintenant optique- 
ment unie à l'objet, à cause de la couche de baume. Le rayon 
RO pénétrant suivant une incidence de 41°, se réfracte sui- 



— 270 - 

vaut 01V, dans le cas où l'objectif est à sec, et continue son 
chemin en ligne droite avec l'objectif à immersion ; le rayon 
SO ayant une inclinaison plus grande que l'angle critique, 
subira la réflexion totale dans le cas d'un objectif à sec, mais 
entrera parfaitement dans l'objectif à immersion si l'angle 
d'ouverture de cet objectif, mesuré dans le baume, est égal ou 
supérieur à S,OZ. 11 y a donc bien réellement dans ce cas 
augmentation d'ouverture. 

Cette augmentation de l'ouverture pourra compenser la 
perte de visibilité due à l'emploi du baume et permettra la 
séparation de détails que l'objectif à sec aurait laissés con- 
fondus, d'autant plus que l'incidence sous laquelle l'objet 
est éclairé a augmenté d'autant. 

Donc en résumé : 

Employé sur des objets à sec, l'objectif à immersion de 
grand angle (et par là nous entendons un angle supérieur à 
82° pour l'huile, 96° pour l'eau), se comporte comme un 
objectif à sec de 180°, théoriquement ils utilisent la même 
ouverture, pratiquement l'ouverture de l'objectif à immer- 
sion est toujours supérieure. 

Sur des objets au baume, l'ouverture de l'objectif à sec 
de 480'» sera encore égalée par celle de l'objectif à immer- 
sion homogène de 82° ; mais cette ouverture, qui a atteint son 
maximum pour l'objectif à sec. pourra continuer de s'ac- 
croître dans l'objectif à immersion à mesure que l'angle 
d'ouverture de cet objectif croîtra de 82° à 180°. 

Maintenant que ces résultats me semblent établis théo- 
riquement, il est bon de montrer comment on peut les vé- 
rifier pratiquement. 

Une expérience bien simple, due à Stephenson, dit le 
D r Garpenter, permet de vérifier pratiquement les résultats 
donnés par la théorie. Le D r Abbe la décrit ainsi : 

« Prenez un objectif à immersion dont l'angle au baume 
soit supérieur à l'angle critique et mettez-le au point sur un 
objet monté au baume éclairé pur un condensateur à im- 



- 271 - 

mersion, tel que tout l'angle d'ouverture de l'objectif soit 
utilisé. Enlevez l'oculaire et placez la pupille à la place où 
l'image est formée par l'objectif et regardez à travers l'ob- 
jectif : vous voyez un cercle uniformément brillant qui est 
une section diamétrale du pinceau émergent du microscope 
et formant l'image. Remplacez maintenant l'objet au baume 
par un objet à sec (cet objet peut être monté sur le même 
couvre-objet que le précédent, le changement est alors ins- 
tantané), vous voyez maintenant encore un cercle bien défini, 
section du pinceau émergent, mais de moindre diamètre que 
tout à l'heure, entouré d'un anneau obscur visible seulement 
par la lumière diffuse. » Or, en faisant la substitution en ques- 
tion de l'objet au baume par l'objet à sec, nous avons, comme 
nous le savons, transformé notre objectif à immersion en un 
objectif à sec de 180° d'ouverture. La différence dans le dia- 
mètre des cercles lumineux nous indique bien la différence 
dans les ouvertures et nous montre l'excès d'ouverture de 
l'objectif à immersion sur l'objectif à sec de 180°. 

Au lieu d'employer un pinceau d'une certaine étendue, 
nous pourrions employer, comme le D r Woodward, un fais- 
ceau de petitdiamètre pénétrant normalement dans un prisme 
en verre A (fig. 5) sans réfraction par deux orifices G et G', 
disposés de telle sorte que l'angle ROZ soit de 45°, le prisme 
étant, bien entendu, uni optiquement à la préparation. Dans 
ces conditions, l'inclinaison du rayon étantsupérieur à l'angle 
limite, aucun rayon ne pénétrera dans l'objectif si l'objet est 
à sec, et le champ restera obscur, tandis que si les objets, 
des diatomées, par exemple, sont montés au baume, le 
champ s'éclairera et les stries seront résolues pourvu que 
l'angle d'ouverture de l'objectif soit suffisant. 

Il ressort de tout ce qui vient d'être dit, que les objectifs 
à immersion à grand angle perdent beaucoup de leurs avan- 
tages absolus quand ils sont employés sur des objets montés 
à sec et qu'une grande partie de leur ouverture est forcé- 
ment inutilisée. D'un autre côté, la visibilité des objets dimi- 



- 272 - 
nue beaucoup dans le baume, on a été alors amené à se de- 
mander si l'on ne pourrait pas réunir les deux avantages et 
utiliser toute l'ouverture des objectifs à immersion avec des 
objets montés à sec. On y est arrivé par l'emploi du ver- 
tical illuminateur, et les résultats obtenus comme résolution 
ont tout à fait répondu aux prévisions de la théorie. 

L'appareil a primitivement été construit pour éclairer 
avec des objectifs à sec des objects non couverts. 

Il se compose d'une monture qui se visse entre le nez du 
microscope et l'objectif, cette monture est percée d'un trou 
circulaire destiné à donner accès à la lumière. Les rayons 
entrant ainsi perpendiculairement à l'axe du microscope, 
sont renvoyés dans l'objectif par un réflecteur qui, dans 
l'instrument que construisent MM. R. et J. Beck, consiste 
simplement en un couvre-objet en verre mince que l'on peut 
plus ou moins incliner au moyen d'un bouton saillant à 
l'extérieur de la monture. L'objectif est donc lui-même uti- 
lisé comme condensateur. 

Pour obtenir, avec cet appareil, des effets de lumière 
oblique, il importe d'avoir une lampe à flamme plate pou- 
vant monter ou descendre. Les lampes anglaises pour mi- 
croscopes remplissent ces conditions. 

Voici comment M. Schultze, qui le premier a indiqué 
l'emploi de l'instrument, décrit la manière d'opérer : 

« On place le tube du microscope verticalement ou à peu 
près, on visse le vertical illuminateur entre le cône et l'ob- 
jectif à immersion de manière que l'ouverture par laquelle 
arrive la lumière soit en avant. On place alors la lampe, le 
coté étroit de la mèche tourné vers le microscope droit de- 
vant celui ci à une distance de 6 à 10 pouces (20 à 25 cent.). 
Après avoir mis l'objectif à peu près au point par le côté, 
on dispose la lampe dans une direction verticale telle qu'une 
ligne perpendiculaire à l'axe optique du microscope, tirée 
du centre de l'ouverture du vertical illuminateur, passe par 
la partie inférieure de la flamme ou juste au-dessous du 



- 273 - 

sommet de la mèche. On ajuste alors la surface réfléchis- 
sante du vertical illuminateur sur son axe horizontal, ae 
telle sorte qu'une image distincte de la flamme apparaisse 
dans le champ visuel Le champ est maintenant complète- 
ment noir, rien n'y est visible, sauf une raie lumineuse d'en- 
viron un quart de pouce de largeur qui traverse le milieu 
du champ dans la direction antéro-postérieure. 

Si toutes ces précautions ont été prises avec soin et si 
unediatomée adhérant tout à fait au cover est poussée dans 
l'image de la flamme, ses stries apparaissent brillamment et 
distinctement résolues, pourvu qu'elles soient dirigées per- 
pendiculairement à la bande de lumière. » 

J'ajouterai qu'il faut certains tâtonnements pour faire 
rendre à' cet appareil ce qu'il est susceptible de donner. 
Les images sont toujours plus ou moins colorées, mais on 
les améliore beaucoup en plaçant sur le trajet des rayons un 
écran percé d'une fonte verticale de \ à 2 millimètres de 
diamètre. L'écran doit être placé à mi-distance environ 
entre la lampe et le microscope et sa position exacte réglée 
par tâtonnements. 

Avec cet appareil et l'objectif -*- Powel et Lealand à im- 
mersion dans l'eau (442°), monté sur un instrument français 
à tirage court pour l'objectif, j'ai résolu avec la plus grande 
facilité le surirella gemma en points ronds, le frustulia 
saxonica en points carrés et Yamphipleura en stries parallèles, 
bien que le grossissement ne dépassât pas G00 diamètres. 
On peut, sur le surirella, faire une expérience curieuse : 
en modifiant légèrement la position de l'écran, on obtient 
soit l'apparence hexagonale décrite par Hartnack, soit les 
poinds ronds qui existent réellement. 

Je me suis peut-être un peu étendu sur cet appareil, 
mais il donne des résultats si remarquables, il. est si bon 
marché (il ne coûte pas 15 fr.) que tout micrographe pos- 
sédant des objectifs à immersion à grand angle devrait le 
posséder. Avec son aide et en l'absence d'instruments per- 

18 



- 2H — 

mettant de mesurer exactement l'angle d'ouverture des ob- 
jectifs à immersion dans le liquide de l'immersion, on peut, 
d'un seul coup d'œil, juger l'ouverture d'un objectif, éta- 
blir d'utiles comparaisons et réduire à leur juste valeur les 
indications souvent fantastiques que donnent les fabricants 
sur l'ouverture de leurs objectifs. 

DEUXIÈME PARTIE 

MBSJRE DE L'OUTERTURB 

J'ai montré clairement (il me le semble, du moins), que 
l'ouverture considérée comme le facteur théorique princi- 
pal de la résolution et aussi de la quantité de lumière ad- 
mise par l'objectif avec une même source lumineuse, dépend 
non-seulement de l'angle d'ouverture, mais aussi des 
milieux que traversent les rayons émanant de l'objet pour 
atteindre l'objectif. 

Le coefficient ou facteur relatif au milieu étant évidem- 
ment constant pour un même milieu, l'ouverture relative 
de deux objectifs fonctionnant dans le même milieu ne dé- 
pend que de leurs angles d'ouverture. Mais si le principe 
est vrai, l'application que l'on en fait journellement est ab- 
solument fausse et le rapport, entre les ouvertures n'est pas 
le rapport entre les angles d'ouvertures. 

En nous reportant à la figure \ , on voit de suite, et au 
besoin on pourrait démontrer que l'ouverture de la lentille 
est mesurée par le rapport entre le diamètre CB et la dis- 
tance frontale AB, et si nous appelons 2U l'angle d'ouverture 
CAD, le rapport sera 2 sin U. Si nous comparons cet objectif 
à un autre d'angle U' le rapport entre les deux ouvertures 
sera j^ 7 ,, et si nous prenons pour unité l'objectif dont l'angle 
d'ouverture est 180° ouU= 90 e la mesure de l'ouverture 
dans ce cas sera ^^, = sin U. 

Donc, pour un mAme milieu d'immersion : air, eau ou bau- 



- 275 - 

me, en prenant pour unité d'où verture l'ouverture d'un objec- 
tif de 4 80° d'angle d'ouverture dans le milieu considéré, la 
mesure de l'ouverture de tout objectif fonctionnant dans ce 
milieu sera donnée par l'expression U = siniï, u représen- 
tant la moitié de l'angle d'ouverture. 

Selon que cet angle d'ouverture sera l'angle théorique ou 
l'angle réel d'ouverture, l'expression U représentera l'ouver- 
ture théorique ou réelle. 

Ainsi un objectif de 60° aura une ouverture moitié de celle 
d'un objectif de 180° et non '/ 3 qu'aurait donné le rapport 
des angles. 

Ce point n'a d'ailleurs jamais été contesté, la divergence 
d'opinion n'a commencé que lorsqu'il s'est agi de comparer 
entre eux deux objectifs fonctionnant dans des milieux dif- 
férents, les adversaires de la théorie numérique prétendant 
que : quel que soit le milieu, les angles seuls mesurent l'ou- 
verture et que deux objectifs, l'un à sec i'autreau baume de 
120% ont la même ouverture, ce qui est en contradiction avec 
la théorie et avec la réalité. 

Le professeur Abbe, qui le premier a appelé l'attention sur 
ces faits, a déterminé par le calcul et l'expérience que la 
relation qui lie l'ouverture à l'angle d'ouverture et à l'indice 
de réfraction du milieu est exprimée par la formule : 

\] = n sin u. 

U représentant l'ouverture que, pour éviter toute confusion, 
il a appelée ouverture numérique, n l'indice de la réfraction 
du milieu considéré par rapport à l'air, et u le demi-angle 
d'ouverture mesuré dans le liquide de l'immersion, l'ex- 
pression sin u a reçu le nom d'ouverture angulaire. Les 
unités restent évidemment les mêmes et l'unité d'ouverture 
numérique est l'ouverture d'un objectif théorique à sec de 
180° d'angle d'ouverture. 

On voit à l'inspection de cette formule que trois objectifs 
de même angle, l'un à sec, l'autre à l'eau, le troisième au 



- 276 - 

baume, ont des ouvertures non pas égales, mais en rapport 
avec les nombres 

4, 1,33, 1 ,50 

qui expriment les indices de réfraction de l'air, de l'eau et 
du verre. 

Ou bien que trois objectifs dont les angles d'ouverture 
sont respectivement 

180°, 96°, 82° 

dans leurs milieux d'immersion air, eau et baume, ont la 
même ouverture. 

Pratiquement l'ouverture d'un objectif à sec ne peut dé- 
passer 0,87, tandis que l'on peut espérer atteindre 1,40 avec 
immersion dans l'huile, 1,50 représentant le maximum. 

Si l'on cherche les relations qui lient l'ouverture numé- 
rique aux différentes qualités de l'objectif, on trouve que les 
pouvoirs éclairant, résolvant et pénétrant, varieront respec- 
tivement comme les carrés, les premières puissances et les 
inverses de i'ouverlure numérique. 

U2— U et 4- 

Quant à la définition, elle est absolument indépendante 
de l'ouverture et ne dépend que de la plus ou moins par- 
faite correction des aberrations sphériques et chromatiques 
des lentilles composant l'objectif. 

Si nous nous reportons à la formule U,— n sin u, nous ' 
voyons que la mesure de l'ouverture numérique repose en 
tous cas sur la mesure de l'angle d'ouverture. Pour appré- 
cier à leur juste valeur les procédés employés à la mesure 
des angl s d'ouverture, il importe donc de rappeler la défi- 
nition de L'angle d'ouverture. 

C'est l'angle que forment les deux rayons extrêmes émanés 
de l'objet et utilisés à la formation d'une image distincte de 
l'objet examiné. 

Pratiquement on ne peut mesurer directement cet angle, 



- 277 - 

on ne peut guère mesurer que l'angle d'admission des 
rayons et en déduire l'angle d'émission ou d'ouverture. 

Dans le cas d'un objectif à sec, ces deux angles sont égaux, 
car les rayons se réfractant à travers, le porte- objet et le 
couvre-objet terminés par des surfaces parallèles sortent sui- 
vant une direction parallèle à celle de leur entrée. Dans le 
cas de l'immersion, il est toujours facile d'établir la relation 
qui existe entre l'angle d'admission et l'angle d'émission. 
Voyons comment nous mesurerons cet angle. 

Il y a quelques années, avant que le débat sur l'ouverture 
n'ait eu lieu, on mesurait les angles d'ouverture suivant 
deux procédés que l'on trouve décrits dans tous les traités : 
le procédé de l'alidade et le procédé du triangle d'Amici. 
Le premier procédé donnait bien l'angle extrême des rayons 
entrant dans l'objectif, mais sans faire de distinction entre 
les rayons concourant ou ne concourant pas à former 
l'image. Les résultats obtenus étaient toujours exagérés. Le 
deuxième procédé est bon pour les objectifs à sec, car il 
donne bien l'angle extrême des rayons formant une image 
dans le microscope. Mais il ne se prête nullement à la me- 
sure des angles dans les objectifs à immersion ; et mesurer 
l'angle d'ouverture d'objectifs à immersion comme s'ils 
étaient à sec, est un procédé qui ne peut fournir aucun ré- 
sultat utilisable. 

Divers apertomètres ont été construits pour obvier à 
cet inconvénient, le plus connu est celui du professeur Abbe 
qui est décrit dans le Journal de Micrographie, numéro de 
février de 1881. Ce n'est, en somme, qu'une modification 
du procédé d'Amici. Les rayons lumineux entrent dans un 
secteur horizontal de verre placé sur la platine du micros- 
cope, subissent une réflexion totale qui les renvoie verticale- 
ment à travers un petit diaphragme dans l'objectif en pas- 
sant, s'il y a lieu, parla couche d'immersion. Le microscope 
est muni d'un oculaire spécial qui le transforme en lunette, 
et en mesurant, comme par le procédé d'Amici, le champ 



— 278 — 

de cette lunette, on en déduit l'angle d'admission des rayons 
extrêmes ; connaissant les indices de réfraction des milieux 
traversés, on calcule l'angle d'ouverture. Une graduation 
spéciale calculée d'avance et marquée sur le secteur donne 
d'ailleurs l'angle d'ouverture et l'ouverture numérique par 
une simple lecture. 

Je ne me suis pas étendu sur ces instruments parce que, 
comme le fait justement remarquer le docteur Blackham, ils 
reposent sur une base absolument fausse, leurs indications 
sont peut-être suffisantes, elles ne sont pas en tous cas 
rigoureusement exactes. 

Il est, en effet, singulier que pour mesurer une des plus 
importantes qualités d'un objectif, on transforme en lunettes 
montrant les objets plus petits qu'ils ne sont, un instrument 
qui est destiné à les montrer au contraire considérable- 
ment agrandis. Il faut évidemment, si l'on Veut avoir 
la vraie mesure de l'angle d'ouverture, se placer dans les 
conditions mêmes où doit agir cette ouverture, c'est-à-dire 
le microscope étant dans son fonctionnement habituel avec 
un objet au foyer de l'objectif, et n'accepter comme rayons 
devant être pris en considération que ceux qui formeront 
une image distincte de l'objet, réellement observé et 
agrandi. 

Les microscopes construits suivant les principes qui ten- 
dent actuellement à prévaloir, permettent de diriger direc- 
tement et sans réfraction un rayon sur l'objet et de mesurer 
l'angle que fait ce rayon avec l'axe du microscope. 

Ces microscopes sont de deux sortes : le type Zentmayer et 
le type Toiles. Dans le type Zentmayer, le miroir et le subs- 
tage sont portés par une barre qui tourne autour d'une bro- 
che servant à réunir la platine au corps de l'instrument. 
L'axe de cette broche passe un peu au-dessus de la platine 
au point où se trouve l'objet monté sur un porte -objet d'une 
épaisseur connue. La barre portant le miroir et la sous- 
platine tournera donc autour d'un axe passant par l'objet et 



— 279 — 

la rotation est mesurée par une division gravée sur la por- 
tion de la pièce qui embrasse l'axe de rotation. Cette dispo- 
sition, d'une élégante simplicité, est actuellement employée 
en dehors de son inventeur, par MM. Bulloch, en Amérique, 
Beck et Ross, en Angleterre, et le D r Pelletan, à Paris. 

Dans les instruments du type Toiles, à la pièce qui porte 
le miroir est fixé un secteur transversal qui glisse dans une 
rainure pratiquée dans un limbe ou un arc fixé au corps du 
microscope perpendiculairement au plan de la platine, 
l'axe de rotation passant également par l'objet. Les bords 
de la coulisse portent une graduation qui permet de mesurer 
l'angle d'incidence du rayon. 

Cette disposition est moins simple que la précédente, 
mais elle a peut-être l'avantage, outre de permettre une- 
lecture plus précise des angles, de pouvoir être adaptée à 
beaucoup de microscopes. C'est ainsi que M. Swift, de Lon- 
dres, adapte à ses instruments d'anciens modèles des arcs 
gradués et disposés comme il vient d'être dit. Tous les mi- 
croscopes anglais et beaucoup d'instruments continentaux 
seraient susceptibles d'être aménagés de la sorte. 

Pour se prêter à la mesure de l'ouverture des objectifs à 
immersion, les instruments présentant les dispositions ci- 
dessus doivent encore être munis d'un accessoire très utile 
et très ingénieux, applicable à tous les microscopes, la 
« Traverse Lens » de Toiles. 

C'est tout simplement une lentille hémisphérique ABC 
(fig. 6) dont on a retranché un segment AB A'B' d'une hau- 
teur de 2 millimètres environ, épaisseur d'un fort porte-objet. 
Cette lentille est sertie dans un anneau qui se visse dans l'ou- 
verture de la platine ; on la monte ou on la descend dans 
la platine, de manière que le centre tombe sur l'objet, la 
lentille étant unie à la partie inférieure du porte-objet par 
une goutte de baume ou d'essence de cèdre ne forme opti- 
quement qu'un tout avec ce porte-objet et l'objet se trouve 
au centre de l'hémisphère de verre ainsi constitué. Le miroir 



- 280 — 
et la sous-platine tournant autour de l'objet, tournent donc 
également autour du centre de la traverse Lens. 

Gela posé, si nous dirigeons un rayon RG (fig. 7) à travers un 
double diaphragme 00' porté par la sous-platine, ce rayon 
atteindra l'objet sans réfraction, puisqu'il tombe normale- 
ment à la surface de la traverse Lens, et nous pourrons me- 
surer sur l'instrument l'inclinaison de ce rayon. 

On voit maintenant de suite comment l'on peut, avec 
cette disposition, mesurer réellement l'angle d'ouverture. 

Voici comment le D r Blackbam conseille de faire cette 
mesuré : 

Un objet , une diatomée, par exemple, étant bien au 
centre du champ et au foyer de l'objectif, on incline le 
microscope à l'horizontale. On remplace alors le miroir par 
une petite bougie ou une petite lampe, ce qui est facile à 
combiner. L'objet est alors directement éclairé, on fait tour- 
ner le support d'éclairage jusqu'à ce que l'image de l'objet 
perde sa netteté, on a alors atteint l'extrême limite des 
rayons entrant dans l'objectif et formant une image distincte. 
Soit a l'angle d'incidence mesuré ainsi n et n' les indices de 
réfraction du, verre et de l'eau, 2 x l'angle d'ouverture, si 
l'objectif est à immersion homogène on aura : 

x = a 

s'il est à immersion dans l'eau, on aura la relation 
sin x = ~ sin a. 

Si l'objectif est à sec : 

sin x = n sin a 

Cette méthode est simple et exacte ; elle devra être em- 
ployée autant que possible. 

Notons que si l'objectif est à sec, on peut supprimer la 
traverse Lens et alors on aura, par une simple lecture, le 
demi-angle d'ouverture, pourvu que la platine ne soit pas 
trop épaisse pour arrêter les rayons extrêmes, auquel cas on 
recourrait à la méthode générale. 



- 281 - 

Je crois avoir ainsi montré ce que c'est que l'ouverture 
des objectifs et comment on la mesure, je terminerai pas 
une simple remarque. 

Lorsque l'on ouvre le catalogue d'un opticien à l'article 
objectifs, on y trouve généralement (il y a pourtant des 
exceptions) en regard d'un objectif donné : 

Une longueur focale absolument arbitraire ; — un grossis- 
sement généralement double du grossissement réel ; — et un 
angle d'ouverture presque toujours exagéré quand il n'est 
pas absolument inexact. 

Il n'y a que le prix qui soit réel, et encore il paraît que 
souvent il est susceptible de réduction. 

Il me semble qu'il serait bon et utile pour tout le monde 
que l'on adoptât une méthode vraie autant que possible, et 
en tout cas uniforme, de mesurer les -longueurs focales, les 
grossissements et les ouvertures. 

On pourrait avantageusement ne plus parler de longueur 
focale, le grossissement y suppléant, et remplacer cette 
donnée inutile par l'indication de la distance frontale qu'il 
est important de connaître. 

Quelques opticiens se sont engagés dans cette voie, il 
serait désirable que l'exemple fût universellement suivi. 



Séance du 6 décembre 4 883. 
Présidence de M. Trutat. 

Séance des Elections. 

L'assemblée nomme pour 1 883 : 

Président : M. Bidaud. 

Vices-présidents : M. de Saint-Simon. 

M. MONCLAR. 

Secrétaire-général : M. db Rey-Pàilhadb. 



- 282 — 

Secrétaires-adjoints : M. Guénot. 

M. P. Fabrb. 
Trésorier : M. Lacroix. 

Archiviste bibliothécaire : M. J. Comère. 

Conseil d'Administration : 

MM. I>EBAT-PoNSAN, J. CHALANDE. 

Comité de publication : 
MM. G. de Malafosie, D r Kégi, de Saint-Simon, Trutat. 



Séance du £0 décembre 1882. 
Présidence de M. Trutat. 

Monsieur Martt, membre titulaire, présente à la Société 
les derniers résultats de ses recherches dans les principales 
stations du bassin de la Vézère (Dordogne). 

Notre collègue a aujourd'hui visité toutes les stations de 
cette région, qui avaient fourni de nombreux échantillons 
témoignant des premiers essais de l'art du dessin dans les 
âges préhistoriques, et dont les descriptions, faites avec soin 
par MM. Lartet et Christy, sont devenues des types que re- 
produisent tous ceux qui veulent décrire et étudier l'homme 
de cette époque. 

Les objets que présente M. Marty n'ont été exposés 
encore nulle part. 

Parmi les nombreux et intéressants objets présentés, on a 
surtout remarqué un bois de renne surchargé de dessins en 
gravures dont la forme est celle de ces os percés de trous 
que M. Lartet a appelé Bâtons de commandement. 

Deux rennes, ou plutôt deux ruminants, sont dessinés 
superposés l'un sur l'autre. 11 est difficile de déterminer 






— 283 - 

exactement l'espèce des animaux qu'on a voulu représenter. 
Mais ce qu'il est important de signaler, ce sont les dimen- 
sions peu communes de la pièce appartenant à M. Marty. Le 
corps en bois de renne, ayant une épaisseur d'environ 
50 millimètres, une longueur de 320 millimètres, est percé 
à son extrémité d'un trou unique mesurant 35 millimètres 
de diamètre. Les nombreuses guillochures qui ornent la 
face opposée au dessin, montrent tous les soins que l'homme 
de cette époque apportait à la confection de ses objets de 
parure. 

M. Trutat prie M. d'Aubuisson de vouloir bien prendre la 
présidence et fait la communication suivante : 

Le microbe de la Tuberculose. 

Je n'ai pas l'intention de traiter ici une question pure- 
ment médicale, et en parlant du microbe de la tuberculose, 
je chercherai à me restreindre autant que possible à l'étude 
de ce micro-organisme, et je chercherai à démontrer que 
la bacteria tuberculosis de Kock est bien une forme parti- 
culière que l'on peut distinguer des autres espèces du 
même genre; et de plus je chercherai à prouver que cette 
bactérie transmet cette terrible maladie la tuberculose, si 
elle n'en est pas la cause même. 

En tout ceci je n'aurai rien à signaler qui m'appartienne 
en propre, et tous les faits dont j'aurai à parler ont été ob- 
servés par différents auteurs. 

Malgré les réserves médicales que je viens de faire, je dois 
tout d'abord me demander quels sont les désordres anato- 
miques que produit la tuberculose. 

Les histoîogistes sont à peu près d'accord aujourd'hui 
pour admettre que le tubercule est une production cellu- 
laire, qui parcourt différentes phases, subit des dégénéres- 
cences diverses et offre un caractère de spécificité absolue. 
D'après les recherches très exactes de M. Laulanié, l'agent 



- 284 - 
spécifique de la tuberculose porte son action initiale sur les 
vaisseaux dans lesquels il est en circulation. Il produit tout 
d'abord une inflammation, ou pour parler d'une façon plus 
technique, une vascularite noduleuse. Peu à peu, mais dans 
un temps très court, se forme le tubercule primitif, la gra- 
nulation; celle-ci se compose de divers éléments qui ne fe- 
ront que s'augmenter par la suite. Une zone périphérique, 
zone de prolifération, où l'on constate la présence de nom- 
breuses cellules mères et des éléments fibro-plastiques, en- 
globent une partie centrale où les éléments sont fortement 
comprimés, atrophiés et finissent par se résoudre en un dé- 
tritus granuleux. Point important, les vaisseaux qui 
traversent ces nouvelles formations sont imperméables au 
sang, ce qui permet de les distinguer des gommes de la 
syphilis. 

Tous ces éléments atrophiés paraissent englobés dans de 
grandes cellules, la cellule gé;mte des Allemands regardées 
comme caractéristiques de la tuberculose. 11 est démontré 
aujourd'hui que cette formation n'est point spéciale à cette 
maladie et qu'elle se rencontre dans d'autres cas. Ces cel- 
i ules géantes résulteraient de la fusion en une seule d'un cer- 
tain nombre de cellules plus petites. Quelques histologistes 
les regardent comme provenant de l'élargissement des ca- 
pillaires, produit par l'inflammation primitive. 

Je n'ai pas à suivre plus loin le développement du tuber- 
cule et je ne parlerai pas de ses transformations : du ramol- 
lissement, de l'état caséeux, etc., etc., toutes formes qui 
apparaissent avec le progrès de la maladie et dont je n'ai 
pas à m'occuper. Mais j'ai parlé tout à l'heure de Yagent spé- 
cifique, cause initiale de ces formations morbides ; quel est- 
il ? Deux hypothèses se trouvent en présence, l'une 
physiologique attribue à une altération de la nutrition le 
développement de ces productions anormales ; l'autre 
parasitaire trouve la cause dans la présence d'un organisme 
spécial développé dans l'économie. 



— 285 — 

Je laisserai de côté la première de ces théories, elle me 
paraît condamnée par les découvertes dont j'ai maintenant 
à parler. 

Depuis longtemps on avait constaté des cas certains de 
transmissibllité de cette maladie terrible, puisque, d'après 
M. Toussaint, elle compte pour un cinquième dans le nombre 
des décès, chiffre un peu exagéré, nous paraît-il. Cette con- 
tagion avait toujours été impossible à expliquer scientifique- 
ment, jusqu'au jour où les expériences de M. Toussaint ont 
complètement démontré que la tuberculose était transmis- 
sible par l'introduction dans l'économie des tubercules ex- 
traits du poumon ou de crachats. Tous ces produits morbides 
mêlés à la nourriture de lapins, de cochons d'Inde, ont tou- 
jours provoqué le développement de la maladie. Bien plus, 
le lait d'une vache phthisique, ainsi quel'a constaté M. Peuch, 
transmet la tuberculose. Enh'n, M. Toussaint, en exprimant 
les liquides contenus dans la chair de sujets malades et en 
les faisant absorber à des animaux d'expérience, a donné 
également la maladie. 

Ces faits ont été multipliés à l'infini, et l'on ne peut 
douter aujourd'hui de la transmissibllité de la tuberculose 
par le tubercule, par le sang et par le lait. 

Je rappellerai que c'est à l'Ecole vétérinaire de Toulouse 
que ces différentes recherches ont été faites, et que c'est 
principalement à M. Toussaint que l'on doit cette impor- 
tante découverte. 

Mais nous n'avons pas encore parlé de Vêlement lui-même, 
cause efficiente de cette transmissibilité. Il y a déjà longtemps, 
le D r Davaine annonçait avoir découvert un organisme mi- 
croscopique dans le sang des animaux atteints du charbon; 
il désignait ce parasite sous le nom de microzoaire du char- 
bon, laissant entendre par là qu'il attribuait à cet organisme 
le caractère de l'animalité. Je vous rappellerai, en pas- 
sant, que ce même microzoaire, étudié presqu'en même 
temps par M. Pasteur et par M. Toussaint, est maintenant 



— 286 — 
connu dans toutes les phases de son développement, et 
qu'enfin, par une vaccination faite au moyen de virus at- 
ténué, ces deux savants observateurs sont arrivés à préserver 
les moutons de cette dangereuse maladie. 

Les microzoaires du genre bactérie, mieux étudiés depuis 
la découverte de Davaine, sont maintenant regardés comme 
des végétaux et Nageli les a classés parmi les champignons 
Schizomycètes, aussi nous ne parlerons plus de microzoaires 
mais bien des mycrophytes. 

Mais ce qu'avait fait Davaine pour le charbon, un savant 
allemand, Kock, l'a fait dans ces derniers temps pour la 
tuberculose, et il a démontré que l'agent du virus contagieux 
était un microphyte ou, si l'on aime mieux, un microbe 
analogue à celui du charbon. Ces petits êtres se ressemblent 
tellement, qu'il est difficile de les distinguer les uns des 
autres par la seule inspection de leur configuration exté- 
rieure. 

Aussi cette opinion a-t-elle été mise en avant, que les 
bactéries n'étaient nullement une cause mais un effet, et que 
leur développement était secondaire; la virulence qu'elles 
transmettent ne proviendrait pas de leur fait, mais bien des 
liquides vénéneux qu'elles entraîneraient avec elles. 

A cela il fallait répondre en démontrant que la bactérie 
de la tuberculose différait par quelque propriété des autres 
espèces du même genre. C'est encore à Kock, de Berlin, 
qu'est due cette démonstration, et il est parvenu à isoler 
d'une manière complète la bactérie spéciale à la maladie 
en question. 

Il a reconnu, en effet, que ce microbe possédait seul le 
pouvoir de se colorer par certains sels d'aniline : je dis seul, 
mais ceci n'est pas absolument exact, une autre espèce pos- 
séderait à peu près cette même qualité élective, le microbe 
de la lèpre, mais ces deux organismes diffèrent par la taille 
et un peu par la forme, et leur origine si différente ne per- 
met pas de les confondre. 



— 287 — 

Les réactions du D r Kock étaient assez difficiles à obtenir, 
quoique cependant d'une exactitude complète, lorsque, 
dans ce dernier mois, le professeur Brun, de l'Université de 
Genève, a trouvé mne méthode plus simple et absolument 
certaine. 

Voici comment procède le savant micrographe suisse : 
Il étend par pression une parcelle de crachats entre deux 
covers, les sépare et laisse sécher à l'air pour fixer les élé- 
ments : cette plaque supporte alors un mélange mucilagi- 
neux contenant de l'albumine, des granulations de pus, de 
graisse, des globules sanguins, etc. On colore le tout par 
quelques gouttes d'une solution alcaline de bleu de méthy- 
lène; puis, on détruit par l'acide azotique la coloration 
ainsi obtenue; on lave, puis on fait agir une solution d'ani- 
line. Les bactéries se colorent seules alors et se détachent 
en rouge sur un fond incolore. 

Je le répète encore, seule la bactérie de la tuberculose et 
celle de la lèpre ont cette propriété élective et seules se co- 
lorent sous l'action des réactifs que nous venons d'indiquer. 

En résumé, il est permis d'affirmer aujourd'hui que la 
tuberculose est une maladie contagieuse et que l'élément de 
cette transmissibilité est un microbe d'espèce spéciale 
à laquelle Kock a donné le nom de bacteria tuberculosis . 

Si nous rapprochons ces faits, absolument certains, des ré- 
sultats auxquels MM. Pasteur à Paris, Toussaint à Toulouse, 
sont arrivés dans l'étude du charbon et du choléra des 
poules, pour ne parler que des deux contagions bien étu- 
diées, n'est-il pas permis d'espérer que le jour n'est pas 
loin où la science médicale possédera enfin un remède contre 
cette cruelle maladie ? 

Malheureusement, je dois le dire, M. Toussaint a reconnu 
que les cultures successives augmentaient la virulence de la 
bactérie de la tuberculose, contrairement à ce qui existe 
pour le microbe du charbon, par exemple. Mais peut-être 
arrivera-t-on à atténuer les propriétés de cette espèce et 



- 288 — 

parviendra-t-on à la transformer en un véritable vaccin de 
la tuberculose : c'est là une chose qui paraît possible et que 
tout permet d'espérer. 

Nous ne pourrons donc donner, comme corollaire à toutes 
ces découvertes, que les conseils de prudence déjà indiqués 
par M. Toussaint, et rappeler qu'il existe un danger véri- 
table à user de viandes de sujets phthisiques, même de lait 
provenant de vaches atteintes, sans prendre la précaution de 
détruire par la cuisson les bactéries de la tuberculose 
qu'elles renferment. 

Effectivement, il est prouvé qu'une température de 100 de- 
grés détruit complètement ce microbe ; donc, danger réel à 
faire usage de viandes saignantes et surtout de jus de viande 
crue, pratique trop à la mode aujourd'hui. 

Dans ces divers cas, il n'y a pas évidemment iransmissi- 
bilité assurée, l'expérience de tous les jours ie prouve bien ; 
mais il y a un danger réel, et qu'il est prudent d'éviter. 11 
faut, pour que la maladie puisse se développer, que l'écono- 
mie soit dans un état spécial ; au contraire, dans l'état de 
santé, il semble que la vitalité a la force de détruire cet élé- 
ment pathologique : au lieu d'être empoisonné par le mi- 
crobe, il empêche son développement et le tue aussitôt. 

A la suite de cette communication, M. ïrulat projette des 
préparations microscopiques qui permettent de voir la série 
des lésions que produit le développement du tubercule. Ces 
préparations, coupes du poumon, proviennent soit de l'Ins- 
titut microscopique de Vetzlar, soit de chez Weelher, de 
Londres ; enfin, grâce à un excellent objectif à immersion 
de Powel et Lealand, M. Trutat peut faire voir à ses col- 
iques des préparations du microbe de la tuberculose, qu'il 
doit à l'obligeance de M. Brun : les bactéries coloriées en 
rouge se détachent avec une grande netteté sur un fond 
transparent. 



TABLE DES MATIERES 



Pages. 

Liste des Membres nés et honoraires 5 

Liste des Membres titulaires 6 

Liste des Membres correspondants - 4 

Liste des Sociétés correspondantes 4 4 

Séance du \^ janvier 4 882 45 

Discours de M. le Président • . . 15 

D r Régi : Note sur l'accacia Moringa. 20 

Séance du 25 janvier 1882 26 

Monclah : Proposition de création d'une Société de Géographie. . 27 

Fagot : Histoire malacologique des Pyrénées françaises 28 

Séance du 8 février 1882 52 

Pianet : Sur la capture des animaux féroces *4 

Réunion annuelle du 10 février 1882 63 

De Rey-Pailhade : Jardin des Glaciers de Lucerne 65 

Fagot : Mollusques du Pic du Gar 66 

Séance extraordinaire du 1 er mars 1882 78 

Séance du 8 mars 1882 79 

F. Regnaclt : Découverte d'une station préhistorique à Bordes 

(Ariège) 79 

Capitaine Lassère : Sur un cas de physiologie et de tératologie 

végétale , . 80 

Soirée du 18 mars 1882 86 

Vaussenat : Conférence sur l'Observatoire du Pic du Midi. ... 86 

Séance du 4 9 avril 1882 186 

Marquet : Catalogue des insectes coléoptères signalés ou trouvés 

dans une partie du Languedoc (Suite) 4 29 

Séance du S mai 1882 4 79 

Reverdit : Fouilles à la station préhistorique des Roches à Sargeac 

(Dordogne) 4 7f 



— 289 — 

Séance du M juin 1882 189 

De Saint-Simon : Elude des Hélix du groupe de l'Elegans. ... 191 

Séance du 28 juin 1882 227 

Regnault : Excursion aux Dolmens des Beni-Missous 229 

Séance du 12/m7/eH882 246 

Comte De Limdr : La mine d'étain de la Villeder 247 

Séance du 2 novembre 1882 262 

Péragallo : Considérations élémentaires sur l'ouverture des objec- 
tifs microscopiques et les moyens de la mesurer 262 

Séance du 6 décembre 1882 (Elections) , , . . 281 

Séance du 2ô décembre 1882 282 

Trutat : Le microbe de la tuberculose 283 




fin de la table des matières 



Typ. Durand, Fillouset Lagardo